Non ce n’est pas « les rats sont entrés dans Paris », la superbe chanson de Reggiani, non les rats quittent le Ponzi!

L'Investisseur sans Costume
Les rats quittent les junk bonds
     
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Mon cher lecteur,
Les obligations pourries européennes font régulièrement la une des sections éco des médias, et elles ne vont pas tarder à la refaire.
En voici pour vous la primeur.
Cela vous concerne, les unités de compte d’assurance vie sont pleines de ces obligations « à haut rendement ».
Depuis le début de l’année une véritable frénésie de dettes s’est emparée des entreprises et investisseurs. La dette des entreprises explosent dans le monde et ses taux s’effondrent : tout le monde en veut, même la plus spéculative, la plus pourrie… et peut-être même surtout la plus pourrie.
Je vous parle souvent d’obligations pourries, de junk bonds, d’entreprises zombie. Tout cela est très imagé mais l’on a du mal à voir des entreprises réelles derrières, des bureaux, des salariés et même des pubs à la télé.
La semaine dernière, le 3e opérateur téléphonique grec Wind Hellas a émis 500 millions d’obligations à 5 ans à 4,25%.
 
4,25% de rendement fixe, pendant 5 ans, il y a de quoi faire rêver tout détenteur d’un fonds euros dont le rendement moyen de 1,8% en 2018 va encore s’effondrer dans les années qui viennent (je n’ai pas de boule de cristal, c’est une volonté politique).
Wind Hellas est l’archétype du junk bond européen : entreprise de télécom de taille moyenne, surendettée, au mains de fonds pseudo-vautour, au bord du précipice depuis 10 ans. En langage politique feutré, cela s’appelle investir dans l’économie réelle et c’est dans ce genre de machin que banquiers et politiques ont décidé (entre autre) de flécher votre argent.
L’entreprise est notée B par les agences, c’est-à-dire hautement spéculative. La marche suivante est « Le défaut de paiement est une possibilité réelle » : avec Wind Hellas, vous êtes au bord de la poubelle, pour 4,25% par an. Aujourd’hui, pour servir plus de 1,8% net à taux fixe ET prélever des frais exubérants, il faut au moins cela.
Même les obligations Altice (SFR), au bord du gouffre il y a à peine un an, s’échangent à taux négatifs à moins de 5 ans. Nous sommes en plein délire, je pèse mes mots, une sorte de fin des temps financière où tout s’inverse et même des obligations officiellement appelées « haut rendement » à s’échangent à rendement… Négatif !
Les gestionnaires des fonds de vos Unités de Compte d’assurance vie n’ont pas de baguette magique, pour vous promettre du rendement à taux fixe, il faut mettre son argent dans des entreprises en pleine déliquescence comme le 3e opérateur téléphonique grec.
C’est là qu’ils veulent vous faire aller, de gré et surtout de force et cela au moment même où les rats quittent le navire !
Officiellement, l’obligation émise la semaine dernière par Wind Hellas doit permettre à la société de refinancer des dettes et investir dans la 5G.
Ça c’est pour la belle histoire.
Parmi ces 500 millions de financement, 210 millions seront affectés aux « objectifs généraux de l’entreprise » (general corporate purpose).
Cette affectation permet de payer un dividende aux actionnaires, en l’occurrence deux fonds de private equity GoldenTree Asset Management LP and Cyrus Capital Partners LP.
Nous sommes dans une pyramide de Ponzi : l’argent des nouveaux investisseurs sert, non pas à payer le développement de l’entreprise, mais le rendement des investisseurs précédents.
Les rats quittent le navire.
GoldenTree Asset management est un fonds spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficultés.
C’est une sorte de pseudo-fonds vautour qui maximise la valeur des actionnaires, non pas en redressant les sociétés mais en dépeçant les autres parties prenantes.
Ils ont pris une participation de 25% dans Wind Hellas en 2015 et il semblent qu’ils veulent récupérer leur mise.
Et GoldenTree n’est pas un cas isolé.
Le géant du private equity  BlackStone Group est en train de faire exactement la même chose, ils viennent de se repayer en dividende plus de 50% d’un investissement en capital réalisé il y a seulement un an dans Cirsa Gaming grâce à l’émission d’une obligation à 7,25% alors que Cirsa est noté CCC+, « risque de défaut réel » !
Le mois dernier, Pinewood Group, un studio de cinéma, a remboursé la totalité d’un investissement fait en 2016 par Aermont Capital grâce à une émission obligataire.
C’est un véritable avis de tempête pour le marché des  junk bonds européen et en particulier des industries vieillissantes des médias et télécoms. Comme dirait votre GPS, prévoyez un itinéraire alternatif.
À votre bonne fortune,
Guy de La Fortelle
     
Cet email a été envoyé à guyfawks@gmail.com.
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©2019 L’Investisseur sans costume

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