C’est le W.E. vous avez le temps de tout lire : La nouvellle vague du chaos

« Il va de soi que vous ne pouvez pas comprendre ni même résister à un ennemi si vous ne croyez pas en sa réalité ».

« L’ordre et le désordre sont des illusions créées par l’homme, ce  sont des divisions artificielles du chaos pur« .

Introduction de BB

Le concept de conspirationisme a été inventé par la CIA.

Ce fut une invention géniale.

En créant cette catégorie du conspirationnisme, le « Deep State », l’état profond  que constitue la CIA jetait, par avance le discrédit sur toute analyse qui tenterait de porter au grand jour son action.

L’action des services de renseignements est souterraine presque par définition; elle se fait sous couverture. Eh bien pour protéger cette action, pour faire en sorte qu’elle soit hors de portée de toute analyse critique, et de toute investigation  il suffit d’inventer un concept qui la sacralise. ce qui fut fait.

Ce concept c’est l’accusation de conspirationnisme.

Elle consite à décréter, à marteler que toute personne qui essaie de donner du sens, de l’intelligibilité à des situations ou à des actions  en s’écartant des discours officiels, et en invoquant des causalités cachées, cette personne est un « conspi ».

Le conspi est un simplet, un cinglé, un obsédé, bref c’est quelqu’un dont la parole ne compte pas.

Celui qui conteste les thèses officielles, les romans, les narratives  de l’establishment, celui-la commet un sacrilège et il lui est collé l’étiquette de  conspirationniste.

En aucun cas, les discours des puissants, des dominants et de leurs mercenaires ne doivent être contestés. Pourquoi? Parce qu’ils ont une logique d’ensemble et que cette cohérence d’ensemble est un élément important de leur force. Il ne faut pas que l’on puiss trouver une faille; il ne faut pas que l’on puisse sortir de l’univers imaginaire qu’ils ont construit.

Vous avez un discours, un narrative qui glisse au niveau des apparences , il y a en dessous tout un grouillement de déterminations cachées qui n’est pas forcément beau à voir, et bien il faut que ce grouillement ne soit ni su ni vu: pas de brêche, pas de trou, pas de lapsus.

La publication par des gens comme Assange des discours cachés est une sorte de lapsus du système qui donne à voir sa vérité vraie.

Le caché, le non-su, le non-dit ne doivent pas être porté à la connaissance.

C’est l’une des inventions les plus riches de la CIA que celle là, grầce à elle, elle se mettait hors d’atteinte de l’opinion public, des médias, des chercheurs. Peu importe que le déclassement des documents historiques se fasse quand même et révèle les vérités , les vérités des actions et les vérités des situations, les années ont passé et le temps a fait son oeuvre; l’action  secrète a produits ses effets et c’est l’essentiel. Apres il n’y a plus qu’à compter sur la faiblesse de la mémoire des hommes, sur leur paresse et sur leur naiveté. Et cela marche.

La pensée a progressé considérablement avec l’avènement de ce que l’on appelle les philosophies du soupçon. Ce sont les philosophies de Marx, Freud, Nietzsche qui enseignent que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent et que pour les comprendre il faut aller fouiler en dessous, sous la surface, il faut gratter l’inconscient du système. Il faut interprêter, décoder, procéder à  une herméneutique.

Les révélations des philosophies du soupçon fournissent des outils pour comprendre le monde. C’est un courant de pensée qui est insupportable pour les Maîtres, eux qui ne survivent que de l’ignorance et de l’idéologie. Ils ne peuvent supporter le soupçon de la Verité.

J’ai coutume de dire qu’un système ne survit que de rester non-su, non-compris. Si il est compris  il cesse d’exercer sa dictature. Un peu comme en psychanalyse, la dictature du symptôme cesse quand  ona fait remonter, fait sienne  la vérité qu’il dissimulait.

En passant vous comprenez pourquoi je ne cesse de répéter après le bon vieux boucher sanguinaire Léon que « seule  la Vérité est efficace » pour transformer le monde.

Il ne vous étonnera pas  que, la connaissance étant l’ennemi des pouvoirs et la bête noire des puissants, il fallait un antidiote à l’intelligence ; cet antidote ce fut la création du délit intellectuel , de la maladie de conspirationnisme.

Grace à la création de cette malédiction, le système, ses gérants, ses garants  n’ont même plus besoin de se justifier, de s’expliquer et de rendre des comptes: il leur suffit de lancer du haut de leur incompétence méprisante : tout cela c’est du conspirationnisme!

