Le taux d’insatisfaits sur la façon dont « le gouvernement gère la crise » est passé de 46 % à 58 % en un mois. Les mystères de la popularité.

Le 10 novembre 1942, au terme de la seconde bataille d’El-Alamein, succès important pour les alliés, point de bascule de la seconde guerre mondiale avec Guadalcanal et Stalingrad, Winston Churchill choisit des mots à la fois justes et lucides : « Ceci n’est pas la fin, ni même le commencement de la fin, mais c’est peut-être la fin du commencement. » 

Cinq semaines après avoir sonné la « mobilisation générale » contre l’épidémie de Covid-19, un « ennemi invisible, insaisissable, qui progresse », Emmanuel Macron se retrouve, lui aussi, au mitan de sa « guerre sanitaire ».

Et face à une équation politique compliquée à résoudre : se projeter sur l’après sans crier victoire, insuffler une once d’espoir sans démobiliser les lignes arrières. Dimanche 19 avril, son premier ministre, Edouard Philippe, a donc usé de pédagogie pour esquisser les contours d’un déconfinement très progressif à partir du 11 mai. Puis, il a aussitôt freiné les ardeurs en assurant aux Français qu’ils ne retrouveront « probablement pas avant longtemps » leur « vie d’avant ».

Un exercice d’équilibriste périlleux face à une opinion toujours remontée contre l’exécutif, selon les données d’une nouvelle enquête réalisée par Ipsos-Sopra Steria pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

En un mois, le taux d’insatisfaits sur la façon dont « le gouvernement gère la crise » est passé de 46 % à 58 % (première vague réalisée les 16 et 17 mars, la dernière les 15 et 16 avril).

La défiance s’est installée à un niveau élevé malgré un léger mieux depuis l’enquête réalisée les 7 et 8 avril (60 % d’insatisfaction). La dernière prise de parole d’Emmanuel Macron annonçant la date de la fin du confinement a sans doute eu un effet non négligeable.

Indicateurs inquiétants

La confiance dans le président de la République, qui a augmenté au début de la crise, reste également presque stable (39 % contre 43 %, il y a un mois). Mais d’autres indicateurs sont inquiétants pour l’Elysée et Matignon, et la situation reste éruptive. 45 % des sondés disent ainsi éprouver de la « colère » face à cette situation (+ 5 points depuis un mois, avec un pic à 50 % début avril). 40 % des personnes interrogées ne sont pas d’accord avec l’idée que le « gouvernement a mieux géré le coronavirus que la plupart des autres pays » (seulement 13 % d’accord, 47 % ni l’un ni l’autre). 51 % du panel considère enfin que les mesures prises pour protéger leur santé sont « insuffisantes ».

Il vous reste 64.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus du Monde en illimité.

Soutenez le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante.

Consultez le journal numérique 

En Prime: les mystères des regains de popularité des leaders malgré leur échec 

Malgré l’impact massif de la crise des coronavirus en Italie, où plus de 180 000 personnes ont jusqu’à présent contracté le virus et 24 000 personnes sont décédées, ce qui a conduit le système de santé du pays à être submergé de manière catastrophique, son leader Giuseppe Conte surfe sur une vague sans précédent de popularité.

Après avoir bondi à 71% en mars, son taux le plus élevé depuis son entrée en fonction, sa cote d’approbation en avril est de 63% – soit 11 points de plus que son chiffre de février avant l’annonce du verrouillage national.

Comme le note Martin Armstrong de Statista, il en va de même au Royaume-Uni, où Boris Johnson, qui a passé quelques nuits en soins intensifs en raison de Covid-19 lui-même, a 18 points d’avance en février. Ceci, bien que la réponse de son gouvernement ait été sévèrement critiquée ces dernières semaines en raison principalement de la faible capacité de test et d’un manque drastique d’EPI pour le personnel médical.

Aux États-Unis, où la bonne volonté de ce coronavirus se termine, c’est aux États-Unis où la population fortement divisée n’a pas été émue par la réponse de Donald Trump à la crise pour franchir l’une des lignes de parti profondément établies. La comparaison des moyennes des sondages de février à celles d’avril montre une très légère augmentation d’un point pour le présiden

.

Infographic: The Coronavirus Crisis and Leader Approval Ratings | Statista

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s