Document. La guerre sociale. Les autorités ont peur de la jonction entre la masse des manifestants et les fers de lance que constitue la tête du cortège. La vague jaune et noire.

La disparition des corps intermédiaires, qu’ils soient politiques, syndicaux et médiatiques crée une sitation pré-révolutionaire.

Nous disons pré-révolutionnaire en ce sens qu’elle ne laisse comme solution que la rue, la violence et les affrontements directs. 

Ce sont les vides laissés par la non représentation et la non prise en compte qui créent la violence.

L’ultra gauche, jeune,  se constitue comme fer de lance du mouvement de révolte et de lutte contre la politique néo libérale exacerbée qui se mène en France.

Cette ultra gauche n’est pas encore reconnue par la masse comme constituant un groupe qui la défend et lutte pour elle; la masse n’a pas encore compris que l’ultra gauche remplit le vide laissé par le retrait des syndicats du front social.

La masse est victime de la double propagande conjuguée des autorités et de ceux qui avaient auparavant pour raison d’être de les défendre et représenter.

Les gilets jaunes sont encore dans la mystification , c’est à dire qu’ils restent sous l’emprise de la propagande des bien pensants et au lieu de se ranger aux cotés de ceux qui luttent dans la même voie, mais violemment, les gilets jaunes hésitent.

On voit cependant ici et là des jonctions s’opérer, sur le terrain.

Le comportement des syndicats qui jouent double jeu et sont complices en cachette avec les  autorités est progressivement démasqué; cette clarification fait suite à celle qui a été opérée dès le début avec les médias, ils ont été reconnus comme les médias de l’ordre neo liberal , ploutocratique des oligarques et discrédités.

L’incident de la Salpétrière a ruiné le crédit que Macron et Castaner voulaient d’attribuer: le peuple savaient qu’ils mentaient, mais ici c’est devenu « common knowledge » c’est à dire « connaissance sue et reconnue » comme telle. 


Countering the New Repression—A Full Analysis from the Streets

 

Current events

Cette année en France, le jour traditionnel pour célébrer les luttes de la fin du 19e siècle et l’introduction de la journée de huit heures s’inscrivait dans le cadre d’une séquence de luttes beaucoup plus vaste.

À l’approche du 1er mai, le gouvernement français est resté pris dans une crise politique créée par le mouvement encore indomptable des gilets jaunes.

Parce que nous avons suivi et commenté le 1er mai 2017 et 2018 à Paris et l’ensemble du parcours  du mouvement du gilet jaune, nous pouvons identifier la nouvelle stratégie de répression employée par l’État et évaluer ses forces et ses faiblesses.

À l’échelle mondiale, il semble que les gouvernements de la France  des États-Unis, en passant par la Chine et le Nicaragua, n’aient pas de véritable plan pour faire face aux troubles engendrés par la spirale croissante des inégalités sociales, sauf à intensifier sans cesse la violence qu’ils commettent contre les citoyens..

Les affrontements de l’année dernière en France la placent au centre de ce processus d’escalade. L’analyse qui suit informera toute personne intéressée à continuer à organiser des manifestations et à faire pression sur les autorités en dépit de leurs efforts pour imposer «l’ordre» par la force.

Pour plus d’informations sur le mouvement de la veste jaune, vous pouvez lire nosarticles précédents ici. Vous pouvez regarder des séquences vidéo du 1er mai 2019 ici.

« Nous n’abandonnons pas. »


La France a connu ces dernières années de nombreuses vagues de résistance aux projets capitalistes et aux réformes politiques. Cette succession de conflits a mis en lumière la difficulté croissante que rencontrent les gouvernements à imposer leurs programmes néolibéraux à la population, tout en permettant aux anarchistes et aux autres rebelles autonomes de se connecter à de nouveaux secteurs de la population. Certaines idées et pratiques issues des milieux anarchistes et anti-autoritaires se sont également répandues parmi les manifestants.

Cette évolution a commencé pendant le mouvement contre la Loi Travail lorsque des étudiants et d’autres manifestants qui ont refusé de marcher aux côtés des syndicats ont décidé de prendre la tête du cortège, créant ainsi le cortège de tête. Alors que d’intenses affrontements avec les forces de police devenaient la norme, des manifestants qui n’avaient jamais participé à des affrontements de rue ont appris des tactiques de défense, telles que le port de lunettes de protection et le fait de se couvrir le visage pour se protéger des gaz lacrymogènes et de la surveillance par la police.

Au cours des années suivantes, le cortège de tête a continué d’attirer de plus en plus de manifestants, la plupart désabusés par le manque de conviction politique de la marche des syndicats traditionnels.

Au cours de la fête de mai 2018, la partie principale de la manifestation a attiré presque autant de participants que tous les syndicats réunis. Dans une certaine mesure, le cortège de tête a affaibli et accéléré le déclin des syndicats sur la scène politique française. Ces derniers ont de plus en plus de difficultés à se faire passer pour des défenseurs des droits des travailleurs et à lutter contre les décisions néolibérales du gouvernement.
Un char de parade conçu pour transporter des projectiles et protéger les manifestants de la violence policière.


Plus récemment, le mouvement du gilet jaune a pris tout le monde par surprise alors que certains de ses participants, dont beaucoup ignoraient les manifestations et les luttes sociales, se livraient à de violents affrontements et à la destruction de biens sans attendre que des anarchistes se manifestent.

Ils ont à plusieurs reprises réussi à créer des situations chaotiques en dehors des zones contrôlées par la police. Cela a redistribué les cartes de la contestation sociale en France et a permis aux anarchistes et aux anti-autoritaires de revoir certaines de leurs tactiques. En fin de compte, les vestes jaunes et les radicaux ont commencé à se battre côte à côte pendant les journées d’action hebdomadaires à un point tel que, pour le 1er mai 2019, des rebelles autonomes ont invité les vestes jaunes à se joindre à eux dans le cortège de tête.

Les autorités craignent ces alliances informelles et le phénomène croissant des émeutes en tant que forme d’action politique. 

Si de plus en plus de manifestants continuent à adopter notre tactique , refusant de se dissocier des éléments les plus «radicaux» et se livrant à la destruction de biens et aux affrontements dans la rue contre les forces de police, le gouvernement ne pourra plus continuer à tromper les gens avec l’argument classique que «des émeutiers dangereux vêtus de noir nuisent à la sécurité des manifestants ordinaires et à la vie de bons citoyens» pour justifier sa répression brutale.

C’est pourquoi, des membres du gouvernement actuel aux gilets jaunes et aux anarchistes, tout le monde savait qu’au cours du 1er mai, la situation serait explosive dans les rues de Paris. Cet article reprend là où notre analyse précédente s’était arrêtée, à la suite de la conférence de presse du président français Macron, quelques jours avant le 1er mai.

Depuis des années, c’est un rituel selon lequel chaque fois qu’un jour d’action important approche, les autorités accroissent la pression au préalable par le biais de communiqués officiels et de déclarations choquantes dans les médias institutionnels afin de semer la peur parmi les manifestants potentiels et de les dissuader de participer aux festivités. .

Avec Didier Lallement comme nouveau préfet de police à Paris, cette guerre psychologique est pleinement utilisée. Après les émeutes du 16 mars, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré au préfet nouvellement nommé: « Protéger les manifestations, c’est écraser les émeutes […] je vous demande l’impunité zéro. »
De gauche à droite: Didier Lallement (préfet de police de Paris), Laurent Nuñez (secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur), Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur).


Depuis que Lallement a pris cette position, nous avons constaté un net changement dans les stratégies de maintien de l’ordre dans les rues parisiennes: de nombreuses perquisitions préventives et contrôles en périphérie des manifestations; plus d’unités de police mobiles sur le terrain; utilisation immédiate de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc dès le début des affrontements; la police divise les marches en plusieurs parties et les tue; et un blanc seing du pouvoir exécutif permettant à la police de se livrer à des affrontements au corps à corps. Tous ont augmenté le niveau de répression et de violence lors des manifestations.