Depuis Machiavel on sait qu’il est possible aux Princes d’échapper à toute critique en tuant, en emprisonnant, en décrédiblisant ceux qui osent les porter. Le dénigrement des adversaires est devenu le jeu social et politique par excellence. Regardez le travail de BFM sous cet aspect.

Ce jeu de destruction des messagers laisse de côté le fond des débats et c ‘est l’essentiel n’est ce pas.

Je ne vais pas plus loin dans cette introduction car sur ce sujet je suis intarissable.

Sachez seulement que moi, je ne suis ni conspi ni taxable de conspirationnisme puisque je dissèque l’histoire et l’actualité avec des outils qui ne passent pas par la subjectivité.

Je ne m’intéresse pas aux acteurs sauf de temps à autres pour me défouler . La chair est faible. on a ses faiblesses! L’histoire échappe à ces malheureux, elle n’est pas faite par ces trous du cul du monde. Ils gesticulent et sont simplemnt traversés par les forces de la Nécessité. Ils sont la gangue qui masque, tout en révélant, les contradictions, la dialectique qui est à l’oeuvre. Ils pensent tous de la même façon parce que c’est la logique de leur position économique , sociale et culturelle.

Je pratique une méthode objective, matérialiste ce qui me fait mettre entre parenthèses  ce que font et disent les acteurs. L’histoire n’est pas faite par les hommes, ils ne sont qu’un discours sur une réalité qui leur échappe d’autant plus que leurs théories sont fausses car marquées par le besoin idéologique de dissimuler la vérité du système.

Ainsi je vous explique régulièrement qu’ils ne peuvent comprendre la Crise qui est a sa racine une crise du profit/crise de suraccumulation  parce qu’ils ne peuvent révéler que ce système est un système mu par et pour le profit. Ce serait trop scandaleux que les gens aient les yeux crevés, meurent , et aient une vie pourrie pour préserver/restaurer  la profitabilité!

Pour moi l’histoire est le mouvement de forces objectives, je ne crois pas à la magie ou aux illusions ; je ne crois pas au pouvoir de l’esprit sur la matière,  et les acteurs apparents ne sont en fait que des passeurs, ils passent les plats de l’histoire, ils jouent le rôle de tenants-lieux et en rémunération ils ont l’illusion de jouir, d’exercer   leur volonté de puissance, de satisfaire leurs désirs.

Les acteurs n’en sont pas, il sont aussi étrangers à eux même que ceux qui’ils croient manipuler.

En résumé tout se passe « comme si » les hommes agissaient mais derrière le « comme si », ce sont les forces réelles, objectives qui sont à l’oeuvre. Les forces réelless sont comme des cristaux, des formes habillées par les hommes .

Avec cette conception je ne peux déboucher sur l’idée d’une réunion du Bilderberg qui décide de notre sort!

Non je debouche sur l’idée qu’une cinquantaine d’imbéciles sont pensés, traversés par la logique du système et de leur position dans ce système pour faire ce qui doit être fait.  Pour sauver le capitalisme monopolistique d’état et de banque centrale  réunis.

Ayant fréquenté tous ces zozos au plus haut, plus hauts  niveaux, j’ai, vous le sentez, le plus grand mépris pour eux.

Je me souviens d’une réunion chez Serge Dassault pour organiser le financement de la campagne de VGE avec les 15 plus grands PDG de la France d’alors, je peux vous assurer que ce qui en est sorti est exactement ce que l’on pouvait prévoir avant même d’entrer  chez Dassault. Tout est déterminé par l’état du système et les positions dans le système.

Mon cadre analytique ne s’intéresse pas aux individux, à leur volonté ou à leurs vices , non ; mon cadre analytique c’est le fait social ou économique ou politique objectif. Pour moi les hommes sont agis, ce sont des tenants lieux, des sortes de gérants du système, des porte voix  et la logique du système, les nécessités du système et de ses contradictions sont déterminantes.

Mes textes pourraient tous commencer de la même façon: « tout se passe comme si .. »

Ceci en préambule à des textes qui pourraient passer pour conspis.

Je vous offre un extrait de :

La légendaire interview de Cerise sur le système – qui vaut bien cent livres. Mais attention : plus de onze mille mots…

Il vient de chez Nicolas Bonnal.

NB : interview commandée par le magazine Nexus, puis refusée à la publication au motif que des coupes étaient nécessaires et que les auteurs s’y sont refusé.

