Editorial. L’inflation, la monnaie, les déficits, le jeu et pour finir la destruction puis la guerre.

Ce n’est pas simplement la création de monnaie  en elle même qui crée l’inflation, mais la création de monnaie  dans le but de financer les déficits publics.

J’ai écrit régulièrement depuis 2009 que ce n’est pas la politique monétaire qui produit l’inflation mais qu’elle ne fait que la permettre, la solvabiliser.

Ce qui produit de l’inflation c’est la politique budgétaire. La quantité de monnaie dans le système n’est pas inflationniste quand cette monnaie est neutralisée par la peur et donc par la demande d’encaisses oisives. Quand la monnaie est stockée, neutralisée, c’est comme si elle n’existait pas.

L’inflation se déclenche quand on cesse d’avoir peur et quand on recommence à préferer détenir/acheter  des biens et des services  plutot que des signes monétaires. Bref quand on la fait circuler.

L’inflation se produit si on crée de la monnaie à un à tel point que la confiance du public dans les dettes du gouvernement est ébranlée, quand la confiance   est déstabilisée.

Les conséquences inflationnistes tendent à être particulièrement graves lorsque ces déficits surviennent lors de «chocs d’offre» lorsque la production de biens et de services devient contrainte/limitée pour une raison ou une autre. Si l’offre ne peut répondre à la demande, les producteurs regagnent la capacité à fixer les prix en fonction de leur désir ou de  leur besoin de profit. Les salariés en souffrent, ils exigent des hausses de salaires et ainsis se dresse l’échelle de perroquet des prix et des salaires.

Quand les masses de dettes montent, le besoin de profit augmente. Il y a un lien entre dette aujourd’hui et besoin de profit futur puisque que pour honorer les dettes il faut faire des excédents, excédent, c’est l’autre nom du profit.

Quand la masse des actifs financiers, quand la capitalisation boursière enfle , le besoin de profit enfle également car il faut délivrer. En anglais « deliver ».  Delivrer cela signifie que l’économie doit augmenter la masse de profit et de cash flow qu’elle produit afin de valider/soutenir  les cours boursiers.

Si elle ne le fait pas, les marchés chutent. Et la banque centrale est obligée réinjecter de la monnaie pour les soutenir ce qui ne fait qu’aggraver et reporter le besoin de profit et  d’inflation future.

Le gonflement de la masse des actifs financiers est une sorte d’anticipation de l’inflation future puisque les actifs financiers en bonne logique ne sont rien d’autre que la somme actualisée de tous les flux financiers auxquels ces actifs vont avoir droit.

Cette  anticipation peut être fondée ou non fondée auquel cas il faut la corriger. Si on refuse la correction/chute boursière alors ont soutient les cours par la création de monnaie.

La hausse des cours de bourse, le gonflement de la masse d’actifs représentatifs de capital devient problematique des lors  que les profits et cash flows ne suivent pas. La pression pour le profit augmente, ce qui par exemple produit les rachats d’actions/réduction de capital ou alors le besoin de destruction augmente.

Hausse de la masse des actifs =  anticipation de cash flows futurs en hausse . Celle ci peut bien sur n’être  que nominale, pas besoin qu’elle soit réelle.

Quand les  dettes sont colossales comme elles le sont maintenant, les besoins de profits  sont eux même colossaux. De la dette   c’est soit de la demande de profits ou de cash flows futurs soit un besoin de destruction différé du capital fictif que représente cette dette.

Les morceaux de papier créés par le gouvernement, ne sont pas inflationnistes en eux même. Les quantitative easing sont simplement un échange, un swap qui change la composition du portefeuille mondial d’actifs monétaires, quasi monétaires et money like. On retire du portefeuille des fonds d’état ou obligations  corporate et on donne en échange de la monnaie. La masse totale ne change pas.

Avec les morceaux de papier crées par le gouvernement on peut soit acheter des biens  et des services soit acheter des actifs financiers, la monnaie  elle même étant un actif financier de second ordre puisqu’elle ne rapporte rien. Donc si un emploi de  cette monnaie attrayant ou séduisant se présente on a tendance à utiliser cette monnaie plus avantageusement qu’en la stockant, on va spéculer ou investir en bourse. Le choix de la Bourse est non pas organique, mais psychologique. C’est parce que la loterie a été branchée (momentum, magie de la Tendance)  et que l’on y croit que l’on y participe .

La corrélation entre monnaie et cours boursiers n’est qu’apparente; ce n’est pas la monnaie qui mécaniquement, organiquement  fait monter les bourses, non c’est la psychologie, la croyance,  c’est à dire le gout du jeu; les indices boursiers jouent puis anticipent les largesses monétaires.

Nous sommes dans le reflexe conditionnel à la Pavlov

 

 

Même si elles  ne sont pas  pas inflationnistes, les unités monétaires ainsi mises en circulation ne sont pas uniquement de l’argent/des jetons de  Monopoly. Chaque unité monétaire  représente une créance/promesse soit sur des biens et services réels produits par d’autres; soit sur des actifs financiers patrimoniaux représentatifs de capital.

Peu importe qui les obtient , gratuitement et sans garantie ,  et dans quel but. Ils confèrent  un pouvoir d’achat à ceux qui les reçoivent et ils ont un impact redistributif profond.

Ces politiques de redistribution implicites expliquent la hausse vertigineuse des inégalités dans nos systèmes: la redistribution se faisant des moins riches vers les plus riches à haut pouvoir d’endettement.

 

Bernake a t-il sauvé quoi que ce soit? Non bien sur, il n’a rien compris et c’est parce qu’il n’a rien compris que nous en payons les conséquences depuis 12 ans avec:

-une économie anémique,

-une paupérisation récurrente,

-un système financier fragile et

-des inégalités qui detruisent/fracturent  nos consensus sociaux.

En attendant l’inéluctable destruction de la monnaie et la guerre intérieure  ou extérieure. 

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Une réflexion sur “Editorial. L’inflation, la monnaie, les déficits, le jeu et pour finir la destruction puis la guerre.

  1. Bonjour Bruno,
    Je serai bien curieux de me projeter en tant qu’industriel sur quel secteur se développer dans les prochaines années. Ou les biens de première nécessité : agriculture, énergie(mais là, il faut de l’échelle) ou bien sur les nouveaux savoirs : ecommerce, data, transformation digitale… Car, un jour, nous serons rattrapés par le réel.

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