Le début de la Grande Aventure, la fin de la prudence et de la retenue.

Ce qui me frappe c’est l’absence de débat sur la politique économique et monétaire qui est suivie. Partout dans le monde et pas seulement dans le monde occidental.
L’échec est patent et si on en doute il suffit de voir à la fois:
-la croissance faible,
-ensuite le montant des dettes qu’il faut créer pour obtenir cette faible croissance et  -enfin la succession des remèdes administrés.
Rien  n’y fait  alors que l’on s’enfonce.
Ce qui me frappe également, c’est l’absence d’attention  totale  aux ballons d’essai lancé par les autorités monétaires ces derniers mois. Ces ballons d’essai sont nombreux, graves, inquiétants et ils coexistent avec des débats de plus en plus animés sur la question de savoir si l’on peut à nouveau prendre le risque de réaugmenter les déficits budgétaires dans l’optique d’amortir la prochaine récession.
L’un des ballons d’essai lancés il y a quelques semaines est celui qui consiste à rétablir une symétrie dans la recherche de l’inflation. Pendant de nombreuses années, l’inflation a été inférieure aux 2% fatidiques, un retard s’est donc accumulé et certains proposent de combler ce retard en laissant l’inflation durablement au-dessus des 2% afin de faire une moyenne.
A n’en pas douter, il s’agit d’une tentative d’influencer les anticipations et d’éviter aux autorités monétaires de se retrouver devant le problème de 2017/2018, c’est à dire de resserrer préemptivement leur politique afin d’éviter un débordement de la hausse des prix au-dessus de 2%.
C’est une manip bien évidemment et elle avait déjà été évoquée en 2015 lorsqu’il était devenu patent que le monétaire avait échoué. En gros, pensait-on à cette époque, si on a échoué à 2%, fixons-nous un objectif supérieur!
Le second ballon d’essai a été lancé il y a quelques jours, mais il se gonflait dans les coulisses.  Le Wall Street Journal a révélé que la Fed étudiait la possibilité de capper les taux à long terme. C’est une expérience qui a déjé été menée entre 1942 et 1951. Elle est complexe. Il s’agissait alors de faciliter le déficit collossal du Trésor gonflé par les dépenses de la fin des années 30 et de la guerre. C’était une sorte de répression financière féroce destinée à amputer cyniquement la valeur des actifs détenus par le public.
Dès 2003, cette régulation par la courbe des taux a été à nouveau étudiée, si mes souvenirs sont bons par Reynhart. IL a étudié cette période sous l’angle de la manipulation de la courbe des taux. C’est une question qu’il faudra approfondir, mais elle va tout à fait dans le sens de mes sombres prévisions, à savoir que face à l’aggravation de la situation fondamentale, face à l’épuisement des munitions pour lutter contre les récessions, les autorités abandonnent tout scrupule, elles abandonnent toute prudence. Comme disent les Américains, elles sont « all in ». Ou encore elles bet de farm. Elles prennent le risque maximum.
Nous avons déjà fait un grand chemin sur la route de l’Aventure; mais cette fois, ce serait le grand saut.
Rédigé par
Bruno Bertez
27 janvier 2020

La régulation « traditionnelle » du cycle économique – boom/krach – est en train d’évoluer de manière fondamentale… et périlleuse. Il est temps d’acheter de l’or.

Voilà, nous y sommes. Nous sommes au bout du chemin, nous avons dévalé la pente. C’était écrit… mais bien peu ont eu l’audace de le prévoir.

Dans la série d’article qui commence aujourd’hui – elle se poursuivra jusqu’à mercredi –, je vous prends la main pour vous guider dans le fatras de l’actualité et des mensonges. Je fais sauter la gangue et je vous montre le diamant, la structure pure, mais cachée.

Personnellement cela me donne une conviction.

D’un côté, je pense que la hausse du prix des actifs papiers peut continuer : il n’y a plus de limites, le plafond a sauté.

Cette hausse se révèlera être de la quasi-monnaie de singe, cependant.

Il est temps d’acheter de l’or, sérieusement.