Le fait que je vous offre ce texte ne signifie bien sur pas que je partage entièrement les idées et analyses de Cerise. Mais j’admire le travail et il me fait réflêchir. Je souhaite qu’il vous apporte quelque chose à vous également.

Ensuite vous trouvez un texte d’actualité de Strategika 51.

Ecoutons Cerise.

Gouverner par le chaos porte pour sous-titre « Ingénierie sociale et mondialisation ». Qu’est-ce que l’ingénierie sociale ? En quoi est-elle liée à la mondialisation ?

…..

il y a deux manières de faire du contrôle social : par la construction d’un ordre conservateur simple, ou par la construction d’un ordre à partir du chaos. L’ordre conservateur construit et impose un ordre unique, le même pour tout le monde, auquel on peut s’opposer de l’extérieur.

En revanche, l’ordre à partir du chaos, l’ordre progressiste, détruit pour construire, il impose son ordre en semant le désordre au préalable. C’est la différence entre contrôle social simple et ingénierie sociale : la même chose pour tout le monde, ou alors deux poids et deux mesures. En effet, dans un cadre d’ingénierie, je ne dois pas être moi-même affecté par la déstabilisation que je provoque, au risque de ne plus pouvoir la provoquer. Je dois donc réussir à me dissocier, à me désolidariser, à me distancier de l’objet social que je déstabilise. L’opération de calcul de ce découplage a pour nom « shock testing », test de choc. C’est le complément organique de la stratégie du choc du capitalisme, dont la méthodologie doit veiller à faire en sorte que les chocs provoqués n’affectent pas en retour ceux qui les provoquent. Luis de Miranda, dans L’art d’être libre au temps des automates, évoque ce sujet assez confidentiel. Je vais tenter d’en résumer les grandes lignes.

Quand l’ordre s’impose à tout le monde et se répète à l’identique au fil du temps, c’est le signe que l’on se trouve dans un système de société traditionnel, conservateur. Mais quand mon ordre et ma puissance s’appuient nécessairement sur la déstabilisation d’autrui, c’est le signe qu’on est entré dans le mode de fonctionnement du capitalisme, où les riches ne peuvent s’enrichir qu’en appauvrissant les pauvres et en semant le chaos dans leur mode de vie. Pour faire mieux accepter le chaos et la déstabilisation aux populations, on a appelé ça du « progressisme ».

Dans le vocabulaire du management, c’est de la « conduite du changement », ou changement dirigé. L’ingénierie sociale est le mode de contrôle social spécifique du capitalisme, qui consiste donc à dissocier le système en lui appliquant des boucles de feed-back positif. Pour revenir aux mécanismes de feed-back de la cybernétique appliqués à la société, on a l’opposition entre ce que l’on appelle les « boucles négatives », qui homogénéisent et égalisent le système avec un effet de thermostat régulateur qui oriente vers une moyenne, et les « boucles positives » qui découplent le système en accusant les différences. C’est cette accentuation des différences aboutissant à une dissociation croissante des classes sociales qui est aujourd’hui recherchée.

Ce travail perpétuel de désolidarisation intentionnelle de l’oligarchie vis-à-vis du peuple, Bourdieu l’a appelée « la distinction ». Son analyse est poursuivie par les Pinçon-Charlot. De nos jours, cette distinction passe par la création d’espaces de vie physiquement dissociés, en édifiant des apartheids de toutes sortes, mentaux ou physiques, comme le mur que les Israéliens dressent en Palestine, ou les gated communities, ghettos de riches protégés par des milices privées et qui fleurissent dans de nombreux pays.

L’étude de ces procédures d’ingénierie sociale permet de comprendre pourquoi il n’y aura pas d’effondrement économique global à la « Mad Max », c’est-à-dire hors de contrôle et qui impacterait toutes les classes sociales, pas plus en France qu’en Suisse, d’ailleurs. Pour en rester à ces deux pays, la France permet d’envahir militairement d’autres pays (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye) et la Suisse est une place forte de la finance cosmopolite en Europe. Le tourisme de luxe est également très développé dans ces deux pays. Pourquoi voulez-vous que l’oligarchie se mette à casser ses jouets ? Les pays sont des outils, des instruments, et les diverses crises actuelles sont toutes provoquées et sous contrôle.

