Editorial. La vraie coupure, le vrai clivage du monde se situe là: entre ceux qui ont encore accés à la réalité, et ceux qui n’y ont plus accés et qui sont totalement aliénés.

Ceci n’est pas vraiment un texte financier, la finance n’est qu’un prétexte.

On est bien comme je le dis passé de l’autre coté de la ligne de démarcation entre le rêve et la réalité, on est entré chez Méphisto et on s’y plait.

Notre période se définit comme un gigantesque « je n’en veux rien savoir de la mort, des limites, de la rareté et de la finitude humaine ».

La vraie coupure, le vrai clivage du monde se situe là: entre ceux qui ont encore accés à la réalité, et ceux qui n’y ont plus accés et qui sont totalement aliénés.


Les marchés restent enfermés dans leur logique. C’est un univers imaginaire déconnecté du monde réel sauf dans l’aspect « nouvelles ».

On joue, on répond aux nouvelles ou aux rumeurs, ce qui est bien le signe d’un marché qui fonctionne dans l’imaginaire. Cet imaginaire lutte contre l’entropie grace aux injections d’énergie monétaire venue du ciel ou plutot des banques centrales.

Ce sont les « digits » qui fournissent l’énergie et les nouvelles ou rumeurs qui fournissent les prétextes.

Bien entendu comme en toute matière le monde est divisé en deux camps, ceux qui sont « pour » et qui en bénéficient et ceux qui sont « contre » et qui le dénoncent.

L’imaginaire fait partie du monde voila ce que nous vous conseillons d’admettre et si vous ne l’admettez pas, comme les Cassandre, vous allez être exclus.

Il ne suffit pas de constater les dysfonctionnements en regard de la logique et de la raison, non il faut comprndre comment on dysfonctionne, pourquoi et qu’elles en sont les conséquences voulues et non voulues.

Ici ce que l’on sait c’est que tous les artifices monétaires accroissent la nécessité future de destruction, mais pas plus. Personne ne peut deviner quand cette nécessité se manifestra et surtout quand les autorités seront , cette fois , démunies, dans l’incapacité d’y faire face.

Beaucoup de gens fondamentalistes refusent d’habiter l’imaginaire qui a été tracé pour eux, ils se bornent à dénoncer ce qui se passe et je persiste à considérer que ce n’est ni scientifique ni rationnel. Ce n’est pas  parce qu’une chose vous déplait ou bien qu’elle est absurde qu’elle ne fait pas partie du monde: il faut le reconnaitre et l »accepter et ensuite,  selon son temperament on y participe ou on refuse de participer.

Tout ceci pour vous dire que le « tout en bulle », c’est dire le « tout en imaginaire » fonctionne bien , ses mécanismes sont bien huilés avec les fourneaux d’alimentation, les processus de stimulation, les mentalités, les discours,  et les théories qui justifient le tout.

Le monde est un tout, le positif est indissociable du négatif, un arbre a toujours deux branches disent les hindous. L’intelligence, la vraie consiste à embrasser ce monde dans sa totalité, à le découper pour voir ce qu’il y a en dessous, ce  qui est caché. Et ici ce qui est caché, c’est la logique de survie de ce monde, sa volonté forcenée, coûte que coûte de durer encore un peu, fut-ce au prix d’un coût à venir colossal. Il s’agit d’une nouvelle tentative  de se prolonger au mépris de la prise en compte des destructions futures. On s’enfonce sur le chemin sans retour de la Grande Aventure, grisé que l’on est par l’illusion qu’un jour un miracle se produira.

Je vous ai expliqué que nous sommes dans une nouvelle phase.

D’abord chute de plus de 20% des marchés; puis ensuite correction en vertu de l’élastique de rappel technique, puis enfin attentisme.

L’attentisme se résout positivement c’est à dire qu’il se résout vers la hausse; les investisseurs si on ose les appeler ainsi sont maintenant capables de se projeter au dela du présent et de consruire un horizon . Dans cet horizon , ils voient grace à leurs lunettes, tout en rose, reprise rapide, en « V », maintien des dopages, peu de destructions et ensuite à nouveau un scénario à la en goldielock. Pourquoi pas? Cela a bien marché N fois , cela peut bien  marcher N+1 fois n’est ce pas? La philosophie qui domine c’est le marginalisme, la dérivabilité, la linéarité et elle est utile puisqu’elle permet de gagner de l’argent.

Dans ces conditions rien ne s’oppose que l’on reparte pour un beau round de hausse:

-l’argent est là,

-les perspectives sont là et

-la volonté unanime des gouvernements  des banquiers  est que tout soit regonflé.

Personne ne creuse, personne ne se projette dans le long terme : cela ferait douter et cela paralyserait. Le grand secret de nos systèmes c’est la négation de la dialectique et la positivation comme idéologie.

On accepte que la positivation soit fausse , injustifiée, on sait même qu’elle est inadaptée à la compréhension du monde, mais on sait aussi que les peuples ont la mémoire courte et qu’ils se nourrissent d’évidences; la vérité ils n’en veulent rien savoir. La vérité, cela fait trop mal.

Je ne vois plus d’analyses sérieuses de la situation dans laquelle nous nous trouvons , ceux qui avaient ténté d’en faire ont été submergés, emportés par le tsunami idéologique .

Le monde a effacé ses traces en marchant, personne ne regarde le chemin parcouru depuis les années 90;  personne n’essaie de mettre à jour les articulations organiques de notre désastre. Tout se passe comme si l’utilitarisme binaire  avait provoqué une amnésie collective. Nous avons en quelque sorte perdu une dimension, celle de l’épaisseur des choses .

