Politique. Une Union Nationale dont la raison d’être serait de se passer du peuple!

IFOP.

Plus de sept Français sur dix (71%) sont favorables à ce que Emmanuel Macron forme dans les prochaines semaines un gouvernement d’union nationale qui rassemblerait différents partis pour relever les défis sanitaires, économiques et sociaux liés à la crise du coronavirus.

Parmi eux, près de huit répondants sur dix souhaiterait que Europe Ecologie Les Verts (80%) et Les Républicains (77%) participent à ce gouvernement d’union nationale, deux tiers pour le Parti Socialiste (67%), et une petite majorité des répondants pour le Rassemblement National (55%) et La France Insoumise (53%).



Les relations entre Macron et son Premier Ministre font l’objet de diverses rumeurs, elles seraient dégradées. Par ailleurs l’activité grotesque de certains flagorneurs comme Valls alimente des bruits de remaniements ministériels.

Du coup les sondages se mettent en branle.

Ils interrogent sur l’idée d’un gouvernement dit d’Union Nationale. Un gouvernement d’union nationale? Cela fait sourire que l’on puisse imaginer un gouvernement d’union nationale sans en passer par  … le peuple.

Mieux même un gouvernement d’union nationale pour éviter d ‘avoir à consulter le peuple et essayer de retrouver une légitimité sans lui est une vilenie.

Ce serait une tromperie qui marquerait de rouge la connivence des élites sur le dos du peuple. Tout le monde sait depuis longtemps que les élites sont conniventes et qu’elles sont les deux faces d’une même médaille forgée par des intérêts économiques particuliers réunis lors de diners discrets Avenue Foch ou à La muette. 

Certes l’action des hommes qui sont en place est cafouilleuse, elle est brouilonne et illisible, mais là n’est pas le principal problème, il n’est pas dans la maladresse, il est dans le choix de la politique qui menée.

Sous aucun aspect la politique du gouvernement n’est soutenue par les citoyens. Il y a coupure du lien entre le pays et ses gouvernants et donc ce n’est pas en changeant quelques figures que le lien serait restauré.

Un replatrage fondé sur des choix  de personnes ne restaure pas le lien entre gouvernants et  gouvernés.  Pareil replatrage montrerait si besoin en était à quel point les élites se trompent en personnalisant le pouvoir. Le culte de la personnalité est une des perversions du pouvoir en France et ce n’est pas en le multipliant au niveau de plusieurs d’entre  elles que l’on reconstruit une adhésion populaire.

Les 20% de popularité de Sarkozy plus les 10% de Valls et les 25% de Macron ne font pas une majorité, ils n’emportent aucune adhésion à leur politique. Ces zozos sont les doigts d’une même main et d’un même poignet. Le faux pluralisme, le peuple a compris …

Je pense que j’irai même au dela, non seulement pareille opération ne serait pas additive mais elle serait au bout de peu de temps soustractive; elle déconsidérerait ceux qui y participe au point de ruiner tout semblant d’alternance  lors de prochaines consultations électorales; ce serait la démonstration que ces personnalités ne sont que bonnet blanc et blanc bonnet  et que si il faut chercher du neuf, de l’alternative, c’est ailleurs vers les extrêmes qu’il faut les chercher.

La situation politique présente est fragile mais elle a des avantages: elle laisse ouverte une pseudo possibilité d’alternance bidon en  2022; elle maintient le mythe, l’espoir du changement possible. Les élites du très grand capital feraient bien d’y penser. La fusion des deux Centres, c’est l’Aventure. 

Un gouvernement d’union nationale serait la mise en scène du  spectacle du changement pour ne pas avoir à changer.

Tout le monde sait que les deux grands choix qui gouvernent l’action gouvernementale en France sont partagés aussi bien par le Centre Droit que le Centre Gauche et le Centre du Milieu,  le trou du cul.

Le milieu, c’est à dire le vide .

Les deux grands choix sont la soumission au impératifs de survie de la Construction Européenne et l’autre c’est la soumission à la volonté expansionniste belliqueuse de l’OTAN. 

Tout le reste  en découle. Tout n’est ensuite que conséquence quand on s’est aligné sur ces choix.

Les nuances sont un peu plus ou un peu moins d’étatisme, un peu plus ou un peu moins de marché, un peu plus ou un peu moins de dettes, un peu plus ou un peu mois de profit etc . Une fois ces deux chois reconnus il ne reste que des ajustements à la marge et l’usage de la cosmétique en couches plus ou moins épaisses.