Un effondrement global impacterait aussi la qualité de vie de trop nombreux riches, et ce n’est pas le but de la manœuvre. Les dominants du système ne détruiront le système que dans la mesure où ils ne seront pas touchés en retour. Ils ne sont pas masochistes et ne vont pas se mettre à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Ce qu’ils veulent, c’est purger le système de leurs adversaires mais sans être affectés eux-mêmes, donc sans détruire intégralement le système, du moins dans un premier temps, car ils appliqueront la politique de la terre brûlée s’ils voient qu’ils ont perdu.

Pour éviter d’en arriver là, le processus de découplage des classes sociales piloté par l’oligarchie doit se faire sans heurt et sans risque pour elle. Cette atténuation des conséquences se modélise précisément en termes de shock testing par l’application du calcul balistique aux circuits socioéconomiques afin de répondre à la question : comment minimiser le choc en retour dans une partie du système qui inflige un impact à une autre partie du système ?

La cybernétique a été inventée entre autres pour calculer et minimiser le choc en retour et l’effet de recul subis par un véhicule ou un canon au moment d’un tir de missile. Les résultats des tirs de projectiles ont été ensuite transposés dans une sorte de balistique sociale, inscrite dans un vrai programme de calcul des impacts. En effet, à tout choc infligé, il y a un choc en retour, c’est une loi universelle. Quand on inflige un coup à autrui, il y a toujours le contrecoup. En termes balistiques : l’effet de recul.

L’oligarchie essaie toujours de s’affranchir des limites et des conditionnements universels, ce qui l’a conduite à se poser la question : comment frapper autrui sans se faire mal soi-même ? Comment détruire l’ennemi sans conséquences pour soi ? Comment réduire le choc en retour quand je provoque une crise ? Comment faire pour qu’il n’y ait aucun coût à infliger des coups ? En termes hindouistes, comment supprimer tout karma ? En termes monothéistes, comment abolir toute culpabilité ? En termes orwelliens, comment s’extraire de la décence commune ? En termes psychanalytiques, comment abolir tout surmoi, toute vergogne, toute empathie, tout scrupule, et devenir un parfait sociopathe pervers ? En clair : comment les riches vont-ils s’y prendre pour éliminer physiquement les pauvres sans que cela ne provoque trop de remous, révoltes, révolutions, insurrections, donc une instabilité trop forte du système global dans lequel ils vivent aussi ? Pour l’oligarchie, la mixité sociale reste l’ennemi numéro 1.

Afin de réduire ces effets de choc en retour, il faut donc déjà dissocier physiquement les circuits des flux de valeurs économiques et symboliques, les infrastructures matérielles (eau, gaz, électricité, transports, alimentation, éducation, etc.), ainsi que les populations elles-mêmes en les faisant vivre dans des espaces différenciés, avec des quartiers de riches et des quartiers de pauvres. Cette désolidarisation existe déjà, mais pas encore suffisamment. Les riches et les pauvres vivent encore de manière trop entrelacée et imbriquée, trop solidaire, d’où l’attaque massive de tout ce qui est facteur d’égalité, services publics, États-nations, afin de tout privatiser et de morceler la société en fonction du capital de chacun.

Ce patient travail de découplage des parties a besoin de normaliser les chocs afin que le peuple accepte de souffrir. Des laboratoires de sociologie travaillent notamment sur la notion d’« acceptabilité du risque », ou comment faire accepter le risque aux populations ? On peut, par exemple, communiquer sur « les excès » du principe de précaution, comme le font Jean de Kervasdoué dans La peur est au-dessus de nos moyens. Pour en finir avec le principe de précaution, ou Alain Madelin dans divers éditoriaux. Le principe de précaution et son arsenal juridique sont des problèmes pour l’oligarchie car ils protègent le peuple contre les risques qu’elle veut lui faire courir. Le principe de précaution, comme tout dispositif légal, induit une certaine rigidité qui fait obstacle à la flexibilité libérale et à la « société liquide » (Zygmunt Bauman) que le Pouvoir cherche à normaliser. Ce principe fait donc obstacle à une docilité totale, à l’instrumentalisation complète et à la réduction du peuple à un objet complètement plastique. On remarquera que cette acceptation du risque est elle-même toujours découplée. Les producteurs d’OGM ou de pesticides chimiques mangent bio, comme l’ont prouvé des activistes américains en fouillant leurs poubelles. Et quand il était premier ministre, Tony Blair voulait faire interdire des compléments alimentaires que lui-même et ses enfants utilisaient….

