On en parle peu, mais la lutte géostratégique continue au FMI, ce qui va aggraver la crise. L’or sera concerné .

Ecoutons Jim Rickards:

«En 1998, Wall Street s’est mise d’accord pour renflouer un hedge fund. En 2008, la Réserve fédérale est intervenue pour renflouer Wall Street. Chaque crise était pire que la précédente. Lors de la prochaine crise, qui va renflouer la Fed? »

Cette question est  plus que de la rhétorique. Il s’agit de la  description clinique d’un schéma d’aggravation des crises à un rythme rapproché, accompagné d’une intensification des renflouements.

A chaque crise, les intervalles se rapprochent, les risques remontent vers le Centre du système qui est le couple Banque Centrale-Gouvernement, et les sommes en jeu sont multipliées. Nous sommes dans l’exponentiel.

Maintenant, la pire crise économique de l’histoire des États-Unis est là  et selon toute vraisemblance, c’est la Fed elle-même qui aura  besoin d’un plan de sauvetage. Un plan de sauvetage comptable s’entend.

Mais d’ou peut venir  ce sauvetage?

Nous connaissons maintenant une partie de la réponse.

Il y a quelques semaines, le Congrès américain a adopté un projet de loi de sauvetage de 2,2 trillions de dollars appelé CARES Act.

C’est la loi qui a accordé 349 milliards de dollars de prêts aux petites entreprises.

Ce fonds est déja épuisé  et la plupart des entreprises ne reçoivent pas assez d’argent pour survivre plus de quelques semaines.

Cette loi comprenait également un fonds de sauvetage de 425 milliards de dollars permettant au Trésor de recapitaliser la Fed. Étant donné que la Fed fonctionne comme une banque, elle fera levier sur ces 425 milliards de dollars de nouveaux capitaux pour augmenter la taille de son bilan de  4,25 trillions de dollars de plus.

Elle achetera des dettes de sociétés, des obligations municipales, des hypothèques, des ETF  et d’autres actifs afin de maintenir la « liquidité » dans le système.

Le mot « liquidité » est un leurre bien sur, il s’agit de donner aux gens la possibilité de vendre/mobiliser  à un prix surévalué afin de ne pas faire ressortir de chute des valeurs fictives. Il s’agit de maintenir une illusion de solvabilité en soutenant les cours et ainsi en maintenant la valeur des collatéraux/gages.

En clair, elle utilsera le crédit qu’elle peut créer comme toute banque pour soutenir l’édifice de faux prix et de fausses valeurs au sein du système.

Comme je le dis l’opération n’est rien d’autre qu’une suite de rajouts de zéros dans les livres de compte pour satisfaire les apparences, le réel lui ne changera absolument pas. Nous sommes dans l’Imaginaire comptable. Un monde qui est devenu à part, disjoint du monde réel. Nous sommes entrés dans l’Imaginaire comptable en Mars 2009.

Pourtant, cette solution n’est que temporaire  car  beaucoup, beaucoup  plus de trillions de dollars de nouveaux fonds seront nécessaires pour le système mondial.

Les Emergents, leurs banques, leurs changes, leurs économies sont en déconfiture avec la chute du commerce mondial, l’effondrement du pétrole et des matières premières et la hausse du dollar.

La crise du Reste du Monde – ROW- va être contagieuse et elle va remonter jusqu’au Centre américain. Ne serait ce que par la contagion financière. Tout est connecté.

Le PIB américain devrait perdre une production annualisée de 6 000 milliards de dollars ou plus au deuxième trimestre.  De nombreuses petites entreprises fermeront et ne rouvriront probablement jamais.

Le FMI est  la seule institution à avoir un  bilan sain et ce sera la seule source de liquidités au monde une fois que le crédit de la  Fed sera épuisé.

Le crédit de la Fed n’est rien d ‘autre que la solvabilité du contribuable américain en dernier ressort.

A un moment donné pour ne pas mettre en danger la Fed il faudra se tourner vers le FMI.

C’est exactement ce que nous voyons maintenant.

Le monde se tourne vers le FMI pour obtenir de l’aide. Et cela signifie que le ROW demande que l’on imprime  de la monnaie mondiale appelée droits de tirage spéciaux (DTS) pour renflouer le système financier mondial dans la crise économique et financière actuelle.

Exemple :

The International Monetary Fund announced emergency measures on April 17 worth approximately $1.6 billion to support four emerging economies hit by the coronavirus pandemic.

The IMF board said it has now agreed emergency aid packages for approximately 23 countries. Its managing director, Kristalina Georgieva, described the demands for assistance from member states as “unprecedented”. More than 100 countries had sought emergency funding, she revealed at the IMF spring meetings last week.

Les DTS ont été peu utilisés pendant la crise financière de 2008. Ils n’ont pas eu d’impact car la quantité était relativement faible (environ 250 milliards de dollars) et cela a pris  beaucoup de temps. Les DTS ont été émis en août 2009, près d’un an après la phase aiguë de la crise et bien après le début d’une reprise.

L’émission de 2009 a tout de même été un bon test, un essai en prévision de la prochaine crise.

Maintenant, la prochaine crise est là. Le monde n’a jamais été aussi profondément endetté.

Les pays dont le poids de la dette est faible résistent aux catastrophes. Ils peuvent mobiliser des capitaux, augmenter les impôts, augmenter les dépenses et reconstruire une fois la crise terminée.

Mais les pays  lourdement endettées sont beaucoup plus fragiles. Ils n’ont tout simplement pas cette flexibilité. Les créanciers paniqués demandent un remboursement qui entraîne des ventes d’actifs en difficulté, la chute des marchés et des défaillances.

C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

L’émission de DTS est  politique, surtout depuis  que Donald Trump et son «America First» sont en place.

L’impression de DTS requiert que le total des DTS soit émis à tous les membres du FMI proportionnellement à leurs droits de vote au FMI.

Cela signifie que des compétiteurs stratégiques  et adversaires des américains comme l’Iran et la Chine recevraient une partie de l’argent de sauvetage en plus  des pays plus nécessiteux en Afrique et en Amérique latine. Il est évident que les USA bloquent les attributions et essaient d’étrangler leurs adversaires.

Lawrence Summers et d’autres réclament l’émission d’un trillion de DTS.

Les États-Unis retardent désormais la nouvelle émission de nouveaux DTS pour des raisons politiques .

La Chine peut avoir ses propres conditions telles qu’une diminution du rôle du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Elle a deja fait de nombreuses demandes dans cette direction.

Les DTS étaient à l’origine conçus comme une sorte de «d’or papier ».

Jim Rickards pense qu’une fois que le FMI aura démarré les presses à imprimer, les investisseurs privilégieront probablement l’or véritable comme antidote approprié.

Personnellement je ne serai pas étonné que certains pensent faire d’une pierre deux coups et proposent de vendre l’or du FMI.

 

 

 

 

 

Jim Rickards
for The Daily Reckoning

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