La schizophrénie des marchés. Ou on confond l’imaginaire des marchés et le réel de l’économie. Les ultra riches eux, restent dans le réel.

Depuis 2008, les médias et les responsables popularisent l’idée de l’alternative risk-on /risk-off.

La mise en risk-on signifierait que le goût du risque revient et que la transmission des politiques monétaires stimulantes s’opère.

Les agents économiques seraient moins frileux, plus enclins à consommer et à investir.

En conclusion, la croissance pourrait accélérer et la demande de biens et services augmentant, les prix pourraient monter.

Tel est en gros le schéma, le pari théorique des autorités. Il faut donc selon elles stimuler les prises de risque, faire monter les cours de bourse, faire se contracter les  spreads c’est à dire les primes de risque.

Vous comprendrez que tout cela se situe au niveau des signes, au niveau de l’imaginaire, ce qui est le problème des autorités. Elles croient, elles espèrent que l’imaginaire boursier va influencer le réel. C’est le « cargo cult », c’est l’incantation des primitifs qui dansent pour faire venir la pluie, c’est un pari sur la magie.

On monte le baromètre qui mesure l’appétit pour le risque financier et on espère une montée des prises de risques dans l’économie réelle, dans l’investissement productif en particulier.

Bien entendu, la magie cela ne fonctionne pas.

Pire la magie est contre productive car les opérateurs boursiers apprennent. Ils apprennent que lorsque les autorités stimulent,  la prise de risque financier, et l’esprit de jeu sont au rendez-vous et les cours montent, les plus values sont là et sans grand effort il faut bien le dire. Conclusion au lieu de se diriger vers l’économie réelle et de réaliser des investissements productifs, les détenteurs de capitaux jouent le baromètre, ils jouent l’instrument de mesure qui sert à apprécier le risque.

Les autorités croient au miracle elles croient que faire monter le baromètre boursier va ensuite propulser l’économie et ils se trompent, la montée du baromètre  ne fait qu’une chose: attirer toujours plus de joueurs en Bourse. L’argent au leu d’aller dans le réel reste au niveau de la loterie et en particulier de la loterie des buy backs, les rachats d’actions.

Le gonflement du bilan des banques centrales se retrouve  sur les marchés financiers par une alchimie complexe mais indeniable

Cette histoire de la stimulation de la prise de risque par la manipulations des signes financiers et par la multiplication des gros lots à la loterie boursière est le talon d’Achille, l’erreur, la honte des apprentis sorciers. C’est la marque de leur stupidité. Ils croient qu’en manipulant les ombres, on manipule les corps et qu’en  fait l’esprit a un pouvoir sur la matière.

Nos illusionnistes n’ont pas compris que lorsqu’ils manipulent la bourse , personne ne croit à la disparition des risques réels, les vrais preneurs de décision  savent que le réel est pourri et que c’est pour cela que l’on stimule.

Personne ne commet cette erreur! Non quand ils manipulent les risques boursiers le risque réel reste ce qu’il est, inchangé, c’est à dire élevé. Pire il monte car les sages, le Smart Money sait très bien que les stimulations sont malsaines et que le risque pour la stabilité financière augmente; et ils savent aussi que le risque pour la stabilité financière malheureusement se transmet au monde réel . Là, dans ce sens là,  il y a transmission . C’est une situation dissymétrique.

La mise risk-off c’est l’inverse, c’est ce qui se produit périodiquement lorsque les effets des stimulations s’estompent. Les opérateurs boursiers prennent peur, ils arrêtent d’acheter et face à l’érosion des cours, les vendeurs arrivent et font chuter les indices. Les spreads se dilatent, les primes de risque augmentent. la préférence pour la liquidité augmente et on cherche les parkings.

Au milieu de tout cela, il y a les fonds d’état.

Les fonds d’état sont de la monnaie à l’état pur. C’est le substitut à la liquidité. Quand on veut se mettre liquide c’est à dire fuir le risque alors plutôt que de ne rien toucher du tout on achète des fonds d’état. Les fonds d’état sont le parking de prédilection. Ils rapportent un peu mais surtout la signature des états vaut plus que celles des banques.  On met donc son argent au parking , le parking le plus prisé c’est celui des fonds d’état allemands . Les Treasuries US viennent ensuite grâce à leur liquidité et à leur utilité bancaire comme collatéral.

D’un coté donc la mise en  risk-on exprime; traduit l’appétit spéculatif et  ceci se situe au niveau du monde imaginaire de la Bourse.

De l’autre la mise en risk-off est une vraie recherche de protection, de parking, de refuge  pour se mettre en sécurité face au double risque; le risque pour la stabilité financière et le risque du monde réel.

J’ai souvent développé l’idée que la seule vraie mesure non truquée des risques contenus dans le système se situait au niveau du marché des fonds d’état. Plus leurs taux baissent et plus ils expriment la vraie peur du risque.

Et plus ils deviennent négatifs plus ils expriment la panique devant le risque, la panique qui conduit l’argent intelligent, celui des initiés à accumuler les emprunts d’état les plus surs même si il faut  payer pour cela.

La preuve que le risque est colossal , le vrai risque bien sur; c’est dans le fait qu’il y a des gens initiés, du Smart Money qui paient pour aller au parking des fonds d’état.

Depuis le mois ‘octobre la masse d’emprunts qui se traitent à des taux négatifs a fortement progressé .

Et croyez moi, cela veut dire quelque chose.

 

 

 

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