Editorial: Synthèse. L’état des lieux . Ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience

Ce qui me frappe c’est la progression des prises de conscience.

N’oubliez jamais, l’économie c’est une somme de comportements.

Et les comportements sont dans les plupart des cas mus par l’inconscient, par le non-su,  mais quand l’inconscient devient conscient alors les choses peuvent changer.

La prise de conscience  est maintenant  rapide après avoir trainé sans progrès pendant 10 ans.

La conscience économique a compris que rien ne se déroulait comme prévu en 2009, puis 2010, puis 2013  et suivantes.

Elle a compris que les résultats des actions des autorités ont été faibles.

Elle a compris que l’on ne pouvait plus sortir des pièges des politiques non-conventionnelles.

Elle a compris que les apprentis sorciers n’avaient pas de solution de rechange.

Ce que l’on toujours pas compris, c’es l’origine du mal,

On n’ a pas encore de bon diagnostic. 

 

Developpment:

 

À l’heure ou les  dirigeants des plus grandes économies capitalistes (G7) se réunissaient à Biarritz, en France, la Chine a annoncé une nouvelle série de droits de douane sur 75 milliards de dollars de produits importés par les États-Unis.

Il s’agit de représailles à un nouveau cycle de droits de douane prévu sur les produits chinois que les États-Unis prévoyaient pour décembre.

Le président américain Trump a réagi avec emportement  et a immédiatement annoncé qu’il augmenterait les taux de ses droits actuels sur 250 milliards de dollars de produits chinois et imposerait des droits supplémentaires sur 350 milliards de dollars d’importations supplémentaires.

Le président américain a également déclaré qu’il ordonnait aux entreprises américaines de chercher des moyens de mettre fin à leurs activités en Chine. « Nous n’avons pas besoin de la Chine et, franchement, nous serions beaucoup mieux sans eux« , a déclaré M. Trump. «Nous ordonnons à nos grandes sociétés américaines de commencer immédiatement à chercher une alternative à la Chine, notamment en ramenant votre entreprise à la maison et en fabriquant vos produits aux États-Unis

Cette intensification de la guerre commerciale a naturellement frappé les marchés financiers.

Le marché boursier américain a fortement chuté, les prix des obligations ont augmenté alors que les investisseurs cherchaient des «refuges» dans les obligations d’État;  le prix du pétrole brut a chuté, la Chine étant sur le point d’imposer une réduction des importations de pétrole américain.

Ces développements interviennent à peine un jour après que les dernières données sur l’état des principales économies capitalistes révèlent un ralentissement important.

 

Chute du PMI manufacturier:

 

L’indice de l’activité manufacturière aux États-Unis pour août est passé sous la barre des 50 pour la première fois depuis la fin de la grande récession en 2009.

Les indices des États-Unis, de la zone euro et du Japon sont inférieurs à 50, ce qui indique une récession  dans le secteur de la manufacture. Et les composantes des «nouvelles commandes» pour chaque région étaient encore pires ce qui signifie que  l’indice manufacturier devrait encore chuter.

Jusqu’à présent, les secteurs des services des principales économies ont résisté, évitant ainsi toute  effondrement économique majeur. « Cette baisse augmente le risque que la faiblesse de l’industrie manufacturière ait commencé à se propager aux services, un risque qui pourrait générer un affaiblissement plus marqué que prévu des marchés du travail aux États-Unis et dans le monde. » écrit JPM.

JP Morgan estime que l’économie mondiale croît à un rythme annuel de 2,4% seulement, soit un niveau proche de celui considéré comme une «vitesse de décrochage» avant la récession.

Malgré toutes ses critiques sur l’économie américaine, Trump est inquiet.

En plus de ses attaques sur  la Chine, il a également critiqué le président de la Fed, Jay Powell, pour ne pas avoir réduit les taux d’intérêt pour stimuler l’économie, qualifiant ce dernier d’ennemi  de l’économie américaine au même titre que la Chine!

Powell a pris  la parole lors de la réunion estivale annuelle de grand luxe des banquiers centraux du monde à Jackson Hole, dans le Wyoming. Jackson Hole c’est tout un symbole, celui de la rutilance du fétiche.

Dans son allocution, il a essentiellement déclaré qu’il n’y avait « que peu de choses que la politique monétaire pouvait faire ». Ce qui signifie en traduction du jargon que la politique ne peut pas faire grand chose dans la situation présente.

Bien entendu il ne reconnait pas les échecs antérieurs, mais cela de soi puisque si on est à nouveau en  crise  cela signifie que les remèdes n’ont été que cataplasmes sur une jambe de bois. La vraie vérité, celle qui serait transparente obligerait à dire que l’on est dans l’impasse! Ce que l’on confirme à la BRI , la liberté de s’exprimer y étant plus grande.