Certains radicaux et jaunes étaient déterminés à faire de Paris la nouvelle capitale des émeutes pour les célébrations du 1er mai 2019. Le gouvernement a pris toutes les précautions possibles pour maintenir la situation sous son contrôle. May Day était un test pour voir si la nouvelle approche d’application de la loi fonctionnerait.
La nouvelle normalité: les derniers vestiges de la paix sociale en France s’évaporent.

À cette fin, le gouvernement a décidé de voir les choses en grand. Environ 7400 unités de police seraient déployées dans les rues de Paris. «Mobilité, réactivité, prévention de la violence et arrestation systématique de fauteurs de troubles» ont été les principales lignes directrices du ministre de l’Intérieur, qui a déclaré que les autorités attendaient entre «1000 et 2000 militants radicaux» et que ces derniers pourraient «éventuellement être renforcés par des individus de l’étranger qui pourraient essayer de semer le désordre et la violence. Ils pourraient être rejoints par des milliers de ce que l’on appelle aujourd’hui des vestes ultra-jaunes, jaunes, qui se sont progressivement radicalisés. »Des déclarations officielles comme celle-ci soulignent la stratégie typique selon laquelle les gouvernements cherchent à construire des ennemis nationaux et étrangers pendant les crises politiques afin de légitimer leurs mesures réactionnaires et autoritaires.
Une confrontation de rue à Paris le 1er mai 2019.

Afin de maîtriser au mieux la situation, les autorités ont également désigné plusieurs zones d’accès restreint, comme lors des manifestations des gilets jaunes, et ont annulé ou déplacé plusieurs événements programmés pour le 1er mai. Une marche contre le changement climatique censée s’associer à la traditionnelle manifestation de l’après-midi a tout simplement été annulée par les autorités. Cette annulation pourrait être liée au fait qu’un appel a été lancé pour créer un bloc offensif au cours de cette marche matinale. Une démonstration du gilet jaune prévue pour la matinée a également été annulée, puis assignée à un nouvel itinéraire. Enfin, la traditionnelle procession anarchiste qui a lieu tous les 1er mai a également été déroutée.
La vague jaune et noire. Pour le 1er mai 2019, les vestes jaunes ont répondu à l’invitation des rebelles autonomes de les rejoindre à l’intérieur de la procession.

Officiellement, le gouvernement a justifié ces interdictions en affirmant qu’elles étaient trop proches des zones réglementées. Nous estimons qu’en limitant les manifestations matinales dans plusieurs quartiers de Paris et en empêchant tout lien entre ces actions et la traditionnelle marche du 1er mai, les autorités ont voulu contrôler les vagues de manifestants afin de pouvoir mettre en œuvre leurs nouvelles stratégies en matière de répression et de perquisition préventive. , contrôles et arrestations en amont de la réunion de l’après-midi.

Un autre avantage stratégique dont disposaient les autorités pour le 1er mai était le fait qu’elles étaient celles qui fixaient le tracé de la marche de l’après-midi du 1er mai. Cette année, la procession devait quitter Montparnasse pour rejoindre la Place d’Italie par un itinéraire de 4 km environ, relativement court pour une manifestation parisienne, par de grands boulevards vides. Pour l’occasion, les autorités ont demandé aux 584 magasins situés le long de l’itinéraire de rester fermés toute la journée et de barricader leurs fenêtres avant. La manifestation de l’après-midi était manifestement un piège tendu par les autorités: de grands boulevards où la foule des manifestants pouvait facilement être encerclée et attaquée par les forces de police; peu de cibles pour les émeutiers, sauf au début de la manifestation près de Montparnasse et sur le boulevard de l’Hôpital; et la conclusion désormais traditionnelle sur une grande place où la police pouvait emprisonner tous les manifestants dans une grande bouilloire.

De plus, comme d’habitude avant le 1er mai, Christophe Castaner et Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, ont rencontré des dirigeants syndicaux. Ces derniers ont fait part de leurs préoccupations concernant d’éventuels actes de violence lors de la manifestation et ont discuté des stratégies de maintien de l’ordre et des alternatives possibles avec les autorités. Pour rassurer les syndicalistes, Castaner a organisé une conférence de presse pour annoncer que: «notre première responsabilité est de garantir le droit de manifester librement et de manifester tout en étant protégé».

Un article explique que, lors de cette même réunion, les autorités ont fait part aux syndicats de leur intention d’attaquer le responsable de la procession à un moment quelconque de la marche – quelque part entre l’intersection du boulevard Raspail et de la rue de la Glacière. Pour simplifier les choses, ils ont demandé aux syndicats de se dissocier du cortège de tête et de continuer à manifester par une autre voie. Selon l’article, les syndicats semblent avoir rejeté l’offre, certains de leurs sympathisants étant généralement présents à la tête de la manifestation.

Cependant, nous sommes restés personnellement peu convaincus par la réponse des syndicats, qui ont montré à de nombreuses reprises leur vrai visage en se dissociant volontairement du reste de la manifestation, en affrontant des manifestants moins obéissants et passifs qu’eux-mêmes, ou utilisant le même discours que les autorités pour dénigrer les actions et les individus rebelles. Soyons clairs: en France, il ne fait aucun doute qu’il existe une complicité entre les dirigeants syndicaux et les défenseurs de l’ordre existant. Encore une fois, les événements du 1er mai 2019 l’ont confirmé.

À la veille du 1er mai, les tensions étaient vives. Personne ne savait comment allait se dérouler la situation dans les rues. Plusieurs camarades ont discuté de stratégies, de préoccupations et de détermination concernant la lundimatine dans un article intitulé «Manifestation du 1er mai: à quoi s’attendre du« Black Bloc »?». D’autres, dans un texte optimiste et passionné, ont suggéré que le 1er mai 2019 serait le jour où «Tout serait possible!» Tout le monde s’accordait sur une chose: le lendemain serait décisif, malgré la stratégie de maintien de l’ordre étouffante qui nous attendait. La principale question était de savoir si nous pouvions réussir à déjouer le piège tendu par le gouvernement.

En bleu, l’itinéraire officiel de la procession du premier mai; en jaune, la zone où la police a dit aux syndicats qu’ils allaient nous attaquer. La croix noire indique l’endroit où la CGT s’est arrêtée et s’est dissociée du reste des manifestants; les croix rouges indiquent les lieux des principaux affrontements.

 

 

Affrontements à l’interieur de la bouilloire ou nasse. 

 

En raison du grand nombre d’actions qui ont eu lieu le 1er mai 2019, nous ne fournirons pas de rapport exhaustif sur tout ce qui s’est passé dans les rues. Nous allons nous concentrer sur les événements majeurs qui ont structuré la journée et sur certaines initiatives et situations intéressantes dont nous avons été témoins.

Les syndicats anarcho-syndicalistes se sont réunis chaque année à la Place des Fêtes pour rendre hommage aux origines anarchistes du 1er mai. Cependant, en raison du contexte, la manifestation anarchiste n’a pas été autorisée à marcher vers République. Au lieu de cela, il était supposé se terminer à Stalingrad, un autre endroit où il serait facile pour la police de calmer tout le monde s’ils le souhaitent. Vers 11 heures, avec l’arrivée de plus en plus de personnes sur la Place des Fêtes, les forces de police, y compris des unités de la police antiémeute et des policiers en civil, ont commencé à patrouiller sur la place et à rechercher des personnes portant des sacs à dos. La procession anarchiste a finalement commencé vers 11h30. C’était des centaines de personnes.

La foule a rapidement défilé dans les rues du quartier populaire parisien, suivie de près par des camions de la police et des unités de la police anti-émeute à pied. À presque chaque intersection, des pompiers munis d’extincteurs attendaient, comme si notre objectif pour la matinée était de tout mettre en feu, ce qui était particulièrement improbable dans ce quartier ouvrier. L’atmosphère générale de la marche était étrange; très peu de cibles ont été attaquées. Il ne fait aucun doute qu’une partie de la foule se concentrait déjà sur ce qui nous attendait et sur la manière de le maîtriser. Au fur et à mesure que la procession approchait de sa destination finale, des groupes de manifestants partaient pour rejoindre le point de départ de la marche de l’après-midi à l’heure.
Les premiers affrontements de la journée ont commencé à Montparnasse, point de départ de la procession du 1er mai.

