Editorial. Dorénavant ce ne sera plus jamais comme avant … non ce sera pire!

Ce ne sera plus jamais comme avant!
Combien de fois n’entend-on pas répéter cette affirmation. C’est une affirmation d’évidence, ce n’est ni une analyse ni une prévision.
L’expérience contredit cette croyance au changement, il suffit de se référer à ce qui s’est passé en 2008, non seulement rien n’a changé au niveau de ce que le public perçoit, mais toutes les erreurs ont été réproduites au centuple.
C’est parce ques les choses sont sur-déterminées, par les situations réelles, materielles, structurelles, pas par la volonté et encore moins par les discours des hommes.
La situation du système dicte les choix et les impose à l’insu même des volontés et des consciences, les choses paraissent couler de source. Macron n’existe pas, c’est un ectoplasme qui n’incarne que la tentative narcissique du fils qui essaie de sauver le système du père idéal qu’il n’a pas eu: Rothschild.
Vous connaissez ma thèse de travail: les hommes sont agis, ils n’agissent pas. Ils sont agis par les forces matérielles qui travaillent le système, comme ils sont agis  par leur inconscient, mais le discours qu’ils tiennent sur le monde est un discours d’impuissance et de jouissance, pas un discours d’action, encore moins de praxis.
Les hommes, même et surtout ceux qui croient le diriger, sont des tenants-lieux, des gestionnaires, des grands prêtres d’un système qui leur échappe et ici,  j’y insiste ils sont les gestionnaires d’un système capitaliste devenu pervers, d’un système qui s’entropise, perverti par la dette et la fausse monnaie. Tout le reste est du baratin.
Lors de la crise de surendettement, on a paré au plus pressé et on a augmenté la masse de  dettes et c’est tout. On a fait « plus » de tout ce qui avait conduit à la crise.
On n’a pas eu le choix. Il aurait fallu une intelligence supérieure, quasi divine pour proposer un autre choix; celui de la destruction de toutes les fausses valeurs!
Ce choix n’a bien sur pas été fait et au contraire on s’est enfoncé dans le choix Faustien de l’Empereur, la disjonction des signes et du réel, dans la séparation de l’âme et du corps et dans le creusement du trou qui va nous engloutir.
Comme on dit, pour manger avec le diable, avec Méphisto, il faut une grande, une très grande cuiller. 
On a tenté quelques réformes proposées par des gens du passé comme Volcker, et on s’est aperçu que l’on ne pouvait pas faire grand chose, ces derniers jours on a même annulé les réformes post 2010.
C’est le système qui commande, avec sa tyrannie du fétiche de la monnaie, sa dictature de la dette, sa logique interne, non-sue, cachée et même mystifiante.
Jamais le système ne se donne pour ce qu’il est, il est comme le Diable, il prend des apparences trompeuses. Par exemple il se donne pour libéral! Il laisse aux hommes l’illusion de le commander; ils se croient Prométhée, les pôvres! 
Le système pourtant évolue pour se survivre et tenter de se reproduire c’est une vraie évidence; par exemple la globalisation régresse, le frottement dans les échanges mondiaux est de plus en plus sensible, certains pays se protègent, on commence à revenir en arrière sur la libre circulation des capitaux. Bientot on va faire semblant de réduire les inégalités car le besoin s’en fait sentir au niveau de la cohésion sociale.
Le système ne l’oubliez jamais est prêt à tout pour se survivre. Il est prêt a tout, y compris à se contredire pour survivre et se reproduire à l’essentiel : l’essentiel c’est maintenir son ordre, sa structure de pouvoir et son lien avec le Capital avec l’Accumulation. Tout le reste est « négociable ». Le système pour sauver son élite est même prêt à donner des otages et de plus en plus d’otages, des fusibles, comme les classes moyennes par exemple.
Il y a de vraies  tendances, lourdes de long terme et elles vont continuer leur concrétisation; tout ce qui est en germe va advenir. En particulier la régression de la fonction d’allocation des marchés, la montée de l’étatisme, les libertés individuelles,  la liberté de penser et de s’auto-déterminer …
Rédigé par
Bruno Bertez
10 avril 2020

La crise était « impossible à prévoir », ont dit les autorités – histoire de soigneusement dissimuler leur impréparation. Et maintenant, elles se préparent à remettre le statu quo en place.

Les retards dans les tests et les verrouillages/confinements ont été coûteux en Europe ; l’Italie, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni en payent un prix élevé.

Certains pays d’Asie de l’est ont beaucoup mieux réagi. La Corée du Sud, Singapour et Hong Kong semblent avoir contrôlé la propagation de la maladie grâce à une combinaison de tests, de recherches et de politiques de quarantaine strictes.

Des contrastes intéressants sont également apparus au sein des pays.

Dans le nord de l’Italie, la Vénétie a fait beaucoup mieux que la Lombardie voisine, en grande partie grâce à des tests plus complets et à l’imposition plus tôt de restrictions de voyage.

