Billet: La situation actuelle se caractérise par la négation du réel : le réel n’est pas dérivable, linéaire, il est fractal. On vit dans l’imaginaire que l’on a créé!

Réponse à Robert: pour le moment la digue du crédit pour tout le monde tient

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Le réel que nous avons devant nos yeux est un grand Système, avec ses règles organiques articulées autour du profit et de la rareté.

Nous ne sommes pas extérieurs à ce système, nous en sommes des éléments constitutifs. La conscience que nous en avons est non-scientifique, elle est idéologique, ceci pour protéger le système de la connaissance de ses propres lois de fonctionnement. Un système ne survit que d’être caché. Le progrès, le vrai de l’humanité ce n’est pas la technologie, c’est la conscience et le dévoilement de ce qui est non-su.

Le système ne peut survivre que non-su, caché, dérobé à la conscience ; comme le système de l’inconscient humain. Si nous avions conscience de tout cela, nous pourrions agir dessus.

Notez en passant que dans son idéologie le système a refusé férocement de reconnaitre la réalité et les causes de sa crise de surendettement de 2009. Si il l’avait reconnue il n’aurait pu prendre le risque social de sauver les ultra riches et de faire reporter la crises sur les classes moyennes et les salariés. Il aurait du punir les ultra riches et les financiers.

Ce système évolue en fonction de ses antagonismes et de ses contradictions internes et c’est ce que nous voyons se développer sous nos yeux depuis 2009 .

j’e l’ai prédit et expliqué, c’est une Necessité : la rareté du profit et la rareté des ressources vitales obligent les bourgeosie mondiales à se dresser les unes contre les autres, la coopération, la concertation et le partage pacifiques sont révolus. La guerre sous une forme ou une autre est inévitable. La guerre froide est deja dépassée nous sommes dans la guerre tiède.

La rareté du profit/surproduit à se partager dans le capital mondial a exacerbé les tensions internes et externes: on doit surexploiter les salariés et les « bandits » du capital financier s’affrontent pour le partage du butin.

Le comportement des hommes n’est pas extérieur au système, il en est à la fois un élement, un symptome et un révélateur. Trump, Macron etc ne font que chevaucher la Nécessité et les sur-déterminations par exemple.

Le crédit comme vous le dites fort bien a été la digue qui a retenu le flot des contradictions. Avec le crédit on repousse la date du partage et donc les tensions issues du partage à plus tard, toujours plus tard. Avec le crédit on donne l’impression qu’il y en a pour tout le monde !

Pour le moment l’élément majeur qui fait tenir la digue c’est le Chinois: il accepte encore les dettes du plus gros débiteur mondial, les USA.

Le second élément qui fait tenir la digue c’est la naiveté du public, ce public mystifié croit que les promesses contenues dans les dettes et singulièrement dans la monnaie seront honorées! C’est ce que l’on appelle la confiance.

Cette digue tient encore parce que les banques centrales en ont pris le contrôle et qu’elles mettent leur crédibilité/printing press au service du bétonnage du système.

Elles engagent la confiance au service du maintien de cette digue. Elles bouchent les fissures au fur et à mesure qu’elles se manifestent. Ce faisant elles se fragilisent et s’autodétruisent à petit feu et Powell vient d’accélérer la destruction: il a souflé sur le feu quand il a du reconnaitre que l’on ne pouvait plus normaliser. Même chose pour la PBOC qui vient de sauver une banque en faillite et la BCE qui n’a plus de marge de manoeuvre ou d’arme dans son arsenal.

Cela ne peut être éternel car le crédit et les dettes s’accumulent.Il y a un effet de stocks qui est ignoré par les apprentis sorciers des banques centrales: ils ne connaissent que les flux. Pour eux le long terme n’existe pas, ce n’est qu’une succession de courts termes.

Les banques centrales commettent l’erreur de ne pas tenter des assainissements/destructions de dettes partiellles. Elle sont tétanisées et terrorisées à l’idée de ne pas pouvoir contrôler les destruction partielles et qu’elles fassent boules de neige.

Donc le niveau des contradictions monte encore et un jour vous avez raison les digues céderont.

Les banques centrales rêvent d’une destruction douce des dettes par l’inflation, elles voudraient favoriser cette inflation d’ou l’objectif de 2% lequel sera bientot augmenté. L’inflation c’est la destruction douce des dettes, hélas, le système ne peut plus en produire d’une part et si il en produisait d’autre part, il sauterait.

Le stocks de dettes et les bulles financières sont déflationnistes .

Les banques centrales croient que cette destruction douce, cette euthanasie par l’inflation serait sans douleur, sans effet de rupture, c’est l’illusion suprême .

C’est ce qu ‘a démontré l’histoire de 2017/2018 ; l’inflation dès lors qu’elle devient anticipée et que l’on en prend concience, devient un facteur qui disloque le marché financier. Confère la grande crise de la volatilité de 2018 .

L’inflation c’est comme le pucelage, on est vierge ou pas, c’est du tout ou rien, ce n’est pas du progressif, du dérivable. Les marchés sont soit du coté déflationniste du bateau, soit du coté inflationniste du bateau et ce bateau c’est le Titanic.

Si l’inflation revenait en vertu d ‘un choc exogène alors une discontinuité terrible apparaitrait dans le système et il cesserait, comme le dit fort justement l’imbécile de Trichet de rester linéaire.

La situation actuelle se caractérise par la négation du réel : le réel n’est pas dérivable, linéaire, il est fractal.

A force de simplifier et de modeliser le réel on croit qu’il est simple et prévisible. Bref on vit dans la névrose ce qui veut dire que l’on vit dans l’imaginaire que l’on a créé! .