Finalement, ce qui reste de la procession anarchiste décide de poursuivre son chemin dans les rues de Paris lors d’une manifestation spontanée de chat sauvage, avant de se séparer lorsque les forces de police et les membres de la BAC (Brigade anti-criminalité, «Brigade anti-criminalité») montrent up. Au cours de la matinée, d’autres initiatives concernant les chats sauvages ont eu lieu en dehors des manifestations officielles. Malheureusement, ils n’ont pas duré longtemps, car la police les a brutalement dispersés.

Entre-temps, à Montparnasse, la situation était déjà mise en cause. Depuis le matin, des milliers de personnes – des sympathisants des syndicats aux passants en passant par les manifestants jaunes et les radicaux – se sont rassemblées sur le boulevard principal. La décision du gouvernement d’annuler ou de modifier le cours de certaines manifestations matinales n’avait pas apaisé la situation, bien au contraire. Vers 13 heures, fatigués de rester immobiles en attendant l’heure officielle pour commencer la manifestation et malgré la présence policière massive dans la région, des anarchistes et d’autres manifestants rebelles sont intervenus.

Fatigué d’attendre, , un bloc offensif a tenté d’attaquer sa première cible.


Dans la foulée, certaines personnes ont tenté de constituer un bloc devant la procession pour attaquer La Rotonde, le restaurant où Emmanuel Macron a célébré sa victoire à la présidence en 2017. Pendant une heure entière, de violents affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers près du carrefour. du boulevard du Montparnasse et du boulevard Raspail. Intéressant à signaler, c’est au cours de cette phase d’affrontements que Philippe Martinez, dirigeant du syndicat CGT, a dû être momentanément exfiltré de la manifestation – tirant des housses et des insultes de plusieurs manifestants – en raison de l’explosion d’une cartouche de gaz lacrymogène près de sa position. Comme s’il fallait plus de preuves que conclure des accords discrets avec les autorités ne vous protège pas de leurs armes dans les rues!

Mais ce qui est plus intéressant ici, c’est sa réaction à cet événement banal. (Nous disons banale car de nos jours quoi de plus banal que de respirer du gaz lacrymal lors d’une manifestation?) Une fois la situation calmée, Martinez a saisi cette occasion pour dénoncer «une répression sans précédent et aveugle à la suite d’actes de violence perpétrés par certains». avant d’ajouter «la police a accusé la CGT, une CGT bien identifiée, il s’agit d’une affaire sérieuse». Outre le ton volontairement dramatique de sa déclaration – rappelez-vous que les dirigeants syndicaux sont ici pour jouer un rôle spécifique sur la scène politique – la Le chef de la CGT n’a pas condamné la brutalité policière en soi, mais seulement le fait que lors de confrontations, les forces de police ont attaqué certains membres de la CGT. En d’autres termes, les violences policières sont acceptables tant qu’elles ne ciblent pas les sympathisants des syndicats.

Les forces de police protégeant La Rotonde, le restaurant où Emmanuel Macron a célébré sa victoire à la présidentielle

 

 

 

La situation a créé des difficultés pour les manifestants qui souhaitaient rejoindre le cortège principal. En approchant du boulevard du Montparnasse, tous les accès étaient bloqués par des lignes de police. Si vous souhaitez entrer dans le périmètre, vous devez vous soumettre à une recherche complète. En conséquence, des centaines de personnes erraient autour des points de contrôle de la police, se déplaçant de rue en rue pour voir s’il était possible d’entrer sans contrôle. Cette situation confuse a été l’occasion d’engager des discussions avec d’autres manifestants et d’échanger des informations importantes. Certaines personnes, qui avaient réussi à sortir de la zone de confrontation, étaient déjà choquées par le niveau de brutalité policière, alors qu’un groupe de vestes jaunes a mentionné le fait qu’ils avaient vu de leurs propres yeux une partie du cortège de la CGT se replier pendant les affrontements, laissant des émeutiers et d’autres manifestants seuls devant les forces de police.

Comme prévu, vers 14h30, la marche de l’après-midi a finalement commencé. Alors que la foule impressionnante se dirigeait lentement vers sa destination, des points de contrôle de la police ont décidé de relâcher la pression et de laisser les gens entrer dans le «périmètre sécurisé» sans se soumettre à une fouille. La police s’arrêtait encore sporadiquement et vérifiait toute personne jugée «suspecte» également. Une fois sur le boulevard principal, la foule compacte de manifestants a eu du mal à avancer, à cause des nombreux cordons de police présents de chaque côté de la rue afin de protéger les cibles potentielles. Cependant, des vagues d’individus étaient déterminées à surmonter la procession syndicale pour se rendre au cortège de tête.

Une fois arrivés à Port-Royal, la CGT, située à l’avant du cortège des syndicats, s’est soudainement arrêtée. Les gens continuaient à contourner ses services de sécurité pour atteindre la queue du cortège de tête. Cette situation n’était clairement pas une coïncidence. Nous étions en plein milieu de la zone où les autorités avaient demandé aux dirigeants syndicaux de se dissocier de la procession afin de faciliter leur trappe. Nous avons saisi cette occasion pour demander à l’un des membres de l’équipe de sécurité de la CGT pourquoi ils s’arrêtaient soudainement pour créer un fossé entre eux et le cortège de tête. La réponse fut gênante: « Je ne sais pas de quoi vous parlez. » Une fois de plus, la CGT aidait de manière flagrante les autorités à fermer leur piège autour des « individus dangereux de la principale procession ».

Néanmoins, le cortège de tête poursuit sa route vers la place d’Italie. Presque aucun signe de confrontation n’était visible sur le boulevard de Port-Royal. La présence d’unités de la police anti-émeute sur le boulevard et à presque toutes les intersections était clairement dissuasive. Cependant, la foule diversifiée de milliers de personnes est restée déterminée, scandant des slogans anti-police et anticapitaliste ainsi que le désormais classique «Révolution!».

Une fois que les gens se sont tournés et sont entrés dans le boulevard Saint-Marcel, la tension a soudain augmenté. Certains d’entre nous savaient exactement ce qui nous attendait.

Nous approchions de la destination finale de la manifestation, ce qui signifiait que si les autorités voulaient frapper fort le cortège de tête, elles le feraient très bientôt. Les forces de police étaient présentes dans chaque rue voisine. Lorsque la procession est entrée dans le boulevard de l’Hôpital, la foule a commencé à se serrer. Des camions de police et des unités anti-émeute bloquaient le boulevard principal en direction de la gare d’Austerlitz. Nos seules options étaient de nous retirer ou de continuer vers la place d’Italie. Alors que la foule se dirigeait lentement vers la place, nous nous sommes rendus compte que le cortège de tête avait été coupé en deux par la police. Devant nous, des camions de canons à eau et des lignes de police bloquaient le boulevard.

Au-delà d’eux, près de la place d’Italie, plusieurs centaines de personnes qui constituaient le leaders  du cortège de tête se sont livrées à d’impressionnants affrontements de rue avec les forces de police. Ils ont créé de nombreuses barricades, incendié et attaqué la police à l’aide de projectiles. La foule a même attaqué le commissariat du 13e arrondissement de Paris, fortement protégé par des barrières antiémeute pour l’occasion. Des combats extrêmement intenses se sont poursuivis sur la place principale, où la police a battu, dispersé et arrêté les manifestants.
Sur le boulevard de l’Hôpital, un bloc nouvellement constitué tentait de rejoindre le cortège restant pour faire face aux lignes de police. Sans plus tarder, une pluie de bombes lacrymogènes est tombée sur la foule. Le canon à eau mobile a commencé à nous pousser sur le boulevard. Cette attaque frontale a réussi à créer la panique parmi les manifestants. Pour échapper à l’atmosphère suffocante créée par les épais nuages ​​de gaz lacrymogène, certains manifestants ont tenté de trouver un moyen de sortir en pénétrant dans des bâtiments ou en escaladant des clôtures et des murs.