Il ne peut y avoir de politique différente quant au fond sans remise en cause des principes directeurs, c’est à dire sans concession aux extrêmes, voila ce qu’il s’agit de cacher au peuple et voila ce qui constituerait la raison profonde de l’appel à l’union nationale; cacher, dissimuler la logique de l’action gouvernementale. 

Je formulerai la problématique autrement: il s’agit de toujours entretenir la confusion afin que jamais les vraies questions ne soient posées et les vraix choix mis au jour. Il laisser enfouis les grands déterminants de l’action des gouvernements. 

L’appel à l’union nationale c’est la même chose que le chiffon qui a été agité lors des présidentielles, le chiffon du « ni droite ni gauche »; souvenez vous. C’est la même chose en plus vicieux car incorporant dans son fonctionnement la lâcheté des élites d ‘en face et leur goût pour la soupe et les honneurs dévalorisés. A moins que ce ne soit leur besoin d’éviter la prison.  

Il n’y a rien à négocier dans le système actuel, tout est imposé du dehors:

-l’alignement en politique étrangère

-la soumission au mirage du modèle européen imposé par les allemands,

-la soumission à la politique monétaire qui ne vise qu’à prolonger l’ordre mondial

-la soumission au modèle sociétal oligarchique imposé par les Nations Unies 

-la soumission à la concurrence mondiale  qui impose, par le biais de la libre circulation des capitaux à la fois le taux de profit moyen, le salaire moyen et donc le taux d’exploitation moyen de la main d’oeuvre.

Un gouvernement d’union nationale  qui ne serait pas imposé par le peuple et qui viendrait des diners du 8e, du 16e ou de Neuilly serait dangereux pour la République. 

Il ne peut remplacer une consultation.

D’autant  et ceci mérite d’être noté qu’en aucun cas il n’est question de faire monter au gouvernement des représentants de l’opposition. 


https://www.latribune.fr/opinions/editos/deconfinement-le-11-mai-philippe-mis-devant-le-fait-accompli-par-macron-845300.html


 

L’idée d’un gouvernement « d’union nationale » fait son chemin

C’est que l’idée d’un gouvernement « d’union nationale » fait son chemin à l’Elysée. Conseiller informel d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement parle, lui, d’un « gouvernement de salut public ».

En réalité, l’idée avait germé à l’Elysée un peu plus tôt, dès janvier, en plein conflit des retraites.

Est-ce une manière de conforter un peu plus Emmanuel Macron, de faire taire les critiques, ou au contraire d’anticiper une voie de sortie d’ici 2022 ? En attendant, l’Elysée brouille les pistes, et suscite les convoitises. C’est ainsi que le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, se positionne clairement pour récupérer Matignon. Et Manuel Valls, ancien Premier ministre socialiste, de multiplier les génuflexions publiques (notamment sur Twitter), vis-à-vis de son ancien rival.

En pleine tempête, les rumeurs de démission d’Edouard Philippe vont bon train, la cour autour du président entre en ébullition, et le principal intéressé en joue à fond : « À droite, ils sont tous au taquet pour entrer au gouvernement ! Larrivé, Aubert, Abad, Retailleau, Muselier, Pécresse, Morin… Mais je pense que l’Elysée fait du poker menteur pour appâter les uns et les autres… sans jamais rien leur donner », ironise une figure de LR. « C’est devenu Tinder : l’application pour former un gouvernement ».

« Ils n’ont pas de remplaçants à Philippe »

Dans l’entourage d’Edouard Philippe, on ne goûte guère cette surenchère politicienne en pleine crise du Covid-19 : « Non, Edouard ne démissionne pas. Il peut se faire virer en fin de crise mais certainement pas une démission en pleine guerre sanitaire », assure l’un de ses proches qui en profite pour se plaindre des conseillers du président : « Certains à l’Elysée trouvent qu’il prend trop la lumière et fragilise le PR. Ils essayent juste de le faire passer pour un lâche ou un faible tout simplement… » Ambiance… « Ils ont un problème, c’est qu’ils n’ont pas de remplaçants à Philippe. Le Maire le veut et intrigue mais Emmanuel Macron le déteste », ajoute notre interlocuteur.

En tout cas, dans ce contexte pour le moins troublé, la sarkozie se positionne avec force. Depuis un 1er janvier 2019 passé au Maroc, le publicitaire Jacques Séguéla, ami de longue date de Nicolas Sarkozy n’arrête d’ailleurs pas de diffuser parmi ses cercles de connaissances un slogan tout trouvé  : « Si c’est le chaos, c’est Sarko ».

