Editorial: le progrés est civilisateur et dévalorisateur; il impose un nouveau Pacte Social.

L’évolution du monde est une fatalité que nous ne contrôlons pas.  En grande partie, elle vient du bas.

Elle s’origine dans de multiples modifications qui nous échappent car produites par le Système et sa combinatoire: modifications scientifiques, techniques, culturelles, sociales , sociétales, artistiques, morales etc .

La récupération de l’évolution et sa courbure, à son profit par une hyper-classe , elle, n’est pas une fatalité: la mondialisation et l’ouverture peuvent être autre chose/auraient pu être autre chose que la projection de l’agenda des élites financialisées.

Il faut distinguer d’un côté le mouvement spontané du monde et de l’autre, la courbure, la torsion  que les élies imposent aux évolutions spontanées afin d’en tirer profit.

La tendance à la constitution d’un seul monde, ouvert, n’a aucune bonne raison d’être imposée, guidée, pilotée par la classe financière et ses alliés.

C’est en raison de la constitution d’un rapport de forces opaque, souterrain, son-su en sa faveur que la finance a pris le contrôle de l’évolution du monde. Elle a imposé ses règles telles que la libre circulation des capitaux, l’optimisation folle du profit, le crony capitalisme de connivence, la perversion de la monnaie,  la mise en concurrence forcenée des travailleurs du monde entier, la dictature des marchés financiers   autonomisés et libérés de la Valeur, la destruction des identités et des structures nationales et familiales etc .

Dans ce mouvement dont une partie est nécessaire, fatale et une autre partie volontaire, arbitraire, choisie et imposée , beaucoup de choses  doivent se réaménager et en particulier ce qui est la base de toute société: la Valeur.

La Valeur au sens large s’entend: valeurs sociales, valeurs individuelles, valeurs des choses , jusqu’à la valeur de ce qui sert à mesurer .. la valeur; l’argent.

Le réaménagement touche tout de proche en proche, de crise en crise, de déséquilibres en déséquilibres, de conflits en conflits. Dans un système tout est solidaire, articulé, relié, organiquement. On ne peut toucher une pièce de cette sorte de puzzle vivant et espérer que tout le reste est stable, inchangé, fixe.

Ainsi l’ouverture des frontières financières et commerciales  modifie par le jeu de la concurrence la valeur de tout ce qui est produit dans un système; il y a un prix unique qui a tendance à s’imposer à tous les participants. Il y a tendance à l’égalisation, à l’unification,  au nivellement. Vers le bas bien sur, en raison de l’avance séculaire de la productivité et des inégalités de développment, le developpement inégal. .

Ce prix  de marché étant surtout composé de travail, en moyenne à hauteur de 70%, ce prix s’impose comme limite, comme norme à la valeur  du travail.

Dans le cadre des théories économiques dominantes, cela signifie que là ou il est élevé le prix du travail, direct et indirect  doit baisser sinon il se produit du chômage.

D’ou l’argument des élites qui consiste à dire que la solution au problème de l’emploi c’est la baisse des salaires, la réduction des salaires indirects, de la protection sociale, des transferts de santé, des retraites et donc en somme la solution c’est la suppression des effets de cliquet;  c’est la  flexibilité.

Tout doit pouvoir s’ajuster aux valeurs mondiales véhiculées  par la concurrence et mises en branle par la mondialisation des facteurs de production et des débouchés.

Vous n’avez pas voté pour la mondialisation. Il n’y a pas eu de débat , elle s’est imposée et on vous l’a progressivement imposée comme une necessité tombée du ciel. Si il y avait eu débat, il serait apparu que la mondialisation a un coût social considérable dans le présent car elle implique des réaménagments douloureux.

Accepter l’avenir implique des sacrifices  colossaux . C’est le sacrifice pour rester dans le coup, le coup de la Reine Rouge de Lewis Carrol qui nous dit magistralement cette vérité: « pour rester à la même place il faut courir de plus en plus vite ».

On ne le dit pas mais la mondialisation produit inéluctablement un bouleversement des valeurs qui, de proche en proche se transmet à tout le système et s’impose nsuite à toutes ses composantes.

La mondialisation détruit les valeurs anciennes, détruit les avantages acquis et les fonds de commerce.

Elle met du variable sur tout ce qui est fixe. Et si le système n’est pas assez souple et flexible, cette imposition de variable sur du fixe provoque des craquements c’est à dire des ruptures brutales et des crises.

La dévalorisation en continu est plus ou moins gérable , mais la dévalorisation brutale, en rupture, elle ne l’est pas. C’est ainsi que l’on comprend les crises sociales actuelles comme celle qui touche la France; la brutalité d’un Macron qui veut imposer les dévalorisations que Mitterrand, Chirac et Hollancde n’ont pas eu le courage de transmettre, cette brutalité de Macron produit des craquements sociaux.