Canons a eau 


Progressivement, le cortège de tête s’est retiré jusqu’à l’intersection du boulevard Saint-Marcel et du boulevard de l’Hôpital.

Là-bas, alors que la police bloquait toujours le côté du boulevard menant à la gare – la sortie la plus proche et la plus sûre -, certains manifestants ont décidé d’utiliser la dernière option qu’ils avaient en se rétractant. Malheureusement pour eux, alors que les syndicats entraient lentement dans le boulevard Saint-Marcel, la police a commencé à injecter des gaz lacrymogènes dans le boulevard afin de maintenir la foule à l’intérieur du secteur qu’ils avaient désigné pour attaquer le cortège de tête.

Les gens étaient maintenant définitivement pris au piège sur deux boulevards différents entre une pluie de gaz lacrymogène et des lignes de police. En conséquence, les affrontements à l’intérieur de la bouilloire/nasse  se sont intensifiés: des anarchistes et d’autres manifestants rebelles ont répondu aux nuages ​​épais de gaz lacrymogène et aux explosions de grenades éclair avec une pluie de projectiles, brisant les fenêtres et incendiant des barricades improvisées.

Affrontements directs 

 

La situation devenant de plus en plus explosive – et du fait de l’insistance de certains manifestants – la police accepta finalement de relâcher la pression en laissant certains manifestants sortir de la manifestation via les principaux points de contrôle de la police situés sur le boulevard de l’Hôpital. Des centaines d’entre eux ont saisi l’occasion pour échapper au piège. Cependant, une fois hors du périmètre principal de la police, de nombreuses personnes étaient toujours déterminées à rester dans la rue. Peu à peu, une foule nombreuse a commencé à se rassembler derrière les lignes de police. Comprenant que la situation pourrait rapidement dégénérer, la police a commencé à repousser les manifestants avec une volée de cartouches de gaz lacrymogène.

Derrière le point de contrôle de la police, le reste de la traditionnelle procession du premier mai, y compris les syndicats, a été autorisé à poursuivre sa route vers la place d’Italie, les autorités affirmant avoir repris le contrôle de la situation. Alors que des centaines de personnes déterminées marchaient sur le boulevard de l’Hôpital en direction de la gare et du pont d’Austerlitz, une démonstration de « chats sauvages » a commencé. Après un rapide sprint pour échapper à la ligne de police qui tentait de bloquer notre progression, la foule traversa le pont.
Un manifestant s’échappant arrêté par la police sur la place d’Italie.


Après que certaines personnes aient érigé des barricades de fortune, une remorque sur un chantier de construction a été incendiée près du pont d’Austerlitz au cours d’une courte action en faveur des insurgés .

Une fois que nous avons atteint l’autre côté de la Seine, les habitants ont construit plusieurs barricades de fortune pour bloquer la circulation et incendier la remorque d’un chantier de construction. Pour la première fois depuis le matin, nous avons estimé que nous avions enfin réussi à éviter le piège tendu par les autorités. Malheureusement, ce sentiment n’a pas duré longtemps, car les premières brigades de policiers à motocyclettes armées de lanceurs LBD-40 sont arrivées peu après. Après plusieurs tentatives pour leur échapper, reconnaissant que la situation devenait de plus en plus dangereuse, la foule en colère se dispersa près de Bastille.

Plus tard dans la soirée, des centaines de personnes ont répondu à l’appel pour se réunir place de la Contrescarpe afin de célébrer le premier anniversaire de «l’affaire Benalla».

Cette affaire a débuté le 1er mai 2018, alors qu’Alexandre Benalla, l’un des agents de sécurité de Macron officiers – ont reçu l’autorisation de l’exécutif d’assister les forces de police sur le terrain. Vêtu en tant que membre du BAC – en civil avec un casque et le brassard de police orange traditionnel – il a menacé et arrêté brutalement plusieurs personnes à l’intérieur du jardin des plantes et de la place de la Contrescarpe. Informé de ces événements, le gouvernement a couvert l’affaire et a protégé Benalla. En juillet 2018, après une longue enquête, certains journalistes ont révélé la véritable identité de Benalla. Depuis lors, le «cas Benalla» continue d’embarrasser le gouvernement actuel, alors que de plus en plus de secrets et de révélations sombres font surface.

Célébrer l’anniversaire de Benalla

 

Le 1er mai 2019 est terminé.

Au total, au moins 40 000 personnes ont manifesté à Paris malgré la stratégie de répression brutale. La vague massive de « radicaux violents » attendue par les autorités ne s’est pas manifestée, seulement entre « 800 et 1 000 personnes se sont affrontées », selon des sources officielles.

Au terme de cette longue journée de confrontations, 315 personnes étaient en garde à vue et de nombreux manifestants avaient été blessés. À l’échelle nationale, les autorités ne mentionnent que 24 manifestants et 14 policiers blessés. De toute évidence, ces chiffres sont effrontément inexacts.

Dans l’ensemble, les autorités se sont déclarées satisfaites des résultats des stratégies adoptées ce jour de mai 2019.

En raison du nombre important de recherches préventives et de contrôles d’identification (près de 20 000) et du nombre réduit de destructions de biens par rapport au jour de mai 2018, la nouvelle approche semblait avoir porté ses fruits. «Notre stratégie a porté ses fruits, en particulier le fait d’empêcher la formation de groupes noirs en les frappant durement dès qu’ils ont essayé de se former», a déclaré un membre de la préfecture de Paris, tandis qu’une autre source policière a ajouté: «Nous étions très mobiles, très offensant, très puissant. […] Nous n’avons jamais perdu le dessus à aucun moment de la journée. ”

Soucieux de célébrer sa victoire et de réaffirmer son hégémonie, le gouvernement a lancé une campagne médiatique intensive pour discréditer les personnes ayant pris part aux affrontements de rue.

Cependant, les résultats de cette campagne les ont pris par surprise.

Tout d’abord, alors que des milliers de manifestants étaient repoussés par la police sur le boulevard de l’Hôpital, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, «le premier flic de France» – a apparemment reçu des informations selon lesquelles un groupe de «briseurs» potentiels serait entré. la Pitié-Salpêtrière et l’attaquaient.

Sans y réfléchir à deux fois, il a déclaré: «Ici, à la Pitié-Salpêtrière, un hôpital a été attaqué. Son personnel de santé a été agressé. Et un policier chargé de protéger le bâtiment a été blessé. Un soutien indéfectible à nos forces de police: elles sont la fierté de la République. »Plus tard dans la journée, tous les médias ont relaté l’arrestation des trente-deux« intrus », ainsi que le fait qu’ils étaient tous en garde à vue. « Participer à un rassemblement dans le but de détruire ou de violer des biens. »

Bien que les médias n’aient même pas enquêté sur cette prétendue affirmation du ministre de l’Intérieur, nous savions que cette histoire sensationnelle «d’émeutiers attaquant un hôpital» était une pure fabrication destinée à discréditer les manifestants et leurs actions.  Cette même stratégie a déjà été utilisée contre nous lors du mouvement contre la Loi Travail. Un appel à des témoignages anonymes est apparu sur une plateforme d’édition radicale. Cette initiative, ainsi que plusieurs «vérifications de faits» par les journaux traditionnels, nous ont permis de partager notre propre côté de l’histoire afin de déconstruire la propagande trompeuse de l’État.

Contrairement aux mensonges de Christophe Castaner, vous pouvez voir ici ce qui s’est passé à l’hôpital Pitié-Salpêtrière: alors que la police remplissait le boulevard de l’Hôpital de gaz lacrymogène afin de repousser la grande foule qui se déplaçait , les gens ont commencé à paniquer. Certaines personnes situées devant l’hôpital ont réussi à briser le verrou et à ouvrir les clôtures. Les gens se sont précipités dans la cour pour échapper au gaz lacrymogène. Lorsque la police est entrée à l’hôpital et a commencé à les inculper, trente-deux personnes terrorisées ont tenté de trouver un abri dans le bâtiment le plus proche, où se trouvait l’unité de soins intensifs.