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2019/02/20/%EF%BB%BFla-legendaire-interview-de-cerise-sur-le-systeme-qui-vaut-bien-cent-livres-mais-attention-plus-de-onze-mille-mots/

La nouvelle vague du chaos

par Strategika51

Les protestations en Irak se répandent en Iran où la multiplication par trois des prix des carburants a provoqué la colère d’une partie de la population. En conséquence, la frontière entre l’Irak et l’Iran est fermée.

C’est la nouvelle vague d’une ingénierie sociale du chaos éprouvée et imparable exploitant la détertoriation continue des conditions socio-économiques et la colère des populations dans la plupart des pays du monde.

Nous assistons donc à une forme brute de déstabilisation des structures étatiques en Irak et en Iran, deux grands pays producteurs de pétrole. Cette déstabilisation a démontré son efficacité en Bolivie où le président Evo Morales a été forcé de se réfugier au Mexique. L’incapacité des gouvernements à répondre aux crises et surtout à sortir d’un certain schéma aggrave et accélère le processus de mécontentement. La corruption endémique et la vénalité des officiels achève la boucle. Il y aura de la chair à canon disponible et gratuite pour les basses œuvres.

La nouvelle vague est difficile à définir mais se propage actuellement dans les pays suivants:

Algérie: les médias occidentaux et Arabes mainstream en parlent très peu et certains analystes y voient le signe d’un ou plusieurs Accords plus ou moins secrets avec les pays occidentaux et arabes ou du moins que leurs intérêts sont préservés par le régime, lequel fait face à un mécontentement populaire pacifique depuis des mois. Une élection présidentielle y est prévue le 12 décembre 2019, sans aucune perspective d’avenir.

Argentine: économie extrêmement fragile et augmentation continue des prix. Deux facteur d’instabilité sociale chronique. Protestations sur fond d’effondrement sociétal. Pays vulnérable à une révolution colorée et susceptible à tout moment d’être décapité.

Bolivie: un coup orchestrée par les grands propriétaires terriens et la CIA comme au bon vieux temps a réussi à renverser le président Evo Morales sur fond de contestation électorale. Des escadrons de la mort ne vont pas tarder à y faire leurs apparition et les populations indigènes peuvent dire adieu à leur émancipation. Scénario classique digne d’un film sur la révolte de Zapata du Mexique au début du 20ème siècle. Le nouveau régime Bolivien ne durera pas longtemps.

Brésil: la nouvelle vague du chaos prend sans ce pays deux formes contradictoires et parallèles: d’un côté l’exacerbation du clivage gauche-droite sur fond d’échec de toutes les réformes économiques et l’arrêt total de toute forme de lutte contre la corruption; de l’autre, montée du crime organisé et sa convergence d’intérêt avec les grosses corporations en rivalité pour l’exploitation des riches ressources naturelles de l’Amazonie. Feu en la demeure dans ce qu’il faut bien qualifier de maillon faible du groupe des BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud).

Chili: les manifestations et le niveau d’instabilité sont très graves. Au point d’annuler la tenue de la Conférence sur le Climat (transférée à Madrid) Des groupes autonomes de discussions se formes (Cabildos). Plus de 10000 personnes blessées et des milliers d’arrestations. Les forces de l’ordre cognent fort et aucune solution politique ne semble être en vue. Le niveau de violence potentielle est extrême dans ce pays à l’histoire récente tourmentée.

Égypte: la dérive du régime du Maréchal Al-Sissi vers l’est et notamment son rapprochement militaire avec la Russie et économique avec la Chine inquiète ses alliés traditionnels qui tiennent à le tenir sur un siège éjectable. En dépit de son alliance avec Ryad et Abou Dhabi, Le Caire demeure vulnérable à un nouveau putsch ou une nouvelle révolution. La pauvreté et la misère de la majeure partie de la population, ajoutées à la suppression des libertés et la répression forment un cocktail explosif pour n’importe quelle manipulation.

Espagne-Catalogne: les velléités d’indépendance de la Catalogne ne datent pas d’hier mais une série d’erreurs dans la gestion d’une crise née au lendemain d’un référendum que Madrid a plus tard qualifié d’illégal et de tentative de sedition a exacerbé les passions dans un pays où les blessures de la terrible guerre civile de 1936 sont loin d’avoir été oubliées. Le cas de la Catalogne inquiète l’ensemble des pays d’Europe sur un éventuel réveil des régions que les services spéciaux de l’Empire n’hésiteront pas à utiliser en cas de besoin « stratégique ». L’Europe pourrait ainsi être forcée de passer de l’intégration supranationale au morcellement infranational.