Je n’ai parlé que de la valeur du travail vivant; c’est ce qui vient tout de suite à l’esprit car nos systèmes sont dissymétriques et borgnes , ils font comme si le travail mort n’existait pas!  Il est maintenu dans l’ombre afin de conserver son pouvoir de dictature:  pour dominer restons  cachés. Faisons comme si tout cela tombait du ciel, comme si le capital était d’origine divine et qu’il donnait un droit à prélever, un droit  inscrit dans les cieux du « Il » de « Il faut ».

Je parle donc du capital qui est dans sa forme productive disons pour simplifier du travail mort cristallisé. Le capital c’est de la valeur ancienne accumulée, stockée  au fil du temps. et cette valeur c’est toujours du travail ancien cristallisé sous forme de rapport social qui donne droit à prélever une partie des richesses produites.

Dans un régime qui serait equilibré, équitable, avec des rapports de forces équilibrés, le besoin de dévalorisation du travail vivant serait indissociable du besoin de dévalorisation du travail mort.

Si on a construit une usine pour 100 millions avec les méthodes et outils anciens et que l’avancée du progrès permet de la construire pour 50 millions, alors l’usine ancienne ne vaut plus que 50 millions et son pouvoir de prélevement capitaliste doit être divisé par deux. Voire supprimé. La dévalorisation est contagieuse au capital ancien. Notons que pour s’opposer à la baisse de ses profits le capitaliste va comme il le fait en ce moment en France et dans beaucoup de pays, essayer de baisser les salaires de ses travailleurs…il va hausser le taux d’exploitation. Au besoin il importera des immigrés.

Il n’y a aucune raison pour que ce qui a été produit « avant »conserve sa valeur « après »  alors que le progrès dévalorise tout.

Si on produit un hotel avec  10 milions alors qu’avant on le produisait avec 15 eh bien le capital, la contre valeur du capital que représente cet hotel doit s ‘ajuster; il doit être déprecié . Sa valeur en  tant que capital, en tant  que droit a prélever son profit doit être rabotée. C’est l’équilibre disons normal dans un système fluide, non crony non protégé par les politiciens et les banques centrales.

Ce n’est pas ce qui se produit car au lieu de fermer, cet hotel qui doit être dévalorisé; le gouvernement et les banques centrales le maintiennent en vie soit par la fiscalité, soit par le crédit gratuit. Ils lui donnent des béquilles.  Ils offrent des CICE, ils offrent du crédit qui le maintient en exploitation en tant que zombie.  Ainsi ils entretiennent un surcroit d’offre hotelière qui fait chuter les prix des nuitées,  qui oblige à brader les tarifs et qui conduit/oblige  à la surexploitation de la main d’oeuvre .

La mise au nveau mondial de la valeur du travail vivant doit se communqiuer, se transmettre à la valeur du capital ancien stocké sous forme de capital et de fonds de commerce  ET les détenteurs de capital doivent souffrir autant que  les salariés. Ils doivent s’appauvrir .

C’est exactement le contraire qui se produit car les gouvernements et les banques centrales réunis mênent une politique monétaire non conventionnelle dont le but et la conséquence sont … de faire l’inverse; c’est à dire d’enrichir le capital ancien.

La politique monétaire revalorise en continu le capital ancien comme le prouve la hausse des bourses, lieux ou se constatent les prix du capital anciens.

Les zozos font le contraire de ce qui doit économiquement et équitablement être fait: ils enrichissent les détenteurs du capital ancien et leur évitent la dévalorisation que le progrès devrait leur imposer. Les gouvernements et les banques centrales évitent au capital ancien les dévalorisations qu’ils imposent aux salariés! Eux ne supportent aucun sacrifice, au contraire !

Ah les braves gens!

Vous vous étonnez du populisme? Vous vous étonnez de la dislocation de nos sociétés? vous vous étonnez de la montée du racisme, du rejet de ceux qui font baisser le prix et la valeur du travail? Vous vous étonnez de la haine  de Macron qui cyniquement aggrave la dissymétrie de traitement entre le capital et le travail?

Le peuple, pas seulement en France a conscience des effets des politiques dissymétriques suivies même si il ne les  comprend pas. Il en souffre dans sa vie et dans sa chair. Le peuple voit que Bernard Arnault jongle avec les dizaines de milliards et se paie ou essaie de se payer Tiffany alors que les hopitaux ferment, que les transports  sont à l’arrêt et que les fonctionnaires de la milice policière  matraquent les gilets jaunes .

Je soutiens que dans un monde ou le réaménagement des valeurs est une nécessité, une fatalité à laquelle on ne peut échapper, tout doit devenir fluide, flexible , dégradable, devalorisable, adaptable; tout,  ce qui est vivant, ce qui est accumulé, ce qui est cristallisé.

