Les banques euros ne sont pas sorties de l’auberge.

Les banques euros ne sont pas sorties de l’auberge explique le Financial Times après enquête.

Les banquiers  se préparent à des réductions de coûts et à une consolidation plus profondes après que la Banque centrale européenne (BCE) a prolongé de cinq ans les taux d’intérêt négatifs.

Les banques de la région ont été déçues par le dernier acte majeur de Mario Draghi en tant que président de la BCE, dans lequel il avait réduit son taux directeur des dépôts à moins de 0,5%, tout en dévoilant un nouveau système de hiérarchisation conçu pour protéger une partie des dépôts que les prêteurs conservent.

Toutefois, les analystes et les dirigeants interrogés par le Financial Times déclarent que  les revenus générés par le tiering, compensent à peine la perte de revenus résultant de la baisse des taux de base.

Pou eux ceci  affablit encore  un secteur qui peine déjà à générer des rendements acceptables.

La BCE devrait à nouveau réduire son taux débiteur d’ici à l’an prochain, ce qui pourrait encore abaisser le taux Euribor sur lequel reposent la tarification de nombreux prêts. «Les hausses de rentabilité pourraient être minimes pour la plupart des banques. . . La sensibilité à l’Euribor est plusieurs fois supérieure aux économies réalisées sur les réserves de trésorerie de la BCE. »

Les taux d’intérêt négatifs ont été introduits pour la première fois dans la région en juin 2014 afin de stimuler une économie en déclin en incitant les banques à prêter plus d’argent.

Toutefois, elle a eu pour effet de réduire encore les résultats déjà médiocres des banques européennes, qui détiennent des réserves combinées de 1,9 trillions d’euros pour satisfaire aux réglementations de l’après-crise.

L’indice boursier du secteur est proche d’un plus bas de 20 ans et le rendement moyen des fonds propres des banques européennes est d’environ 6%, bien en deçà de leur coût des fonds propres qui est estimé à  11%; ce rendement est à peine de la moitié de celui de leurs rivales américaines.

. « La hiérarchisation des dépôts- le tiering- ne nous aide pas assez, même assez », a déclaré un haut dirigeant d’un grand prêteur allemand. «Les décisions de la BCE empêchent de générer un rendement de 10% ou plus.

« La BCE réduit effectivement la rentabilité structurelle des banques européennes à long terme, tandis que la hiérarchisation n’aide que sur le court terme », a déclaré M. Abouhossein. «Les banques ne peuvent faire face à ce problème qu’en devenant  plus compétitives du point de vue des coûts ou en menant des fusions et acquisitions.» .

La Deutsche Bank et la Commerzbank, fortement dépourvues de dépôts, devraient en bénéficier au maximum du nouveau dispositif  avec des hausses respectives de 12% et 3% respectivement des profits , mais ces chiffres sont enjolivés  par le faible niveau actuel des bénéfices. « Nous pensons que l’impact est neutre sur le secteur », a déclaré Andrew Coombs, de Citi. «En fin de compte, les banques sont toujours pénalisées par la limite zéro effective sur les dépôts. . . [et] transmettre des taux négatifs à des clients de détail est toujours politiquement inacceptable. »

Draghi a déclaré que les dirigeants devraient se concentrer sur la réduction des coûts et la numérisation de leurs modèles économiques plutôt que de « se fâcher contre les taux négatifs ».

Les lobbyistes des banques répondent que la politique de la BCE nuit à un secteur déjà fragile. Hans-Walter Peters, président de l’Association des banques allemandes, indique qu’à 2,3 milliards d’euros, la facture annuelle des banques allemandes fondée sur des taux d’intérêt négatifs en 2018 équivalait à près de 10% du bénéfice annuel avant impôts du secteur. « Ce n’est tout simplement pas raisonnable d’affaiblir les banques européennes de cette façon », a-t-il déclaré.

Les taux d’intérêt négatifs ont suscité de vives critiques, notamment en Allemagne, où ils sont accusés de punir les épargnants. La semaine dernière, le tabloïd allemand Bild Zeitung a accusé Draghi d’être «le comte Draghila», qui «aspire nos comptes en banque et les vide».

Le ministre des Finances, Olaf Scholz, envisage d’interdire à titre préventif aux banques de répercuter le coût des «taux de pénalité» sur les épargnants.

En Europe, de nombreuses banques transfèrent  une partie du coût des taux négatifs aux entreprises et aux autres institutions financières.

En Suisse, UBS et Credit Suisse ont récemment imposé  à leurs clients les plus riches des taux negatifs sur les  francs et les euros.

Cependant, aucune banque n’a jusqu’à présent osé imposer de frais aux clients de détail, car cette initiative politiquement controversée  pourrait pousser les consommateurs à transférer leur argent chez un concurrent moins cher ou à le retirer en espèces.

 

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