Didactique: Faillite de banque centrale, pour les longues journées de confinement!

Peu de gens vont lire ces textes, je ne me fait pas d’illusion!

La chose monétaire est un mystère et bien peu de gens  ont envie de le percer; ils prefèrent se lamenter et se plaindre plutôt que de se donner les moyens de se défendre contre les agressions du monde extérieur. Mais pour se défendre, il faut d’abord comprendre.

La gestion monétaire actuelle est une agression, un vol pur et simple mais c’est un vol qui n’est pas puni. La monnaie qui tombe du ciel, les liquidites créées contre des créances pourries et de plus en plus pourries constituent  un vol. Un vol qui penalise tous les detenteurs  d emonnaie. Il dilue la valeur, le pouvoir d’achat potentiel  de ce qu’ils croient posséder.

Peut on esperer que ce vol qui bien entendu ira jusqu’à son terme, la destruction de la monnaie, sera puni par la faillite d’une ou plusieurs banques centrales ? C’est peu probable.

Certes techniquement et abstraitement une banque qiue centrale peut se retrouver dans une position de faillite comptable, c’est arrivé à la Banque Nationale de Grèce,  si elle a acheté des actifs pourris et que la valeur de son actif devient inférieure  à celle de son passif , mais  pratiquement cela n’est pas ainsi que cela se passe.

En fait la banque reporte sa mauvaise gestion sur tous ceux qui lui ont fait confiance et la sanction ce n’est pas la faillite mais la perte de confiance:  la chute de la demande pour la monnaie, la préférence pour les biens et les servcies,  la rarefaction de l’offre de biens car on ne veut plus s’en separer,  la hausse accelerée des prix qui est solvabilisée par la Banque centrale, et finalement produit l’engrange de l’hyper inflation.

Lisez ces textes , pendant le confinement, il y a du temps pour le faire.

Vous pouvez aller directement au texte en rouge mais il vaut mieux tout lire.

le second texte est un texte de 2017 de André Boyer. Il est technique , un peu inexact mais l’idée d’analyser la situation européenne avec Target 2 est interessante. Ne serait ce qu’en raison de la situation des pays du Sud! 



Par Siméon Brutskus, enseignant-chercheur intéressé par la théorie et la politique monétaires et au rôle qu’occupent les banques centrales dans la déstabilisation des systèmes financiers.

[Texte d’opinion publié en anglais sur 24hGold]



Une entreprise est insolvable lorsque la valeur de ses actifs (investissements en tout genre) est inférieure à la valeur de ses passifs (dettes et autres engagements à payer). Autrement dit, les propriétaires de l’entreprise ont réduit la valeur de leurs investissements et ne pourront rembourser les dettes contractées par l’entreprise qu’en y apportant des fonds propres supplémentaires. Si un changement de gestion, i.e. un autre mode d’association des actifs, ne paraît pas à même de redresser la valeur de ceux-ci, il est préférable de dissoudre l’entreprise. Les actifs sont alors revendus aux meilleurs offrants tandis que les dettes sont remboursées totalement ou en partie.

Une entreprise est illiquide lorsque la valeur de ses actifs de court terme (sa trésorerie) est inférieure au montant de ses échéances immédiates. Le défaut de paiement qui s’ensuit résulte d’un déséquilibre entre les flux sortants et entrants de trésorerie ; ou, ce qui revient au même, trop d’actifs de long terme font face à trop de passifs de court terme. Si l’entreprise reste capable de générer de la valeur à moyen et à long terme, elle trouvera des créanciers auprès de qui se refinancer dans l’immédiat. Ce refinancement deviendra trop cher, et donc économiquement non rentable, si les créanciers pensent que l’entreprise n’est pas viable à long terme.

Voilà donc que les deux problèmes d’illiquidité et d’insolvabilité sont intimement liés. Une situation d’illiquidité définitive résulte du refus d’investisseurs potentiels de miser leurs fonds car ils anticipent une insolvabilité proche. Le défaut de paiement est alors un signe avant-coureur qu’il faut précipiter la dissolution de l’entreprise afin d’éviter des pertes futures. La faillite apparaît alors comme salutaire car, en désintégrant l’entreprise, elle permet d’éviter des pertes plus importantes encore. Elle se révèle posséder une fonction économique bien définie : minimiser les pertes liées aux mauvais investissements, en assurant le transfert des actifs concernés vers des entrepreneurs mieux avisés.