Comme vous pouvez le voir dans cette vidéo prise à l’intérieur de l’unité de soins intensifs, les manifestants n’ont pas «agressé le personnel de santé» ni «attaqué» l’hôpital.

Comme le disait à juste titre un employé de l’hôpital dans la vidéo: «C’est la faute des Compagnies républicaines de sécurité (PSI): ils sont venus, ils ont chauffé [les manifestants], la seule issue était ici. »

Quant à l’Officier de police blessé mentionné par Castaner dans son tweet, un pavé l’a frappé à la tête lors d’affrontements survenus environ quarante minutes après les événements survenus à l’hôpital.

À la suite des révélations selon lesquelles le ministre de l’Intérieur avait délibérément menti sur les événements de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, le gouvernement n’avait d’autre choix que de prendre du recul.

Sous la pression, Christophe Castaner a été contraint d’expliquer son comportement lors d’une conférence de presse. À peine honteux d’être surpris en train de mentir au public, il a déclaré lors de cette conférence de presse que le scandale concernant ses propos n’était qu’une « polémique absurde ». À la fin, les trente-deux camarades ont été relâchés et les accusations portées contre eux ont été abandonnées.
Brutalité policière le 1er mai.

Alors que les autorités discutaient avec fierté de l’efficacité de leur nouvelle approche répressive en matière de maintien de l’ordre social, plusieurs vidéos diffusées en ligne ont montré la brutalité de la police lors de la manifestation. Parmi eux: un policier anti-émeute lançant un pavé de pierre sur les manifestants; un membre du BAC qui a violé un arrêté en mettant son bâton télescopique sous son pantalon; un policier en tenue anti-émeute giflant un manifestant au visage; et d’autres images de policiers étranglant, brutalisant et faisant trébucher des manifestants.

 

En fin de compte, le gouvernement français, qui s’attendait à mener la journée à travers une importante campagne médiatique visant à discréditer les émeutes et les manifestants rebelles, a finalement dû faire face à deux importantes controverses qui pourraient potentiellement affaiblir davantage sa légitimité et son image, en particulier dans le contexte actuel. contexte politique et social explosif.

Peut-être qu’en fin de compte, le gouvernement n’est pas sorti vainqueur des événements du 1er mai.

This year in France, the traditional day for celebrating the struggles of the late 19th century and the introduction of the eight-hour day was part of a much larger sequence of struggle.

As May Day approached, the French government remained caught in a political crisis created by the still untamed yellow vests movement. Because we have documented May Day 2017 and 2018 in Paris and the entire trajectory of the yellow vest movement, we can identify the new strategy of repression that the state is employing and evaluate its strengths and weaknesses.

Globally, it appears that governments from France and the United States to China and Nicaragua have no real plan for dealing with the unrest generated by spiraling social inequality except by ceaselessly escalating the violence they perpetrate against human beings.

The past year’s clashes in France place it near the front of this process of escalation; the following analysis will be informative to anyone interested in continuing to organize protests and bringing pressure to bear on the authorities despite their efforts to impose “order” by brute force.

For more background on the yellow vest movement, you can read our previous articles here. You can watch video footage of May Day 2019 hereand here.

“We are not giving up.”

For the past several years, France has experienced numerous waves of resistance to capitalist projects and political reforms. This succession of conflicts has underscored the increasing difficulty governments face imposing their neoliberal agendas on the population, while enabling anarchists and other autonomous rebels to connect with new sectors of the population. Some ideas and practices that originated in anarchist and anti-authoritarian circles have spread to other demonstrators, too.

This evolution started during the movement against the Loi Travail when students and other demonstrators who refused to march alongside trade unions decided to take the head of the procession, creating the cortège de tête. As intense clashes with police forces became the norm, demonstrators who had not previously engaged in street confrontations learned defense tactics such as wearing goggles and covering their faces for protection against tear gas and police surveillance.

Over the following years, the cortège de tête continued to attract more and more demonstrators, most of them disillusioned by the lack of political conviction of the traditional trade unions’ march.

During May Day 2018, the leading part of the demonstration drew almost as many participants as all the trade unions together. To some extent, the cortège de tête has weakened and hastened the decline of trade unions in the French political scene. The latter have more and more difficulties portraying themselves as defending workers’ rights and fighting against the government’s neoliberal decisions.

A magnificent parade float designed to carry projectiles and protect demonstrators from police violence.

More recently, the yellow vest movement took everyone by surprise as some of its participants—many of them unfamiliar with demonstrations and social struggles—engaged in intense street confrontations and property destruction without waiting for anarchists to show up.

They repeatedly succeeded in creating chaotic situations outside the zones controlled by police. This reshuffled the cards of social protest in France and allowed anarchists and anti-authoritarians to revise some of their tactics. Ultimately, yellow vesters and radicals began fighting side by side during the weekly days of action to such an extent that, for May Day 2019, autonomous rebels invited yellow vesters to join them in the cortège de tête.

The authorities fear these informal alliances and the increasing phenomenon of rioting as a form of political action. If more and more demonstrators continue embracing our tactics, refusing to dissociate themselves from the most “radical elements,” and engaging in property destruction and street confrontations against police forces, the government won’t be able to continue to fool people with the classic argument that “dangerous rioters wearing all black are threatening the safety of normal demonstrators and the lives of good citizens” to justify its brutal repression.

This is why, from members of the current government to yellow vesters and anarchists, everyone knew that during this May Day, the situation would be explosive in the streets of Paris. This article picks up where our previous analysis left off, in the aftermath of French President Macron’s press conference a few days before May Day.

A street confrontation in Paris during May Day 2019.
Building makeshift barricades.

Setting the Trap

For years now, it has been a ritual that every time an important day of action approaches, the authorities increase the pressure beforehand via official communiqués and shocking statements in the corporate media in order to spread fear among potential demonstrators and discourage them from joining the festivities.

With Didier Lallement as the new Prefect of Police in Paris, this psychological warfare is in full use. After the riots of March 16, Minister of the Interior Christophe Castaner said to the newly named Prefect that “to protect demonstrations is to crush the riots […] I ask you for zero impunity.”

From left to right: Didier Lallement (Police Prefect of Paris), Laurent Nuñez (Secretary of State to the Minister of the Interior), Christophe Castaner (Minister of the Interior).

Since Lallement took this position, we have seen a clear shift in law enforcement strategies in the Parisian streets: numerous preventive searches and controls on the outskirts of demonstrations; more mobile police units on the ground; immediate use of tear gas and rubber bullets as soon as the first clashes erupt; police breaking marches up into several parts and kettlingthem; and a free pass from the executive power for police to engage in hand-to-hand confrontations. All of these have increased the level of repression and violence during demonstrations.

Some radicals and yellow vesters were determined to make Paris the new capital city of rioting for the 2019 May Day celebration. The government took all possible precautions to keep the situation under its control. May Day was a test to see if the new law enforcement approach would work.

The new normal: the last vestiges of social peace in France are evaporating.
Paris on May Day 2019.

To this end, the government decided to think big. About 7400 police units would be deployed in the streets of Paris. “Mobility, responsiveness, prevention of violence, and the systematic arrest of troublemakers” were the main guidelines given by the Minister of the Interior, who said that the authorities were expecting between “1000 and 2000 radical activists” and that the latter could “possibly be reinforced by individuals from abroad who might try to sow disorder and violence. They could be joined by thousands of what are now called ultra-yellow, yellow vesters who have gradually become radicalized.” Official statements like this highlight the typical strategy via which governments seek to construct both domestic and foreign enemies during political crises in order to legitimize their reactionary and authoritarian measures.

In order to maximize their control over the situation, the authorities also designated several restricted areas, as they have during yellow vests demonstrations, and canceled or relocated several events scheduled for May Day. A march against climate change that was supposed to join up with the traditional afternoon demonstration was simply canceled by authorities. This cancelation could be related to the fact that a call was made to create an offensive bloc during this morning march. A yellow vest demonstration scheduled for the morning was also canceled, then eventually assigned a new route. Finally, the traditional anarchist procession that takes place every May Day was also rerouted.