Rien ne doit êrte privilégié, demeurer fixe, rigide, tout doit devenir souple pour tenir compte à la fois de ce qui se fait ailleurs  géographiquement et ausi ailleurs dans  le temps.

Tout doit être touché par l’aile civilisatrice/ dévalorisatrice du Progrès.

Pas de privilège .

Le capital doit se déprécier car le travail cristallisé qu’il contient devient périmé,  car il est soumis à la concurrence du nouveau capital.

Le capital totalement inefficace doit être euthanasié et il doit disparaitre  en tant que capital c’est à  dire en tant que droit à prélever sur la richesse actuelle.

Rien n’empêche que le capital dépassé, périmé, subsiste en tant qu’outil de production non capitaliste, mutualisé ou personnel si tout en ne faisant  pas de profit il ne parasite pas le profit d’ensemble . Il faut accepter que des formes précapitalistes ou non capitalistes subsistent voire se développent.

D’ou la nécessisté d’un nouveau Pacte  Social Politique qui reconnait l’inéquité actuelle et impose les mêmes sacrifices à tous, sans exception.

Politiquement qu’est ce que cela implique?

Cela implique que le gouvernement progressiste, celui qui veut s’inscrire dans la modernité doit d’une part essayer de trouver le rythme de modernisation et d’ouverture optimum pour la société qu’il gouverne et ensuite qu’il doit veiller à ce que tous subissent la loi de la dévalorisation de l’ancien au même  titre; que rien ou personne ne soit protégé.

Il n’y a aucune raison acceptable  pour que seuls certains, au front,  soient exposés aux conséquences de la modernisation et que d’autres au contraire, planqués à l’arrière,  en tirent les marrons du feu.

Or c’est ce qui se produit. Les pouvoirs politiques étant détenus par l’hyper-classe,  ils font en sorte que par la fiscalité, par la politique monétaire, par l’argent gratuit donné aux riches, par les lois, par la répression violente, ils font en sorte que tout l’ajustement repose sur les plus faibles, sur les travailleurs.  Et que rien ne pèse sur le capital et les assimilés du capital, les fonctionnaires et autres connivents.

5 réflexions sur “Editorial: le progrés est civilisateur et dévalorisateur; il impose un nouveau Pacte Social.

  1. « L’ajustement repose sur les plus faibles, sur les travailleurs. Et que rien ne pèse sur le capital et les assimilés du capital, les fonctionnaires et autres connivents. »

    Pour illustrer votre propos, je fais un aparté sur la réforme du régime de retraite par points voulue par Macron.

    Afin de bien comprendre, les implications sur le long terme d’un tel système, il suffit de prendre exemple sur les régimes Agirc, Arrco.

    Voici les historiques (en base 100 à l’origine) des évolutions de la valeur du point (pour le calcul de la pension) et du salaire de référence (coût en cotisations pour l’acquisition du point).

    Il est très clair que, au fil du temps, l’acquisition d’un point coûte de plus en plus cher en cotisations, mais « rapporte » de moins en moins sur la pension !

    Ainsi que l’a révélé François Fillon devant le Medef en 2016, « le système par points permet, chaque année, de baisser la valeur des points et donc de diminuer le niveau de pensions ».
    Que cela soit nécessaire en raison de notre démographie et pyramide des âges, cela n’empêche pas de dénoncer le mensonge de Macron dans la présentation de sa réforme et sa meilleure visibilité future pour l’estimation, par tout un chacun et à tout âge, de sa retraite.

    Source de données : https://www.agirc-arrco.fr/fileadmin/agircarrco/documents/Doc_specif_page/Historique_valeur_du_point_salaire_de_reference.pdf

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    1. Freud pratique l’attention flottante , non impliquée c’est ainsi que cela se passe dans le salon ou se trouve le divan. Il ‘n’aurait été ni ravi ni pas -ravi, tout au plus aurait-il été intéressé si cela avait eu une résonance avec le fil de mes associations antérieures.

      CDLT

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  2. Texte tres clair et vital pour les « novices » qui n’auraient toujours pas compris comment ils se font « bouffer »

    « Rien n’empêche que le capital dépassé, périmé, subsiste en tant qu’outil de production non capitaliste, mutualisé ou personnel si tout en ne faisant pas de profit il ne parasite pas le profit d’ensemble . Il faut accepter que des formes précapitalistes ou non capitalistes subsistent voire se développent. »

    tres bon argument qui pourrait rassembler « gauche  » et « droite ». Mais qui exige une prise de pouvoir de la part du peuple ou un lacher prise d’elites effrayees.Et des decideurs capables de courage et de discernement.

    Est ce que la reconversion d’hotel en faillite en centre d’acceuil pour migrants rentre dans ce cadre? L’etat dedommage t il les anciens proprietaires rubis sur l’ongle et ce faisant augmente t il la dette due?

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