Editorial: et pour quelques dollars de plus … on joue les prolongations

Au cours d’une semaine très volatile, le S&P500 a reculé de 0,3% (+ 17,8%depuis le debut de l’année). Le Dow a chuté de  0,9% (en hausse de 13,9%). Les banques ont perdu 3,0% (en hausse de 13,3%) .

Le Nasdaq 100 a progressé de 0,9% (en hausse de 22,5%). Les semi-conducteurs ont bondi de 2,0% (en hausse de 36,3%). Les biotechnologies ont augmenté de 0,4% (en baisse de 0,1%).

Avec le lingot d’or gagnant 8 $, l’indice d’or HUI a progressé de 0,3% (en hausse de 31,6%).

Le dollar est resté ferme avec un dollar index  qui a glissé de 0,3% à 98,84 (en hausse de 2,8% depuis le début d el’année ). Le renminbi chinois a perdu 0.36% par rapport au dollar cette semaine (baisse de 3.77% )

Les taux des bons du Trésor à trois mois ont terminé la semaine à 1,66%.

Les rendements à deux ans ont chuté de 23 points de base à 1,41%.

Les rendements des bons du Trésor à cinq ans ont chuté de 22 points de base, à 1,35% (en baisse de 116 pbs depuis le début de l’année).

Les rendements des valeurs du Trésor à 10 ans ont chuté de 15 points de base à 1,53% (en baisse de 116 pbs). Les rendements des obligations à long terme ont reculé de 11 points de base, à 2,02% (en baisse de 100 pbs).

Les rendements des MBS Fannie Mae ont chuté de 15 pb à 2,47% (en baisse de 103 pbs).

La semaine dis-je a été très volatile et nombreux sont ceux qui, une fois de plus, se font fait pièger à diagnostiquer la grande catastrophe tant attendue! Ils sont incorrigibles! J’ai  du mal à comprendre pareille naiveté, pareille perséverance dans l’erreur.

Tout indique que les autorités n’accepterons pas la baisse des marchés, et pourtant, ils, les Cassandre, ils insistent. A chaque fois, ils osent dire: c’est la bonne! Et de multiplier les déclarations, les graphiques, les corrélations qui vont dans ce sens!

Comme si il y avait le moindre élément permettant de discerner un changement de position des autorités, comme si il y avait le moindre indice qu’elles ont cessé de contrôler la situation, comme si il y avait le moindre soupcon de dérapage non voulu. C’est incroyable que cette persistance à vouloir à tout prix perdre de l’argent ou en faire perdre aux autres simplement parce que depuis des années on se trompe.

Cela fait plus d’un an que j’ai conseillé de ne plus participer aux marchés, par mon article intitulé « Le conseil du siècle« , mais jamais je n’ai pris le risque imbécile de conseiller de vendre à découvert, d’attaquer le marché , au grand jamais.

Je considère qu’il n’ y a rien à gagner et donc qu’il vaut mieux ne pas être exposé , mais ce n’est pas pour cela que je conseille de prendre une position négative.

Les autorités n’ont qu’un pouvoir mais il est colossal, c’est celui de retarder l’inéluctable. Voila ma philosophie. Et comme elles n’ont à ce jour pas donné de vrai signe de faiblesse, alors il faut attendre, attendre et ne rien faire, se mettre au parking avec du cash, de l’or et de l’immobilier pas trop cher.

Il n’y aucune raison de participer aux marchés parce que nous avons fait le vrai Top mondial de ce cycle en janvier 2018, le 26, si je ne me trompe pas.

Nous avons fait le Top sur les marchés mondiaux à cette date parce que la situation de base a changé:

-ralentissement de la croissance,

-chute du commerce mondial

-épuisement des effets de la reflation de 2015/2016,

-érosion des bénéfices des entreprises, et surtout

-mise en doute de la capacité des autorités à traiter les problèmes.

La prise de conscience qu’elles ont échoué se généralise et les incertitudes sur l’efficacité des outils restant dans le « toolkit » sont maintenant très répandues.

Walls Street a fait mieux que le marché mondial, mais peu importe , Hussman a calculé que depuis le Top de début 2018, la performance des portefeuilles n’a pas été supérieure à celle d’un simple investissement en Treasuries de court terme.

Nous ne croyons pas au découplage durable, le monde est un tout et la maladie du reste du monde finira par se transmettre aux Etats-Unis. Ce n’est qu’une question de temps. Donc nous interpretons les divergences comme le signal que finalement la morosité économique va être contagieuse et non comme l’inverse.

Cela ne veut pas dire que les autorités vont renoncer leurs politiques stupides, non au contraire, mais cela veut dire que leur efficacité, même celle de pur court terme va être émoussée fortement. On le voit d’ailleurs en Chine ou la forte relance du « credit impulse » ne produit qu’un modeste frémissement.

Pour relancer une nième fois la machine économiquee, il faut sauter le pas et prendre des risques, de gros risques:  il faut accepter de re-creuser les déficits, il faut accepter de renoncer à une quelconque discipline budgétaire. Et c’est l’enjeu des discussions souterraines qui ont lieu entre « les sujets supposés savoir mieux que les autres »: déficits ou pas déficits?

Les débats chez nos keynésiens font rage!

De la même façon que l’on a renoncé au mythe de l’orthodoxie monétaire, il faut sauter le pas, se lancer dans l’Aventure du renoncement à l’idée même d’orthodoxie budgétaire.

Il faut sans le dire, bien sur,  aller vers la MMT.

Si on y va nous changerons peut être d’avis sur les marchés.

En fin de semaine les marchés ont fait bonne et meme très bonne figure grace à deux éléments circonstanciels:

-une déclaration de la Fed de New York

-des chiffres de l’emploi goldilock.

