Réformer le capitalisme par le retour aux sources.

Un  vieux débat resurgit, c’est celui de savoir si les entreprises et leurs   managers doivent tenir compte de leurs responsabilités sociales, citoyennes et écologiques. C’est un sous produit du débat sur la nécessité ou non de réformer le capitalisme.

Il s’agirait en quelque sorte de mettre à la trappe la recommandation de Milton Friedman qui considérait que les entreprises étaient là pour produire des richesses et du profit et puis c’est tout.  A chacun sa priorité, sa fonction, voire sa vocation, c’est la garantie de l’efficacité maximum dans la production de richesse et de haut niveau de vie.

Il y a des grands banquiers  qui vont dans cette direction, ils s’inquiètent du rejet de plus en plus net des principes capitalistes, de la progression des idées pseudo socialistes ou libérales au sens américain et ils voudraient bien sauver l’essentiel.

Davos va dans ce sens, et le FMI aussi: Changer le capitalisme pour qu’il noit moins contesté et plus légitime.

Bien entendu tout cela c’est de la poudre aux yeux,  de la cosmétique; il s ‘agit de changer le système à la marge, de lui mettre un peu de rouge à lèvres pour le rendre plus attrayant mais au fond de garder l’essentiel à savoir la possibilité de sur-exploiter les salariés

Remarquez bien que je ne dis pas la possibilité d’exploiter, non je dis bien la possibilité de sur-exploiter parce que je lutte contre la sur-exploitation, mais je n’ai encore rien trouvé pour remplacer l’exploitation proprement dite. Donc je m’y résouds. C’est un moment de l’histoire.

Comme vous le savez je suis pour l’accumulation individuelle. Tant que l’on n’aura pas résolu le problème sur lequel  a buté le socialisme réel; le problème de la constitution d’une élite Nomenklaturienne encore plus féroce que celle du capital, je défendrais le capitalisme. .

Donc je suis modeste je ne refuse, pragmatiquement,  que la sur-exploitaion.

Pour lutter contre la surexploiation il faut lutter contre la sur-accumulation, contre le capital fictif, et redonner force aux contre-pouvoirs.

Je vois quatre   mesures , quatre lignes directrices :

-des réformes constitutionnelles dont le but est de casser l’alliance du capitalisme crony avec les politiciens et l’administration. Refonte du financement de la politique.

-des réformes des banques centrales qui sans être à la botte des politiciens doivent regulièrement rendre compte aux élus de la nation et au public. La politique monétaire doit redevenir chose publique et non plus privée. Il faut détruire le capitalisme monopolistique d’état et de banque centrale réunis.

-organiser la régression du capitalisme financier par réformes fiscales qui suppriment l’avantage donné aux dettes et au crédit , les agios doivent cesser progressivement d’être deductibles de l’IS. Le capitalisme financier oblige par la croissance du capital fictif, à la surexploitation des salariés. Réformes bien sur des bourses de valeur et de la rémunérationdes dirigeants .  

– re-création par divers moyens à étudier d’un nouveau rapport de forces entre le capital et le  travail, les syndicats , pourris ont trahi leur mission, ils  sont depassés et ont fait leur temps. La lutte pour le surproduit doit revenir au centre des relations capital travail.

Parmi les mesures accessoires je citerai la réforme du fonctionnement des médias et de la profession d’informer.

Vous me direz c’est imparfait , il faut faire plus , ma réponse est simple commençons déjà par cela, il y a un début à tout.

15 réflexions sur “Réformer le capitalisme par le retour aux sources.

  1. Je suis de la vieille école: réunir politiquement des opposants à la situation actuelle, quelle que soient par ailleurs leurs positionnements idéologiques qui reprendraient droit de cité une fois l’essentiel acquis: la souveraineté politique et monétaire. Et la démocratie avec. Rendre à la puissance publique son rôle régulateur, et tenir le « marché libre et non faussé » pour une dégueulasserie idéologique et économique, financière aussi. Et donc, parmi les priorités, revoir tout l’enseignement secondaire et supérieur. Et virer qui de droit. Nationaliser les banques. Expulser les oligarques des grands médias. Comme en 1945. En gros, faire une révolution tranquille. Ne suffirait-il pas de la vouloir? En attendant, rêvons-la.

