Editorial: quand le butin vient à manquer …l’engrenage … un jour ou l’autre …

Pensez à un groupe de personnes affamées qui se disputent quelques miettes. Pensez à  des bandits qui ont attaqué une banque et qui constatent qu’ils ont été mal renseignés , il n’y a pas assez de butin pour tout le monde. Ils se battent à mort.

C’est ce qui arrive quand il y a trop de dettes dans le monde et pas assez de croissance. Rareté des contreparties. Rareté des garanties . Rareté des cash flows. Rareté de ce que l’on appelle le surproduit.

Les Etats Unis veulent un dollar fort. Ils n’ont jamais changé d’avis, mais ce qu’ils entendent par dollar fort n’est pas ce que vous, vous entendez: ils veulent un dollat fort c’est à dire un dollar qui impose sa Loi. Un dollar donc qui est cher quand cela arrange la gestion américaine et un dollar qui est bon marché quand cela leur convient.

Le dollar  fort n’est ni cher ni bon marché, c’est le dollar  qui commande,  qui s’établit au niveau optimum pour le système américain en fonction des priorités du moment.

Tout cela est le reflet de la contradiction du système monétaire mondial qui repose sur un non  sens logique, sur un paradoxe; la monnaie est mondiale mais elle est gérée en fonction de considérations domestiques!

Selon par exemple qu’il faille lutter contre l’inflation ou la déflation, on préfère un dollar dit fort ou un dollar dit faible.

Actuellement le monde global et les Etats Unis en particulier considèrent qu’il n’y a pas assez d’inflation car ils sont noyés sous une mer de dettes et donc l’inflation, la dépréciation des monnaies sont considérées comme souhaitables dans la mesure ou  elle réduisent le poids relatif  des dettes et de toutes les promesses. C’est la course vers le bas, the « race to the bottom ».

L’inflation des prix , c’est dire la dépréciation de la monnaie en regard des biens et services améliore le ratio d’endettement. Le GDP nominal se gonfle alors que les dettes restent constantes. L’inflation des prix des biens et des services  efface les traces du passé.

La dépréciation du change, la perte de valeur extérieure de la monnaie favorise la competitivité et élargit les parts de marché, donc elle est bonne pour  l’emploi.

C’est la guerre des devises. La guerre des monnaies dans leur composante de change, de valeur extérieure, de prix relatif.

Elle a commencé il y a fort longtemps, avant même la crise de surendettement de 2008, souvenez vous des problèmes posés par le Deutsche Mark et le Yen en leur temps, souvenez vous des accords dits du Plaza ou les américains ont usé de leur force, tordu les bras  de leurs partenaires pour les forcer  à réevaluer..

Les accords du Plaza sont un accord sur les taux de change signé le  entre les États-Unis, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest, le Royaume-Uni et la France (c’est-à-dire le G5). Ces pays acceptaient, entre autres choses, d’intervenir sur le marché des changes afin de déprécier le cours du dollar américain par rapport à ceux du yen et du mark allemandLes accords ont été signés au Plaza Hotel à New York. Ils ont fracassé le Japon.

Dès la crise de 2008 que nous avons analysée comme un symptome d’un mal plus profond de surendettement et de surproduction, nous avons annoncé que tout allait changer. Nous avons résumé cela par un leit motiv:

« Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien… »

Finie la coopération, finie la libre circulation , finies les illusions du libre échange, peu à peu, avions nous annoncé, les effets de la rareté allaient prendre le dessus sur les bonnes intentions et de proche en proche, tout allait devenir conflictuel.

C’est ce qui s’est passé et se passe encore, nous avons assisté à la désintégration de ces grandes mésses que sont les Sommets en « G ». Les grands accords internationaux volent en éclats.

Grosso modo « il allait ne pas y en avoir assez pour tout le monde » pour honorer ses dettes, pas assez pour maintenir en vie son capital accumulé et en quelque sorte pour sauver sa bourgeoisie.

La guerre, la destruction sanglante et violente deviennent inévitables quand on ne veut pas détruire le capital excédentaire de sa bourgeoisie. C’est pour cela que nous avons toujours plaidé et que nous plaidons encore pour une destruction gérée, managée, volontaire de l’excès de capital dans le système mondial. Nous sommes favorable au Jubilé, à la restructuration mondiale/euthanasie  des dettes.

