Editorial. A propos des Delevoye et autres: montrer le cul des élites

On pourrait commencer par exemple en citant Coluche qui, reprenant quelqu’un d’autre de moins célèbre,  a un jour dit: « on est tous égaux, mais certains un peu plus les uns que  les autres ». C’est le genre de trucs que l’on doit trouver dans Animal Farms de G. Orwell.

On pourrait commencer aussi en citant Karl Marx qui disait en substance: « il faut partir de ce que l’on voit, le soumettre à l’analyse critique, en mettre à jour les structures cachées, l’exposer de façon simple pour favoriser les prises de conscience du peuple et ainsi on crée une situation pré-révolutionnaire ».

Coluche et Karl Marx se complètent fort bien.

Vous remarquez en effet que Coluche part de ce qu’il voit, c’est à dire du fait que certains qui prônent l’égalité et n’ont, à tout bout de champ, que ce mot à la bouche, mais qu’ils se vautrent dans un statut personnel outrageusement inégalitaire. Je pense à tous ces gens, genre  Delevoleur, Macron, Borne, députés, sénateurs, journaleux, intellocrates et autres fous du roi, profiteurs du système.

Les retraites de tous ces gens représentent le centuple de celles que l’on garantit à la masse: 1.000 euros.

Au nom de l’égalité qui est censée être contenue et imposée dans la réforme des retraites, ces gens baignent dans l’inégalité, que ce soit au niveau des patrimoines, des revenus, des impôts, du statut et du prestige social.

Il faut que vous me suiviez pas à pas.

Vous avez, je pense, assimilé la propagande de ces gens; elle consiste à dire: la réforme est profondément égalitaire puisqu’elle supprime les différences historiques et les remplace par un « régime universel profondément juste ». Peu importe que le statut du mineur de fond, du cheminot, du terrassier, de l’ouvrier du bâtiment, de l’agriculteur ou de n’importe quel autre salarié ait une origine concrète, parfaitement justifiée par leur utilité sociale, l’idéologie égalitariste légitime la suppression des différences.

Je considère que ceci est parfaitement assimilé par mon lecteur. je pars de l’idée que le lecteur est capable de comprendre qu’une idéologie est un outil pour baiser le peuple. D’ailleurs ce peuple le comprend, même si je crains qu’il n’en mesure pas toujours la portée puisque la sagesse des nations nous offre ce raccourci: faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Sous-entendu cette évidence, moi je suis exonéré, je suis au-dessus.

Passons au second volet, c’est à dire à la position des Delevoye, Macron, Philippe, Darmanin, Borne, et des mercenaires harkis qui travaillent pour leurs comptes. Tous ces gens sont des gens comme vous et moi. A la limite, un peu moins intelligents et moins travailleurs que moi. Leur statut social est un statut qui s’inscrit dans un mode pyramidal; ils sont au-dessus, aux nœuds de pouvoir, aux nœuds d’autorité, aux nœuds de prestige, aux nœuds de rémunérations et, espèrent-ils, aux nœuds de respectabilité.

Quel est le sens de l’action qu’ils mènent? Non seulement de l’action présente sur les retraites, mais de l’action totale désignée sous le nom de réformes? Cette action, je vous l’ai définie en d’autres textes, c’est une action de massification; massification, cela signifie, pour que vous le compreniez bien, suppression des différences, suppression des identités, suppression des déterminations personnelles. On dit que les dictateurs et autres tyrans « ne veulent voir qu’une seule tête ».

C’est une action de rabotage dont l’argument majeur est la suppression des inégalités. Tout est fait au nom de l’idéologie égalitaire. Il s’agit de restaurer un tissu social bien à plat, un maillage de la société dans lequel aucune différence, aucune particularité, fut-elle historiquement justifiée ne doit subsister.