La décennie des années 80 a vu la mise en place de tous les éléments nécessaires à la financiarisation, théories, institutions, produits, outils, propagande.

La décennie des années 90 a commencé par une grave crise bancaire, conséquence inévitable de la bulle des années quatre-vingt. L’économie étant en profonde récession, la Fed de Greenspan a abaissé les taux et manipulé la courbe des taux, recapitalisant subrepticement le système bancaire tout en favorisant la création de crédits non bancaires .

C’est à cette époque que l’on a commis l »erreur impardonable de sortir le crédit des banques et de le mettre sur les marchés, de le disséminer pour en produire plus avec moins de capital .

Cette vague d’innovations financières a permis de  financer d’énormes déficits des comptes courants, des excès spéculatifs et elle a alimenté la  désindustrialisation des États-Unis et leur surconsommation. Elle a favorisé la globalisation du monde  et sa financiarisation.

Le crédit n’est pas inoffensif et il est encore moins neutre comme le croient les idiots du type Bernanke. Le crédit tue l’épargne, il rend l’investissement pervers, il alimente les spéculations et les emplois de gaspillage, il s’attaque en profondeur à  la structure économique. Il détruit les fondements de nos sociétés.

La manipulation des taux d’intérêt rend peu à peu toute prévision économique rationnelle impossible, elle impose des arbitrages dans le temps qui sont absurdes, elle produit, avec le temps, un système de prix et de préférences relatives faux.

C’est une de mes thèses les plus importantes, nos système de prix dans l’absolu et dans le relatif sont faux comme ceux de l’URSS d’alors et de la Chine maintenant.

Le prix relatif du capital et du travail ce prix qui est essentiel dans l’équilibre du système est bouleversé. Tout comme la répartition des valeurs ajoutées et des surplus. La dette provoque l’accumulation de capital fictif en vertu du principe que les dettes des uns constituent les créances c’est à dire le capital  des autres. L’accumulation de capital productif est phagocitée/noyée/polluée  par l’accumulation de capital fictif, de poids mort. Ainsi surgit  la nécessité de surexploiter la main d’ oeuvre et de  réduire puis détruire les biens communs et les services publics pour rentabiliser tout ce capital.

Des idées  dangereuses ont pris racine dans les cercles politiques et les médias. Les normes de la gestion orthodoxe traditionnelle sont jetées à la poubelle.

-Les déficits n’ont pas d’importance du moment qu’il y a des imbéciles pour les financer.

-La taille des bilans des banques centrales n’a pas d’importance tant que les crétins de citoyens acceptent les monnaies de singe.

-Ce que les banques centrales achètent et mettent à l’actif de leur bilan n’a pas d’importance, même si c’est de la pourriture.

-Les états ne peuvent pas faire faillite tant qu’ils ont le pouvoir de créer de la fausse monnaie.

-La hausse des bourses est une création de valeur tout aussi réelle que la production de biens et  de services.

-Finalement et en résumé: l’argent n’a pas d’importance puisque l’on peut en créer à volonté  par un click sur un clavier.

On est bien comme je le dis passé de l’autre coté de la ligne de démarcation entre le rêve et la réalité, on est entré chez Méphisto et on s’y plait. Nous sommes tous l’Empereur de Faust.

Notre période se définit comme un gigantesque « je n’en veux rien savoir de la mort, des limites, de la rareté et de la finitude humaine ».

On peut par conséquence « accepter » les catastrophes on sait les rejeter hors de l’analyse; les catastrophes c’est toujours la faute aux autres. Jamais de notre faute, jamais de nos mauvais choix. Par exemple c’est la faute aux Chinois comme le disent Trump et Macron à propos du virus!

Ceux qui persistent à rester comme on dit « fondamentalistes », restent sur la touche, ils voient les trains passer sans monter dedans. Ils s’aigrissent de plus en plus.

La vraie coupure, le vrai clivage du monde se situe là: entre ceux qui ont encore accés à la réalité, et ceux qui n’y ont plus accés et qui sont totalement aliénés.

J’en profite pour vous rappeler clairement ma position::

il n’est pas question d’investir, l’investissement en tant qu’activité rationnelle n’est plus possible.

  • il est toujours possible de spéculer si on a des ressources excédentaires et que l’on sent monter les animal spirits. Les risques sont réduits par le PUT, par la certitude maintes fois confirmée que les autorités ne peuvent plus laisser tomber et tolérer la moindre chute
  • à long terme la spéculation sera ruinée, c’est la fonction des marchés que de ruiner le maximum de gens
  • ceux qui se sont mis au parking ne gagneront pas grand chose en réel, mais ils ne perdont pas tout. Dans un monde qui s’appauvrit en réel il n’est pas possible de s’enrichir sauf si on est un génie ou un tricheur. 
  • celui qui fait oeuvre utile pour sa communauté c’est celui qui préserve ses ressources et celle de son groupe et s’abstient de jouer et de succomber aux reflets scintillants du miroir aux alouettes.

 

 

2 réflexions sur “Editorial. La vraie coupure, le vrai clivage du monde se situe là: entre ceux qui ont encore accés à la réalité, et ceux qui n’y ont plus accés et qui sont totalement aliénés.

  1. Bonjour Mr Bertez,

    Est il trop tard pour  » investir  »  » thésauriser  » de l’or, je veux dire avantageusement.
    Je n’ai rien de ce métal brillant, avant cette crise j’ai toujours remis à plus tard son achat…

    Ai je raté le coche ?

    Vous souhaitant que du bon, cordialement

    Saad

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