L’excès de dettes c’est une insuffisance  de contreparties pour solvabiliser ses promesses , pour conserver la valeur des dettes et à partir du moment ou on refuse la destruction alors il n’y a qu’une solution, la lutte pour s’attribuer, pour obtenir une plus grande part du butin global, pour attirer à soi ce qui permet d’apparaitre solvable, dont les puits de pétrole par exemple. Dont les GAFA qui extraient une grande partie de la rente monopolistique mondiale. Mais également l’emploi, car mettre sa population au travail est une richesse.

Dans les situations de surendettement ce qui finit par prévaloir c’est toujours la loi du plus fort et du plus cynique pour couvrir l’accaparement de l’emploi, de la vraie épargne mondiale, du savoir, des matières premières, de l’énergies , des ressources.

Le surendettement, qui est dans une certaine mesure un excès de capital à honorer, c’est un constat selon lequel on  ne peut tenir  les promesses que l’on a faites et donc ce constat  conduit à vouloir les déprécier par la hausse des prix intérieurs et par la lutte pour le surproduit mondial. Ce sont les autres, comme les Grecs ou les Italiens   qui doivent être détruits , vous vous sauvez sur leur dos …

Il y a un lien direct, organique entre d’un coté le recours à la production de dettes pour faire marcher le système et de l’autre le besoin d’avilir la monnaie intérieurement et extérieurement. C’est un cercle qui, à partir d’un certain stade devient vicieux. Ce stade n’est pas fixe, il se déplace car tout ce qui concerne les monnaies et les devises est question de comportement, il n’y a aucune seuil mathématqiue en quoi que ce soit.

C’est l’erreur des catastrophistes qui ne cessent de prédire l’effondrement final , que de croire qu’il y a des seuils. Non, Il n’y en pas et on peut les repousser, c’est précisement ce que fait Trump ou plutot ce qu’il essaie de faire. Sans succès.  Jusqu’à présent il échoue: le dollar au lieu de baisser ne fait que monter, c’est un pervers ce dollar, c’est  un anti Trump!

En réalité tout est simple, le dollar n’est pas anti triump, c’est simplement que les choses monétaires ne sont pas linéaires, binaires, elles sont complexes et souvent le contraire de ce pour quoi elle se donnent. Trump n’est pas à même de saisir leur complexité.

Du coup Trump cherche des boucs émissaires et celui qui sera tout désigné, ce sera Draghi lequel est supposé vouloir faire la même chose que lui, dévaluer en baissant les taux et en faisant marcher la machine/pompe  à gonfler le bilan de la BCE.

Draghi préempte les futures baisses de taux et l’inflation du bilan de la BCE,  donc il fait apparaitre le dollar et les actifs financiers américans comme plus attrayants que les actifs européens. Quelqu’un qui viendrait de Sirius dirait et verrait que tout cela est absurde mais en réalité c’est logique, d’une logique de destruction fatale quand on mis le doigt dans l’engrenage.

J’attache beaucoup d’importance à la notion d’engrenage, à la structure cachée d’engrenage qui se dissimule  dans les crises car ce  sont eux qui conduisent insensiblement à faire tout ce qu’il ne faudrait pas faire et qui semble absurde à un observateur qui est extérieur au processus d’engrenage.

L’engrenage dans lequel est pris Trump le conduit à affaiblir le système chinois, à le mettre en difficulté alors qu’il est sur-surendetté, alors que toutes les valeurs y sont fausses. Les menaces et actions de Trump le déstabilisent encore plus. La Chine est une catastrophe globale en attente  d’arriver, catastrophe qui engloutira les USA tout autant en raison de l’interconnexion, mais qu’importe; pris dans l’engrenage Trump continue!

Tout cela est à l’oeuvre depuis 2008 , mais de façon subreptice, souterraine, cachée, non sue car il fallait préserver les apparences  de la coopération mondiale afin de ne pas tout bousculer.

Les élites sont en lutte entre elles mais elles sont solidaires sur le fond et savent qu’elles ont intérêt  à être unies pour baiser les peuples. Les élites ont en effet compris très vite qu’il fallait sauver les apparences et travailler dans le non-dit.  Mais sous la surface, le mal du « chacun pour » soi progressait.

Trump n’a été que le révélateur, le butor qui met les pieds dans le plat. Il y a fort longtemps que le monde n’est plus multilatéral -si il l’a d’ailleurs jamais été- , mais avec Trump on bascule dans l’unilatéraisme cynique voir l’unilatéralisme devenu  spectacle.