Maintenant, mettez les deux volets de mon analyse en perspective:

  • premier volet, ils tirent et exercent leur pouvoir au nom de l’égalité qu’ils veulent imposer aux autres;
  • deuxième volet, ils bénéficient d’un statut personnel profondément inégalitaire et privilégié précisément parce qu’ils imposent l’égalité aux autres.

Dans l’imposition de l’égalité abstraite qui remplace l’inégalité et les différences concrètes, il y a une énergie, une ressource, une richesse qui se libère. Et cette énergie, ces ressources, cette richesse, bref cette hiérarchie sociale qui se libère, eux la récupèrent. Ils la chevauchent. J’ai coutume de dire vulgairement qu’ils grimpent sur le pavois qu’ils vous font porter, ils accomplissent leur ascension en se servant de vous comme marche-pied.

Comprenez bien, et ceci doit vous donner beaucoup de courage pour alimenter votre rébellion, votre mépris et, je l’espère, votre révolte: ils ne sont grands que de ce qu’ils vous volent.

Nous sommes à la racine, à la radicalité des système politiques, qu’ils soient dits démocratiques, républicains, socialistes, ou qu’ils aient tout autre nom. Cette racine se nourrit de l’idéologie égalitaire pour produire une inégalité de degré supérieur, ce que j’appelle très souvent pour produire une nomenklatura.

Tous les systèmes s’analysent de cette façon; ils imposent une idéologie égalitaire afin de produire une structure sociale qui, elle-même, est au contraire irrémédiablement inégalitaire.

Et c’est là où il faut revenir à notre bon vieux Marx qui nous dit qu’il faut partir de ce que l’on voit, à savoir l’idéologie égalitaire, pour passer à la compréhension de la structure de la société qui, elle, est une structure profondément inégalitaire.

Nous sommes dans la dialectique pure, quasi hégélienne: le réel, c’est de la logique cristallisée, mais cette logique est enfermée dans une gangue et, pour la percevoir et la donner à voir, il faut la débarrasser de cette gangue.

Cette logique cachée, il faut l’exposer au peuple, il faut lui en faire prendre conscience. C’est à sa portée, surtout quand il y a des génies du type Coluche qui, par l’humour, nous frappe des phrases qui sont de véritables médailles.

Qu’est-ce qu’un scandale? Dans les temps anciens, c’était une petite pierre que l’on appelait scandalon. Cette petite pierre faisait trébucher. Qu’est-ce donc qu’un scandale?

C’est la petite pierre sur le chemin des puissants qui doit les faire trébucher et les montrer pour ce qu’ils sont: des profiteurs. Cette petite pierre qui a traversé l’histoire doit révéler la nature profonde du système. Elle est là pour montrer que c’est un système d’exploitation de la société civile au profit d’une élite dont la seule légitimité est de gérer l’idéologie égalitaire. Pour parler vulgairement il y a du pognon et du pouvoir qui sort quand on presse le peuple.

Réfléchissez, ces zozos n’ont aucune autre légitimité.

Ils ont fait reculer la place de la France dans le monde, ils ont détruit nos espoirs de croissance, nos espoirs de promotion sociale et ceux de nos enfants; ils ont détruit notre sécurité; ils s’acharnent à détruire notre culture; jour après jour, ils instillent l’insécurité internationale par la multiplication des guerres. Ils ont été incapables de traiter de façon adéquate de traiter la crise financière de 2009 qu’ils ont pourtant eux-mêmes créée.

Mais attention, ils paradent, juchés sur le pavois de la soi-disant lutte contre les inégalités, qui n’est rien d’autre que l’égalité réduite aux plus faibles et l’inégalité qui favorise les plus forts.

S’il existait des partis politiques, s’il existait des syndicats, s’il existait des intellectuels, s’il existait des médias, leur fonction, dans des périodes historiques comme celle-ci, serait de montrer au grand jour la réalité que je viens d’essayer de vous décrire.