Les guerres commerciales et autres «chocs» mondiaux ne peuvent être surmontés par la seule politique monétaire énonce Powell.

Le comité de politique monétaire de la Fed est divisé sur ce qu’il faut faire. Certains veulent maintenir les taux d’intérêt là où ils sont parce qu’ils craignent que des taux d’intérêt trop bas (et/ou négatifs) alimentent un essor/excès du crédit insoutenables.

D’autres veulent réduire les taux comme le demande  Trump pour résister aux forces de récession qui se répercutent sur l’économie. Powell a déclaré: « Nous examinons les outils de politique monétaire que nous avons utilisés à la fois en temps calme et en période de crise, et nous nous demandons si nous devrions élargir notre boîte à outils. » Hmm!

Le problème est plus grave et plus fondamental:  le poblème c’est que les banquiers centraux de Jackson Hole réalisent, comme il était déjà devenu évident, que la politique monétaire, qu’elle soit conventionnelle (réduction des taux d’intérêt) ou non conventionnelle (monnaie imprimée ou «assouplissement quantitatif»), ne permettent pas de sortir les économies des différents pays du marasme de la croissance, de  la faible productivité. Elle ne peut éviter éviter une nouvelle récession.

La plupart des travaux universitaires présentés aux banquiers centraux à Jackson Hole étaient empreints de pessimisme.Tout comme le sont les  gourous et maintenant la presse.

L’un d’eux a fait valoir que les banquiers devaient coordonner leur politique monétaire autour d’un «taux d’intérêt naturel» global pour tous. Le problème est qu ‘«il existe une incertitude considérable sur le véritable niveau du taux neutre» dans chaque pays, et encore plus dans le monde. Comme l’a dit un orateur: «Je suis prudent en utilisant ce concept impossible à mesurer pour estimer le degré de divergence des politiques à travers le monde (ou même simplement le G4)».

Le taux neutre ou taux * , étoile, est un mythe, une abstraction  créée pour le raisonnement, mais il n’existe pas; donc on ne peut le mesurer! C’est l’étoile polaire qui devrait servir  à guider, mais on ne sait pas ou elle est! En bref c’est le refuge de notre ignorance. Les économistes et les banquiers centraux devraient faire un peu d’épistémologie des sciences, cela leur éviterait de dire n’importe quoi.

Voilà pour la base de la politique monétaire de la plupart des banques centrales au cours des dix dernières années.

Un autre document a souligné que «les divergences de politique monétaire par rapport aux  États-Unis ont des effets d’entraînement plus importants sur les marchés émergents que sur les économies avancées». Ainsi, «la transmission de la politique monétaire est imparfaite et, par conséquent, les mesures de politique monétaire des marchés émergents conçues pour controler  les changes et  la volatilité des taux peuvent être contre-productive ».

En d’autres termes, l’impact du taux directeur de la Fed et du dollar américain sur les économies plus faibles est si important que les petites banques centrales ne peuvent rien faire avec l’outil de  politique monétaire, si ce n’est aggraver la situation! Ce que nous répétons depuis 2010! Les banques centrales des petits pays et même des plus grands n’ont pas (et plus) la situation en mains et même la Chine; ils sont serfs et on s’en est aperçu en 2013 lors du Taper Tantrum.

Pas étonnant que le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, avant de quitter son poste ait profité de son discours pour lancer une bombe. Certes désamorcée mais bombe intellectuelle tout de même:  il a suggéré que la solution était de mettre fin au règne  du dollar. Rien que cela .  « Les Etats-Unis ne représentent que 10% du commerce mondial et 15% du PIB mondial, mais la moitié des facturations commerciales et les deux tiers des émissions mondiales de titres sont en dollars » , a déclaré le gouverneur de la BoE. En conséquence, . « Il est  temps qu’un fonds mondial protège contre la fuite des capitaux et que plus tard, le système monétaire mondial soit doté d’une monnaie mondiale!  »

La récession mondiale imminente a également retenu l’attention des grands esprits habituels.

Bien entendu les opinions divergent. sur la politique économique à adopter pour éviter une nouvelle récession mondiale.

Le keynésien orthodoxe, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor américain sous la présidence de Clinton et professeur à Harvard, a affirmé que les principales économies capitalistes étaient en «stagnation séculaire». Il estime donc que l’assouplissement monétaire, qu’il soit conventionnel ou non conventionnel, ne fonctionnera pas. Un stimulus fiscal est nécessaire. C’est sa position depuis longtemps et il la décline régulièrement dans le FT.

