Les vraies responsables de la crise, la crise économique qui va nous dévaster

Rédigé par
Bruno Bertez
13 mai 2020

Les banques centrales ont joué les apprentis sorciers, et désormais la pyramide financière n’a plus de base : c’est ainsi que la crise est née.

Nous avons vu hier que ce ne sont pas les marchés qui sont responsables de la crise ; aujourd’hui, nous voyons à qui attribuer cette responsabilité.

Les banques centrales injectent l’argent là où elles ont déplacé la fonction bancaire : sur les marchés financiers. C’est caricatural lors des achats de titres à long terme, les QE (assouplissements quantitatifs).

Je vous explique souvent l’erreur colossale qui a été commise et qui a consisté à déplacer le crédit des banques commerciales vers les marchés. On a retiré la production de crédit et sa gestion du secteur bancaire pour les mettre sur le marché financier et ainsi en créer plus.

Vous comprenez donc que l’argent est injecté dans la finance de type Wall Street. Notons que c’est moins vrai en Europe, où les marchés jouent un rôle moins important.

Est-ce que cela vous étonne si je vous dis que, si on injecte de l’argent qui coûte de moins en moins – qui coûte quasi-zéro – dans le marché financier, cet argent gonfle les prix de tous les actifs financiers ?

Si je vous dis que l’on donne de l’argent au marché financier quasi-gratos, est-ce que cela vous étonne si les prix de tout ce qu’on trouve sur ce même marché financier montent ? Est-ce que cela vous étonne si la spéculation se déchaîne ?

Déséquilibres et PIB

Nous avons ainsi un déséquilibre considérable entre deux types de prix : les uns sont trop chers, les autres sont trop bas.

Les prix trop chers sont ceux qui ont rapport à la finance ; les prix trop bas sont ceux qui ont rapport au monde réel. Les prix de l’ensemble de la masse des actifs financiers sont trop élevés par rapport à ceux de la richesse réelle, par rapport aux prix des PIB – par rapport au PIB lui-même.

Vous commencez à comprendre pourquoi les banquiers centraux ne cessent de dire qu’il faut qu’il y ait de l’inflation, n’est-ce pas ?

C’est parce que le déséquilibre des prix entre la sphère financière et les prix de la sphère réelle est tel que la pyramide financière n’a plus de base, elle peut s’écrouler à tout instant… ce qu’elle fait périodiquement et qu’elle a encore fait ces dernières semaines.

L’inflation des prix des actifs financiers face à la non-inflation des prix des biens et services réels constitue la crise.

A fortiori, l’inflation hyperbolique des prix et de la masse des actifs financiers face à la déflation lente des prix des biens et services et à la stagnation de leur production constitue la catastrophe.

Il y a un écart entre les deux qui est trop grand, un écart qui sans cesse manifeste le besoin de se résorber – un écart que l’on peut appeler, comme je le fais, une suraccumulation.

C’est ainsi que la crise se crée

La suraccumulation n’est rien d’autre que le besoin de réduire le gap, c’est-à-dire le besoin de destruction de ce qui est excédentaire : la masse des actifs financiers.

La crise exprime la situation suivante – un fossé entre :

– d’abord le prix des actifs financiers dopés par la distribution monétaire ;

– et ensuite les prix des biens et des services qui, eux, sont tributaires des prix de l’économie réelle, des prix des matières premières, des prix du travail, etc.

La crise économique, financière, monétaire, politique et sociale vient du fait que ceux qui reçoivent cette aubaine des banques centrales s’en servent et expriment ainsi une préférence qui ne correspond à rien d’anormal.

Leur préférence exprime leur biais de classe sociale, en faveur de l’accumulation, en faveur de la spéculation et bien sûr en faveur de l’achat de titres anciens représentatifs de capital – de titres boursiers.

C’est ainsi que se crée la crise : par l’action des banques centrales scélérates qui faussent les marchés et les empêchent d’exprimer les préférences de l’ensemble de la population.

Les marchés ne sont pas responsables de la crise ; les démiurges banquiers centraux le sont.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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