Il résulte de tout cela que la faillite, en tant que phénomène économique, ne peut se produire que si un ensemble de conditions sont réunies.

Primo, le calcul économique doit être possible. Cela signifie que les facteurs de production sont soumis au régime de la propriété privée, et non pas à celui de la propriété collective, et qu’un intermédiaire des échanges, c’est-à-dire une monnaie, est utilisé dans l’économie. Seules ces deux conditions permettent d’établir et de comparer des prix monétaires pour les différents actifs et passifs et de donner un sens aux notions de perte et de gain.

Secundo, le gouvernement ne doit accorder aucun privilège légal qui aurait pour résultat d’abriter l’entreprise du verdict impartial du gain et de la perte monétaires.

Force est de reconnaître qu’aucune de ces deux conditions n’est réunie en ce qui concerne l’activité des banques centrales.

Il est vrai que les banques centrales opèrent le plus souvent dans un monde monétaire de propriété privée. Néanmoins, leur propre fonctionnement n’est pas soumis aux contraintes qu’impose la propriété privée. Le processus de production de la monnaie-papier à cours légal ne nécessite pas la levée de fonds propres ou empruntés qui seuls permettraient d’acquérir des facteurs de production dont l’association aboutirait, de manière plus ou moins longue et pénible, à la production de billets d’euros ou de dollars. Tout se passe à rebours.

La production de la monnaie-papier est totalement indépendante des propriétaires des facteurs de production et se fait par le biais d’émissions de monnaie qui ne coûtent rien. Une fois émise, la monnaie est introduite dans le circuit économique par un échange contre actifs financiers.

Voilà ce qui explique la coutume de représenter les activités des banques centrales par un bilan. Seulement, ce bilan n’est pas de même nature que le bilan d’une entreprise soumise à la discipline du marché. Pour une banque centrale, son « bilan » indique le montant de monnaie émise et le type d’actifs financiers qui ont été achetés en premier avec cette monnaie. Il ne s’agit en aucun cas d’une appréciation marchande de la valeur de l’activité économique conduite par la banque centrale.

En outre, et dans la mesure où une banque centrale aurait contracté des dettes ou aurait fait des promesses de remboursement dans la monnaie qu’elle-même émet, aucun problème d’illiquidité ne pourrait jamais survenir. Le remboursement de ses dettes et engagements n’est pas conditionné par sa capacité de générer un flux entrant de trésorerie grâce à un emploi judicieux de ses actifs. La banque centrale peut toujours rembourser ses propres dettes, voire même celles de parfaits inconnus, par simple émission de monnaie nouvelle. Il s’agit là d’une conséquence du privilège de cours légal accordé à la monnaie-papier produite par une banque centrale.

Par conséquent, et d’un point de vue économique, une banque centrale ne peut pas faire faillite. En revanche, d’un point de vue strictement comptable, une banque centrale pourrait se retrouver insolvable.

 L’insolvabilité comptable dont il est question ici consiste en une érosion de la valeur des actifs détenus par une banque centrale au-delà du montant de ses capitaux propres. C’est une situation plausible de nos jours en ce qui concerne certaines banques centrales de la zone euro, notamment celles de la périphérie (Grèce, Portugal, Irlande, voire même Italie et Espagne).

Cette érosion de la valeur des actifs de la Banque centrale peut être due à un ensemble de facteurs. D’une part, les banques commerciales qui ont bénéficié d’un refinancement par le prêteur un dernier ressort pourraient se retrouver insolvables et donc incapables de rembourser ces actifs qui dès lors pourraient perdre tout ou partie de leur valeur. Dans ce cas de figure, et du fait même de leur insolvabilité, un n-ième refinancement leur serait refusé, et la banque centrale récupérerait, en tout et pour tout, la valeur de la garantie donnée par la banque commerciale. Seulement, la valeur marchande du titre financier qui a garanti ce prêt pourrait elle-même se trouver fort dépréciée, de sorte que des pertes comptables apparaîtraient au bilan de la banque centrale.

Un deuxième facteur, dont la puissance a été temporairement atténuée par les deux opérations de refinancement de très long terme, est la dépréciation des actifs marchands, c’est-à-dire les obligations d’État et privées en euros ou en devises étrangères, que la banque centrale détient directement. En principe, des provisions pour dépréciation doivent être constituées régulièrement, et il n’est pas exclu que la valeur cumulée de ces provisions dépasse le capital propre de la banque centrale.

