Philippe de Villiers: de la passion de la Vérité, à la puissance du mensonge.

Les contre feux allumés par la classe médiatique ont été assez médiocres, pour ne pas dire faibles. Mais est ce que cela a vraiment de l’importance?

Lea Salamé par exemple a été nulle et archi nulle mais une rapide enquête montre que cela n’a pas d’imporatnce: en fait dans les débats les gens ne changent pas d’avis. Tout ce qui est ancré est ancré et seul joue l’effet de confirmation.

Voila l’une des raisons pour lesquelles je suis matérialiste; ce sont les conditions matérielles qui sont détermiantes, pas les idées, pas les opinions, pas l’esprit: l’esprit est produit par la matière.

C’est l’objectif qui produit le subjectif. Les gens jouissent de leur état d’esclave comme on le voit dans le Grand Inquisiteur. Les marchés y compris ceux des idées produisent ce que les gens pensent et non l’inverse.

Il faut s’interroger sur l’estampille de crédibilité que donnent les médias, sur le désir de mensonge, sur le désir des gens  de rester gogos, sur le désir de n’en rien savoir et de continuer de vivre dans la confusion et les mystifications

Le désir est l’habillage subjectif du besoin qui lui, est objectif: et les gens ont besoin de croire aux mensonges, voila pourquoi il réussit si bien: il correspond à une attente. Et 110 pages de documents et fac similés et autres n’y changeront rien.

Ce n’est pas une raison pour renoncer, bien sur mais c’est une raison pour douter, pour s’interroger sur le mystères de l’efficacité du mensonge  et le pouvoir limité de la vérité.

Article rédigé par Atlantico, le 19 mars 2019 

Philippe de Villiers : « Mon livre n’est pas complotiste, c’est la construction européenne qui est ontologiquement conspirationniste »

Source [Atlantico] L’auteur de « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » (Fayard) répond aux nombreuses critiques et accusations qui se sont abattues sur son livre depuis sa sortie. Pour lui, il s’agit bien d’un livre d’enquête sur les origines du projet européen. Entretien

 

Jean-Sébastien Ferjou : Un certain nombre d’Européens se désolent que l’Europe ne puisse pas s’appuyer sur l’équivalent d’un roman national et que les billets représentent des ponts qui ne vont nulle part plutôt que des héros européens : avez-vous à l’inverse pensé votre livre comme une sorte d’anti-roman national européen pour faire voler en éclat tout ce qui pourrait aider à l’émergence d’un sentiment d’identité « charnel » ? Car « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » (Fayard) n’est pas un livre théorique mais un livre de chair et de sang, qui fourmille de portraits de héros nationaux ou d’anti-héros européens.

Philippe de Villiers : Pour qu’il y ait un roman national, il faut qu’il y ait un légendaire, un rêve, une projection de soi-même, une affection, des voisinages, une personnalité. Or, l’Union Européenne ne possède rien de tout ça. Elle s’est détournée de la civilisation européenne, l’a détruite à petit feu en instituant une société multiculturelle et donc multi-déculturée.

Il n’y a pas de roman national européen parce qu’il n’y a pas de peuple européen. Nous n’avons pas les mêmes mœurs, les mêmes langues, les mêmes traditions.

Quant aux points communs qui nous réunissent dans notre histoire, et qui sont liés à la mémoire chrétienne, ils sont rejetés par les institutions européennes elles-mêmes. L’histoire de la construction européenne c’est La tabula rasa, l’histoire d’un mythe fabriqué, d’une abstraction.

Comment pourrait-il y avoir un roman national dans ce non-pays où les mots-clés d’une société politique ont été changés ? Gouvernement est devenu gouvernance, mot qui vient des banques, le peuple est devenu une société civile, la loi est devenue une régulation, le territoire est devenu un espace sans frontières. On pourrait continuer ainsi, à décrire le glissement de la sémantique qui traduit le glissement de cette Europe informe vers « globalia ».

Votre question me fait penser à la seule phrase, écrite à la main, par Jean Monnet, dans ses mémoires (tout le reste a été écrit par d’autres). C’est la phrase de conclusion, une question affirmation : « Ai-je assez fait comprendre que la communauté européenne que nous créons n’a pas sa fin en elle-même mais qu’elle n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain ? » Monnet était mondialiste avant la lettre.

Pour lui, l’Europe ne devait en aucun cas être un nouveau pays, un nouvel État, une nouvelle puissance, mais un simple marchepied, une simple étape vers les formes d’organisation du monde de demain : un marché connexe au marché américain, dans ce qui est devenu un marché planétaire de masse, avec non plus des citoyens romains mais des consommateurs compulsifs, qui s’inclinent devant le divin marché, et une gouvernance acéphale, voulue par Monnet et par ses officiers traitants

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