Les accrocs au krach!

Avant  que vous ne lisiez ce texte,  je vous rappelle ma position ;

-il y aura un krach, c’est mathématique et nécessaire.

-personne ne peut prévoir quand il se produira 

-en attendant la seule attitude rationnelle est de comprendre pourquoi il ne se produit pas, comment il est retardé.

Quand on a compris cela on cherche à localiser les béquilles, à,cerner ce qui « fait tenir » malgré l’accroissement des déséquilibres.

Et on observe leur fragilité, leur usure.

J’fais des krach des p’tits krach encore des p’tits krach, des p’tits krach des p’tits krach toujours des p’tits krachs… des krachs d’seconde classe, des krachs d’première classe… 
Le poinçonneur des médias
Mon cher lecteur,
Vous êtes cerné : Le krach arrive.
Il est annoncé partout dans les médias :
Dans Le Figaro, c’est Baverez qui s’y colle. Multi-récidiviste, il s’était déjà fait connaître en 2003 avec « La France qui tombe ». Depuis 16 ans qu’elle n’en finit pas de tomber, cela nous fait une belle jambe.
Les grands professionnels du Temps en Suisse analysent un « indicateur avancé du krach qui se profile » .
Sputnik News fait fort nous donne à peine 3 mois avant le déclenchement d’un « crise sévère » (c’est sûr à 75% selon eux).
Et la palme revient sans doute aux Echos qui arrivent à placer en tête de leurs articles les plus lus :
  • un premier papier qui exhorte à vider vos Livrets A pour aller chercher du rendement (traduisez : du risque) ;

 

  • pendant que le second vous prévient de La crise financière qui vient.

Mais faut-il encore s’étonner de leur indigence intellectuelle.

Bref c’est du tout cuit mon cher lecteur… C’est-à-dire VOUS êtes tout cuit, foutus de chez foutus c’est la Fin, la vraie, la dernière, l’eschatologique.
« Quand tout le monde se met à paniquer ainsi, cela veut peut-être dire que le krach arrive. À mon avis, cela signifie surtout que la réaction au krach arrive avant le krach : attendez-vous à des annonces musclées des banques centrales, soyez prêts pour l’explosion des taux négatifs et des déficits publics, la rigueur c’est fini. »
Je vous écrivais cela ici, il y a déjà 6 semaines. Cela vaut encore plus aujourd’hui.

Un krach ne se prévoit pas

Par définition, un krach ne se prévoit pas, un krach surgit de l’inconnu.
De plus, tous ces gens très intelligents regardent des indicateurs de cycles. MAIS LES BANQUES CENTRALES ONT TUÉ LES CYCLES !
Vous avez senti quelques chose en 2012 lors de la crise des dettes souveraines européennes ? Vous êtes-vous seulement rendu compte que les marchés financiers avait frôlé la catastrophe en 2015 et fin  2017 ? 
Le krach arrive… Cela vous fait une belle jambe.
Vous voyez-vous discuter doctement dans vos dînerS du krach qui vient, en opinant du sous-chef comme quelqu’un qui sait des choses que les autres ne savent pas. C’est sûrement très chic, cela fait important… Mais c’est totalement stérile. Vous allez plomber l’ambiance de la soirée et pourquoi ? Maintenant que vous savez que le krach arrive, qu’allez-vous faire ?
Mettre toutes vos économies en or ?
Pirze ! J’ai lu la semaine dernière un papier qui conseillait à des particulier de shorter les marchés, vendre à découvert (vous gagnez de l’argent quand les marchés baissent et en perdez lorsqu’ils montent) : mais c’est criminel  !
Et si vous avez tord, combien de temps allez-vous tenir ? quelles pertes allez-vous accepter avant de céder ?
Cela fait presque 2 ans que je conseille de sortir des marchés actions car ils sont fondamentalement surévalués. À long terme, il n’y a que des coups à prendre mais de là à jouer activement leur baisse, il y a monde.
Ceux qui prédisent le krach finiront par avoir raison.
Mais ce n’est pas en ayant raison que l’on gagne de l’argent sur les marchés. 
 