Somme toute, en refinançant les agents économiques (banques, États, entreprises d’assurance, etc.), et donc en créant de la monnaie, les banques centrales acquièrent des actifs sur ceux-là et s’exposent au risque de dépréciation de ces actifs. La source concrète de ce risque importe peu et varie selon le cas historique particulier (risque de crédit, de taux ou de change). Ce qui importe, c’est que le capital d’une banque centrale peut se révéler insuffisant pour parier des pertes comptables sur la valeur de ses actifs.

Ce qu’il nous faut analyser maintenant, c’est précisément cela. Dans quelle mesure une telle éventualité, si elle arrivait à se produire dans un pays de la zone euro ou ailleurs, aurait-elle une incidence réelle quelconque ?

Nous soutenons qu’une telle insolvabilité comptable d’une banque centrale serait sans incidence sur la banque centrale elle-même, mais qu’elle importerait énormément du point de vue de la société.

La considération majeure qu’il faut rappeler, et qui reste bien trop ignorée dans les débats, est qu’une banque centrale n’a pas à réaliser ses actifs pour rembourser ses passifs. Ceci implique deux choses.

Primo, la notion de valeur marchande perd tout son sens pour un actif détenu par une banque centrale. En effet, si elle n’a pas à vendre ses actifs pour rembourser ses passifs, en quoi une banque centrale serait-elle concernée par la valeur marchande de ses actifs ? Quelle que soit leur valeur, elle est de fait toujours satisfaisante pour qui n’en a pas besoin, et tel est bien le cas d’une banque centrale.

Secundo, une banque centrale n’a pas à rembourser ses passifs. Lorsqu’un individu lui présente des billets pour remboursement, ou lorsqu’une banque commerciale désire retirer ses fonds, les paiements s’effectuent toujours dans cette même monnaie dont on demande le remboursement. La monnaie-papier inconvertible a précisément cela d’extraordinaire que son émetteur ne peut jamais se retrouver dans la difficulté de la rembourser, car tout simplement elle ne se rembourse en rien d’autre qu’elle-même.

Il s’ensuit que l’insolvabilité comptable, bien que plausible et peut-être bientôt réelle en zone euro, n’implique pas en soi une faillite économique de la banque centrale. Pour celle-ci, elle reste un problème comptable qui peut être résolu par des subterfuges également comptables. Par exemple, et non sans tort comme nous venons de le voir, une banque centrale peut suspendre l’évaluation de ses actifs selon leur valeur de marché. Elle pourrait y substituer la notion plus ou moins arbitraire, et donc plus ou moins accommodante, de valeur économique de long-terme. Elle pourrait aussi chercher une dérogation à la règle d’opérer avec des capitaux propres positifs. Enfin, des schémas de recapitalisation pourraient être mis en place, selon lesquelles la banque centrale échangerait ses propres actions contre des titres de dette.

Seulement, si le trou comptable peut être facilement rebouché, il n’est pas vrai qu’il n’a aucun impact économique sur la société. L’origine de ce trou, si jamais il est révélé, tient à ce que la banque centrale a déjà distribué des cadeaux sous la forme d’achats d’actifs au-delà de ce que des acheteurs potentiels auraient payé sur un marché non entravé. Comme ces cadeaux ont déjà impliqué une hausse de la masse monétaire, ils sont de fait payés par les détenteurs d’encaisses monétaires dont le pouvoir d’achat, c’est-à-dire le nombre et la qualité de biens et services qu’elles peuvent acheter, diminue.

L’érosion comptable des capitaux propres d’une banque centrale est donc supportée économiquement par les utilisateurs mêmes de la monnaie. C’est le degré de compréhension de ce fait et son acceptation ou non par la population qui déterminent la longévité d’une banque centrale.

Épilogue

Une monnaie continue à être détenue et utilisée dans les transactions uniquement dans la mesure où les individus anticipent pouvoir l’échanger contre d’autres biens et services à l’avenir. Cette anticipation, aussi subjective soit-elle, se nourrit de facteurs objectifs, tels l’attitude observée des autres participants au marché ainsi que la stabilité du pouvoir d’achat de la monnaie. Si, par exemple, les prix monétaires se mettaient à grimper contre toute attente, les anticipations quant à la capacité de la monnaie de garder le pouvoir d’achat de l’épargne individuelle seront revues. Une baisse de la demande de monnaie s’ensuivrait, laquelle impliquerait de fait une demande accrue d’autres biens et services, et donc une hausse effective des prix monétaires.

