Editorial: Pour la Révolution, on s’rappelle!

« Macron enclenche l’acte II de son quinquennat »

Ceci est conforme à ce que j’écris depuis le début de la rebellion des gilets jaunes; Macron a été choisi par ses sponsors intérieurs et extérieurs parce qu’il a promis que lui, à la difference des autres ne cèderait pas.

Son fonds de commerce c’est cela et il se résume à cela : « moi je ne céderais pas, je vous le promets. Je vais démontrer que la rue , la masse c’est un tigre de papier et que l’on peut lui pisser dessus » . Comme le faisait Robert Hersant sur ses journalistes pour le compte de la bande à Giscard qui était le vrai controlataire du Figaro.

Ceci , en passant a toujours été ma conviction car le système produit comme je le dis après Michel Clouscard, le système produit le peuple qui permet la reproduction de l’ordre en vigueur. Fut il scélérat. Les théories de Burke sur la société civile sont maintenant fausses et dépassées; même Gramsci est périmé, on a crée un nouvel inconscient collectif qui s’inscrit dans le système, dans sa combinatoire. Le système a récupéré son opposition et il s’en sert pour se renforcer et désamorcer.

je n’ai salué les Gilets  Jaunes que pour le sursaut des forces de vie, forces dyonisiaques qu’ils incarnaient. Le contenu, les contenus de ce sursaut étaient dérisoires.

Le système reproduit les conditions de la domination/servitude. Il n’ya plus de société civile autonome, qui s’autorise et se définit d’elle même par la production, par l’appartenance identitaire .

Mouffe et Laclau ont approché le problème mais approché seulement, car leurs découvertes manquent de fondement, elles sont suspendues dans les airs et d’ailleurs l’échec de leurs suiveurs en Espagne, Podemos,  le montre clairement. Mouffe et Laclau ne sont pas les Lenine de notre époque! Notre époque ne produit pas de génie, elle ne produit que des larbins mercenaires comme BHL ou des rebellocrates comme Zemmour.

La société civile c’est la société que construisent les médias, l’éducation, la pub, la consommation et l’univers des signes, l’imaginaire en général puisque comme je le dis nous habitons une névrose cohérente et solide.Nous l’habitons et nous sommes traversés par cette névrose. La société civile s’inscrit dans le système, elle ne lui est pas extérieure.

Ce qui se révolte , faiblement certes, mais authentiquement,  c’est le monde de ceux qui ne sont pas inclus dans l’imaginaire actuel, soit qu’ils aient encore un contact avec le Réel soit qu’ils vivent en dehors des lieux ou la névrose se reproduit et s’impose et se donne en spectacle .

La vieille conception marxiste qui voulait que ce sont ceux qui n’ont rien à perdre, jeunes et prolos, qui se révoltent à mort, cette conception est toujours valable mais elle doit être corrigée car les jeunes ne sont plus les fers de lance de la révolte, aliénés qu’ils sont dans le discours technologique et les idéologies dominantes comme le modernisme et l’ecologisme. Il ne faut plus compter sur les jeunes, au contraire, car malléables et soumis ils sont devenus étrangers à eux même et à leurs propres déterminations.

Quant aux prolos, ils sont délocalisés et les exploités actuels n’ont pas encore pris conscience de leur condition en raison de l’accès qui leur a été donné à une relative consommation de masse qui les intègre, à crédit..

Voila le fond de la situation.

Macron a compris tout cela depuis longtemps, il a compris :

1-que les institutions conçues pour traiter les divisions de la guerre d’Algérie étaient favorables à un régime autoritaire

3-que les corps constitués français étaient pourris jusqu’à la moelle et sans colonne vertébrale théorique

3-que les oppositions étaient non seulement divisées, mais aussi à coté des sujets et des problèmes les plus importants: il n’y a pas d’analyse en profondeur de la situation susceptible de guider l’action d ‘oppositions et c’est déterminant.

Une telle analyse si elle existait serait une base, une plateforme , pour fédérer et construire des alliances; au lieu de cela on a le spectacle lamentable des gens qui se marchent sur les pieds , spectacle lamentable dont en particulier celui donné par Les Insoumis d’une part et Les Républicains d’autre part. Nous sommes dans le vide stratégique politique .