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  2. « les agios doivent cesser progressivement d’être deductibles de l’IS »…
    Demandons à nos députés de pouvoir TOUS bénéficier de cet avantage lors de la prochaine loi sur la fiscalité, Chiche !
    Imaginer, vous êtes en découvert avant la fin du mois et les agios sont déductibles de votre base fiscale, je rêve…

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  3. Concernant votre deuxième point : « des réformes des banques centrales… », un premier pas dans cette direction ne pourrait il pas être d’interpeller/alerter le public , non dans le sens de proposer des réformes précises mais simplement d’expliquer les fonctionnements des dites banques et les impacts concrets de leurs politiques monétaires sur la vie des citoyens ? Un peu comme Positive Money le fait mais sans proposer d’idées de réformes dans un premier temps… Bref en parler, comme vous le faites depuis des années , mais aussi d’en faire un objet d’ activisme au jour le jour… Les exemples d’activismes plus triviaux abondent…

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  4. En dépit d’aspirations égalitaires, héritées d’une ascendance « prolo-paysan pauvre », tendant à être reléguées à l’état de souvenirs, je suis tentée d’adhérer à votre positionnement.

    Mais reste néanmoins le doute sur la capacité du capitalisme à échapper au développement pervers que vous décrivez si bien ; concrètement , l’exploitation peut-elle résister à la tentation de la surexploitation ?

    Bien sûr, vous anticipez sur cette réserve en posant la condition d’un pouvoir politique et d’une administration ayant rompu leur « alliance avec le capitalisme crony » et capable de jouer un rôle de régulateur ; Adam Smith, déjà…

    Mais comment garantir l’intégrité des élites. Le socialisme a perverti les idéaux révolutionnaires en nomenclatura despotique ; dans le cadre du capitalisme , les élites, les contre-pouvoirs (syndicats, médias, ONG..) ont été aspirés par les oligarchies.

    Comment concevoir en somme un capitalisme démocratique où un peuple éduqué capable de juger du bien public contrôlera ses élites en étant capable de les sanctionner si elles s’en détourne ?

    Mais comme « il n’est de vérité que du tout », où trouver le levier : des élites qui oeuvrent à l’éducation du peuple, lesquelles auraient été générées par un peuple éduqué ?

    Néanmoins, je vous suis, essayons !

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  5. Et la réforme monétaire ? Il faudrait plutôt changer la nature de la non-monnaie dont nous nous « servons ». D’argent-dette la monnaie doit être ce qu’elle est censée être: étalon et mesure de la valeur, et non un bien en soit.
    Voilà la première chose à faire !

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  6. Et la réforme monétaire ? Il faudrait plutôt changer la nature de la non-monnaie dont nous nous « servons ». D’argent-dette la monnaie doit être ce qu’elle est censée être: étalon et mesure de la valeur, et non un bien en soit.
    Voilà la première chose à faire !

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  7. Oui, L’Histoire ne se projette pas et n’est au fond qu’une succession d’occasion manquées.
    Un nouveau Glass-Steegel Act a été manqué en 2009 – 2010,
    Combien va t-on manquer encore avant un nouveau événement historique majeur ?

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  8. Je sais que vous n’y croyez pas beaucoup… Mais la Blockchain Technology sera d’une grande aide pour faire arriver ces changements.

    Tôt ou tard les représentants du peuple se feront uberiser (idée d’ailleurs développée par Charles Gave).

    La monnaie et les banques… vous voyez le tableau.

    Si vous pensez qu’il est possible de craquer un algorithme tel que BitCoin (par exemple), posez la question à un consultant informatique.
    L’inefficacité des ordinateurs quantiques a été démontrée par un prix Nobel de physique.