C’est bien ce comportement individuel en matière de demande de monnaie qui explique tant la genèse que la mort des monnaies, et donc par extension de leurs producteurs. Dans le monde moderne des monnaies-papiers, une banque centrale peut être mise à mal si la demande pour sa monnaie (euro, dollar, yen) venait à diminuer sensiblement jusqu’à disparaître. La hausse des prix monétaires qui s’ensuivrait nourrirait des anticipations de baisse future du pouvoir d’achat, ce qui inciterait les individus à détenir encore moins de monnaie.

Il n’est pas rare que cette situation qui, à cause du refus d’utiliser la monnaie, donne l’illusion d’une rareté de celle-ci pousse la banque centrale à injecter encore plus de monnaie, soi-disant pour pallier l’insuffisance d’encaisses. Le processus accéléré de détérioration du pouvoir d’achat de la monnaie, qu’on appelle encore hyperinflation, résulte alors en une annihilation pure et simple de la valeur de la monnaie. D’un point de vue économique, la banque centrale a fait faillite.

Certains arrangements monétaires différents de celui décrit dans notre série d’article, tels la convertibilité en une monnaie marchandise (l’étalon-or par exemple), présentent l’avantage d’envoyer des signes annonciateurs de détérioration du pouvoir d’achat de la monnaie en question qui permettent alors d’éviter la faillite définitive d’une banque émettrice.

Ainsi, la baisse de la demande de signes monétaires (à savoir les billets convertibles dans la marchandise choisie comme monnaie), surtout grâce à des spéculateurs entreprenants et avisés, se traduit alors par une perte de réserves en monnaie-marchandise. Cela rend bien plus difficile le maintien de la convertibilité, et oblige la banque centrale émettrice à adopter une politique conservatrice, dans la mesure où elle souhaiterait ne pas dévaluer ses émissions. Le risque de dévaluation, et la perte de réputation qu’il impliquerait, agit alors comme un facteur responsabilisant. Ce mécanisme est cependant absent du monde moderne de monnaies-papiers inconvertibles.

La faillite d’une banque centrale moderne apparaît in fine comme tout à fait possible, non pas à cause de l’inconvertibilité de la monnaie-papier, mais à cause du comportement que les utilisateurs de la monnaie pourraient adopter. À son tour, ce comportement est intimement lié à la politique suivie par la banque centrale, notamment en matière de création monétaire. Plus une banque centrale est expansionniste, plus elle s’expose au risque de faillite car elle nourrit la réticence des individus à utiliser sa monnaie.

Au fond, ce sont donc les fausses théories économiques lesquelles, en faisant croire à un lien causal entre création monétaire et richesse, justifieraient les politiques monétaires expansionnistes, qui expliquent la possible faillite des banques centrales. Il s’agit là d’une conclusion, somme toute, positive car elle suggère que des institutions incapables d’atteindre l’objectif qui leur a été assigné (dans le cas d’une banque centrale, le maintien du pouvoir d’achat de la monnaie) finissent par disparaître d’elles-mêmes.

Par Siméon Brutskus, enseignant-chercheur intéressé par la théorie et la politique monétaires et au rôle qu’occupent les banques centrales dans la déstabilisation des systèmes financiers. [Texte d’opinion publié en anglais sur 24hGold]

 

L’acronyme « Target 2 » se réfère à un système de compensation des flux financiers entre pays européens, par l’intermédiaire de l’ajustement des comptes des Banques Centrales nationales de la BCE.

En pratique, les flux de capitaux sont actuellement à sens unique: en empochant un bénéfice, les investisseurs privés vendent à la BCE les obligations italiennes ou portugaises qu’ils possèdent, avant de redéployer le produit de la vente dans des fonds mutuels en Allemagne ou au Luxembourg.

À ce jour, la Banque Centrale italienne doit une somme record de 364 milliards d’euros à la BCE, soit 22 % du PIB italien, un montant qui ne cesse de s’accroitre. En ce qui concerne l’Espagne, les dettes Target 2 de l’Espagne s’élèvent à 328 milliards de dollars, soit 30 % de son PIB, tandis que celles du Portugal et de la Grèce sont de 72 milliards chacune. En face, la Bundesbank a accumulé des crédits Target 2 pour 796 milliards d’euros et le Luxembourg pour 187 milliards, ce qui représente 350 % de son PIB.