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6 réflexions sur “Billet: La situation actuelle se caractérise par la négation du réel : le réel n’est pas dérivable, linéaire, il est fractal. On vit dans l’imaginaire que l’on a créé!

  1. Merci pour cette vision du problème, où vous engagez le concept mathématique de fractal.

    Comme c’est un concept fort compliqué, on peut aussi avoir recours à un autre concept plus parlant, celui de croyance religieuse (puisque vous parlez de la confiance) : pensons à Luther et à sa rupture avec la papauté, à partir de 1517: plus de reliques, plus de saint, plus de Vierge Marie (remplacez par les actuels concepts financiers).

    Le monde a alors basculé, sans réconciliation possible depuis…

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  2. Merci pour votre analyse très intéressante.

    L’approche fractale des marchés est certainement plus exacte que le modèle de Black, Scholes et Merton fondé sur une loi gaussienne portant sur les prix, ce dernier modèle rejetant les « accidents » extrêmes considérés comme peu probables, tels que les krachs.

    Ainsi que Mandelbrot l’a souligné à plusieurs reprises, les modèles utilisés actuellement sont faux.

    Ces modèles, qui n’expliquent pas les krachs de 1987, 2000, 2008 auraient dû être abandonnés.

    Du reste, les marchés sont des systèmes dynamiques non linéaires, et contrairement à ce que croient les économistes avec leurs « modèles » , ils ne sont pas à l’équilibre, ni mêmes proches d’un équilibre, notamment à cause de l’intervention des banques centrales qui fausse tout.

    Ce qui signifie qu’après un krach, les marchés ne peuvent spontanément revenir à un équilibre qui d’ailleurs n’existait pas.
    Cela, les économistes officiels et patentés ne le comprennent pas.

    Pour modéliser correctement et scientifiquement les marchés, sans idéologie, il faudrait les analyser d’une part à l’aide des multifractales, et d’autre part avec des modèles inspirés de la thermodynamique hors équilibre.

    En outre, nous ne sommes plus dans un système capitaliste dès lors qu’il y a des « trop gros pour faire faillite », c’est à dire les banques et les Etats.

    Les faux monnayeurs ne doivent/peuvent plus faire faillite, il suffira à l’organisme de tutelle de ponctionner l’argent des clients pour régler la dette interbancaire, ce que l’on appelle pudiquement « recapîtaliser  » les banques. (BRRD)

    Comme c’est à la fois simple, facile, (et génial…) pour éviter l’insolvabilité généralisée…et un krach monstrueux…

    Il y a des siècles que l’humanité aurait dû y penser !

    Avec la théorie monétaire moderne, il n’y a plus besoin de rembourser les dettes, il suffit de faire fonctionner les planches à billets à plein régime et de juguler l’inflation par la hausse des impôts, en espérant que cela marche !!

    Parallèlement, certains ont inventés des pseudo monnaies qui n’en sont pas réellement
    (Bitcoin, etc) , dont la volatilité explose tous les records imaginables, en faisant croire qu’un jour, à la Saint Glin-Glin, on utilisera ces monnaies pour des échanges de biens et services… et qu’on peut stocker de la valeur avec !!

    Toute la finance actuelle ne repose plus que sur des montagnes de dettes irremboursables,
    et il n’y a quasiment plus de croissance réelle.

    Et on trouve sur internet une ribambelle de naïfs, notamment « traders » amateurs ou professionnels, lesquels se sont-aisément- remplis les poches depuis une dizaine d’années avec la politique d’inondation de liquidités par les banques centrales, et qui croient, au cours du prochain krach. avoir la possibilité de sauver leur capital, c’est à dire la monnaie de singe qu’ils ont accumulée…

    Leurs armes contre l’hyperinflation, la stagflation, voire la déflation ?

    Elles apparaissent comme dérisoires, il s’agit d’actifs financiers ( actions, obligations, ETFs etc..) ou immobiliers !

    Comme si ces actifs pouvaient conserver leur valeur, voire en rapporter, au cours de la dépression à venir !

    En voilà qui n’ont manifestement pas connu la crise des années 1970.

    Oui, le titre de votre article, la négation du réel, était particulièrement bien adapté à la situation actuelle.

    Nous vivons effectivement dans l’imaginaire pur, comme Alice au pays des Merveilles.

    Voilà qui me fait penser au paradoxe de la Reine Rouge :
    Nous, l’Humanité, sommes en train de courir sur un tapis roulant qui avance de plus en plus vite. Ce tapis, ce sont les Banques et les Etats qui le font accélérer avec leurs montagnes de dettes et d’impôts… jusqu’au moment où nous allons inévitablement perdre un équilibre déjà extrêmement précaire et trébucher !

    En effet, nous sommes totalement incapables de freiner cet emballement, ce puissant phénomène de rétroaction positive.

    Ce jour là, le tapis ira tellement vite qu’on va se faire très très mal.

    Comme le soulignait Einstein :

    « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

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  3. Bonjour !

    J’ai récemment fait votre connaissance via La Chronique Agora, ce qui m’a mené à découvrir votre blog, qui m’a attiré vers cet article…

    Vous y décrivez très justement ce phénomène du « panem et circenses », ce piège dans lequel trop de l’humanité se trouve coincé par inconscience des jeux qui focalisent son attention.

    Les premiers paragraphes de votre article seraient une parfaite préface (ou citation) pour le livre que je rédige pour l’instant et détaille le point de vue d’un Martien sur le (dys)fonctionnement de notre belle planète Terre.

    Merci de me faire part de vos commentaires/avis/(dés)accord à ce propos.
    Cordialement Vôtre – Michel Grisar – Portable : +32 475 45 93 33

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