    My 2 cents !

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  9. Bonjour,

    Pour ma part, c’est le capitalisme, ou plutôt le libéralisme lui-même, qui est « intrinsèquement pervers ».

    Pour ma part, le seul système viable, bien qu’il ne soit pas parfait, c’est celui en vigueur sous l’ancien régime et plus particulièrement sous sa forme médiéval avec :

    – L’existence d’une aristocratie (noblesse d’épée) de lignage, essentiellement dédiée à la politique du pays et à sa protection vis-à-vis des menaces extérieures. Elle offrait un cordon sanitaire entre les affaires publiques (donc de l’intérêt général) et les affaires privées (milieux économiques et d’affaires).

    – Le lien de vassalité, consacrant une certaine inégalité. Il y avait donc des Exploiteurs et des Exploités, mais le suzerain avait un devoir de protection vis-à-vis de son vassal et se devait de le défendre, y compris au prix de son sang. En contre partie le vassal devait loyauté et obéissance au suzerain.

    – Les corporations permettant aux ouvriers de se regrouper et donc de défendre leurs intérêts vis-à-vis d’abus ou de concurrence déloyale.
    (La loi le Chapelier du 14/06/1791 avait supprimé les corporations et donc ouvert la voie au libéralisme du XIXe. Ce n’est qu’un siècle plus tard (21/03/1884) qu’une loi autorise les syndicats.

    – Le roi, garantissant la souveraineté du pays en usant de ses droits régaliens :
    . le droit de déclarer la guerre, de conclure la paix, et de traiter par voie d’ambassadeurs ;
    . le droit de battre monnaie ;
    . le droit de convoquer états généraux et états provinciaux ;
    . le droit de nommer dignitaires, officiers et commissaires, toutes personnes vouées au service
    de l’État.

    Pour avoir une idée du système politique, économique et social de l’ancien régime, je recommande vivement de lire les ouvrages de François Bluche ainsi que l’article publié en 2016 sous le lien :
    https://www.viveleroy.fr/La-monarchie-absolue-de-droit-divin-par-Francois-BLUCHE

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  10. Ces 4 mesures sont du vrai bon sens venant de quelqu’un qui connait la musique : Celui qui permet de corriger sans foutre le feu, sans tout casser, sans jeter le bébé avec l’eau du bain, sans vouloir créer l’homme nouveau, sans infantiliser.

    C’est tout un programme politique clairement énoncé mais qui coule aussi de source souverainiste, patriotique, humaine, historique, émancipatrice…

    Source qui n’abreuve pas nos veaux et encore moins leurs kapos !

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  11. Je souscris à tout cela. Je ne pense pas que cela vienne du haut, les élites ne se saborderont pas, cela partira du bas. Le plus fondamental est de de recréer de vrais contre-pouvoirs, le « système » doit contrebalancer les imperfections de la nature humaine et non pas les amplifier.

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  12. La question n’est peut-être pas tant quelles mesures adopter ( et j’approuve celles que vous énoncez ) mais plutôt, comment y parvenir ?
    Et sur ce dernier point, j’ai beaucoup de mal à trouver une issue au sein d’une société divisée et individualisée, anesthésiée et dorénavant fataliste car orpheline de ce que j’appellerai « une noblesse politique pour le bien commun »
    Raison pour laquelle je pense l’implosion inévitable sans avoir la moindre idée de la forme qu’elle prendra.
    L’Histoire ne se projette pas et n’est au fond qu’une succession d’événements qui bien souvent n’étaient même pas prévisibles la veille de leur avènement.

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    1. Je n’envisage pas la possibilité de changements raisonnés, maitrisés, guidés par la sagesse. C’est la force des choses qui produira le ou les changements avec toutes les erreurs et bavures habituelles. La Nécessité fera Loi. La force des choses, pas la force des hommes.. hélas!

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