Ecuador: ce pays a connu un basculement radical dans le camp de l’empire et est en passe de devenir un second Salvador. La corruption généralisée des élites dirigeantes de ce pays ne lui permet pas d’être indépendant de Washington.

Liban: blocage politique, manifestations de protestation contre la vie chère et chute du gouvernement sur fond d’un gigantesque enjeu géostratégique. Des forces exploitent les manifestations libanaises pour cibler le Hezbollah Libanais et ses liens avec Damas et Téhéran. Risque accru de nouvelle guerre civile dans un pays économiquement exsangue. Le Liban est déjà un champ de bataille entre les différentes puissances régionales (Arabie Saoudite et Iran) et internationales (États-Unis, Union Européenne, Russie).

Irak: corruption aux proportions bibliques. Atomisation de la société irakienne et communautarisme extrême. Tensions confessionnelles et lutte de pouvoir couplée à une guerre de l’ombre et à une désobéissance civile où la manipulation est tous azimuts. L’enjeu superficiel semble être la lutte contre la gabegie et la mauvaise gestion publique mais le véritable canevas de ces troubles d’une extrême violence est la réduction, voire l’annihilation de l’influence iranienne en Irak par le biais d’une nouvelle confrontation entre les puissantes tribus Sunnites et une partie de la communauté Chiite. A noter que cette dernière est fortement divisée et qu’une partie conséquente des chiites d’ Irak montrent des signes d’hostilité à l’égard de l’Iran. Le puissant chef religieux Chiite Moqtada Sadr, proche de la CIA, a rejoint les manifestations à Najaf. Les manifestations sont de plus en plus meurtrière et des armes de guerre sont utilisées aussi bien par les forces de l’ordre, les milices aux allégeance variées que les manifestants.

Iran: la République islamique d’Iran est ciblée depuis quatre décennies par des opérations de subversion, de déstabilisation, de sabotage et de tentatives de changement de régime en concomitance avec des trains ininterrompus de sanctions internationales. Depuis le retrait de Washington de l’Accord sur le nucléaire iranien, ce pays fait face à une sorte de blocus qui cherche à s’étendre aux exportations de pétrole et de gaz et il n’a résisté aux manipulations des pays occidentaux et arabes du Golfe que grâce à la formidable résilience de ses habitants et l’ingéniosité de ses stratèges. L’Iran a déjà fait face avec succès à une révolution colorée (verte) avant de subir l’une des pires attaques cybernétiques au monde avec le virus Stuxnet. Mais c’est surtout la cohésion de son peuple qui demeure le principal objectif de ses ennemis. Les iraniens ont consenti d’immenses sacrifices et continuent à le faire en dépit de sanctions économiques affectant en premier lieu les populations les vulnérables. Les adversaires de l’Iran sont conscients des remarquables capacités militaires iraniennes et c’est pour cela qu’ils feront tout ce qui est possible de faire pour semer la discorde et la division au sein de ses populations en vue d’obtenir une révolution « spontanée » susceptible d’être habilement exploitée pour atteindre Téhéran.

Pakistan: les mouvements de protestation au Pakistan semblent téléguidés par les alliés du Deep State US afin d’enrayer le rapprochement entre le Pakistan et la Chine. Le Pakistan est un pays stratégique disposant de l’arme nucléaire et dont le rôle en Afghanistan est primordial. Il dispose aussi de frontières communes avec le flanc oriental de l’Iran et reste en rivalité stratégique active avec l’Inde (risque de guerre nucléaire accru depuis la décision indienne de mettre fin à l’autonomie du Cachemire)

Hong Kong: un cas d’école qui fera l’objet d’études approfondies dans les décennies à venir. C’est l’exemple type de la guerre hybride orientée contre un rival géostratégique majeur. Les manifestations n’ont pas d’objet fixe et ont apparament commencé pour protester contre un projet de loi autorisant l’extradition de détenus vers la Chine continentale. La plupart des jeunes manifestants sont motivés par la cherté de la vie et la hausse exponentielle des prix de l’immobilier rendant quasiment impossible la possibilité de louer le moindre mètre carré dans cette cité-État autrefois prospère. Hong Kong fut toujours un hub et un nid d’espions internationaux où les opérations de manipulation sont relativement faciles à mener. Washington et Londres ne cachent même pas leurs implications dans le pilotage des opérations. Jusqu’ici la Chine a su éviter de riposter car Beijing a jugé que c’était l’objectif premier des troubles en cours. Cela amènera les protestataires et leurs commanditaires à opter pour une escalade par étapes. Une chose est certaine: Hong Kong ne sera plus jamais un centre d’affaires inrernationales et perdra pour longtemps son statut au profit de la cité rivale de Shenzen.