Ce qui est nouveau c’est la prise de conscience de plus en plus claire qui en est faite. On ose en parler, Trump par exemple met les pieds dans le plat et accuse/agresse  les Chinois et l’Allemagne chaque matin au petit déjeuner. Auparavant on  pratiquait la guerre , mais sans la nommer, sans la désigner comme telle. Pourquoi? Par peur, par crainte qu’en la nommant  on réveille les vieux démons. Ceux des années 30 par exemple. Ceux qui ont conduit à la guerre 39-45.

La guerre des monnaies, la guerre commerciale , c’est une politique économique séculaire, utilisée à la fin des années 1920 et 1930 dans ce que l’on surnommait « beggar thy neighbor. »  Les pays se volaient la croissance en abaissant la valeur de  leurs monnaies, en essayant d’importer de  l’inflation et imposant des droits de douane, des « tariffs », en tentant d’améliorer leur balance commerciales par des exportations moins chères et des importations plus coûteuses.

Dans une guerre des monnaies, vous ne voulez pas détruire les autres monnaies, vous voulez détruire la votre,  votre propre monnaie; vous en faites une arme de destruction des autres, de vos ex-partenaires devenus ennemis.

Cela signifie en fait que vous renforcez les autres devises. vous  voulez importer de l’inflation en augmentant les prix à l’importation.

L’impact immédiat d’un dollar moins cher par exemple est d’augmenter vos coûts – d’importer de l’inflation – ce qui est exactement ce que veut la Fed. Bien entendu, cela a pour effet de promouvoir les exportations.

Dans le cas des États-Unis, cela permet  aux  avions Boeing, qui coûtent très cher, de faire concurrence à AirBus en France, à Embraer au Brésil ou à Bombardier au Canada.

Il n’existe que peu de constructeurs aéronautiques dans le monde. Boeing est en concurrence avec eux. Et ainsi, un dollar moins cher, en théorie, aide Boeing à vendre plus d’avions. Du point de vue américain, il  s’agit de créer plus d’emplois et de croissance aux États-Unis. Un dollar meilleur marché est donc perçu comme un avantage. Sur le long terme c’est une mbécillité mais le long terme tout le monde s’en fiche.

Bon nombre des avantages des monnaies fables sont illusoires. Mais c’est une facilité qui est  très attrayante pour les politiciens, car ils peuvent se vanter des emplois ainsi créés. La réalité , sur le long terme est que cela ne favorise pas les emplois. Cela ne fait que favoriser l’inflation et surtout la mauvaise allocation des ressources . Mais les ressources on les gaspille car on vit dans l’illusion que le crédit remplace l’épargne!

En fait, une monnaie forte vous favorise car elle  attire des capitaux étrangers, elles dirige vers vous l’épargne mondiale. La vraie épargne. Les détenteurs de capitaux  veulent investir dans les zones à monnaie forte, et c’est cet investissement et ces entrées de capitaux qui créent les emplois. C’est ce que l’on appelle un cercle vertueux .

Les guerres de devises ressemblent à de véritables guerres à plus d’un titre. Elles se complétent en guerre commerciale comme on le voit maintenant avec le conflit americano-chinois et bien sur en guerre juridiques sous la forme d’embargos.

En Prime

De la crise à la guerre des monnaies, puis à la guerre commerciale et ensuite à la guerre tout court.

The Citadels of America’s Elites: Fractured and At Odds with Each Other

« Martin Wolf a écrit  un article dramatiquement intitulé:  Le conflit imminent de 100 ans entre les États-Unis et la Chine . Il a laissé entendre qu’il ne s’agissait pas d’une « simple » guerre commerciale, mais d’une lutte à spectre complet.

Ensuite, son collègue FT, Edward Luce, a souligné que «l’argument de Wolf est plus nuancé que le titre. Après avoir passé une partie de cette semaine parmi les principaux décideurs et penseurs au Forum annuel sur la sécurité d’Aspen dans le Colorado,  » écrit Luce , » je suis enclin à penser que Martin n’exagérait pas. La rapidité avec laquelle les dirigeants politiques américains de tous bords se sont unis derrière l’idée d’une «nouvelle guerre froide» me coupe le souffle. Il y a dix-huit mois, cette phrase a été rejetée comme un propos alarmiste. Aujourd’hui, c’est un consensus.

Un changement important est en cours dans les cercles politiques américains, semble-t-il. 

