Interrogation sur l’or

Un lecteur,  Pantalacci

Sur la question complexe du pouvoir d’achat de l’or, il me semble intéressant de citer la célèbre étude de Roy Jastram :
« The Golden Constant: The English and American Experience, 1560-1976, »
et les analyses suivantes de cette étude qui portait sur une période de plus de quatre siècles.
http://www.lbma.org.uk/assets/alc56_golden_constant.pdf
et
https://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1980_num_31_1_408519_t1_0168_0000_000

Les conclusions du Professeur Jastram sont assez contre-intuitives.
D’après lui, l’or est une mauvaise couverture contre la forte inflation, mais augmente considérablement son pouvoir d’achat au cours des périodes de déflation.

« What did Jastram find and do his findings still hold after 1971? I suspect that two of his conclusions will surprise some people since they are counter-intuitive and contrary to current experience. He concluded from his research that: Gold is a poor hedge against major inflation and that gold appreciates in operational wealth (purchasing power) in times of deflation. »
(Extrait du premier lien cité ci-dessus.)

Personnellement, je suis très dubitatif sur ces conclusions, si j’en juge par le comportement de l’or entre 1971 et 1980, durant la « décennie perdue », qui a vu une hausse spectaculaire de l’or, très supérieure à la forte inflation qui sévissait à cette époque.
Il faut dire aussi que le prix de l’or était fixé par la Fed à 35 $ l’once depuis 1934, sous le gouvernement Roosevelt, et n’avait pas bougé depuis !

Pour mémoire, Volcker avait mis fin à l’inflation au moyen d’une forte hausse du taux directeur de la Fed, qui était monté jusqu’à 20 % en 1980.
Le dollar était devenu rare.

Par la suite, il s’ensuivit une longue période de désinflation, laquelle, de mémoire, avait débuté environ vers le milieu des années 1980.

Depuis cette époque, les banques centrales n’ont cessé de baisser leurs taux, si l’on fait abstraction d’une petite hausse, laquelle n’a pas duré, et qui serait plutôt l’exception confirmant la règle.

Personnellement, je voyais les taux baisser continuellement, et j’avais même pensé que si cette tendance perdurait, on arriverait fatalement à des taux nuls dans une échéance qui à l’époque paraissait lointaine.

Je n’avais pas imaginé qu’un jour les taux deviendraient négatifs !
Il était clair que les banques centrales luttaient déjà contre les pressions déflationnistes, et l’endettement ne cessait de croître.

Aujourd’hui, force est de constater que cette politique monétaire n’est toujours pas venue à bout des pressions déflationnistes, et qu’on envisage de baisser encore les taux et de se lancer dans des Q.E.

On peut donc s’interroger :
Qui va l’emporter ? La politique monétaire ou la déflation ?
Peut on réellement basculer vers l’hyperinflation ?

A ce stade, nous rejoignons la question sur le comportement de l’or selon que l’on soit en hyperinflation ou en déflation.

Aux époques étudiées par Roy Jastram, le prix de l’or n’était pas libre comme aujourd’hui, mais fixé par les banques.
Ce qui pourrait invalider ses conclusions.

Mais sur le fond, je suis d’accord avec vous, les investisseurs commencent à se méfier des banques centrales, et voient dans l’or un moyen de se protéger.

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4 réflexions sur “Interrogation sur l’or

  1. Vaste interrogation effectivement.

    En fait je crois qu’il est difficile d’y répondre car la valeur de l’or est exprimée dans une unité (devise fiduciaire, $, €, ou autres) qui n’est pas une invariante.

    Cela revient à exprimer une mesure (poids, longueur, etc..) par rapport à une référence étalon qui serait « élastique ».

    Ainsi que l’exprime M. Bertez, l’Or est tout simplement le réel, le vrai, ce qui « rattache ».
    Lui attribuer un prix dans une devise est une mystification.

    La vrai mesure serait de recalculer tous nos prix en once, g, mg… d’or, ce qui n’est plus possible depuis que toutes les devises sont libres, flottantes, éthérées.

    Notre définition de l’inflation est fausse.

    La véritable inflation n’est que la résultante de la « dilution » de nos monnaies.

    Ceci est la réalité fondamentale qu’il ne faut surtout pas, dans l’esprit de nos banquiers centraux, que le grand public comprenne !

    Ci-joint un graphique du CPI aux USA depuis 1913.

    Il est très net qu’il y a eu décrochage en 1971 après que Nixon ait mis fin (temporairement, si, si c’est dans son discours) à la convertibilité du $ avec l’or.

    A cet époque l’or « valait » 35 $. Il ne faut pas s’étonner qu’il soit à plus de 1500 $ maintenant.
    Et pourtant, une once d’or est toujours une once !

    Tout doit s’apprécier dans le temps long par ailleurs.

    Aimé par 1 personne

  2. Une question idiote : qu’est ce qui empêche les Américains en accord avec le ROW, de fixer arbitrairement l’once d’or à 15000$, ça euthanasierait les dettes et on pourrait repartir sur des bases solides ? Non ?

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