La présidentielle de Macron , comment « ils » ont baisé les Français

La première jambe En Marche, ceux qui ont financé ce mouvement, commence par être bien documentée.

La seconde jambe, c’est à dire le service de communication qui a permis de vendre la première à l’opinion, l’est relativement moins. A ce sujet, La Transition, trahissant la « société civile » révèle tout autant que ses donateurs les intérêts réels défendus par ce mouvement.

Les méthodes de financement d’En Marche commencent par être relativement bien documentées : financement auprès des grandes fortunes françaises [1], proximité avec les paradis fiscaux [2], levées de fonds auprès des évadés fiscaux [3], intégration des lobbyistes [4].

Ce qui l’est moins semble être le service de communication qui s’est mis en tête de vendre à l’opinion un produit qui, par ses financements, n’en avait à l’origine aucun. Ainsi nait en janvier 2016  un tout nouveau mouvement « La Transition ». Celui-ci se présente comme constitué par « la société civile », et uniquement financé par « des dons » : Marianne le présente comme un mouvement « hors-parti » (17 janvier 2016), France TV Info comme un mouvement de la société civile, cherchant son candidat pour 2017.

Présentation de La Transition sur son site officielPrésentation de La Transition sur son site officiel

 

Ce mouvement rejoindra d’ailleurs la primaire citoyenne – où l’on retrouvera sur la photo suivante Posternak et LePage, membres de La Transition -, afin de bien marquer son ancrage citoyen .

Avant d’annoncer brutalement le 12 janvier 2017 et de façon unilatérale (bien vite oublié ces belles primaires…), que ce mouvement s’engage à soutenir… Emmanuel Macron.

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Il serait peut-être tout aussi abrupte de voir dans La Transition, au nom de ce seul motif, un faux-nez du service marketting d’Emmanuel Macron, c’est-à-dire une association destinée à vendre à l’opinion publique ceux qui l’ont véritablement financé. La liste des « membres fondateurs » de cette Transition aurait pourtant du nous alerter.

 

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On y trouve par exemple Audrey Bourolleau présentée comme simple dirigeante d’association viticole. Mme Bourrolleau est de fait « représentante du lobby viticole » tel que l’indique Le Monde lorsqu’elle sera nommée… conseillère agriculture d’Emmanuel Macron en mai 2017.

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On y trouve aussi François Garçon présenté comme universitaire, qui est de fait l’historien condamné pour diffamation contre le réalisateur du « Cauchemar de Darwin », l’un des premiers films largement distribué sur les ravages du libéralisme en Afrique.

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Mais encore plus intéressant est de remarquer que « La Transition » a purement et simplement supprimé… certains de ses propres fondateurs (!). Ainsi qu’en atteste la présentation qu’on trouve le 18 janvier 2016 en utilisant Webarchive [6].

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On trouve alors de très beaux membres de la « société civile » comme Jean-Lou Blachier vice-président d’une organisation patronale (CGPME), et très sobrement présenté comme « entrepreneur » [7].

Mais encore Daniel Baal présenté comme cadre dirigeant d’entreprise, qui est de fait directeur général du Crédit mutuel et du CIC en Île-de-France.

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Les autres membres de cette société civile valent également le détour : Zorha Bitan, présentée comme Cadre de la fonction publique est de fait l’ancienne porte-parole de Manuel Valls pendant les primaires du PS. Quand à Posternak, il est l’auteur d’un baromètre pour suivre l’image des grandes entreprises… bref, à lui seul tout un symbole du marketting industriel au service du marketting électoral.

Et on retrouvera les mêmes méthodes utilisées dans la présentation des candidats aux législatives d’En Marche.

Ainsi Le Monde relate que le « Le candidat Jean-René Cazeneuve (1e circonscription du Gers) y était simplement répertorié comme « ingénieur », alors qu’il est directeur général adjoint de Bouygues Télécom. » [5].

En somme, de l’opacité du financement, à l’opacité des fonctions des membres de la « société civile », en passant par celle du programme, les attaques en justice lancées par En Marche en à peine quelques semaines d’exercice du pouvoir (contre la Lettre A et Libération) montrent à quel point la dissimulation d’information se révèle être une pièce fondamentale de la logique de ce mouvement.

Ce n’est sans doute pas pour rien que tout ce beau monde craint la logique de transparence d’un WikiLeaks et des lanceurs d’alerte comme la peste et s’il vote des deux mains une directive comme celle du secret des affaires.

Malheureusement pour eux, à l’heure du net, des échanges décentralisés et de la perte d’influence grandissante des média de masse, la terrible main invisible du marché risque de devenir de plus en plus visible dans les années à venir.

 

Références :

[1] : « Qui étaient les premiers (grands) donateurs d’En Marche ? », La Lettre A, 11 mai 2017

[2] : « Le Luxembourg, paradis fiscal préféré de proches de Macron », Médiapart, 24 mars 2017

[3] : « Macron : levée de fonds dans la banlieue bruxelloise des exilés fiscaux », Arrêt sur Images, 05 mars 2017

[4] : « Axa, Accor, G+, Sacem… Quand d’ex-lobbyistes se mettent en marche », La Lettre A, 18 mai 2017

[5] : « Comment « Le Monde » a enquêté sur les candidats de La République en marche », 6 juin 2017

[6] : Membres fondateurs de La Transition sur la-transition.fr le 18 janvier 2016 via web.archive.org

[7] : Organigramme de la CGPME


Source:

https://blogs.mediapart.fr/weatherboy/blog/100617/la-transition-cette-seconde-trahison-de-la-societe-civile-par-en-marche

 

 

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2 réflexions sur “La présidentielle de Macron , comment « ils » ont baisé les Français

  1. Cette Presidentielle 2017 aura très certainement été la plus grande manipulation électorale de notre histoire récente.
    La complicité a été à des niveaux inégalés.
    J’affirme même l’implication du CSA dans cette mascarade en ne faisant pas respecter la règle même que ce conseil a édicté afin de protéger le pluralisme politique. Le respect du principe d’équité ( et de son 1er critère ) n’aurait jamais dû accordé au candidat Macron, le temps de parole qui lui fut dévolu.

    Le principe d’équité
    Le principe d’équité implique que les services de télévision allouent aux candidats (ou aux partis politiques) et à leurs soutiens des temps de parole ou d’antenne en tenant compte de leur représentativité et de leur implication effective dans la campagne.

    L’appréciation de la notion d’équité se fonde sur :

    – La représentativité des candidats, en particulier, les résultats du candidat ou de la formation politique aux plus récentes élections ;
    – La capacité à manifester concrètement son implication dans la campagne : organisation de réunions publiques, participation à des débats, désignation d’un mandataire financier, et plus généralement toute initiative permettant de porter à la connaissance du public les éléments de son programme.
    https://www.csa.fr/Proteger/Garantie-des-droits-et-libertes/Proteger-le-pluralisme-politique

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