Ukraine: la guerre en Ukraine est loin d’être terminée même si le front est gelé par la mise en place d’une stratégie d’endiguement et de sape côté russe. La corruption du gouvernement ukrainien et ses accointances avec les élites de l’Etat profond US joue même un rôle de premier plan dans la vie politique US et une procédure de destitution intentée par les Démocrates contre Donald Trump s’appuie sur une supposée conversation entre les présidents US et ukrainiens sur les activités mafieuses de Hunter Biden en Ukraine dans le cadre des opérations de guerre hybride sous couvert de consulting pour la plus grande compagnie énergétique du pays. Comme en Syrie et ailleurs, les États-Unis n’ont cessé d’acheminer des armes et des équipements de guerre en Ukraine et ont tenté l’impossible pour briser le statut quo imposé par Moscou. Une autre révolution, colorée ou non, à Kyiv est une question de temps vu l’effondrement socio-économique de ce pays.

Venezuela: la guerre hybride contre ce pays continue avec le soutien actif de la Colombie et du Brésil. Le risque de guerre y est extrême.

Strategika51 | 16 novembre 2019 à 22 h 41 min | Catégories : Analysis | URL : https://wp.me/p1wadU-iVV

8 réflexions sur “C’est le W.E. vous avez le temps de tout lire : La nouvellle vague du chaos

    1. Non. Serge.
      Marcel finançait plus le RPR en son temps, mais il donnait partout comme le patron de l’ancienne Générale des Eaux. la Lyonnaise, elle finançait le RPR aussi.

      Serge animait avec un TPG très connu le groupe des 15 plus gros patrons Français dont ceux du Futur AXA, de l’ancien Rhone Poulenc, d’IBM France , d’une grosse affaire de blanchisserie … et d’autres que je n’ai aucune raison de nommer.

      Les réunions avaient lieu Boulevard Suchet Paris 16e chez Serge.

      L’important n’est pas de donner les noms mais d’affirmer comme je le fais que ces gens ne conspiraient pas , ils en étaient bien incapables, simplement ils obéissaient à la logique de leur fonction.

      Logique par exemple qui a conduit un Claude Bébéar à devenir globaliste forcené lui et ses suivants chez AXA.

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  1. Vous avez raisons de souligner ces aspects de manipulations et d’ingénierie sociale. Cependant, et c’est la magie de l’Histoire, rien n’est écrit. Mieux, il y a du pire et du meilleur dans ce que nous vivons, mais les dangers actuels ne sont pas toujours là ou nous les attendons.

    Le pire, ce sont les guerres actuelles qui ne portent pas leurs noms, donc qui ne comptent pas leurs morts. (monétaires, économiques, ressources, énergies, numériques, médiatiques, chimiques, biologiques, technologiques, et tant d’autres…)

    Le meilleur, ce sont les pertes de contrôles diverses et variées , les accidents révélateurs qui nous ouvrent de nouveaux horizons avec l’imprévisible salutaire lorsque nous les saisissons correctement en corrigeant partout ce qui a lieu d’être.

    Nous sortons d’une ère politique érodée, car nos institutions « démocratiques » ne sont plus à la hauteur. Le mondialisme a du plomb dans l’aille, les équilibres et arbitrages ne sont plus tenables sans de visibles violences ou alliances contre-natures.

    Les Administrations Étatiques se retrouvent prises à leur propre piège dans des défis qui les dépassent par l’ampleur des enjeux, la puissance des nuisances, le manque de visions, de moyens et de compétences pour y faire face.

    Aujourd’hui de grandes sociétés ont bien plus de pouvoir que nos États qui n’ont plus le choix que de sacrifier les « inutiles’ classe moyenne prise au piège de leur servitude. Et l’ ingénierie sociale change de mains dans l’indifférence et l’opacité la plus totale.

    Ne parlons pas de la corruption, ni des mafias en tous genres, cela fait parti du jeu qui explique bons nombres de dysfonctionnements. Les interdits ont du bon quand ceux-ci rapportent, c’est aussi une grande leçon à retenir pour ce futur qui pointe déjà le bout de son nez.

