Allemagne : « C’est un horrible début de deuxième trimestre »

L’industrie allemande a connu un début de deuxième trimestre morose, décevant les espoirs de ceux qui voyaient deja la reprise au second semestre.

La production industrielle est nettement retombée en avril (-1,9% sur un mois) après deux mois de progression, et les exportations ont reculé de 3,7%, selon des données corrigées des variations saisonnières (CVS) publiées vendredi par l’Office fédéral des statistiques.

« C’est un horrible début de deuxième trimestre », résume Carsten Brzeski, économiste d’ING. « Les tensions commerciales et les problèmes temporaires de l’industrie automobile et chimique ont laissé des traces. »

Les chiffres du jour renforcent ainsi la crainte « que la première économie européenne ne pourra pas maintenir sa trajectoire de croissance entamée au premier trimestre », écrit M. Brzeski.

« Le moteur conjoncturel qu’est l’industrie a connu un sacré raté à l’allumage en avril », renchérit Klaus Borger, économiste de la banque KfW.

La baisse de la production est nettement plus importante que celle attendue par les économistes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur -0,40%. Sur un an, elle a reculé de 1,8%.

Crucial pour l’économie allemande, le commerce extérieur est d’autant plus surveillé que le climat des échanges se détériore en raison de la politique protectionniste de  Trump.

Au total, l’excédent commercial est tombé à 17,0 milliards d’euros, contre 20,0 milliards en mars.

Dans le détail, l’industrie manufacturière a fléchi de 2,5% sur un mois, sur fond de chute de la production de biens d’équipement (-3,3%) et semi-finis (-2,1%). Celles des biens de consommation a baissé de 0,8% par rapport à mars.

Le secteur de l’énergie a également vu sa production baisser, de 1,1%, et seule la construction progresse en avril, de 0,2%.

Du côté du commerce extérieur, l’Union européenne a absorbé en avril 3,5% de biens en moins qu’un an auparavant, tandis que les exportations vers les pays tiers ont augmenté de 4,0% sur un an.

Ces indicateurs montrent que « l’espoir d’une stabilisation rapide est prématuré », juge Stefan Schilbe, de HSBC.

De tels chiffres « confirment nos craintes que l’économie allemande se contractera légèrement au deuxième trimestre », ajoutent même les économistes de Commerzbank dans une note.

La Banque centrale allemande Bundesbank ne s’attend plus qu’à 0,6% de croissance du PIB pour 2019, contre 1,6% encore attendu il y a six mois.

« L’économie continue de souffrir de vents contraires domestiques et externes » et « nous ne voyons pas prochainement d’amélioration durable » de la conjoncture, estime Andrew Kenningham, économiste chez Capital Economics.

Selon M. Brzeski, les indicateurs « justifient l’attitude de la BCE », qui a repoussé jeudi à la mi-2020 le calendrier pour   relever ses taux, laissés depuis mars 2016 à leur plancher historique.

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