Ce n’est pas en ayant raison que l’on gagne

Ce n’est pas en ayant de raison que l’on gagne de l’argent sur les marchés.
Vous ne connaissez sans doute pas Jim Chanos.
Jim Chanos est une sorte d’âme damnée de Warren Buffet.  Warren Buffett sélectionne les bonnes entreprises à long terme, Chanos cherche les mauvaises pour les shorter.
Il est connu pour avoir découvert le scandale Enron et d’avoir fait fortune en vendant à découvert les actions du géant de l’énergie américains aux pieds d’argile.
Jim Chanos est sans doute l’un des meilleurs short sellers de Wall Street. Sa stratégie repose sur des recherches intensives afin de déceler des failles fondamentales dans la valorisation d’actions puis de les vendre à découvert, aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à ce que la faille soit découverte et qu’il touche le jackpot. Bref, c’est complexe et très dangereux.
En 2009, Chanos a repéré une de ces failles fondamentales dans le marché immobilier chinois. Il a vu avant tout le monde le développement de villes fantômes, construites de zéro mais sans aucun habitant pour y vivre :
Pourtant, 10 ans plus tard, le marché ne s’est pas effondré.
Oh Jim Chanos a raison. Le marché immobilier chinois est pourri.
Mais il est également manipulé.
Et si l’erreur chinois de Chanos avait eu lieu avant Enron, il n’aurait sans doute jamais eu les fonds nécessaires pour son coup de génie et serait rester un glorieux inconnu.

L’important n’est pas d’avoir raison, c’est d’être asymérique

L’important n’est pas d’avoir raison, c’est d’être asymétrique, c’est-à-dire d’avoir beaucoup plus à gagner qu’à perdre.
Comme aime à le répéter le trader et écrivain Nassim Taleb (Le Cygne Noir), ce ne sont jamais ceux qui ont raison qui gagnent de l’argent sur les marchés, ce sont ceux qui sont convexes.
il faudrait que j’écrive une lettre entière sur ce que veut dire Taleb quand il parle de convexité.
Un jour, quelqu’un demanda à Taleb si les marchés allaient monter ou descendre le mois suivant. Taleb répondit que les marchés allaient « très certainement monter ». On lui demande alors comment, il jouait cette hausse, ce à quoi Taleb répondit qu’il était exposé à la baisse… Car le jour où les marchés baisseraient, ils baisseraient bien plus qu’ils ne pouvaient encore monter.
Taleb estimait qu’il avait beaucoup à gagner si les marchés baissaient et peu à perdre tant qu’ils montaient : c’était cela l’important.

 

  • Les obligations « investment grade » sont également asymétriques : vous savez à l’avance que votre principal est garanti, il sera repayé à la maturité de l’obligation et entre temps la valeur de celle-ci peut monter considérablement :  vous avez bien plus de chances de gagner que de perdre.

 

 

  • Les marchés boursiers et votre assurance vie sont asymétriques… Mais à l’envers :  les perspectives de gains sont bien plus faibles que les risques de perte.
Non seulement c’est fondamental, mai c’est une manière d’investir qui ne vous fera pas perdre le sommeil.
L’asymétrie est un principe fondamental des stratégies que je propose dans Risque & Profit. Il ne s’agit pas d’avoir raison, ni d’avoir de la chance mais de toujours nous assurer d’avoir plus à gagner qu’à perdre, non seulement en monnaie sonnante et trébuchante mais plus généralement dans la construction du monde de demain et de celui que nous lèguerons à nos enfants.
Vraiment, le Krach, c’est comme les frites McCain, c’est ceux qui en parlent le moins qui gagnent le plus.
À votre bonne fortune,
PS : Allez donc expliquer à un investisseur ou à un activiste climatique que l’important n’est pas d’avoir raison… l’aveuglement des uns et l’opportunité des autres.
     
©2019 L’Investisseur sans costume

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