Editorial. Derrière le monde scintillant du mensonge, nous sommes dans la merde.

Première partie: le monde scintillant du mensonge.

Un système économique, un appareil de création de richesses comporte toujours deux faces; une face « face » qui est sont actif et une face « pile » qui est son passif; c’est le principe de la comptabilité: d’un côté on enregistre ce qu’on fait avec les ressources et de l’autre on enregistre d’ou viennent les ressources.

Les pouvoirs en général sont des illusionnistes, ils escamotent le négatif pour vous faire briller le positif et l’attribuer à leurs mérites. Nos systèmes sont des sytsèmes de vrais Tiers Payants et de faux repas gratuits, de  free lunchs. C’est pour cela qu’ils sont d’authentiques malédictions , ils sont fondés sur des mensonges.

Dans le cas présent ils se vantent des réalisations économiques sans dire quel est le prix qu’il a fallu consentir pour les obtenir.

Le pouvoir en règle général est menteur.

Il ne vous donne que ce qu’il vous a pris puisqu’il ne produit rien et consomme et consume la part maudite de nos sociétés, le surplus si on peut dire.

Ce que donne le Pouvoir donne toujours l’impression de tomber du ciel comme l’argent et c’est pour cela que je dis que le pouvoir est Prométhéen, il vole le feu aux Dieux, il vole l’infini aux Dieux alors qu’il ne fait que gérer la finitude.

Le pouvoir plaque de l’infini sur du fini. ce qui crée, produit un gap, un fossé.

A notre époque le Pouvoir repose sur le Crédit dans les deux sens du terme: le crédit financier et le crédit psychologique c’est à dire la croyance.

Dans cet esprit il fait comme si le crédit était infini, sans limite et surtout sans terme, on le roule dans l’éternité. Le crédit n’est qu’un flux, il est nié/escamoté qu’il soit un stock. Les flux opèrent dans le continu dérivable, les stocks évoluent en discontinu, en tout ou rien comme les gouttes d’eau qui font déborder les vases ou elles  fétus de paile qui brisent le dos  des chameaux.

La crise en cours est une crise ou le dicontinu se révèle et c’est une crise de stock excessif  de crédit. On appelle cela une crise d’accumulation, une crise de sur-accumulation.

C’est un autre trait de la modernité, elle repose sur la gestion des flux et nie l’existence et le rôle des stocks, comme la mémoire par exemple. La mémoire est une accumulation.

C’est un stock dangereux puisqu’il compare le présent et le futur au passé. Donc il faut dévaloriser la mémoire. C’est la fonction de l’idéologie de la modernité et de l’idéologie du  progressisme. Il s’agit de tuer la mémoire en posant comme principe que tout ce qui est moderne est supérieur et que plus jamais ce ne sera comme avant.

Le ressort des pouvoirs, c’est l’affirmation à la fois que plus jamais ce ne sera comme avant et qu’il n’y a pas d’alternative, le fameux TINA.

C’est la fonction des auxiliaires du Pouvoir, les médias que de tout transformer en flux de nouvelles, un clou chasse l’autre; de créer des croyances passagères, des convictions précaires, des engouements éphémères qui balaient perpetuellment le Savoir accumulé par les mémoires et les certitudes produites par les rélexions sur la Verité.

Il s’agit de rendre le réel liquide, fugace, de le faire couler. Il s’agit de rendre le monde radio-actif ou mieux encore télé-actif. Les médias gèrent votre amnésie  en continu. Plus encore que l’idéologie les médias véhiculent une sorte de monde parallèle, ce que je désigne souvent par le nom de névrose sociale qui fait que les gens marchent à coté de leurs pompes en permanence.

Les médias magnifient les formes, les styles en tuant le fond , ils parlent fort pour ne rien dire de vrai, ils enflent; ils parlent et sur-parlent gros pour penser petit, tout petit.

Intervenant au niveau de l’Imaginaire , tout comme le rêve ou le roman, les médias ne sont soumis ni à l’obligation de cohérence ni à celle de non-contradiction. C’est un secret que le régime Macron a parfaitement assimlié; les médias  sont là pour vous faire perdre la tête, perdre le fil. Les médias et le discours politique médiatisé baignent dans la non-signifiance, dans la vétille, la broutille dont les porte-paroles de Macron sont les gestionnaires quotidiens.

C’est un monde qui tue sa mémoire dis-je . Et vous comprenez en passant la fonction de l’immigration qui est un complément de ce monde; il s’agit d’effacer, de remplacer, de noyer et finalement de divertir au sens  fort.

Notre monde moderne réclame à tous crins l’inflation  qui est le changement de la valeur des signes, leur dégradation. Car , tout étant monétaire, l’inflation est le processus par lequel les flux se dévalorisent, l’inflation efface les traces du monde en marchant. Et ainsi les flux peuvent être considérés comme ne se stockant pas. Le ratio de dettes sur les GDP, avec l’inflation, ne monte pas et n’atteint jamais le niveau critique de la rupture, le niveau de la crise qui exige la réconciliation du Réel et l’Imagianire, réunification des ombres et des corps. L’inflation permet de croire que l’on peut continuer à habiter le monde Faustien. L’inflation des signes monétaires est exactement isomorphique de l’inflation des mots et des narratives c’est à dire de l’inflation verbale.

