Les dépêches lundi 8 Avril. Le grand , le colossal mismatch. Que faire?

Rien à ajouter; jusqu’à présent on a toujours eu avantage à parier sur la continuité: les banques centrales ont choisi l’inflationnisme et elles n’en démordent pas.
Ceux qui croyaient que Powell était différent se sont trompés, tout comme ceux qui doutaient des réactions des marchés.
Pavlov est toujours parmi nous, chaque fois que l’on sonne la clochette de la reflation, cela fonctionne, ils salivent.
Le pétrole remonte, les bourses rejoignent les plus hauts.
Le scepticisme reste de mise puisque les divergences entre les marchés de taux et les marchés dits de risque subsistent: la baisse des taux longs et l’inversion indiquent que l’on ne croit pas à une vraie reprise économique.
Mieux même le schéma de la Longue Dépression redevient populaire;, on se dit que le New Normal, va conduire à des taux nuls et ensuite négatifs et que cela va propulser les Bourses vers le ciel.
La répression financière est l’option privilégiée.
Conclusion, les opérateurs et investisseurs viennent en prédateurs, cyniques, ils savent que cela va mal et que la Fed  et ses associées vont les protéger par le laxisme monétaire, le fameux Put.
La contrepartie, l’autre aspect de la situation à savoir la montée des inégalités et la dislocation sociale sont occultées, comme cela se passe en France. Au lieu de traiter les problèmes que l’on crée, on réprime, on insulte, on marginalise.
Certes on a bien conscience de la destruction de nos arrangements sociaux et de nos consensus, mais le monde de la finance s’en fiche, il est court termiste.
Seul un garçon comme Ray Dalio de Bridgewater  s’en préoccupe publiquement, il vient de publier un article de qualité qui s’interroge sur la nécessité de réformer le capitalisme.
Dalio s’inquiète la montée des deux populismes, celui de droite et celui de gauche et il pointe les dysfonctionnements qui se multiplient: le système ne marche plus. Les coûts de son maintien en l’état progressent de façon exponentielle.
Dalio développe l’idée que pour maintenir le système capitaliste il faut essayer de réintroduire simultanément dans les décisions les deux critères:
1) d’efficacité économique
et
2)d’efficacité sociale.
En fait Dalio rêve, il rêve de concilier la capacité productive du capitalisme avec la capacité redistributive du socialisme. Le tout sous les signe de la compétence et de la générosité.
C’est gentil tout plein!
Les marchés ont perdu toute capacité de critique, d’analyse et donc d’anticipation ce qui s’explique par la situation de pléthore monétaire. L’excès de liquidités en quête d’emploi paralyse les jugements et au contraire incite aux comportements moutonniers. L’abus monétaire est corrosif, radicalement corrosif.
Le sage est celui qui est le plus pénalisé.
Le fondamental,  pour autant qu’il ait déjà eu une importance en Bourse, le fondamental  est totalement escamoté, ceux qui en tiennent compte sont handicapés.
On achète du long avec du court, on achète du risqué avec des fonds qui n’ont pas vocation à prendre des risques, on achète au delà de ses capacités à absorber les pertes, bref pour résumer:
C’est le grand, le colossal mismatch!
Beaucoup se demandent et me demandent que faire, hélas il n’y a pas de réponse claire à cette question angoissante car nous sommes dans la grande alternative, on peut aussi bien sombrer dans la déflation paralysante que dans l’hyperinflation.
Certes les forces fondamentales sont des forces de déflation en raison du poids des dettes,  mais l’action des pouvoirs en place vise à contrer la déflation par des mesures monétaires de plus en plus imprudentes qui risquent un jour de détruire complètement la confiance d’abord dans le système économique ensuite  dans la monnaie et enfin dans les valeurs de nos sociétés elles même.
Rien n’est bon en soi, car le processus en cours est un processus d’appauvrissement, un processus de régression.
Mais l’illusion monétaire peut donner l’impression que l’on peut y échapper, que l’on est plus intelligent que les autres et que l’on sautera du convoi en marche, avant les autres.
C’est l’erreur suprème: toutes les promesses émises, tout le papier émis doit être détenu et la masse de ceux qui le détienne sera nécessairement ruinée. On n’y peut rien, c’est le destin….
Reste le réel, les valeurs réelles.
Mais sans illusion; pensez y, les miracles n’existent pas.
S’enrichir est un rapport social, toucher des intérêts, des parts de profits; des loyers , des plus values, tout cela n’est rien d’autres que des rapports sociaux. Rien n’est en soi.  Et je crains que lorsque nous serons au temps, à l’heure des comptes, ces rapports sociaux seront grandement perturbés.
Le plus grand ennemi, c’est le facteur temps, le calendrier. En effet ce qui est bon aujourd’hui ne le sera pas forcément demain et la souplesse et la flexibilité requises pour survivre sont telles que seule une infime minorité peut prétendre en bénéficier.
Un portefeuille, un patrimoine ne sont que des états temporaires entre des moments de liquidité, mais en plus les liquidités elles même ne sont que des moments  entre différents types de liquidités.


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2 réflexions sur “Les dépêches lundi 8 Avril. Le grand , le colossal mismatch. Que faire?

  1. Les relations humaines oui, il ne restera que cela. Bien vu.
    Pendant l’Occupation, c’est ce qui a fait la différence entre la faim et la satiété, et parfois la vie et la mort…
    Voisinage, famille, amis de confiance, réseau d’approvisionnement en œufs, lait, viande, patates… Des temps sombres se préparent lonngtemps à l’avance.
    Enfin, c’était comme ça que mes parents ont traversé l’Occupation, et surtout la terrible épuration qui s’en est suivie, que l’on a tendance à oublier. La jalousie est le plus violent pourvoyeur de mort, ne l’oubliez pas.

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  2. Que faire? En l’état politique et oligarchique actuel des choses, attendre que ça pète. Et veiller au grain individuellement pour échapper à la tornade quand c’est possible. Seul le réel mettra fin à ce fantasme financier et économique soutenu par nos « élites », même pas parasites, mais agents des parasites. Avec nos politiques et technocrates, nous avons à faire aux sous-fifres. Si on ne tue pas la tête (nationalisations bancaires, retour aux monnaies nationales, politiques nationales, égoïsmes nationaux, fin de la toute puissance des marchés et des actionnaires)), on ne verra jamais la fin de cette tragédie (pour les uns) bouffe (pour les autres pleins aux as).

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