L’industrie allemande traverse  maintenant sa plus grave crise depuis la crise financière mondiale. Attendez vous à de nouvelles scéleratesses.

L’industrie allemande traverse  maintenant sa plus grave crise depuis la crise financière mondiale.

Elle menace de pousser l’économie européenne dans  la récession.

La dégradation des perspectives oblige la Banque centrale européenne à envisager des mesures de plus en plus aventureuses alors que les mesures précédentes n’ont pas réussi à redresser la situation .

Ecoutons Draghi se vanter en Juillet 2012, le 26 exactement: il promettait le coûte que coûte de sauver l’Europe et l’euro:

«Croyez-moi, ça suffira», a-t- il affirmé. Ironie , c’est à Londres qu’il a fanfaronné!  (discours de Londres )

Au pays du futur Brexit, Mario Draghi a promis, en cette  période estivale de 2012, de faire tout ce qui était en son pouvoir pour sauver la monnaie.

S’il avait réellement réussi, y aurait-il eu un Brexit? Les populistes italiens, néerlandais et français  seraient-ils aussi bien implantés là ils le sont? L’Allemagne aurait-elle été sur le point de suivre le même chemin?

Draghi s’est trompé sur tout. sans en accepter la moindre responsabilité. sans la moindre critique de la part des gouvernements.

Changer la « dynamique de la situation du crédit en Europe » devait  créer un espace suffisant pour permettre à une croissance économique aussi solide que possible de revenir.

Ecoutons -le se vanter :

« Dans la mesure où les  primes de crédit sur les emprunts souveraines entravent le bon fonctionnement des canaux  de transmission de la politique monétaire, elles relèvent de notre mandat ».

Et les journalistes même les plus supposés compétents y ont cru:

Wall Street Journal: 

Nous avons eu un rallye solide et Draghi a coché toutes les cases en ce qui concerne les attentes les attentes  optimistes. La BCE a dit qu’elle ferait tout ce qu’il faudrait. 

On avait coché toutes les cases mais il quand même fallu entre temps rajouter  la NIRP, le QE et quelques  autres années de crédit bradé supposées conduire à une croissance synchronisée à l’échelle mondiale.

Enfin, en 2018 après six ans, la sortie, ou plutot l’illusion de la sortie des difficultés, écoutons encore la BCE et son charabia :

« La forte dynamique conjoncturelle, la réduction continue du ralentissement économique et l’augmentation de l’utilisation des capacités renforcent encore notre confiance dans le fait que l’inflation convergera vers notre objectif d’inflation inférieur à, mais proche de, de 2%. »

S’il y avait eu «une forte dynamique cyclique» au lieu d’une simple reflation globale sous la conduite du dollar,  les pressions inflationnistes auraient été manifestes dès ce moment-là. La BCE a admis qu’il n’y en avait pas; mais Draghi lui croyait toujours qu’elles  se manifesteraient  parce que… il s’en était persuadé: méthode coué.

7 ans plus tard, la queue entre les  jambes il s’engage dans encore plus de «relance» et d ‘«accommodement»!  Sept ans plus tard!

Avec le point médian de la MRO déjà à zéro et le plancher du taux de dépôt à ”Encore de -40 bps,  le Conseil des gouverneurs entend reprendre sa politique de baisse des taux  presque certainement complétée par un redémarrage du QE (avec pénalités progressives sur les futures réserves!)

Au lieu de remettre en chantier ses réflexions et ses diagnostics, la BCE s’entête dans la voie de l’avilissement monétaire.

Voici en un seule image, le résultat de l’action de Draghi . La ligne noire en pointillés indique ce qu’aurait du être la croissance du GDP en Eurozone si Draghi avait réussi. La ligne bleue indique le GDP réel obtenu! En rouge vous avez l’inflation du bilan de la BCE, c’est à dire le cout du fameux coute que coute.

