Nivaquine, Raoult, Fauci

La rigueur scientifique contre les « intuitions » de Donald Trump.

Une fois encore, vendredi 20 mars, le point de presse quotidien orchestré à la Maison Blanche par le président des Etats-Unis a donné lieu à un échange déroutant entre le docteur Anthony Fauci, éminent immunologiste et pilier de la task force américaine mise en place pour lutter contre le coronavirus, et M. Trump.

Interrogé sur le recours à l’hydroxychloroquine, un médicament utilisé dans le traitement de la malaria, et ses bienfaits supposés dans la prévention du Covid-19, le directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses (Niaid) a été catégorique. « Non », a-t-il déclaré, les essais connus ne sont pas probants et des recherches sont encore nécessaires.

Un démenti cinglant aux espoirs évoqués la veille par le président américain, qui s’était dit optimiste sur l’approbation rapide par la Food and Drug Administration de cette molécule et sa mise à disposition pour les malades du coronavirus. La FDA avait d’ailleurs immédiatement appelé à la prudence.

 

Vendredi, reprenant la parole après le docteur Fauci, M. Trump a ajouté à la confusion en déclarant à propos de ce supposé « remède miracle » : « Peut-être qu’il existe, peut-être que non. Ça peut marcher ou pas, mais je le sens bien. Qu’est-ce qu’on a à perdre ? » Apparemment soucieux d’avoir le dernier mot, sans toutefois croiser le fer avec le scientifique aux compétences mondialement reconnues, il a affirmé : « Je suis un gars malin. »

Face au « gars malin », le docteur Fauci marche sur une corde raide. Depuis une quinzaine de jours, le chercheur, âgé de 79 ans, est en première ligne dans les médias pour répondre avec clarté et rigueur aux multiples questions soulevées par la pandémie et sa gestion controversée par l’administration Trump. Sa courte silhouette, son accent de Brooklyn et son discours sans détour se sont imposés au pupitre lors des briefings quotidiens, où cet ex-marathonien affûté est l’un des intervenants les plus sollicités.

11 réflexions sur “Nivaquine, Raoult, Fauci

  1. Les compétences d’infectiologue de Raoult ainsi que son experience n’étant plus à démontrer, il est évident que tout retard dans sa prescription aux malades, y compris aux porteurs sains qui seront TESTÉS, ne relèverait plus de la science mais de considérations tout autres … et constituerait un indéniable scandale d’Etat de + dans la gestion de cette crise de gravité exceptionnelle qui justifie amplement étant donnée l’innoccuite prouvée de la chloroquine (a-fortiori sur prescription medicale) que l’on s’affranchisse du protocole habituel de mise sur le marché puisque ce médicament est déjà sur le marché. Et ceci depuis la fin des années 40. Et que jusqu’à la mi-janvier 2020 on pouvait meme se le procurer sans ordonnance. Chaque jour qui passe compte. Nous ne pouvons tolérer que des considérations non médicales privent les gens vivant en France de cette possibilité de se soigner. Quand bien même cela n’en améliorerait la condition que d1 patient sur 2. C du pragmatisme élémentaire.

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  2. Nous n’en savons rien, j’avais une grand mère qui disait qu’elle avait eu la malaria mais sans jamais développer de rechutes, c’était dans les années 20, a t elle eu la malaria ou la grippe espagnole ? je ne sais pas. Mon arrière grand père était infirmier en 14 – 18. Sur la côte d’azur tous les palaces furent transformés en hôpitaux militaires. Sur un des vieux bouquins que j’ai, des années 20, il est donné comme remède à la malaria et à la grippe déjà la nicoline, il est écrit que tous les types de quinine ne se valent pas…La nicoline a tout de même sauvé beaucoup de monde…donc à voir surtout qu’avec les intérêts financiers des labos il est difficile de savoir le vrai du faux sauf à être soit même un spécialiste de ces questions. Je vous prends un exemple le laboratoire Virbac français a mis au point une chimio thérapie pour la leishmaniose du chien, ce traitement coûte environ 200 euros, vous pouvez l’acheter et le faire via un véto en Italie Espagne Suisse et pas en France où il est interdit et où l’état impose de vieux traitements qui marchent mal et douloureux, le labo Virbac pourtant est français… L’état a accepté le vaccin mis au point ensuite par Virbac mais pas le traitement pour détruire le parasite, il faut aller à l’étranger pour y avoir droit !!!!! Donc leur faire confiance ??????????????