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  2. « La cybernétique a été inventée entre autres pour calculer et minimiser le choc en retour et l’effet de recul subis par un véhicule ou un canon au moment d’un tir de missile. Les résultats des tirs de projectiles ont été ensuite transposés dans une sorte de balistique sociale, inscrite dans un vrai programme de calcul des impacts. En effet, à tout choc infligé, il y a un choc en retour, c’est une loi universelle. Quand on inflige un coup à autrui, il y a toujours le contrecoup. En termes balistiques : l’effet de recul. »

    Vous soulevez là un point crucial de la guerre stratégique des élites dans le domaine opaque de l’ingénierie en balistique. J’ai souvenir d’avoir lu un texte il y a fort longtemps qui révélait toutes les techniques des lois de physiques ramenées dans le champs psycho-comportemental et social. C’est dire dans celui du rapport cause-effet et boucle de rétro action positive redirigée. Il s’agissait au fond de contrôle social par l’usage du « schock testing ».

    Après un gros moment dédié à la remémoration de ce texte et l’usage d’une combinaison de mots clés, j’ai finis par mettre la main dessus et j’invite nos lecteurs à affiner leur perception en prenant connaissance illustrative du texte de M.Bertez: « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »: http://carthoris.free.fr/Biblioth%E8que/Armes%20silencieuses%20pour%20guerres%20tranquilles.pdf
    EXEMPLE AVEC L’IDÉE DE L’ENERGIE: « Toute science est essentiellement un moyen vers un but. Le moyen est la connaissance.

    Le but est le contrôle.

    Au delà de ceci demeure une seule question: Qui sera le
    bénéficiaire? » et donc: « Lorsqu’une arme silencieuse est appliquée graduellement, les gens s’ajustent, s’adaptent à sa présence, et apprennent à tolérer ses répercussions sur leurs vies jusqu’à ce que la pression (psychologique via économique) devienne trop grande et qu’ils s’effondrent. (d’ou les gilets jaunes).

    En conséquence, l’arme silencieuse est un type d’arme biologique. Elle attaque la vitalité, les
    options, et la mobilité des individus d’une société, en connaissant, comprenant, manipulant, et
    attaquant leurs sources d’énergie sociales et naturelles, ainsi que leur forces et faiblesses
    physiques, mentales, et émotionnelles. »

    Vous pouvez ramener ce constat d’une démarche stratégique à la manière analogue dont on opérationnalise la guerre contre les gilets-jaunes et la manière médiatique du traitement spécial (déformé et partial) et évolutif/adaptatif qui leur est réservé:

    L’usage des black blocs rentre dans ce périmètre de cohérence ingénierique par et pour des élites soucieuses de maintenir le statu-quo d’un Système qui les avantage et de permettre de maintenir ainsi l’opinion dans une division irréfragable de conceptions parcellaires de la « grande image ».

    C’est ainsi que la fracture psychologique est amplifiée car elle consiste donc à compartimenter les perceptions et à en faire des îlots de représentations sociales ou le ciblage des causes premières deviennent multiples et souvent tout à fait secondaires.

    Les supporters des causes secondaires sont rendus tout à fait irréconciliables entre eux et donnent le champs libre à la volonté de puissance des élites pour une jouissance onanique d’ auto satisfaction.

    Les lâchages cosmétiques de fric de Macron ne sont là que pour purger le cheptel jaune des ronds point mais surtout de leurs invisibles et nombreux soutiens dans la population.

    La seconde stratégie vise la division/fracture par l’épuisement des forces vitales unifiées sous un même symbole (gilet jaune) en amalgamant black bloc (les « chemises brunes de l’extrême gauche des apatrides du néo capitalisme) et gilets jaunes pour en faire une cible médiatique unique jetée en pâture à la vindicte populaire (tout en maintenant captif le vote Boboland) par l’opération du long pourrissement qui se traduirait -et c’est leur pari- en un « ras le bol » de lassitude et à un effondrement de la fronde massive et unitaire en petits camps idéologiques retranchés et irréconciliables entre eux.

    Bon travail encore M.Bertez…

    La connaissance nous libère de l’ignorance et nous rend digne à nos yeux car elle nous rend vivant, c’est à dire « responsable », dans un monde ou tout est fait pour nous zombifier! Notre boulot est de nous libérer de la tutelle du mensonge et de la « pensée unique » puis de contribuer à perpétuer et amplifier la communication de cette connaissance aux Autres aux fins de nous rendre Libre et Responsable de notre vie individuellement et collectivement.

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