4-que les médias compte tenu de leur absence de rentabilité chronique et de leurs bilans fragiles étaient dépendants du crédit et des grandes centrales d’achat d’espace publicitaire; que les robinets du crédit et de la pub pouvaient être ouverts ou fermés politiquement en France. Le groupe Drahi par exemple est sous perfusion et ne tient que sur ordre venu d’en haut . bouygues est dans uns istuation voisine mais différente à la marge.

Ma conviction est que pour le changement, il ne faut pas compter sur les hommes. Ils font partie du problème. Non ce qui produira le changement, ce sont les contradictions internes et externes du système.

Les contradictions internes sont constituées par le fait que le système ne se reproduit plus que grâce au crédit, c’est à dire grâce à des promesses qu’il ne peut tenir, mais que le crédit s’accumule, il n’est pas bio-dégradable, et qu’il crée les conditions de la fragilité finale et/ou de l’asphyxie.

Les contradictions externes sont constituées par le choc en cours des impérialismes , ce qui ne sera pas sans conséquences sur la situation des bourgeoisies nationales, sur leurs rivalités et sur les rapports de force qui en découleront.

Les bourgeoisies nationales vont à un moment donné se trouver un peu nues, un peu seules , l’alliance actuelle des bourgeoisies néo et ultra libérales occidentales ne peut pas durer , on commence à le pressentir en Allemagne et surtout en Grande Bretagne . Trump a déclenché la grande confrontation.

Je titre sur le livre de Bruno Gaccio et je vous laisse le soin d’analyser pourquoi.

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5 réflexions sur “Editorial: Pour la Révolution, on s’rappelle!

  1. Pour faire la révolution, il faut une idée, une vision, une cause qui dépasse la contingence domestique… Le jaune sent la pisse. Il n’y a décidément plus d’Histoire, rien que de petites histoires dans un zoo de plus en plus surpeuplé, encombré de sots, de fats et d’inutiles dont aucun ne sait plus ce que serait le roman national ou européen, le mettre en forme, en scène, le conter.

    Une vie bonne, désormais, ce sera disparaître, ne pas avoir d’identité publique, mais se réjouir de cultiver son jardin, ses amitiés, loin de l’agitation, avec beaucoup de simplicité et beaucoup d’espace, de silence, de tranquillité. Pratiquer l’humilité et la sagesse. Se foutre de ce qui se passe au loin.

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  2. Il sufffit de regarder ma fiche de salaire ( 1800 euros nets) pour comprendre que la France est ultrasocialiste et non pas ultra libérale!!!!!!!

    En cumulant les charges salariales et patrononales je suis plumé à auteur de 55%, si je rajoutte la TVA et autres impôts /taxes, j’ en arrive à travailler preque 8 mois par an pour l’ état.

    Tout cà pour payer une administration ultrasyndiquée et intouchable qui fait la pluie et le beau temps.

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  3. Comme dans le cas de l’ URSS, si changement il doit y avoir, ce sera par implosion du système ultra-libéral actuel. Pour le moment, la digue du crédit pour (presque) tout le monde tient…

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    1. Le réel que nous avons devant nos yeux est un grand Système, avec ses régles organique articulées autour du profit et de la rareté.

      Nous ne sommes pas extérieurs à ce système, nous en sommes des élements constitutifs. La conscience que nous en avons est non-scientifique, elle est idéologique, ceci pour protéger le système de la connaissance de ses propres lois de fonctionnement. Un système ne survit que d’etre caché.

      Le système ne peut survivre que non-su, caché, dérobé à la conscience ; comme le système de l’inconscient humain. Si nous avions conscience de tout cela, nous pourrions agir dessus.

      Notez en passant que dans son idéologie le système a refusé férocement de reconnaitre la réalité et les causes de sa crise de surendettement de 2009. Si il l’avait reconnu il n’aurait pu prendre le risque social de sauver les ultra riches et de faire reporter la crises sur les classes moyennes et les salariés.