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  3. La rigueur scientifique est évidemment ce qui doit prévaloir.
    Aujourd’hui, des études réalisées en Chine et à Marseille (Raoult) et ayant débouché sur des publications semblent montrer que la chloroquine est efficace.
    A confirmer par d’autres études, mais la meilleure étude serait d’en prescrire sans attendre aux malades, sachant qu’on connait et maitrise déjà très bien les éventuels effets indésirables de ce médicament, et sachant qu’il n’existe pas d’autres traitements aujourd’hui.
    Quant à l’échange Trump-Fauci, c’est comme faire parler de mécanique un garagiste avec un champion de scrabble.

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    1. Il faut répéter de nombreuses fois un protcole de tests de médicaments pour estimer l’efficacité d’un médicament.

      C’est la méthode scientifique depuis toujours, or le professeur RAOULT semble l’oublier quand il titre « Coronavirus: fin de partie ! », il n’a même pas commencé les tests sur des malades qu’il dit déjà avoir le remède miracle alors que la chloroquine a été testée essentiellement in vitro en Chine et donc non sur des malades.

      Les essais à Marseille porte sur une cohorte de 24 patients ce qui très très insuffisant pour valider un médicament. Il faut en plus un minimum de pertinence statistique pour valider cela: comment les patients ont été choisi ? age, sexe, co morbidité, …

      Il y a aussi des effets secondaires graves qui ne sont pas forcément supportables par tout le monde, donc si c’est pour sauver uniquement les personnes en bonne santé qui sont capables dans la majorité des cas de survivre sans traitement voire n’auront rien, voire pire aggraver la situation à cause des effets secondaires, est-ce vraiment un remède miracle ?
      Bref tout ça n’est pas si simple, quand on bricole avec 24 patients, c’est franchement limite de dire qu’on va le déployer pour tout le monde.

      Il y a une étude récente qui montre que les poumons sont défoncés avant même que les symptomes apparaissent, quand les gens commencent à tousser c’est déjà trop tard, plus de 50% des poumons sont endommagés, donc on fait quoi ?
      On donne de la chloroquine à 1 milliards de personne pour que le virus ne développe pas du tout ?
      Et en plus le gars tiens des positions bizarres sur d’autres sujets comme le réchauffement lorsqu’il dit que les « prévisions sont fausses ».
      Euh ?
      Ce ne sont pas des prévisions justement !
      Mais des modèles qui projètent des tendances de long terme qui sont malheureusement confirmées et aggravées tous les ans.

      Si on savait prédire le futur en science cela se saurait …depuis le début le gars tient des propos non scientifiques et la médecine n’est pas une science dure sinon on mettrait les patients en équation, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas comprises.

      Tout ça relève beaucoup plus de l’expérimentation et du tatonnement que la maîtrise parfaite des phénomènes sous jacents.

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      1. Sous couvert d’impeccable rationalité, votre longue attaque contre la démarche du professeur Raoult est truffée de biais de langage en contradiction avec le propos de rigueur affiché de votre message.

        Vous dites: « la chloroquine a été testée essentiellement in vitro en Chine et donc non sur des malades ». Exact, mais « essentiellement », cela veut dire qu’il y a bien eu aussi des tests sur des malades.

        Vous dites: « Il y a aussi des effets secondaires graves qui ne sont pas forcément supportables par tout le monde ». Exact, mais vous omettez de dire que la chloroquine est une substance prescrite depuis des décennies dont les effets secondaires sont archi-connus et donc maîtrisés autant que faire se peut.

        Vous dites: « quand on bricole avec 24 patients ». Exact, sauf que vous omettez de dire que les 24 patients sont l’échantillon traité, comparé à des échantillons de patients non traités. La population globale de patients du test (non traités et traités) n’est donc pas 24 patients.

        Vous dites: « Il y a une étude récente qui montre que les poumons sont défoncés avant même que les symptômes apparaissent ». Là, il semble « qu’une étude » suffise à établir une vérité.

        Vous dites: « On donne de la chloroquine à 1 milliards de personne pour que le virus ne développe pas du tout ? ». Au-delà du caractère outrancier de ce chiffre à l’origine inconnue, le professeur Raoult vante les mérite d’un traitement à la chloroquine aussi et surtout car il semble diviser par trois la durée de la maladie (je vous laisse faire le calcul en terme d’impact sanitaire due à la réduction de la propagation épidémique ou d’impact économique du à la limitation du confinement).

        Vous dites: « le gars tiens des positions bizarres sur d’autres sujets comme le réchauffement lorsqu’il dit que les « prévisions sont fausses ». » La vous tentez de décrédibiliser la personne dans son ensemble (il est vrai que les cheveux longs peuvent être un symptôme d’absence de rigueur), en en étant réduit à faire appel à un argument d’autorité, ce qui est finalement le signe de manque d’un confiance dans la validité de votre propre argumentaire.

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