The yellow and black wave. For May Day 2019, yellow vesters answered the invitation from autonomous rebels to join them inside the leading procession.

Officially, the government justified these prohibitions by saying that they were too close to restricted areas. We believe that by containing morning demonstrations to several distinct districts of Paris and preventing any connections between these actions and the traditional May Day march, the authorities aimed to control the waves of demonstrators so they could implement their new law enforcement strategies and carry out preventive searches, controls, and arrests upstream of the afternoon gathering.

Another strategic advantage the authorities had for May Day was the fact that they were the ones to set the route of the afternoon May Day march. This year, the procession was supposed to leave Montparnasse in order to reach Place d’Italie, following an approximately 4 km long route—relatively short for a Parisian demonstration—through major empty boulevards. For the occasion, authorities asked the 584 shops located along the route to remain closed for the day and to barricade their front windows. The afternoon demonstration was obviously a trap set by authorities: large boulevards where the crowd of protesters could easily be surrounded and attacked by police forces; few targets for rioters, except at the beginning of the demonstration near Montparnasse and in the Boulevard de l’Hôpital; and the now-traditional conclusion at a major square where police could trap every demonstrator in a large kettle.

40,000 people joined the festivities on May Day 2019.

In addition, as usual before May Day, Christophe Castaner and Laurent Nuñez—Secretary of State to the Minister of the Interior—met with trade union leaders. The latter shared their concerns about possible acts of violence during the demonstration and discussed law enforcement strategies and possible alternatives with the authorities. To reassure trade unionists, Castaner held a press conference to announce that: “our first responsibility is to guarantee the right to demonstrate freely, and to demonstrate while being protected.”

One article explains that, at this same meeting, the authorities told the trade unions of their intention to attack the head of the procession at some point during the march—somewhere between the intersection with Boulevard Raspail and Rue de la Glacière. To make this easy, they asked trade unions to disassociate themselves from the cortège de tête and to continue to demonstrate via an alternative route. According to the article, the trade unions seem to have rejected the offer, since some of their sympathizers are usually present at the head of the demonstration.

However, we personally remained unconvinced by the trade unions’ response, as at numerous occasions in the past, they have showed their true faces by voluntarily disassociating themselves from the rest of the demonstration, confronting demonstrators who are less obedient and passive than themselves, or using the very same discourse as the authorities to denigrate rebellious actions and individuals. Let’s make this clear: in France, there is absolutely no doubt that there is complicity between trade union leaders and the defenders of the existing order. Yet again, the events of May Day 2019 confirmed this.

On the eve of May Day, tensions ran high. No one knew how the situation in the streets would turn out. Several comrades discussed strategies, concerns, and determination with lundimatin in an article entitled “May Day Demonstration: What to Expect from the ‘Black Bloc’?” Others, in an optimistic and passionate text, suggested that May Day 2019 would be the day when “everything would be possible!” Everyone agreed on one thing: the following day would be decisive, despite the suffocating law enforcement strategy that was waiting for us. The main question was whether we could succeed in thwarting the trap set by the government.

In blue, the official route of the May Day procession; in yellow, the zone where police told the unions that they would attack us. The black cross shows where the CGT stopped and dissociated itself from the rest of the demonstrators; the red crosses show where major confrontations took place.
Q: Even inside the kettle? A: Even inside the kettle.

Escaping the Trap

Due to the large number of actions that took place on May Day 2019, we won’t provide an exhaustive report of everything that happened the streets. We’ll focus on the major events that structured the day and some interesting initiatives and situations that we witnessed.

Anarcho-syndicalist unions gathered at Place des Fêtes the way they do every year to pay tribute to the anarchist origins of May Day. However, due to the context, the anarchist demonstration was not permitted to march towards République. Instead, it was supposed to end at Stalingrad—another location where it would be easy for police to kettle everyone if they wanted to. Around 11 am, as more and more people arrived at Place des Fêtes, police forces, including riot police units and officers in plain clothes, began patrolling the square and searching individuals carrying backpacks. The anarchist procession finally started around 11:30 am. It was hundreds strong.

The crowd marched rapidly through the streets of the Parisian popular district, followed closely by police trucks and riot police units on foot. At almost every intersection, firemen with extinguishers were waiting, as if our objective for the morning was to set everything on fire—which was especially unlikely in this working-class district. The general atmosphere of the march was strange; very few targets were attacked. No doubt part of the crowd was already focusing on what would be waiting ahead of us and how to outmaneuver it. Little by little, as the procession approached its final destination, groups of demonstrators left in order to join the starting point of the afternoon march on time.

The first confrontations of the day started at Montparnasse, the departure point of the May Day procession.

In the end, what remained of the anarchist procession decided to continue its course through the streets of Paris in a spontaneous wildcat demonstration, before disbanding when police forces and members of the BAC (Brigade anti-criminalité, “Anti-criminality brigage”) showed up. During the morning, other wildcat initiatives took place outside the official demonstrations. Unfortunately, they didn’t last long, as police brutally dispersed them.

In the meantime, at Montparnasse, the situation was already charged. Since the morning, thousands of people—from trade union sympathizers and passersby to yellow vesters and radicals—had been gathering in the main boulevard. The government’s decision to cancel or change the course of some morning demonstrations had not pacified the situation—on the contrary. Around 1 pm, tired of remaining static while waiting for the official hour to arrive to start the demonstration—and despite a massive police presence in the area—some anarchists and other rebellious demonstrators took action.

Tired of waiting for nothing, an offensive bloc tried to attack its first target.
Clashes on the Boulevard du Montparnasse.

Moving swiftly, some people attempted to constitute a bloc at the front of the procession to attack La Rotonde—the restaurant where Emmanuel Macron celebrated his presidential victory in 2017.

For a full hour, intense street confrontations took place between demonstrators and police near the intersection of Boulevard du Montparnasse and Boulevard Raspail.

Interesting to report, it was during this major phase of confrontations that Philippe Martinez, the leader of the CGT trade union, had to be exfiltrated momentarily from the demonstration—drawing boos and insults from several demonstrators—due to the explosion of a tear gas canister near his position. As if more proof were needed that making backroom deals with authorities doesn’t protect you from their weapons in the streets!

But what is more interesting here is how he reacted to this commonplace event. (We say commonplace because nowadays, what is more ordinary than breathing tear gas during a demonstration?) Yet once the situation calmed down a bit, Martinez took the occasion to denounce “an unprecedented and indiscriminate repression following the acts of violence of some,” before adding “the police has charged the CGT, a well-identified CGT, this is a serious matter.” Besides the voluntarily dramatic tone of his statement—remember that trade union leaders are here to play a specific role on the political stage—the CGT leader didn’t condemn police brutality per se, but only the fact that during confrontations, police forces attacked some CGT members. In other words, police violence is acceptable as long as it doesn’t target trade union sympathizers.

Police forces protecting La Rotonde, the restaurant where Emmanuel Macron celebrated his presidential victory.
Typical weather in Paris: a rain of tear gas canisters.

The situation created difficulties for demonstrators who wanted to join the main procession. Approaching the Boulevard du Montparnasse, all access was blocked by police lines. If you wanted to enter the perimeter, you had to submit to a complete search. Consequently, hundreds of people were wandering around the police checkpoints, going from one street to the next to see if there was a way to enter without being controlled.

This confusing situation was the occasion to engage discussions with other demonstrators and to exchange important information. Some people, who succeeded in leaving the zone of confrontations, were already shocked by the level of police brutality, while a group of yellow vesters mentioned the fact that they saw with their own eyes part of the CGT procession retreating during the confrontations, leaving rioters and other demonstrators alone in front of police forces.

As planned, around 2:30 pm, the afternoon march finally started. As the impressive crowd was slowly walking towards its destination, some police checkpoints decided to release the pressure and let people enter the “secured perimeter” without submitting to a search. Police were still sporadically stopping and checking anyone they considered “suspicious,” as well. Once on the main boulevard, the compact crowd of protesters struggled to move forward, due to the numerous police cordons present on each side of the street in order to protect potential targets. However, waves of individuals were determined to get past the trade union procession in order to reach the cortège de tête.

