Euthanasier les épargnants est une politique de Gribouille

Les divisions au sein de  la Banque centrale européenne s’approfondissent  face à la baisse continue des taux d’intérêt. Les pays dits du Nord sont en pointe dans la critique de cette politique de Draghi.

Les colombes des taux d’intérêt – les décideurs politiques qui préconisent une politique monétaire plus souple pour maintenir l’économie en mouvement – font valoir que des taux d’intérêt toujours plus bas découragent les ménages d’épargner, de sorte qu’ils dépensent et investissent davantage. La destruction de l’épargne selon eux serait favorable à la lutte contre le marasme économique et la déflation! Le raisonnement, si on ose appeler cela un raisonnement, est simpliste: si on tue l’épargne ils vont consomemr et dépenser, la croissance va accelérer.

La politique qui consiste à baisser la rémunération de l’épargne pour la décourager est non seulement stupide, injuste, à courte vue mais surtout inefficace à partir d’un certain point. Et il semble que ce « certain point  » ait été atteint; ce qui est prévisible avec le simple bon sens.

Si votre é pargne est une épargne de précaution, lorsque les conditions économiques et sociales se dégradent vous avez tendance  à épargner plus et non pas moins, même si les autorités réduisent la rémunération de votre épargne. Le besoin d’épargne devient, à partir d’un certain point, indexé sur la peur et non sur la rémunération de cette épargne.

Vous voulez à tout prix , même si c’est spoliateur, assurer votre avenir et ne pas devenir dépendant.  Vous changez vos préferences entre le présent et l’avenir. Vous rognez sur tout ce qui est dépense présente car vous savez que plus tard vous risquez de manquer du nécessaire. Le calcul mathématique, actuariel,  vous vous en fichez , à juste titre , ce qui compte c’est la réalité: la peur de manquer plus tard!

En d’autre termes les modèles mathematiques linéaires ne rendent pas compte du fait qu’à partir d’un certain point  épargner devient une priorité absolue pour assurer votre avenir. Surtout avec des regimes de retraites fragiles. 

Un indicateur confirme la justesse de cette approche: l’évolution du  taux d’épargne des ménages.

Comme l’illustre le graphique suivant, les taux d’épargne des ménages dans l’Union européenne ont diminué parallèlement au rendement des obligations allemandes à 10 ans depuis que la BCE a réduit les taux au plus fort de la crise de la dette souveraine.

Mais au cours des deux dernières années, cette tendance  s’est  résorbée, et même inversée, les taux d’épargne ont considérablement augmenté, alors même que les taux d’emprunt à long terme se situaient toujours plus bas sous le  zéro.

Le gouverneur de la banque centrale autrichienne, Robert Holzmann, a déclaré jeudi que la BCE devrait relever les taux d’intérêt dès que possible, car les taux négatifs envoient le mauvais signal aux épargnants.

«C’est vraiment le signe que nous avons atteint le stade où la réduction des taux ne peut plus être la solution», a déclaré Didier Saint-Georges, directeur général de la société de gestion française Carmignac.

 

Graphique : l’épargne remonte malgré les taux négatifs,

 here

Reuters Graphic

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