Lundi dernier, l’ancien président s’est d’ailleurs longuement entretenu au téléphone avec Emmanuel Macron. Et dans la sarkozie, ils sont aujourd’hui nombreux à espérer sa nomination à Matignon ! « C’est peu probable, mais le sujet a bien été évoqué », confirme un macroniste de la première heure. « Sarko a tout intérêt à se positionner, même pour Matignon, quand on pense à son agenda judiciaire à venir… », persifle un anti-sarkozyste de droite. « La sarkozie, aujourd’hui, c’est quoi ? Ce n’est plus qu’un concept de journalistes », se rassure un proche de Philippe.

Le réseau sarkozyste a de beaux restes

Au coeur de l’Etat, le réseau sarkozyste a pourtant de beaux restes. Début février, c’est l’ancien numéro 2 de la DCRI du temps de Bernard Squarcini, le préfet Frédéric Veaux, qui a été nommé directeur général de la police nationale. Depuis début mars, le gendarme Richard Lizurey, ex-conseiller de Brice Hortefeux et de Claude Guéant à l’Intérieur, assure une coordination sur le dossier de crise du Covid-19. Enfin, le 20 mars, a été nommé dans la plus grande discrétion, Jérôme Poirot, comme conseiller au cabinet de Nicole Belloubet. Auprès de la garde de Sceaux, cet ancien collaborateur de Rachida Dati, et ancien adjoint d’Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement du temps de Sarkozy, doit s’occuper officiellement du « dialogue social » et du « suivi de l’exécution des réformes ». Dans notre régime républicain, c’est ce qu’on appelle assurer la continuité de l’Etat.



Union ou enfumage national? 

Maxime TANDONNET

Un gouvernement dit « d’union nationale » serait, paraît-il, en préparation. Il pourrait inclure, selon des rumeurs reprises par la presse, des personnalités telles que M. Valls, Mme NKM, M. Sébastien le Foll, etc. Quelques (rares) individualités de droite se sont déclarées prêtes à un ralliement sous conditions. Les limites de l’opération sautent aux yeux:

  • Les personnalités mises en avant ont jadis exercé un rôle important. Mais elle ne représentent plus personne aujourd’hui, en tout cas elle n’ont aucune légitimité « nationale ». La logique est celle d’un débauchage individuel, plus que d’une union nationale.
  • Dans le système politique actuel, une telle manœuvre, indissociable des futures élections présidentielles de 2022, serait principalement tournée, non vers l’intérêt de la nation, mais vers un intérêt personnel et narcissique aisément identifiable.
  • La supposée « union nationale » ne prendrait évidement pas en compte les extrêmes dits « antisystème », de gauche comme de droite. Or, ceux-ci représentent, à eux deux, au moins 30% du corps électoral. En outre, elle ignorerait le premier parti de France,  celui des abstentionnistes: 50% de la population. La supposée union nationale représenterait donc au maximum 20% de l’électorat. Elle ne serait ni union, ni nationale.
  • L’union nationale suppose une confiance, une adhésion, une identification aux autorités politiques: or celle-ci est tragiquement absente, malgré les sondages qui se contorsionnent pour faire croire à une popularité de crise qui de fait, n’excède jamais les 40 à 50%
  • « L’union nationale », telle qu’elle est entendue aujourd’hui, ressemble à un slogan supplémentaire, à l’image de tous les slogans qui font désormais office de politique: le « nouveau monde », la « transformation de la France », la « refondation de l’Europe », le « monde d’après », « l’union nationale »… Tous ces slogans ne sont rien d’autre que des leurres pour pour couvrir l’impuissance, entraîner les regards le plus loin possible de la tragédie quotidienne d’un pays en perdition.
  • Dans un contexte peu reluisant sur le plan de la morale collective, dominé par l’esprit de délation, la jalousie, la quête de boucs émissaires, cette fausse union nationale  enfonce un peu plus la France politique dans la honte: elle fait appel à l’esprit de trahison, sommet de la perversité: ces gens qui renient leur engagement, frappent dans le dos leur mentor, ou changent de camp par carriérisme. Les traîtres finissent toujours mal. Ceux d’aujourd’hui, y compris ceux qui trahissent en bonne conscience, n’échapperont pas à la règle.

Maxime TANDONNET

 

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