Pour l’essentiel, la crise s’est déroulée d’une manière quasi-conforme aux modèles. Comme nous l’affirmions hier, elle aurait pu être anticipée.

Autres pays, autres dirigeants

L’approche incompétente, maladroite de Macron n’a eu d’égale que celle de Trump. Certainement pour les mêmes raisons : le narcissisme, la surévaluation personnelle et l’autoritarisme sans partage. Ce n’est pas un hasard si on retrouve dans le même groupe des incompétents Jair Bolsonaro, au Brésil.

Tous ont minimisé les risques.

A l’inverse, il n’est pas surprenant que les gouvernements aient réagi plus rapidement et plus efficacement là où ils jouissent encore d’une confiance importante du public, comme en Corée du Sud, à Singapour et à Taïwan.

La réponse de la Chine a été typiquement chinoise : suppression des informations sur la prévalence du virus, degré élevé de contrôle social et mobilisation massive de ressources une fois que la menace est devenue claire.

Mon sentiment est que chaque pays a réagi à la fois en fonction de ses particularités propres et en fonction de la personnalité de son dirigeant.

Je soutiens même qu’à l’exception de Boris Johnson, qui a fait amende honorable raisonnable, chacun s’est comporté comme la caricature de lui-même.

Trump continue de mentir et de se vanter, Macron continue de raconter n’importe quoi avec aplomb sans avoir la moindre gêne face à ses contradictions et reniements et Merkel a mis le paquet égoïste au service de son pays – tout en envoyant balader les mendiants perpétuels des pays du sud.

N’attendez pas de changements

Il n’y aura que très peu de changements fondamentaux car les conditions du changement ne sont nulle part réunies.

Il ne faut pas confondre les paroles verbales avec les forces susceptibles de modifier les équilibres.

Les changements, ce ne sont pas dans les paroles qu’ils prennent corps, non : c’est dans les conditions matérielles qui les rendent possibles.

Nous allons assister à de gigantesques hommages du vice à la vertu, sans traduction en actions concrètes. Tout va se jouer au niveau de la cosmétique et de la communication.

Le plus net, c’est en France où Macron a choisi de poursuivre envers et contre tout sa politique d’austérité et son rééquilibrage des ressources en faveur des entreprises et au détriment des ménages/populations. Ce n’est pas un hasard si le Patronat et les ministres font déja campagne pour faitre travailler gratuitement les salariés- jeu sur les congés- lors de la reprise. Macron n’a qu’un seul vrai souci: ne pas remettre en question les résultats de la politique de restauration de la profitabilité qu’il a entreprise.

Il n’y a pas émergence de leaders crédibles, de force politique charismatique. Il n’y a pas de changement dans les rapports de force sociaux ou politiques.

Surtout, les banques centrales, seules véritables maîtresses du jeu, entérinent le statu quo avec leur politique d’arrosage dont on voit bien que son seul but est de préserver l’ordre existant, fut-il de plus en plus intenable.

Pour résumer, les forces de rappel à l’identique vont jouer – comme ce fut le cas après la crise de 2009 et après la récession d’alors.

Rien appris, rien compris, rien remis en cause

On traitera tout cela comme un choc exogène : la faute à pas de chance !

Les deux crises actuelles vont engendrer leur propre « biais de confirmation ». Nous allons en faire encore plus dans l’inflationnisme, la délitation monétaire, la répression financière et les inégalités.

Nous verrons probablement dans la débâcle du Covid-19 une confirmation de la nécessité de contrôler les peuples, de réduire leurs libertés… et surtout de les taxer.

L’excuse sera le renforcement des budgets de quelques services publics.

La vision du monde imposée par les élites ne sera pas remise en cause, au contraire. Elles auront le culot de dire que si nous avons eu des problèmes, c’est parce que nous ne les avons pas suffisamment écoutées.

Voyez ce que fait Macron avec l’aide de sa police et de ses médias : tout est de votre faute.

Ceux qui veulent plus de services publics auront de nombreuses raisons de penser que la crise justifie leur croyance et ils réclameront des subsides. Ils auront quelques miettes.

Ceux qui veulent plus de gouvernance mondiale feront valoir qu’un régime international de santé publique plus fort aurait pu réduire les coûts de la pandémie.

On va aplatir la courbe du virus… qui de toute façon se serait aplatie toute seule !

En revanche, il y a une courbe qui ne s’aplatira plus – et c’est elle qui commande tout : la courbe de la dette.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

S’INSCRIRE
 J’accepte de recevoir une sélection exclusive d’offres de la part de partenaires de La Chronique Agora
*En cliquant sur le bouton ci-dessus, j’accepte que mon e-mail saisi soit utilisé, traité et exploité pour que je reçoive la newsletter gratuite de La Chronique Agora et mon Guide Spécial.A tout moment, vous pourrez vous désinscrire de de La Chronique Agora.

Voir notre Politique de confidentialité.

Une réflexion sur “Editorial. Dorénavant ce ne sera plus jamais comme avant … non ce sera pire!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s