La dernière «opinion» de Luce est la suivante: «Il est très difficile de voir quoi ou qui empêchera cette grande rivalité de pouvoirs de dominer le XXIe siècle». Il est clair qu’il existe actuellement un consensus bipartite aux États-Unis sur la Chine. 

Luce a sûrement raison. Mais cela va plus loin. Une psychologie collective de  belligérance semble se dessiner et, comme l’a souligné un commentateur, elle est devenue non seulement une rivalité de grande puissance, mais également une rivalité entre les politiques de «Beltway» pour montrer «qui a la plus grosse bite».

 L’envoyé américain pour la Syrie (et son conseiller adjoint pour la sécurité nationale), James Jeffrey, a rapidement promis de le montrer  à Aspen (après que d’autres eurent dévoilé leur masculinité sur la Chine et l’Iran): Une politique américaine se résumait à un élément primordial: ‘ marteler la Russie.  

« Hammering Russia » (a-t-il insisté à plusieurs reprises), continuera jusqu’à ce que le président Poutine comprenne qu’il n’y a pas de solution militaire en Syrie . La Russie suppose à tort qu’Assad a «gagné» la guerre: «ce n’est  pas le cas», a déclaré Jeffrey. Et les États-Unis  sont engagés à démontrer cette « vérité » fondamentale.

Par conséquent, les États-Unis ont l’intention de « mettre la pression »; le coût pour la Russie augmentera jusqu’à ce qu’une transition politique soit en place, une nouvelle Syrie devenant une «nation normale». 

Les États-Unis vont «tirer parti» des coûts pour la Russie dans tous les domaines: par la pression militaire – en garantissant l’absence de progrès militaire à Idlib; par les Israéliens opérant librement dans l’espace aérien de la Syrie; par le biais de «partenaires américains» (à savoir les Kurdes) se consolidant dans le nord-est de la Syrie; par des coûts économiques («notre succès» à mettre un terme à l’aide à la reconstruction en Syrie); par le biais de sanctions américaines étendues contre la Syrie (intégrées à celles contre l’Iran) – «ces sanctions réussissent»; et troisièmement, par la pression diplomatique: c’est-à-dire «marteler la Russie» à l’ONU.

Eh bien, le décalage américain en Syrie est également à couper le souffle. Rappelons-nous qu’il y a peu de temps, il était question de partenariat entre les États-Unis et la Russie pour trouver une solution en Syrie. 

À présent, l’envoyé américain parle autant de la guerre froide avec la Russie que de ses collègues d’Aspen, même en ce qui concerne la Chine. Ce machisme est également mis en évidence par le président américain: «Je pourrais – si je le voulais – mettre fin à la guerre américaine en Afghanistan en une semaine» (mais cela entraînerait la mort de 10 millions d’Afghans), excusait Trump. Et, dans le même ordre d’idées, Trump suggère maintenant que pour l’Iran, c’est facile: guerre ou pas – l’une ou l’autre voie est bonne, pour lui.

Toute cette fanfaronnade rappelle la fin de 2003, au moment où la guerre en Irak commençait à peine à se déclarer insurgée: on disait alors que de «simples garçons vont à Bagdad; mais les  vrais hommes ont choisi d’aller à Téhéran ». 

À l’époque, ce type de discours avait  largement circulé à Washington. Si je me souviens bien, ce type de discours a donné naissance à quelque chose qui ressemblait à une exaltation hystérique. Les fonctionnaires semblaient marcher à six pouces du sol, en prévision de tous les dominos qui devaient tomber.

Le fait est que le couplage tacite de la Russie – désormais considéré comme un « ennemi » majeur par les responsables américains de la Défense – et de la Chine est inévitablement réfracté aux Etats-Unis, en termes de partenariat stratégique russo-chinois grandissant, prêt à contester les États-Unis et ses alliés.

Mardi dernier, un avion russe, effectuant une patrouille aérienne conjointe avec un homologue chinois, a délibérément pénétré dans l’espace aérien sud-coréen. Et, juste avant,  deux bombardiers russes Tu-95  et deux avions de combat chinois H-6 – tous deux dotés d’une capacité nucléaire – auraient pénétré dans la zone d’identification de la défense aérienne de la Corée du Sud.