De son côté, Stanley Fischer, ancien VP de la Fed et ancien dirigeant du méga fonds d’investissement Blackrock, estime que les mesures de relance budgétaire ne fonctionneront pas car elles ne sont pas assez « maniables », c’est-à-dire qu’elles prennent trop de temps pour avoir un effet. . En outre, pour lui cela risque de porter la dette publique et les taux d’intérêt à des niveaux insoutenables. Donc, les mesures monétaires sont encore meilleures. Le vrai problème du budgétaire c’est que les budgets sont déja très mal en point et que vouloir accroitre les dépenses et les déficits,  c’est jouer avec le feu, La conviction fragile, miraculeuse, que le « papier vaut encore quelque » chose, c’est à dire que les promesses puissent être honorées peut s’effondrer sans prévenir.

Les économistes post-keynésiens de la théorie monétaire moderne (MMT) se sont montrés très enthousiastes parce que Summers semblait finalement être d’accord avec eux, à savoir que les mesures de relance budgétaire par le biais de déficits budgétaires et de dépenses publiques peuvent empêcher la « demande globale » de s’effondrer.

Vous connaissez mon avis, la rechute, la crise, sont une Nécessité. La seule solution à la crise, c’est .. la crise elle même. On ne peut y échapper, la seule question est celle du calendrier car les apprentis sorciers ont les moyens de les retarder par des destructions  encore plus profondes du système et de ses piliers dont celui de l’épargne.

De la même façon que l’on peut garder la confiance temporairement en mentant , on peut conserver la confiance dans le papier en le minant en profondeur; On peut continuer d’émettre du papier, de la dette, des promesses,  en détruisant ecore plus l’éparg,ne, le fond d’épargne, l’épargne réelle. Comme on le fait avec les taux nuls et bientot les taux négatifs aux particuliers.

En détruisant, on peut durer et repousser.mais ni les «monétaristes» ni les keynésiens / MMT n’ont raison. Qu’il s’agisse d’un assouplissement monétaire ou d’une relance budgétaire, rien ne pourra arrêter la crise. Tout simplement parce qu’ils partent de théories fausses, de diagnostics idéologiques,

Le mal ce n’est pas l’insuffisance de la  «demande globale».

La consommation des ménages est relativement forte dans la plupart des économies, les gens continuent de dépenser plus, en partie grâce à des emprunts supplémentaires produits par  des taux d’intérêt très bas. La demande publique aussi est forte et ce n’est pas elle qui pèse sur les performances.

C’est l’autre partie de la «demande globale», l’investissement des entreprises qui est faible et s’affaiblit.

Cela est dû à la faible rentabilité du capital total investi, à la faible rentabilité du capital productif, à la forte surévaluation du capital fictif, la Bourse;  à la concurrence du  capital fictif  et du capital de poids mort. Bref cela est du à la suraccumulation et à la financialisation lesquelles interdisent, sauf à courir le risque de crise boursière en boule de neige,  lesquelles interdisent la destruction de ce qui est périmé, dépassé, socialement inefficace. Le serpent souffre de ne plus pouvoir muer ou si on veut se regenérer. Les zozos réévaluent la Bourse c’est dire le capital ancien alors qu’il faudrait le déprécier, le dévaloriser!

Ah les braves gens!

Le capital de poids mort. est un boulet.

L’érosion tendancielle  de la profitabilité du capital est renforcée par la fin du cycle qui est en cours et   la baisse des bénéfices aux États-Unis et ailleurs. En effet, les marges bénéficiaires des entreprises américaines (les bénéfices en pourcentage du PIB) sont en baisse  depuis plus de quatre ans, c’est  la plus longue contraction de l’après-guerre. La baisse est masquée par les tripatouillages, l’ingenierie, les gadgets boursiers, par l’incompétence des analystes financiers, par la fiscalité etc

Tous les remèdes proposés , en dernière analyse contribuent non pas à résoudre la problème de l’érosion de la profitabilité du capital, mais à l’aggraver. Comme c’est le cas par exemple avec la surévaluation/inflation  des prix « contreparties papier » du capitall: les actifs boursiers.

Il n’a jamais été  établi que les dépenses budgétaires fonctionnent au dela du coup de fouet , sauf dans les économies de guerre des années comme en 1940. ou dans les années 30 lors du réarmement de l’Allemagne par Hitler.. Dans les économies de guerre l’essentiel des investissements est réalisé par le gouvernement .

 

 

 

 

Une réflexion sur “Editorial: Synthèse. L’état des lieux . Ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience

  1. Trump parle toujours a la fermeture des bourses européennes,les européens se feront toujours avoir .Son petit jeu de taxes avec la chine sert a masquer la baisse naturelle du soufflé économique .On ne peut plus inflater a cause de la démographie et de l’écologie.La démographie est insuffisante pour fournir assez de nouveau crédits et l’écologie devient un frein important pour les échanges internationaux et le bétonnage systématique

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