Des années d’avance

Le cadre analytique dans lequel je situe mes écrits depuis le début de la financiarisation néo-libérale n’a jusqu’à présent jamais été pris en défaut.

Affirmer ceci n’a rien avoir avec le narcissisme. Cela a à voir avec la confiance. C’est l’un des biens les plus précieux.

J’ai toujours eu de nombreuses années d’avance – non par hasard mais par logique, par une rigoureuse mise à jour des forces organiques qui sont à l’œuvre dans le système.

J’analyse les forces fondamentales en jeu, les forces antagoniques mises en place par les autorités pour s’opposer aux forces fondamentales, et enfin j’observe et je prévois les résultantes de tout ce jeu de forces. Loi du triangle, action, réaction, résultante !

Mon texte princeps ou inaugural est un texte très ancien intitulé « Vive les crises… elles permettent à ceux qui sont riches de s’enrichir encore plus ».

L’autre texte fondateur est intitulé « La régulation par les bulles » ; j’y explique la mutation du système selon laquelle on abandonne la régulation par le cycle court du crédit (boom/krach) et l’on passe à une stimulation de long terme calquée sur le système de John Law, fondée sur la création de monnaie/crédit gagée sur les actifs et les effets de richesse – ce que j’ai appelé le coup d’accordéon des dettes et des actifs.

On régule en soufflant des bulles de prix des actifs, puis en faisant éclater les bulles et en nettoyant derrière, quand elles ont éclaté. C’est le système 2000-2007.

Sens unique

J’ai expliqué que tout cela n’était pas répétitif, mais à sens unique. C’est une pente que l’on descend.

Pourquoi ? Parce que chaque fois que l’on fait une bulle – bulle des technos, bulle du logement, bulle du crédit, bulle des fonds d’Etat –, on franchit une étape systémique. On se rapproche du centre, on sollicite, on met en danger le centre, qui est le couple banque centrale/Trésor des Etats-Unis.

A chaque fois, c’est ce couple qui garantit la solvabilité, qui crée les liquidités, qui promet de fournir toutes les assurances contre la dislocation produite par la pourriture qui s’accumule.

Il y a une progression inéluctable, fatale dans le processus : il faut sans cesse réduire les taux, produire toujours plus de crédit, accumuler des créances de plus en plus douteuses… et on ne peut jamais purger !

Cette progression a un point focal central : la Fed, son bilan et son seul instrument, le dollar. C’est lui qui est utilisé, donc c’est lui qui est fragilisé, qui est sapé.

Le dollar creuse sa propre tombe

La hausse du dollar est en réalité sa faiblesse car elle prouve qu’il est rare, demandé par les agents économiques et institutions qui sont en difficulté. Il faut en créer sans cesse plus pour assurer la solvabilité/liquidité du monde et donc il faut le « laminer ».

Ce que j’explique est fondamental. La force du dollar n’est qu’intercalaire, elle est dialectique : elle oblige à en créer plus pour éviter l’effondrement du système – plus qu’il n’en faut pour une monnaie de réserve de valeur. Elle creuse donc la tombe du dollar.

En tant que monnaie de réserve alimentant les liquidités internationales, le dollar creuse sa tombe en tant que monnaie-réserve de valeur.

Il n’y a pas de troisième texte fondateur de mon analyse actuelle, plutôt une multitude de textes qui pointent dans une nouvelle direction. J’avance pas à pas, doucement, au fil de l’actualité.

Mais je peux être plus clair, plus définitif.

Je suggère maintenant que les autorités ont même abandonné la régulation par les bulles et qu’elles ne peuvent plus utiliser la technique de l’accordéon (je gonfle, je dégonfle, je nettoie). A présent, elles sont dans une nouvelle phase historique : celle du « marche ou crève ».

Je suis le seul à expliquer la situation de cette façon… mais cela ne veut pas dire que d’autres n’ont pas une vision voisine. Simplement, ils formulent leur conviction d’une façon moins détaillée et plus pratique, comme nous le verrons demain.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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