«C’est la  première fois  que des combattants chinois et russes ont survolé la zone d’identification de la défense aérienne d’un important allié des États-Unis – en l’occurrence deux alliés des États-Unis. Il s’agit clairement d’un signal géopolitique et d’une collecte de renseignements », a déclaré Michael Carpenter, ancien spécialiste russe du département de la Défense des États-Unis. C’était un message adressé aux États-Unis, au Japon et à la Corée du Sud: si vous renforcez l’alliance militaire américano-japonaise, la Russie et la Chine n’ont d’autre choix que de réagir également sur le plan militaire.

En regardant autour de nous, il semble donc que la bellicosité des États-Unis se consolide en quelque sorte en tant que consensus parmi l’ élite , avec seulement quelques individus qui s’opposent  courageusement à cette tendance. 

Les deux correspondants du FT signalaient effectivement – dans leurs articles distincts – que les États-Unis entraient dans une transformation capitale et dangereuse. 

De plus, il semblerait que l’élite américaine soit divisées en  camps  qui ne communiquent pas entre eux – ni ne veulent communiquer entre eux. C’est  un autre conflit entre rivaux mortels.

L’un de ces camps  insiste sur la répétition de la guerre froide pour soutenir et renouveler ce complexe surdimensionné de sécurité militaire, qui représente plus de la moitié du PIB de l’Amérique. 

Un autre camp demande la préservation de l’hégémonie mondiale en terme de  dollars américains. 

Une autre partie  du Deep State est dégoûtée par  la décadence sexuelle et de la corruption qui se propagent dans la gouvernance américaine – et espère vraiment que Trump «videra le marais». 

Et encore un autre, qui considère que l’amoralité maintenant explicite de DC risque de nuire à la réputation et au leadership mondiaux de l’Amérique – souhaite le retour des mœurs américaines traditionnelles – un «réarmement moral», pour ainsi dire.

Et puis il y a les déplorables, qui veulent simplement que l’Amérique veille à sa propre rénovation interne.

Mais toutes ces factions divisées de l’État profond croient que la belligérance peut fonctionner.

Cependant, plus ces factions d’élite américaines rivales et fracturées, avec leur style de vie confortable et bien rémunéré, se cloîtrent dans leurs enclaves, certains dans leurs points de vue distincts sur la manière dont l’Amérique peut conserver sa suprématie mondiale, moins il est probable qu’elles comprendront l’impact réel de leur belligérance collective sur le monde extérieur. 

Comme toutes les élites choyées, ils ont un sens exagéré de leurs droits – et de leur impunité.

Ces factions d’élite  malgré toutes leurs rivalités internes semblent toutefois s’être réunies pour croire à leur  singularité de parler et de penser, ce qui permet aux classes dominantes de se substituer à la réalité d’une Amérique soumise à un stress et à une tension sévères.  La fable de l’ hégémon qui leur permet de choisir les gouvernements et d’éliminer les  non conformes est largement partagée.

Mais une autre implication de l’incohérence au sein des élites est applicable à Trump. Il est largement toléré parce qu’il dit qu’il ne veut pas de nouvelles   guerres et parce que tant qu’il sera président il n’y en aura pas de nouvelles. 

Mais ce n’est pas comme cela que le monde fonctionne.

Le chef d’une nation n’est jamais souverain. Il ou elle est assis au sommet d’une pyramide de princes qui eux, sont en conflit;  ils ont leurs propres intérêts et leur propre agenda. 

Trump n’est pas à l’abri de leurs machinations. 

Un exemple évident est la facilité avec laquelle Bolton a réussi à  persuader les Britanniques  de s’emparer du pétrolier Grace I au large de Gibraltar. D’un seul coup,  Bolton a aggravé  le conflit avec l’Iran ; il a placé le Royaume-Uni au premier plan de la « guerre » des États-Unis avec l’Iran; il a divisé les signataires du JCPOA et embarrassé l’UE. Bolton  est un «opérateur» avisé cela ne fait aucun doute. »

 

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2 réflexions sur “Editorial: quand le butin vient à manquer …l’engrenage … un jour ou l’autre …

  1. Bonjour,
    Vous écrivez : » Nous sommes favorable au Jubilé, à la restructuration mondiale/euthanasie des dettes. »
    Cela concerne-t-il les dettes étatiques et, dans ce cas, qu’adviendrait-il, en France par exemple, des assurances-vies, des fonds des caisses de retraite ?

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    1. Tout ce qui est « papier », contrat, sera sinon détruit du moins amputé, no place to hide.
      Nulle part ou se cacher sauf hors des sentiers battus.
      Les promesses contenues dans le système ne peuvent etre honorées, ce qui ne peut etre honoré sera euthanasié.

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