L’inflation est l’objectif des gouvernements et des banques centrales, ils la réclament;  c’est le processus magique qui fait que la dévaloristaion se fait en continu. Dévalorisation de la monnaie et de la parole puisque la parole est fausse monnaie à notre époque. La dévalorisation par l’inflation se faisant  en continu, les crises qui viennent de l’écart entre le fini réel et l’infini promis sont évitées. Si il y avait eu de l’inflation il n’y aurait pas eu de crise des retraites ou de crise des Gilets Jaunes tout aurait été réglé en monnaie de singe; en promesses bio-dégradables.

Hélas a notre époque d’inflation il n’y a plus!

Vous reconnaissez là dans mon analyse, les  caractéristiques d’un monde magique. Le monde scintillant du mensonge.

Le problème de notre monde vient du credit, mais pas seulement, il vient aussi de son symétrique,  la dette. La machine s’est arretée, la bicyclette a cessé de rouler, et nous sommes tombés.

La  mer de mensonges menace de se retirer montrant que les Rois sont nus. Les phallus scintillants se retournent en leur contraire … la merde.

Deuxième partie : Nous sommes dans la merde.

Afin de respecter les obligations de la dette existante, les entreprises les plus faibles sont obligées d’emprunter davantage pour couvrir le service de la dette, et donc la dette monte en flèche.

Le risque sur les prêts accordés par les  créanciers est  désormais  plus élevé. La spéculation sur les actifs financiers sous forme d’obligations et d’autres instruments de dette a été considerablement stimulée par les autorités. On a branché une loterie sur les dettes afin de pouvoir les surévaluer et en vendre plus et plus cher.

Avec  une crise de la production et des investissements  causée par des coûts excessifs du service de la dette,  la capacité des sociétés capitalistes à récupérer et à démarrer un nouveau cycle  est affaiblie.

L’effondrement intervient avec  une dette mondiale , à la fois publique, d’entreprise et des ménages élevée. Du jamais vu, maintenant pire qu’en temps de guerre.

L’Institute of International Finance, un organisme commercial bancaire , estime que la dette mondiale, tant publique que privée, a dépassé 255 trillions  de dollars fin 2019. C’est 87 trillions  de dollars de plus qu’au début de la crise de 2008 .  Pourtant, la seule solution viable à court terme consiste à emprunter davantage, pour survivre jusqu’à la fin de la crise. Résultat: les débiteurs, tous les débiteurs vont aborder  la prochaine crise avec des piles de dettes encore plus astronomiques .

Les entreprises tentent de s’endetter davantage. Les entreprises américaines ont vendu en avril, le plus gros montant  en trois ans. Ces dettes sont en quelque sorte garanties et sosucrites par les banques centrales.

La dette est le principal problème des économies capitalistes, et le surendettement va provoquer  une baisse des investissements des entreprises ce qui présage une baisse de l’emploi draconnienne et donc une baisse de la distribution de revenus aux salariés. La demande va encore chuter, les débouchés se réduire et les recours aux dettes vont encore et encore  augmenter pour payer  les dépenses sociales de soutien de l’ordre systémique.

On va continuer à faire tourner la machine infernale à  produire de la dette, ce qui va faire que les riches s’enrichiront et épargneront  davantage, tandis que le bas de l’échelle des revenus va se paupériser. Les inégalites vont exploser.

Les riches n’investiront pas leurs richesses supplémentaires dans les équipements  productifs ils vont  les thésauriser, ou les employer en spéculations financières.

La machine est devenue infernale.

 

2 réflexions sur “Editorial. Derrière le monde scintillant du mensonge, nous sommes dans la merde.

  1. J’adore le titre de votre billet, difficile de faire plus synthétique! Le contenu est autrement plus grave, évidemment.

    Cela fait quelques années maintenant que je vous suis et que j’apprécie vos analyses et le degré d’exigences que vous requérez au lecteur pour vous suivre.

    Je vous avoue que plus je progresse dans la compréhension du système, plus le sentiment du piège inéluctable qui se referme m’envahit. No place to hide, comme le dit le slogan d’un autre blog célèbre.

    Et à ma petite place, comment résister? Je sors sidéré de ces deux mois où le pouvoir a pu nous enfermer avec tant de facilités, je vois venir avec lucidité les scélératesses qui nous attendent.

    Au passage, c’est quasi mission impossible de le faire comprendre aux amis, à la famille etc. tellement l’ignorance et le lavage de cerveaux sont bien organisées. Dans le meilleur des cas, je me fais taxer d’incorrigible pessimiste, dans le pire de conspi…

    J’ai écrit un roman pour les sensibiliser sur les ravages concrets de l’hyperinflation qui nous attendent. Ceux qui l’ont lu dans mon cercle familial ou amical ont généralement aimé le lire, aucun d’entre eux n’ a fait la relation avec le situation présente. C’est difficile de résister en étant seul….

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    1. Même constat…
      Nous envisageons avec ma conjointe l’écriture d’une pièce de théâtre, elle est dans le milieu, le petit, le théâtre « provincial », vantant ironiquement l’ultralibéralisme!

      Je fais le constat que l’explication auprès de nos cercles n’étant pas compris, voir rejeter, le lutter contre est quasiment voué à l’échec.
      Adoptons donc la posture, le rôle de l’ultralibéraliste surtout financier, dont les pires paroles et objectifs n’arrivent jamais aux oreilles des petits gens. Ils constateront d’eux même, ces infamies et s’ouvriront d’eux même à l’opposition!
      Œuvrer pour…

      A nos réflexions…

      Merci M. Bertez

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