Montrer, décortiquer, exemplifier, illustrer, afin que les prises de conscience populaires se fassent et que cesse ce fameux scandale.

Ils devraient montrer le cul de nos élites afin que le peuple puisse prendre conscience du fait que le phallus scintillant qu’ils arborent ne scintille que de l’or qu’ils nous volent.

La petite dernière de chez Marianne.

https://www.marianne.net/politique/delevoye-demissionne-il-n-aura-pas-eu-le-temps-de-signaler-son-quatorzieme-mandat-6000

Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission ce lundi 16 décembre après les révélations successives sur les nombreux mandats qu’il avait oubliés de déclarer auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Pour lui, c’est la quille : le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté sa démission ce lundi 16 décembre après les révélations successives sur les nombreux mandats qu’il avait oubliés de déclarer auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Un départ « de sa propre initiative« , selon l’Elysée. Selon nos informations, l’exécutif a également suggéré au membre du gouvernement ne pas attendre la date de mercredi. Ce jour-là, la HATVP devait statuer sur la situation, avec la possibilité… de saisir le parquet pour manquement à ses obligations déclaratives.

La situation de Jean-Paul Delevoye au sein du gouvernement pouvait difficilement s’améliorer. En effet, alors que nos confrères du Monde révélaient, ce samedi 14 décembre, que le haut-commissaire avait mentionné treize mandats dans sa déclaration d’intérêt rectifiée au lieu des trois initialement indiqués à la HATVP, il apparaît à y regarder de plus près, qu’il en manquait encore un autre dans la première déclaration du monsieur retraite du gouvernement : celui de président du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Si Jean-Paul Delevoye pouvait plaider « l’omission par oubli » quant à ses liens avec le milieu des assurances dans la déclaration mise en ligne 7 décembre dernier par la HATVP, cette ligne de défense apparaît plus difficile à tenir quant à son mandat au Cese, courant du 16 octobre 2010 au 1er décembre 2015. Il ne s’agit pas là, comme pour les précédents manquements aux obligations déclaratives du ministre des retraites, de la présidence d’honneur d’un think-tank ou d’une place d’administrateur d’un institut de formation, mais bien de la direction d’un organe de représentation socio-professionnelle prévu par la Constitution française.

Un mandat au titre duquel, précise le site internet du Cese, Jean-Paul Delevoye, percevait « 6.330,32 € net par mois« .

Rappelons que, depuis 2013, la loi oblige tout ministre à préciser à la HATVP ses responsabilités présentes et passées susceptibles de présenter un risque de conflit d’intérêts et d’influencer ses futures décisions. Nulle mention du mandat de président du Cese (octroyé par un vote de l’assemblée du Cese), ni du revenu l’accompagnant, dans la déclaration consultable sur le site de la HATVP. Pourtant, le formulaire de déclaration d’intérêt est on ne peut plus claire : doivent apparaître « les participations aux organes dirigeants d’un organisme public ou privé ou d’une société à la date de l’élection ou de la nomination et au cours des cinq années précédant la date de la déclaration« .

Jean-Paul Delevoye aurait donc dû déclarer ses revenus liés au Cese pour la fin d’année 2014 et l’année 2015.

Si un doute subsistait malgré tout, le guide du déclarant, disponible en quelques clics, serait là pour le lever : « Toutes les fonctions dirigeantes, qu’elles aient donné lieu ou non à rémunération, doivent être mentionnées« , précise-t-il. « Les fonctions dirigeantes exercées au titre d’un mandat politique ou comme représentant de l’État ou d’une collectivité doivent également être mentionnées« , indique le guide.

+ 38.000 EUROS

Or, dans la déclaration initiale de Jean-Paul Delevoye, transmise par ce dernier le 15 novembre, ne figure, dans la section consacrée aux participations aux organes dirigeants d’un organisme public dans les cinq ans avant la déclaration d’intérêts, que son ancien poste de « conseiller du délégué général » du groupe d’enseignement supérieur privé IGS.

