Editorial: non la crise n’est pas à nos portes, oui elle est inéluctable. Nous sommes sur le chemin de Weimar, mais nous n’y sommes pas arrivés.

Je vois ici et là des prévisions absolument apocalyptiques.

Bien entendu, ce sont toujours les mêmes, les opposants ,  qui les professent. 

Bien entendu ce sont toujours les mêmes, les gens au pouvoir qui disent le contraire, que tout est sain, que les fondamentales, ces fameuses fondamentales que personne ne voit, sont solides.

Cela est navrant!

Les Cassandre sont incorrigbles de sans cesse vouloir annoncer le pire. Ils se dé-considèrent, voire se ridculisent  à annoncer une catastrophe qui ne vient pas.

Ils empêchent la progression des connaissances et du savoir. Ils pénalisent l’adaptation. 

Non la catastrophe n’est pas pour demain. Il y a encore un bon bout de chemin à faire avant d’arriver à l’impasse, avant de se cogner au mur. 

Vous n’imaginez pas la quantité de subterfuges, de trucs et de tricks qui sont encore disponibles. Vous n’imaginez pas la souplesse que le système s’est donnée avec la presse à imprimer de la monnaie digitale et le contrôle des moyens et des contenus de communication.

Oui la démarche productive, efficace  consiste non pas à prédire une catastrophe qui ne vient pas mais à montrer, à expliquer  pourquoi, alors que tout est déséquilbré et devrait chuter, pour quoi elle ne vient pas; pourquoi cela ne chute pas.

Le travail productif consiste à montrer pour quoi cela  dure et pour quoi cela peut encore durer.

Il faut montrer sans relache, désigner les béquilles qui soutiennent le système, surveiller leur usage et leur  usure.

Il faut jauger de leurs contradictions et de leurs antagonismes.

Il faut essayer d’imaginer les limites des actions de dissimulation.

Il faut mesurer la progression des prises de conscience, les effets d’apprentissage des marchés.

Les prises de conscience, les savoirs, les apprentissages sont les taupes qui rongent en profondeur, sous la surface le système et ce sont eux qui le feront tomber. Mais ce qui est sous la  surface, on ne le voit pas.

 

Rédigé par
Bruno Bertez
9 mars 2020

Certaines déclarations de la Fed laissent à penser qu’elle veut donner une nouvelle dimension à sa politique de soutien . Gare à la bombe…

Eric Rosengren, de la Fed de Boston, fait allusion à de possibles achats d’actifs de style BCE et Bank of Japan (BoJ) :

« Dans une situation où les taux d’intérêt à court terme et les taux du Trésor à 10 ans approchent de la borne inférieure du zéro, permettre à la Fed d’acheter une gamme d’actifs plus large pourrait être important. »

Ceci est interdit par la charte de la Fed.

Ceci a déjà été évoqué par Yellen.

Ceci plantera le dernier clou dans le cercueil du pseudo-libéralisme qui n’est qu’un capitalisme de copinage, monopolistique, d’Etat et de banque centrale réunis.

Ceci n’aura aucun autre effet que de tenter de soutenir les cours de bourse des ultra-riches au même titre que le capping des taux à long terme.

Des erreurs colossales

La Fed se prépare à un effondrement boursier qui n’aura rien à voir avec le virus – celui-ci n’étant qu’une causa proxima – et tout à voir avec ses erreurs antérieures.

Les erreurs antérieures ont planté le décor.

Il ne manque que le déclencheur ; ce ne sera pas encore le virus, il est trop tôt, mais les décisions prises à l’occasion du virus vont grandement accélérer le processus historique.

Cela ne sera pas le pétrole non plus car ce serait suicidaire pour les producteurs, nous sommes là, dans le pétrole, dans un grand bluff.

L’organisme économique est fragilisé, une masse incroyable de promesses non tenables, cynisme des agents économiques, théories fausses, tout se met en place.

La Fed veut se donner les moyens d’entrer un peu plus sur la route de l’hyperinflation de type allemand des années 20. Elle veut avoir l’autorisation d’acheter sur les marches tout type d’actifs financiers alors qu’elle est actuellement limitée dans son choix.