      Ce système évolue en fonction de ses antagonismes et de ses contradictions internes et c’est ce que nous voyons se développer sous nos yeux depuis 2009 .

      j’e l’ai prédit et expliqueé, c’est une Necessité : la rareté du profit et la rareté des ressources vitales oblige les bourgeosie mondiales à se dresser les unes contre les autres, la coopération, la concertation et le partage pacifiques sont révolus. La guerre sous une forme ou une autre est inévitable.

      La rareté du profit/surproduit à se partager dans le capital mondial a exacerbé les tensions internes et externes: on doit surexploiter les salariés et les bandits du capital financier s’affrontent pour le partage du butin.

      Le comportement des hommes n’est pas extérieur au système, il en est à la fois un élement, un symptome et un révélateur. Trump, Macron etc ne font que chevaucher la Nécessité et les surdéterminations par exemple.

      Le crédit comme vous le dites fort bien a été la digue qui a retenu le flot des contradictions. Avec le crédit on repousse la date du partage et donc les tensions issues du partage à plus tard, toujours plus tard. Avec le crédit on donne l’impression qu’il y en a pour tout le monde !

      Pour le moment l’élément majeur qui fait tenir la digue c’est le Chinois: il accepte encore les dettes du plus gros débiteur mondial, les USA.

      Le second élément qui fait tenir la digue c’est la naiveté du public, ce public mystifié croit que les promesses contenues dans les dettes et singulièrement dans la monnaie seront honorées! C’est ce que l’on appelle la confiance.

      Cette digue tient encore parce que les banques centrales en ont pris le controle et qu’elles mettent leur crédibilité/printing press au service du bétonnage du système.

      Elles engagent la confiance au service du maintien de cette digue. Elles bouchent les fissures au fur et à mesure qu’elles se manifestent. Ce faisant elles se fragilisent et s’autodétruisent à petit feu et Powell vient d’accélérer la destruction il a souflé sur le feu quand il a du reconnaitre que l’on ne pouvait plus normaliser. Même chose pour la PBOC qui vient de sauver une banque en faillite.

      Cela ne peut être éternel car le crédit et les dettes s’accumulent.Il y a un effet de stocks qui est ignoré par les apprentis sorciers des banques centrales: ils ne connaissent que les flux.

      Les banques centrales commettent l’erreur de ne pas tenter des assainissements/destructions de dettes partiellles. Elle sont tétanisées et terrorisées à l’idée de ne pas pouvoir contrôler les destruction partielles et qu’elles fassent boules de neige.

      Donc le niveau des contradictions monte encore et un jour vous avez raison les digues céderont.

      Les banques centrales rêvent d’une destruction douce des dettes par l’inflation, elles voudraient favoriser cette inflation d’ou l’objectif de 2% lequel sera bientot augmenté. L’inflation c’est la destruction douce des dettes, hélas, le système ne peut plus en produire d’une part et si il en produisait d’autre part, il sauterait.

      Les banques centrales croient que cette destruction douce, cette euthanasie par l’inflation serait sans douleur, sans effet de rupture, c’est l’illusion suprême .C’est ce qu ‘a démontré l’histoire de 2017/2018 ; l’inflation dès lors qu’elle devient anticipée et que l’on en prend concience, devient un facteur qui disloque le marché financier. Confère la grande crise de la volatilité de 2018 .

      L’inflation c’est comme le pucelage, on est vierge ou pas, c’est du tout ou rien, ce n’est pas du progressif, du dérivable. Les marchés sont soit du coté déflationniste du bateau, soit du coté inflationniste du bateau et ce bateau c’est le Titanic.

      Si l’inflation revenait en vertu d ‘un choc exogène alors une discontinuité terrible apparaitrait dans le système et il cesserait, comme le dit fort justement l’imbécile de Trichet de rester linéaire.

      La situation actuelle se caractérise par la négation du réel : le réel n’est pas dérivable, linéaire, il est fractal. A force de simplifier et de modeliser le réel on croit qu’il est simple et prévisible. Bref on vit dans la névrose ce qui veut dire que l’on vit dans l’imaginaire que l’on a créé! .

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