Au passage, Le Monde a relevé que le salaire accompagnant cette fonction avait été nettement revu à la hausse dans la version révisée envoyée dans la soirée du vendredi 13 décembre et que le quotidien a pu consulter. Jean-Paul Delevoye déclare désormais 78.408 euros net au titre de ce contrat, contre 40.000 euros net dans sa première version.
En revanche, Le Monde ne fait état d’aucune mention du Cese dans la nouvelle déclaration du haut-commissaire. Seuls figurent, parmi les mandats rémunérés, celui de « conseiller du délégué général » d’IGS et celui de président du think tank Parallaxe, également rattaché au groupe IGS, auquel Jean-Paul Delevoye aurait dû, conformément à l’article 23 de la Constitution, renoncer dès son entrée au gouvernement en septembre 2019. Autrement dit : même rectifiée, la nouvelle déclaration d’intérêts du haut-commissaire n’est toujours pas dans les clous !

« Quand je suis devenu haut-commissaire au gouvernement, j’ai été extrêmement attentif à ma déclaration de patrimoine et ayant toujours considéré que le déclaratif devait être contrôlé par des personnes assermentées, j’ai fait appel à un expert-comptable, expliquait l’ancien ministre de Jacques Chirac samedi dernier. J’avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d’intérêts, sans doute parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir de conflit d’intérêts et parce que j’étais obnubilé par ma déclaration de patrimoine. » Jean-Paul Delevoye l’apprend donc à ses dépens : on n’est jamais trop prudent…

Note: l’ennui est qu’Anticor vient de révéler à l’instant que sa déclaration de patrimoine elle aussi est fausse!

 

5 réflexions sur “Editorial. A propos des Delevoye et autres: montrer le cul des élites

  1. Les treize desserts s’est terminé Delevoye ! Maintenant le pain et le verre d’eau votre honneur!
    Comment se fait-il que le premier ministre n’était informé de ces anomalies! En résumé il n’y a aucun contrôle crédible sur les hommes politiques, aucun professionnalisme dans cet organisme de contrôle.
    Combien de semaines pour remplacer ce pilier de cette réforme ?
    L’affaire est pliée, la réforme est morte née!
    On est mal manu !

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  2. Je pense que de nombreux français n’ont plus confiance et cela ils ne peuvent en inverser la tendance, la courbe, le momentum… Trahir, c’est faire mourir un contrat moral, un pari.

    Trahir, c’est avilir tant que la vérité n’émerge pas dans la caboche.

    Aujourd’hui, les coups dans la caboche en ont réveillé beaucoup et dans ce mouvement particulier ou on se réveille de la torpeur et du soma avec un mal de crane, l’humeur n’est pas au beau fixe.

    Mathématiquement, s’il on pouvait dresser une statistique fiable du degré de colère dans la population on pourrait sentir le point catastrophe qui nous entraînerait dans la courbe descendante du niveau général de la confiance offerte aux élites.

    Ce qui parait assuré, c’est que la tranche haute du boboland de droite comme de gauche perdure à soutenir les traîtres. Il nous faut espérer voir ce gouvernement, par les futurs événements financiaro-économiques, achever définitivement cette caste pour les méfaits qui nous frappent depuis trop longtemps.

    Quand cela se fera (je l’espère) il viendra vraiment ce temps de la révolution et on ne lui trouvera aucun échappatoire car la sous-caste des profiteurs du Système mondialiste et globaliste ne s’accroche qu’à son pognon…. l’ordre moral qui pourrait leur servir d’argument légitime à leur propre aveuglement volera en éclat car ce n’était qu’une fine pellicule du verre trouble de la bien-pensance qui habillait leurs exactions face à la vérité du bénéfice méphistophélique de leurs privilèges qu’offraient jusqu’ici le Système pour lequel ils ne manquèrent jamais de zèle.

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