La Fed a commis l’erreur de laisser se constituer une masse, un stock incroyablement élevé d’actifs financiers et d’actifs quasi-monétaires. Les gens, les détenteurs, sont persuadés que ces actifs sont aussi bons que de la monnaie : on leur a laissé croire qu’ils étaient liquides ! Quand la réalité frappera à la porte quand les ventes seront obligatoires, nécessaires, determinées , il faudra faire la contrepartie et la contrepartie cela consiste à donner de la monnaie en  echange de titres financiers. Et cette monnaie il faudra la créer!

Mais quand la vraie baisse arrivera, la  croyance selon laquelle les titres financiers sont aussi bons que la monnaie disparaîtra. Les gens se rueront vers la sortie ; ils voudront échanger leur actifs monétaires et quasi-monétaires contre de la vraie monnaie de banque centrale. C’est le run version moderne.

Ce que nous voyons déjà, c’est un run préliminaire ; on vend des actions et on demande de la monnaie sous sa forme la plus sûre – les emprunts d’Etat. Au moindre frémissement, on passera à l’étape suivante : on déversera les emprunts d’Etat, on demandera à les échanger contre de la monnaie banque centrale.

C’est à ce moment-là que tout se nouera.

Une pyramide inversée

La Fed aimerait bien que l’on change la législation afin de lui permettre de faire face à un run !

La masse exceptionnellement élevée d’actifs financiers et de quasi-monnaie repose sur une pointe étroite, constituée de base money, de monnaie de base. Celle qui est figurée ci dessous  par « monnaie de papier. »

Si la pyramide s’écroule, les vendeurs demandent en contrepartie du cash, de la monnaie de base – c’est-à-dire de la monnaie banque centrale.

Cela signifie que pour éviter l’effondrement, la banque centrale met le doigt dans l’engrenage dans lequel il ne faut jamais s’aventurer : créer de la monnaie pour soutenir le prix des actifs alors qu’ils sont bullaires.

Elle se positionne au plus serré dans l’engrenage :

– soutien des marchés ;

– création monétaire pour financer ce soutien ;

– perte de confiance dans la monnaie ;

– rétention de l’offre et pénuries sur les biens set services  ;

– hausse des prix des biens et services  ;

– perte de confiance accélérée ;

– création monétaire accélérée…

C’est le moment, c’est l’engrenage de l’hyperinflation de Weimar.

Des tombereaux de monnaie

La pyramide d’Exter repose non pas sur l’or, mais sur la monnaie de banque centrale, sur la base money, puisque quand les couches supérieures s’effondrent, les ventes se font contre de la monnaie de banque centrale.

Si on entre dans la mécanique terrible de Weimar, il faudra d’abord élargir la base/pointe de la pyramide et créer des tombereaux de monnaie de base.

Ce n’est que dans un autre temps de la crise, quand le système va se bloquer, que se posera la question de savoir si l’or peut ou non constituer une base stable, une base de confiance pour stopper la crise.

On se posera la question de savoir si l’or peut etre un extincteur de panique.

Dans un premier temps, la demande sera une demande de cash.

L’hyperinflation allemande a été causée de loin ; elle a pour origine le financement non-orthodoxe de la Première guerre mondiale. Ici, l’équivalent du financement non-orthodoxe de la guerre militaire est le financement non-orthodoxe de la guerre économique contre la déflation/surproduction provoquée par la globalisation d’une part et les laxismes monétaires d’autre part..

A force de truquer et de mentir, les élites ne savent même plus ce qu’elles font et pourquoi elles l’ont fait.

Savez-vous que, dans les années 1920, la banque centrale allemande a refusé jusqu’au bout de croire que c’était sa politique monétaire qui fabriquait la crise ! Elle était persuadée qu’elle ne faisait que suivre les besoins de l’économie.

C’est exactement ce que pense Powell, qui n’a jamais lu l’Histoire – la vraie, pas celle des manuels de l’establishment.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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