Longtemps, la BCE a affirmé que ces déséquilibres Target 2 n’avaient aucune importance dans la mesure où l’union monétaire se perpétuait. Mais le transfert des capitaux en euros des pays du Sud vers le Nord de l’Europe a une signification, celle de la défiance. La même raison explique les différences de taux d’intérêt, avec des taux négatifs de 0,92 % pour les obligations allemandes à deux ans, bien au-dessous des taux d’intérêt des obligations des pays du sud de la zone euro.

Ce mouvement de transfert des dettes du sud au nord de la zone euro n’a été décidé par aucun gouvernement ni aucun parlement, car il ne constitue  que l’effet secondaire du QE (Quantitative Easing) de la BCE.

Le terme de Quantitative Easing, ou d’Assouplissement Quantitatif, désigne un type de politique monétaire dit « non conventionnel » consistant pour une banque centrale à racheter massivement des titres de dettes aux acteurs financiers, notamment des obligations d’entreprise. Cette opération vise à accroître la quantité de monnaie en circulation pour relancer l’économie. Elle a pour effet de gonfler le bilan de la banque centrale et de mettre en danger sa solvabilité si les titres achetés ne sont pas de bonne qualité.

Si une fronde politique déclenchait une crise existentielle de l’euro, les citoyens des pays créditeurs comme des pays débiteurs de la zone euro découvriraient avec effroi les conséquences de ce transfert. On peut supposer qu’il y aurait un nouveau transfert massif de capitaux avant le moment fatidique, poussant les déséquilibres Target 2 de un à un et demi de trillion d’Euros. Selon les experts financiers, la BCE devrait alors, afin de se protéger, couper le robinet à des banques centrales devenues irrémédiablement insolvables.

La réaction en chaîne commencerait par un défaut d’une Banque Centrale du sud du bloc euro envers la BCE, qui en retour aurait du mal à assumer ses obligations Target 2 envers le nord du bloc. De plus, les Banques Centrales d’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg perdraient une partie de leurs crédits Target 2 tout en devant légalement rembourser les établissements financiers de leur juridiction.

Le cas le plus spectaculaire serait celui de la Banque Centrale du Luxembourg qui devrait subitement rembourser 350 % de son PIB à des créations privés.

Que l’édifice de l’union économique et monétaire européenne soit bâti sur du sable n’avait aucune importance tant que le projet donnait l’impression d’être insubmersible. Mais dés lors que le doute s’installe, les risques deviennent visibles et du coup tangibles.

Ainsi le transfert du risque privé au secteur public fait courir à la Banque Centrale italienne le risque de la faillite si l’euro se désintègre ou si l’Italie se fait bouter hors de l’union monétaire. Pour que tout soit clair, Mario Draghi a lui-même écrit en janvier 2017 une lettre aux députés européens italiens, les avertissant que la dette devra être « remboursée totalement » si l’Italie sortait de l’euro et restaurait la lire.

La perspective est dés lors la suivante : soit la fin de l’euro redevient une perspective fantaisiste et les capitaux quitteront l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas pour revenir en Grèce, au Portugal, en Espagne ou en Italie attirés par des taux d’intérêts plus élevés, soit la perspective de la fin de l’Euro reste crédible et le mouvement de capitaux du sud vers le nord de la zone euro se poursuivra.

 

 

En d’autres termes, le mécanisme de l’Euro a accru les distorsions financières entre les pays qui composent la zone euro, tandis que leurs économies divergeaient comme le montre leur commerce extérieur, fortement excédentaire pour les uns et tout aussi nettement déficitaires pour les autres.

La suite de l’histoire est évidente.

Une réflexion sur “Didactique: Faillite de banque centrale, pour les longues journées de confinement!

  1. Les banques centrales ne peuvent plus faire grand chose.Il y a quelques années,l’ANPE organisait des stages de travail en réunion,travail fictif pour réhabituer les chomeurs au monde de l’entreprise.C’est ce que font les BC depuis quelques années en renflouant les entreprises virtuelles ou celles qui n’ont plus assez de clients pour subsister,des hamsters qui pédalent dans le vide grace au crédit.Nos dirigeants européens ne soupçonnent pas les dégats actuels,en témoignent leurs décisions indigentes.

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