Once we reached Port-Royal, the CGT—located at the front of the trade union procession—suddenly stopped. People continued to get around its security service in order to reach the tail of the cortège de tête. This situation was clearly no coincidence. We were right in the middle of the zone where the authorities had asked trade union leaders to disassociate themselves from the leading procession in order to facilitate their trap. We took this opportunity to ask one of the members of the CGT security team why they were suddenly stopping to create a gap between themselves and the cortège de tête. The answer was an embarrassed “I don’t know what you’re talking about.” Once again, the CGT was blatantly assisting the authorities in closing their trap around the “dangerous individuals of the leading procession.”

Nevertheless, the cortège de tête continued its route towards Place d’Italie.Almost no signs of confrontation were visible on the Boulevard de Port-Royal.The presence of riot police units in the boulevard and at almost every single intersection was clearly dissuasive. However, the diverse crowd of thousands remained determined, chanting anti-police and anti-capitalist slogans as well as the now classic “Révolution!”

Once people turned and entered the Boulevard Saint-Marcel, the tension suddenly increased. Some of us knew exactly what was awaiting us. We were approaching the final destination of the demonstration, which meant that if authorities wanted to strike hard at the cortège de tête, they would do it very soon. Police forces were present in every single neighboring street. As the procession entered the Boulevard de l’Hôpital, the crowd began to tighten up. Police trucks and riot units were blocking the main boulevard towards the Austerlitz train station. Our only options were to retreat or to continue towards Place d’Italie. As the crowd slowly marched toward the square, we realized that the cortège de tête had been cut in two by police forces. Ahead of us, water cannon trucks and police lines blocked the boulevard.

Beyond them, near Place d’Italie, several hundred people who constituted the very head of the cortège de tête engaged in impressive street confrontations with police forces. They created numerous barricades, set things on fire, and attacked police with projectiles. The crowd even attacked the police station of the 13th district of Paris, which was heavily protected by anti-riot fences for the occasion. Extremely intense fights continued at the main square, where police beat, dispersed, and arrested protesters.

The police station of the 13th district of Paris, behind clouds of tear gas.
Courageous comrades resisting a water canon.

Down the Boulevard de l’Hôpital, a newly constituted bloc was trying to reach the front of the remaining procession in order to face the police lines. Without further delay, a heavy rain of tear gas canisters fell on the crowd. The mobile water cannon started pushing us down the boulevard. This frontal attack succeeded in creating panic among protesters. To escape the suffocating atmosphere created by the thick clouds of tear gas, some demonstrators tried to find a way out by entering buildings or climbing fences and walls. Progressively, the cortège de tête retreated until reaching the intersection between the Boulevard Saint-Marcel and the Boulevard de l’Hôpital.

There, as police were still blocking the side of the boulevard leading to the train station—the closest and safest exit—some demonstrators decided to use the last option they had by retracing their steps. Unfortunately for them, as the trade unions were slowly entering the Boulevard Saint-Marcel, police started shooting tear gas into the boulevard to keep the crowd inside the area they had designated to attack the cortège de tête. People were now definitely trapped on two different boulevards between a rain of tear gas and police lines. As a result, the confrontations inside the kettle intensified: anarchists and other rebellious protesters answered the thick clouds of tear gas and the explosions of flash-bang grenades with a rain of projectiles, smashing windows and setting makeshift barricades on fire.

A line of riot police under a rain of projectiles.
Near Place d’Italie, protesters attacked the main police station.

As the situation became more and more explosive—and due to the insistence of some demonstrators—police finally agreed to release the pressure by letting some demonstrators exit the demonstration via the main police checkpoints located on the Boulevard de l’Hôpital. Hundreds seized the occasion to escape the trap. However, once outside the main police perimeter, many people were still determined to stay in the streets. Little by little, a large crowd began to gather behind police lines. Understanding that the situation could quickly escalate, police started to push the protesters back with a series of charges and volleys of tear gas canisters.

Behind the police checkpoint, the rest of the traditional May Day procession—trade unions included—was allowed to pursue its course towards Place d’Italie, as the authorities claimed to have regained control over the situation. As hundreds of determined people were walking down the Boulevard de l’Hôpital towards the train station and the Austerlitz bridge, a wildcat demonstration got underway. Following a quick sprint to escape the police line that tried to block our progress, the crowd crossed the bridge.

A demonstrator escaping police arrest at Place d’Italie.
After some people erected makeshift barricades, a trailer on a construction site was set on fire near the Austerlitzbridge during a short wildcat action.

Once we reached the other side of the Seine river, people built several makeshift barricades to block traffic and set the trailer of a construction site on fire. For the first time since the morning, we felt that we had finally succeeded in outmaneuvering the trap set by the authorities. Unfortunately, this feeling didn’t last long, as the first brigades of police officers on motorcycles armed with LBD-40 launchers showed up soon after. Following several attempts to escape them, recognizing that the situation was becoming more and more dangerous, the raging crowd dispersed near Bastille.

Later that evening, hundreds of people answered the call to gather at the Place de la Contrescarpe in order to celebrate the one year anniversary of the “Benalla case.” This case started on May Day 2018, when Alexandre Benalla—then one of Macron’s security officers—received authorization from the executive to assist police forces on the ground. Dressed as a member of the BAC—in plain clothes with a helmet and the traditional orange police armband—he threatened and brutally arrested several individuals inside the Jardin des Plantes and at the Place de la Contrescarpe. Informed of these events, the government covered up the case and protected Benalla. In July 2018, after a long investigation, some journalists revealed the true identity of Benalla. Since then, the “Benalla case” continues to embarrass the current government, as more and more dark secrets and revelations surface.

Alexandre Benalla—wearing a police helmet and a grey hoodie—at Place de la Contrescarpe on May Day 2018.
Police near the Place de la Contrescarpe where demonstrators gathered to celebrate the one-year anniversary of the “Benalla case.”

The Aftermath: Police Lies and Violence Come to Light

May Day 2019 is over. Altogether, at least 40,000 people demonstrated in Paris despite the heavy-handed strategy of repression. The massive wave of “violent radicals” that authorities were expecting did not show up, as only between “800 and 1000 people came to square off,” according to official sources. At the close of this long day of confrontations, 315 individuals were in custody and numerous demonstrators had been injured. On the national scale, authorities only mention 24 demonstrators and 14 police officers injured. Obviously, these figures are brazenly inaccurate.

Overall, the authorities were satisfied with the results of the strategies they employed on May Day 2019. Due to the large number of preventive searches and identification checks (almost 20,000) and the reduced amount of property destruction compared to May Day 2018, the new state approach seemed to have borne fruit. “Our strategy paid off, especially the fact of preventing the formation of black bloc groups by hitting them hard as soon as they tried to form,” said someone from the Paris Prefecture, while another police source added: “We were very mobile, very offensive, very powerful. […] At no time during the day did we lose the upper hand.”

Eager to celebrate its victory and reassert its hegemony, the government initiated a heavy media campaign to discredit people who took part in street confrontations. However, the results of this campaign took them by surprise.

A perfect example of the new strategy of repression implemented by the French government: police are ordered to frontally attack demonstrators and engage in hand-to-hand fights.

First, as thousands of protesters were pushed back by police forces on the Boulevard de l’Hôpital, Christophe Castaner—the Minister of the Interior aka “the first cop of France”—apparently received reports that a group of potential “breakers” had entered the Pitié-Salpêtrière hospital and were attacking it. Without thinking twice, he stated: “Here, at the Pitié-Salpêtrière, a hospital was attacked. Its health care personnel were assaulted. And a policeman in charge of protecting the building was injured. Unwavering support for our police forces: they are the pride of the Republic.” Later that day, every corporate media relayed the story about the arrest of the thirty-two “intruders,” as well as the fact that they were all in custody for “participating in a gathering with the objective of committing property destruction or violence.”