 

Le comble est que notre Draghi a cru un instant, en 2017, qu’il allait pouvoir partir la tête haute! Il a cru à la soi disant reprise  mondiale synchronisée! Comme un vulgaire journaliste. Moi même simple observateur, je n’y  ai jamais cru et j’ai régulièrement expliqué pourquoi.

Les dernières  déclaration, de la BCE  préemptent la future politique de Lagarde. Parmi les innovations, elle se tourne vers de nouveaux achats d’actifs financiers commes les actions et elle demande aux gouvernements d’accroitre dépenses et déficits.

Faire et défaire c’est toujours travailler n’est ce pas!

Le comble est que personne n’ose critiquer les maitres de Francfort, , il y a bien longtemps que les Allemands sont résignés , même Weidmann se tait.

Ni les gouvernements ni les syndicats, ni les médias ni les intellectuels ne s’élevent contre le nouveau round de production d’inégalités qui se profile: la BCE va acheter des actions, faire monter la valeur des patrimoines des déja-riches en créant de « l’argent bien public ». Les ultra riches s’enrichissent de la dilution Cantillon du patrimoine des moins riches et personne n’en parle. Et personne ne proteste.

Il est vrai que l’ignorance et l’incompétence complètent largement la veulerie et la paresse. On proteste contre les inégalités, mais on ne proteste pas contre ce qui les cause. On déteste les effets dont on chérit les causes.

Les valeurs des actifs financiers en Europe ont totalement perdu rapport avec la réalité comme en témoignent les taux ridiculement bas pratiqués sur les actifs italiens. Le point de non retour a été franchi depuis longtemps.

Il n’y a plus de choix si on ose dire qu’entre la mutualisation, c’est dire les eurobonds et la destruction.

En Prime :

L’influent Institut Ifo de Munich a déclaré que son indicateur du climat des affaires pour le secteur manufacturier était en «chute libre» en juillet, les dommages différés du conflit commercial mondial faisant des ravages et affaiblissant la confiance.

Cela va bien au-delà des malheurs de l’industrie automobile. Plus de 80% des usines allemandes sont en pleine contraction.

La chute de l’Ifo fait suite aux avertissements d’IHS Markit selon lesquels l’activité de fabrication dans la zone euro au sens large est tombée à des niveaux de récession.




 



 

5 réflexions sur “L’industrie allemande traverse  maintenant sa plus grave crise depuis la crise financière mondiale. Attendez vous à de nouvelles scéleratesses.

  1. C’est tout de même à se demander si les technocrates de l’UE ne sont pas en train de réussir leur pari fédéraliste à cliquet: par le biais de la BCE et des soldes Target 2, les allemands sont à genoux. Il ne leur reste plus qu’à choisir entre la peste de l’explosion de l’EURO (avec la destruction collatérale de leur secteur bancaire, DB en tête) concomitante avec la ruine de leurs épargnants, et l’acceptation « sous conditions » (tu parles…) des principes de l’Eurobond.

    Et une fois les principes des transferts actés, il n’y a plus de chemin de retour…

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  2. Les 10 années à venir, c’est un empilement d’éléments de « relance » qui s’appuient les uns sur les autres :

    . Taux négatifs, achat de dettes, d’actions, répression financière,
    . Affaiblissement structurel de la valeur faciale et nominale de toutes les monnaies,
    . Guerre des monnaies à celle qui sera la plus faible pour avoir un commerce extérieur « fort »,
    . Relance par les dépenses d’infrastructures,
    . Défiscalisation sur les énergies et matériaux et technologies « verts »,
    . Explosion des dépenses sociales,
    . Explosions des impôts et taxes,
    . Explosion de la misère sociale,
    . Toujours moins d’orthodoxie comptable et toujours plus de novlangue,
    . Accroissement des budgets police, armée, cybersurveillance.

    Mes voisins bobos parisiens de la plaine Monceau sont en avance sur notre futur mode de vie : peu de nourriture (chère car estampillée bio) et beaucoup de yoga.

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