Editorial. Il y a longtemps que nous avons dépassé le pic de crédibilité des gouvernants. Nous roulons sur la jante. Je prends date….

L’espoir idiot d’une reprise économique en forme de « V » s’éloigne, les observateurs prennent enfin conscience des destructions en profondeur qui sont en cours et du poids des passifs financiers qui sont constitués par les remèdes contre-productifs mis en oeuvre.

On empile encore les dettes dans un système surendetté car on ne sait rien faire d’autre. On japonise, on japonise bien qu’il soit d’évidence depuis longtemps que cette japonisation ne mène à rien, est un échec.

L’incroyable échec japonais ne sert de leçon à personne: pas plus d’inflaton que de beurre en branche, pas plus de croissance malgré les free lunchs!

On a commecné par soutenir les fonds d’état, puis les obligations et le crédit;  on en est à acheter les ETF et la pourriture. Sur la pente.

L’affrontement entre Trump et Powell indique clairement que l’on est dans une impasse . Powell dit à Trump, « faites du budgétaire, le monétaire ne peut pas tout faire » et Trump répond, mais faites moi des taux négatifs, les autres le font bien. Ce n’est pas un dialogue de sourds, c’est un dialogue de benêts.

Ce que personne ne veut voir c’est que le monétaire a touché ses limites car il n’a plus d’effet réel, on pousse sur la célèbre corde; mais on est obligé de l’utiliser parce qu’il faut empêcher la pyramide d’actifs financiers mal valorisés de s’écrouler. La dette et la masse des actifs fictifs ne tiennent que grace au maintien de taux quasi nuls. Plus la masse croit et plus pour en alleger le poids il faut faire pression sur les taux. c’est une obligation, une nécessité, pas un choix.

La hausse inexorable des ratios de dettes oblige a toujours descendre les taux et dégrader/avilir  la monnaie.

Le budgétaire  se heurte bien sur aux habituelles divisions politiques, mais surtout au fait que l’on ne voit pas comment dépenser intelligemment!

La réponse à la question centrale, agir sur l’offre ou la demande est impossible à trancher à ce stade.

Par ailleurs se pose la question non résolue du profit: le taux de profit va , est en train de s’effondrer, comment limiter la casse et les enchainements négatifs sur l’investissement, l’emploi , les revenus?

Face a la tendance à lérosion de la profitabilité , les riches et ultra riches n’investissent pas productivements alors que la politique monétaire gonfle leur patrimoine.

On se trouve face aux limites  de l’intelligence des apprentis sorciers. Leurs schémas théoriques d’intelligibilité se trouvent dépassés, inutiles.

En même temps que la  prise de conscience de la profondeur du gouffre s’effectue, on se rend compte qu’il va falloir refaire de nouveaux rounds de stimulation monétaire non conventionnelle, rien que pour écoper, pour boucher les trous . Et dans   cet esprit une campagne pour rassurer sur l’absence de dangers inflationnistes est en cours;

Ah les braves gens!

Depuis 12 ans ils disent qu’ils veulent fabriquer de l’inflation à 2% l’an  pour éviter la deflation mais en meme temps en ce moment ils disent que  leur politique, la meme, toujours la meme, poussée à son paroxysme  n’a aucune chance de fabriquer de l’inflation. Ils s’emmèlent les pinceaux.

Ne croyez rien de ce qu’ils disent, ils ne savent pas ce qu’ils disent.

Il y a longtemps que avons passé le pic de crédibilité, « peak credibility » et ce pic il est bien plus grave que celui du pétrole . Ils nous ont conduits en haut de la montagne et ils ne savent pas comment en descendre.

La réalité est que la question de l’inflation dépendra de la profondeur de la récession, de sa durée et des remèdes, des doses, des formes de remèdes qui seront admininstrés; si il faut aller encore plus loin, si les déficits se creusent encore, la confiance mal placée des gouvernés envers les gouvernants disparaitra et ce sera la stagflation puis l’inflation, puis l’hyperinflation.

N’oubliez jamais cette réalité: les chocs en cours interviennent sur des corps sociaux politiques et sociaux en mauvais état, ils sont fragiles. Les déséquilibres sont considérables, les  défenses sont amoindries et tous les amortisseurs sont usés. Quasi tout dysfonctionne. La limite du zéro n’est pas uniquement financière, non elle est partout. .

Nous roulons sur la jante.

Surtout si Trump continue comme il semble vouloir le faire , si il continue de pulvériser la globalisation. Trump n’a pas compris que l’état du monde constitue une sorte de capital immobilisé: cela a couté cher de globaliser pendant 30 à 40 ans!

Pulveriser la globalisation c’est engager une nouvelle forme de destruction; la destruction de tous les investissements, de tous les savoirs, de tous les fonds de commerce qui sont intégrés, « embedded » dans la structure mondiale globalisée. Il s’engage dans la voie d ‘ajouer une destuction structuelle à la destruction accidentelle et à la destruction cyclique. Incroyable gaspillage.

Nous prévoyons après la phase de déflation provoquée par le virus , une phase trouble, difficile à interpreter mais terrible de réaménagement, avec de fortes destructions et des gros besoins d’investissements. Paradoxe: en fait la periode nécessiterait « en même temps  » des taux d’interêt très bas et des taux d’intérêt très élevés!

Tout ceci créera des tensions sociales, des tensions géopolitiques/militaires  et des tensions sur les ressources.

Il n’est pas sur que nos monnaies y résisteront, la destruction de l’ordre monétaire, est maintenant plus qu’une probabilité, c’est une certitude. Il a touché ses limites historiques avec le grand cycle long du crédit initié en 1945..

Il n’est pas sur que nos arrangements sociaux eux aussi tiendront le coup. On en est deja à l’usage non dissimulé de la force et de la violence.

Si des gens comme Trump continuent à vouloir sauver leur peau et satisfaire leur volonté de puissance narcissique  par la destabilisation, le chaos et l’affrontement,  l’avenir sera bien sombre.

Attention je parle dans une perspective historique, le temps de l’histoire n’est pas celui des hommes, comme dit le dit le poète : « je parle pour dans dix siècles, mais je prends date… »

En Prime

Nous sommes au pic de l’omnipotence.

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