While corporate media did not even investigate this far-fetched claim from the Minister of the Interior, we knew that this sensational story of “rioters attacking a hospital” was a pure fabrication intended to discredit demonstrators and their actions—as this exact same strategy had already been used against us during the movement against the Loi travail. A call for anonymous testimonies appeared on a radical publishing platform. This initiative, as well as several “fact checks” by traditional newspapers, enabled us to share our own side of the story in order to deconstruct the deceitful propaganda of the state.

Contrary to the lies of Christophe Castaner, you can see here what happened at the Pitié-Salpêtrière hospital: as police were filling the Boulevard de l’Hôpital with tear gas in order to push back the leading procession, people began to panic. Some individuals located in front of the hospital succeeded in breaking the lock and opening the fences. People rushed into the courtyard in order to escape the tear gas. As police entered the hospital and began charging them, thirty-two terrified people attempted to find shelter in the closest building—where the intensive care unit was located.

As you can see in this video taken from inside the intensive care unit, demonstrators did not “assault health care personnel” or “attack” the hospital. As one hospital worker rightly said in the video: “It is the fault of the CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité, the French riot police): they came, they kettled [the demonstrators], the only way out was here.” Regarding the injured police officer mentioned by Castaner in his tweet, a cobblestone hit him in the head during clashes that took place about forty minutes after the events at the hospital.

Following the revelations that the Minister of the Interior had intentionally lied about the events at the Pitié-Salpêtrière hospital, the government had no choice except to step back. Under pressure, Christophe Castaner was forced to explain his behavior in a press conference. Hardly ashamed to be caught lying to the public, he said at that press conference that the scandal regarding his words was nothing but an “absurd polemic.” In the end, the thirty-two comrades were released and the charges against them dropped.

Police brutality on May Day.

Then, while the authorities were proudly talking about the effectiveness of their new law enforcement approach for maintaining social order, several videos spread online showing police brutality during the demonstration. Among them: a riot police officer throwing a cobblestone at demonstrators; a member of the BAC violating an arrestee by shoving his telescopic baton inside his pants; a police officer in riot gear slapping a demonstrator in the face; and other footage of policemen strangling, brutalizing, and tripping demonstrators.

Footage of police strangling, brutalizing, and tripping demonstrators on May Day, including one officer hurling a paving stone at demonstrators.

In the end, the French government, which had expected to carry the day via a strong media campaign to discredit riots and rebellious demonstrators, ended up having to deal with two major controversies that could potentially further weaken its legitimacy and image, especially in the current explosive political and social context. Perhaps, in the end, the government has not emerged victorious from the May Day events after all.

The burning rage of a dying planet.

Reflections

The suffocating and oppressive demonstration of May Day 2019 is now behind us. However, we should not simply move forward to the next day of action without analyzing what happened in the streets that day. If the leading procession is to reinvent itself and stay unpredictable, we must reflect on the events of the day and study the strategies and decisions made on the field. Otherwise, we will remain trapped in the role assigned by authorities, as well as of our own self-satisfied and ritualized form of superficial radicalism. As there is always room for improvement, we present several thoughts that we hope will contribute to refining our strategies for actions and riots to come.

1984? No, 2019.

The law enforcement strategy used by authorities during May Day 2019 made quite an impression. The massive—and almost unprecedented—police presence deployed all around the course of the traditional afternoon demonstration put the most terrifying dystopian novels to shame. All day long, numerous police checkpoints, searches, patrols, frontal attacks and incursions, and gratuitously brutal arrests confirmed the ruthlessness of the new law enforcement strategy. From now on, the authorities aim to crush social movements and political unrest by any means necessary, even if this means injuring even more demonstrators than they have already. They aim to establish a state of fear through intentional police brutality and intense legal repression, including new legislation to give law enforcement a free hand during demonstrations, such as the Loi “anti-casseurs”. All this already started before the yellow vest movement. The authoritarian shift of the French government is well under way and undeniable.

The authorities are willing to crush any form of rebellion and unrest—but to do so, they have had to adapt their modus operandi in accordance with the tactics and strategies of the cortège de tête. The intensification of police checkpoints and searches before demonstrations enables them to arrest potential rioters and to seize equipment of all kinds. They hope that, if they do this, these people won’t participate in street confrontations—which, if we follow their logic, should weaken the leading procession. Another aspect of the cortège de tête that the authorities have clearly understood is that one of its major assets is its mobility and speed. Therefore, what better way to control the offensive crowd than to lead it into a trap in which every single exit is blocked by police lines? Then the authorities will know our route and our potential objectives precisely. They can decide to kettle everyone whenever they choose, then engage in hand-to-hand combat and arrest more people. And if some people succeed in escaping from the kettle to start wildcat actions—as we saw during May Day 2019—the authorities can send their motorcycle brigades to disperse everyone.

Members of the BRAV (Brigades for the Suppression of Violent Action) carrying out an incursion into the crowd to make arrests.

All this confirms that we need to reconsider our tactics and strategies. Willingly entering the trap set by the authorities has prevented us from opening new breaches and unleashing our destructive creativity in joyful and spontaneous actions. In the end, on May Day, we were exactly where the police wanted us to be, inside their perimeter, and this enabled them to contain and brutally repress us.

The difficulty in preparing for events like May Day in Paris is that, as they attract thousands and thousands of individuals, it is not easy to plan secretly in a way that will reach most people. Once a crowd decides to play by the rules set by authorities, it faces tremendous disadvantages. Considering that authorities are willing to injure even more demonstrators if they have to, we should take this issue seriously.

On numerous occasions, participants in the yellow vest movement have demonstrated their capacity and determination by remaining outside police perimeters. This enabled everyone to engage in intense street confrontations and property destruction, sometimes without even seeing police for minutes or hours. Obviously, with the new Police Prefect and the new strategy of repression, the situation has evolved. However, we continue to believe that a strategy of decentralization is the most efficient solution, as police can’t hope to control many wildcat demonstrations of hundreds of demonstrators if they take place at the same time in many different locations. The question is—how do we deal with the new extremely mobile police units? So far, they are the ones that threaten spontaneous marches and actions.

As in any strategy, there is a weak point. The objective now must be to find this weak point in order to thwart the government’s new strategy of repression.

We must respond to every attack with new strategic innovations.

If nothing else, the sheer number of people in the streets for May Day proves that Macron’s political announcements did not pacify anyone or resolve the ongoing political crisis. Far from it. Despite the massive police presence, the trap set by authorities, and the clear warnings that the government broadcast before May Day, people’s determination and rage remains unbreakable. Thousands and thousands of yellow vesters answered the invitation sent by radicals to join a leading procession that comprised considerably more than half of the entire afternoon demonstration—confirming the decline of trade unions as a tool of political pacification. The trap set by authorities didn’t stop demonstrators from engaging in impressive and courageous street confrontations with police, nor from starting wildcat actions outside of the perimeter.

In the end, despite the fierce repression, anarchists and other autonomous rebels succeeded in putting their personal touch on this May Day. The fact that the French government claimed victory on May Day even as images of massive confrontations and property destruction circulated is itself revealing. It shows how desperately the current government needs to preserve the image that it maintains hegemony, as the political context remains explosive and all efforts to construct a new social peace have utterly failed.

Alongside the indomitable solidarity participants in the cortège de têteexpressed in response to the cowardly attacks of the police, all this confirms that, against the odds, we can still remain ungovernable and open up new horizons.

“The rich started it!”

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For additional information and accounts on May Day 2019, we recommend this communiqué written by the Legal group of the Coordination against repression of Paris and the Île-de-France region, as well as this article.

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2 réflexions sur “Document. La guerre sociale. Les autorités ont peur de la jonction entre la masse des manifestants et les fers de lance que constitue la tête du cortège. La vague jaune et noire.

  1. Je me pose une question en ce qui concerne l’islamisation de l’Europe politiquement favorisée tant que l’élite n’était pas directement touchée.
    Après le meurtre des 3 enfants de l’homme le plus riche du Danemark par attentat islamiste dans une église au Sri Lanka et Notre Dame… Je ne suis pas sûre que leur complaisance tienne encore, vu que le danger est maintenant à leur porte.
    L’avenir proche nous dira si le réveil à sonné.

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