October 4 – Financial Times «La Banque de réserve fédérale de New York étendra son intervention sur le marché des pensions en novembre…, soulageant ainsi les craintes d’une réémergence du resserrement monétaire taux d’intérêt à long terme en flèche en septembre. La Fed de New York est entrée pour la première fois sur le marché des pensions… après que le coût de l’emprunt au jour le jour ait quadruplé à 10% le mois dernier. Elle  a intensifié ses efforts vers la fin du mois de septembre pour parer aux tensions potentielles à la fin du troisième trimestre… Le département  des marchés de la banque centrale américaine a annoncé qu’il continuerait d’injecter chaque jour 75 milliards de dollars en prêts au jour le jour sur le marché du repo via jusqu’au 4 novembre. En outre, il mènerait une série d’opérations de prise en pension à terme – prêts allant de six à 15 jours – afin de maintenir un montant supplémentaire de 140 milliards de dollars sur le marché jusqu’au début novembre. L’annonce a permis d’atténuer les craintes des traders quant à une possible pénurie de liquidités lorsque près de 140 milliards de dollars de prêts de pension livrés à terme d’une durée de deux semaines s’éliminent la semaine prochaine.  »

Les actions américaines se sont remises  à la hausse après la publication du rapport sur l’ emploi vendredi. La reprise a cependant pris son véritable  élan après l’annonce de l’extension des opérations de «repo» par la Fed de New York.

Vendredi après-midi, Loretta Mester, présidente de la Fed de Cleveland, a réitéré les propos de ses collègues: «La décision de la Fed sur les réserves ne signifie pas reprise  des  QE». Le problème est que les opérations de liquidités de la Fed, et l’expansion résultante du bilan de la Fed soutient les marchés quelle que soit le nom qu’on leur donne!

Les marchés ne sont pas gênés par une étiquette  «QE» ou «opération de pension au jour le jour».

Les mesures agressives de la Fed , peu importe leur nom, cristallisent davantage la vision du marché selon laquelle la Fed et les banquiers centraux mondiaux ont peu de tolérance face à l’instabilité  des marchés financiers et monétaires. Pour de bonnes raisons: les marchés s’attendent à ce que les banques centrales réagissent avec une force presque démesurée  face à tout problème susceptible de déclencher une dynamique de crise .

La machine à printer, la printig press marche déja à plein régime , y compris aux USA.

La masse «monétaire» M2 a bondi de 70,2 milliards de dollars la semaine dernière, la plus forte progression depuis la semaine du 11 janvier 2016. C’est passé inaperçu. En outre, M2 a progressé de 262 milliards de dollars en 10 semaines et de 575 milliards de dollars sur 22 semaines. Le rapport hebdomadaire H.6 « Mesures de l’encours de la dette et de la masse monétaire » de la Fed fait ressortir un taux de croissance de M2 désaisonnalisé sur 13 semaines de 8,5%!!!

L’extraordinaire croissance de 575 milliards de dollars américains au cours des 22 dernières semaines est  la deuxième plus forte expansion monétaire sur 22 semaines de l’histoire des États-Unis, dépassée seulement par la période de QE2 de 2011 ou les avoirs de la FED avaient  augmenté de 600 milliards de dollars.

La croissance de M2 ​​a culminé à 530 milliards de dollars (sur 22 semaines) en février 2009 lors de la première opération d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale.

Pour ceux qui doutent de la volonté de la Fed de s ‘arquebouter et d’empêcher toute baisse des marchés, voila quelques  chiffres à méditer.

La publication de chiffres de l’emploi n’a pas apporté de surprise , du moins au niveau des apparences ou des commentaires superficiels. On a tout de suite qualifié cette publication de neutre, ni trop chaude, ni trop froide, bref « goldilock ».

Le taux de chômage aux États-Unis a atteint son plus bas niveau de 50 ans, à 3,5%. Les créations d’emploi ont été quasi conformes aux attentes et les salaires ont ralenti vers un rythme de 2,9%. pas de risques inflationnistes ni déflationnistes particuliers. Les réserves de force de travail sont réduites.

La prévision hebdomadaire de la Fed de St. Louis concernant la croissance du PIB au troisième trimestre pourrait atteindre 3,12%, ce qui serait la lecture la plus forte depuis le troisième trimestre de l’année 18.

Avec le ralentissement des taux hypothécaires, les marchés du logement re-gagnent du terrain. Les ventes de logements neufs affichent le rythme le plus rapide depuis 2007. En Août les ventes de logements existants ont enregistré le rythme de progression le plus élevé depuis mars 2018. Les demandes  de prêts hypothécaires récentes ont été supérieures d’environ 10% au niveau atteint l’an dernier. Et à un rythme annualisé de 17,19 millions d’unités, les ventes d’automobiles ont bien résisté en septembre.

Le consommateur travaille, gagne un peu d’argent , emprunte et dépense.

Powell a déclaré en fin de semaine que son objectif était que tout cela dure le plus longtemps possible.

Les ISM de cette semaine – manufacturiers et non manufacturiers – ont tous deux considérablement manqué leurs estimations. Le secteur manufacturier est  faible et l’attention s’est concentrée sur le secteur non manufacturier des services . Il offre les signes d’un ralentissement croissant. Cependant à  52,6, l’indice ISM non manufacturier est toujours en expansion.

Le rendement implicite sur les contrats à terme des fonds fédéraux de janvier a reculé de 10,5 points de base cette semaine à 1,47%, portant ainsi le recul de deux semaines à 16 points de base. Cela implique que le marché s’attend à des réductions de taux supplémentaires de 36 points de base d’ici janvier. Les marchés tablent désormais sur une probabilité de 73% de réduction des taux lors de la réunion de la Fed du 30 octobre (en baisse par rapport aux 85% de jeudi).

 

 

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