«Les Français doivent vite dépenser leur argent, sinon ils perdront leur boulot». Analyse.

Voici un nouvel article d e l’excellent Jean Pierre Robin que j’ai donc bien connu du temps de la Vie Française que je dirigeais.

 «Achetez, sinon votre mari perdra son job.»

Jean Pierre essaie de vous faire comprendre le paradoxe de l’épargne, laquelle est bonne au niveau individuel mais peut être mauvaise au niveau national ou global lorsque la demande pour faire tourner la machine économique est insuffisante et que les entreprises  sont oisives.

D’abord disons clairement que c’est un faux paradoxes comme tous les paradoxes.

Il n’y a pas contradiction entre le fait que ce qui est bon pour un ménage soit mauvais pour une collectivité puisque les points de vue pour produire un jugement sont différents: le ménage cherche sa sécurité et la collectivité s’en fiche elle veut que la machine tourne quelqu’en soit le coût pour les ménages.

L’optimum pour les ménages n’est pas le même que l’optimum pour les individus.

Dépenser pour l’individu c’est prendre le risque d’être démuni plus tard et précarisé, et dépendant. Et cela la collectivité s’en fiche, au contraire elle adore que vous soyez dépendant, cela vous assouplit l’échine.

La collectivité demande, exige en fait dans la plupart des situations que vous vous dévouiez, que vous sacrifiiez soi disant pour elle; soi disant car en fait en dernière analyse la collectivité n’existe pas, c’est pour la machine économique, les entreprises, les propriétaires des entreprises, le pouvoir politique, les fonctionnaires qu’il faut payer etc que l’on vous demande de vous sacrifier . Ce nest pas simplement pour vous et votre emploi!

Ensuite , on pourrait aussi bien demander à Pinault, Arnault, Dassault; Rothschild   de dépenser leurs  excédents journaliers considérables  afin de les remttre dans le circuit et de  faire tourner l’activité , mais non on considère qu’il faut qu’ eux accumulent, s’enrichissent; c’est leur fonction de capitalistes  et c’est votre fonction que vous, vous vous appauvrisssiez pour faire rouler  la fameuse bicyclette  ; comme l’âne qui fait tourner la roue du puits pour extraire l’eau que ses maîtres boiront.

Certains considèrent que la crise a pour origine l’excès d’épargne des riches, ils disent que les riches gagnent toujours plus, qu’ils accumulent parce que leur propension  à consommer est faible et que plus le revenu national est distribué en leur faveur , plus il y a de déflation.

C’est vrai mais c’est une toute petite explication à la deflation. En tout cas  cela ne ferait pas de mal que les riches dépensent leurs excédents, leur pognon,  et que l’on rentre  dans la Fable des Abeilles de Mandeville , il y aurait alors un début de ruissellement.

Enfin, ce que je veux vous faire toucher du doigt c’est que faire tourner la machine économique, faire rouler le vélo, a un coût, c’est le coût de production de la demande.

Révolutionnaire non?

Pour faire rouler la bicyclette il faut une offre et une demande, des gens qui se dévouent pour acheter.  Contrairement à ce que l’on pourrait penser les riches n’ont pas envie de se dévouer, ils veulent que ce coût de créer la demande ce soit vous les pauvres et les moins riches qui l’assumiez. Ils n’ont pas   envie de vous faire de cadeaux et de s’appauvrir, ils veulent maintenir leur  rang dans le classement des grandes fortunes mondiales.

Vous avez compris je crois que produire une demande qui s’adresse à l’offre a un coût, il faut que quelqu’un se dévoue.

Si les salariés ne consomment pas alors il faut trouver le moyen de créer une demande qui vient d’ailleurs, ce peut être celle de l’état, celle de l’étranger, celle des immigrés etc.

Genéralement pour combler le manque le déficit de la demande on a recourt au crédit. Le cout de production de la demande c’est la dégradation de la situation du système et sa fragilisation.

Le crédit cela plait aux riches !

Pourquoi ? Parce que si on crée du crédit, eux alors n’ont pas besoin de distribuer de gros salaires aux salariés, cela réduirait les profits, il suffit que ces salariés s’endettent , cela complète leur pouvoir d’achat!

Les ultra riches adorent  la dette, la politiqie monétaire qui permet de fabriquer beaucoup de dette, la politique qui fait que les taux  d’intétrêt soient nuls et que la demande soit financée par l’argent tombé du ciel c’est à dire volé aux générations futures.

Jean Pierre Robin

Les affaires reprennent, comme en témoigne ce communiqué de Bercy reçu mardi dernier: «Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, félicite les douaniers de la direction du Havre et de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), qui viennent de saisir 1,4 tonne de cocaïne dans la zone portuaire du Havre.»

De tels satisfecit avaient disparu pendant les 55 jours du confinement, et pour cause. «Les trafics de stupéfiants ont été fortement touchés et on estime qu’ils ont diminué de 30 à 40 %», affirmait le 15 mai Christophe Castaner au siège de l’Office antistupéfiants (Ofsat) de Nanterre.

Les ventes d’alcool ont bondi de 23%

«Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir?» : à Bercy les ministres scrutent le moindre signe de sortie de coma, qu’ils émanent des malfrats ou de la ménagère de moins de 50 ans. «La consommation rebondit: la semaine du 11 au 15 mai, les paiements par carte bancaire étaient supérieurs de 8 % à la même période de 2019», se rassure Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances. Cette même semaine, la première du «déconfinement progressif», le cabinet Nielsen nous apprend que les ventes d’alcool ont bondi de 23 %. Pour fêter les retrouvailles avec ses amis ou parce qu’on ne peut toujours pas en consommer dans les bars et les restaurants? De même le recours aux cartes ne reflète-t-il pas une désaffection des paiements en monnaie fiduciaire accusée (à tort) d’être vecteur de transmission du virus?

Contradictions et aberrations

On n’en a pas fini avec les contradictions et les aberrations, la signature de cette étrange époque. Ainsi les Français n’ont-ils jamais détenu autant d’argent sur leurs comptes que pendant l’épidémie de Covid-19 et le coup d’arrêt délibéré de l’économie, le fameux «restez chez vous» décrété le 16 mars par le président de la République.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a bien mis en exergue le phénomène d’épargne forcée devant l’Assemblée nationale (audition du 6 mai): «Certains ménages sont hélas plus fragilisés par la crise, et doivent être aidés par une indispensable solidarité. Mais globalement, la consommation des ménages aura reculé nettement plus que leur revenu pendant le confinement, conduisant à une ‘‘épargne forcée’’ significative, d’au moins 15 milliards d’euros sur mars, et probablement une soixantaine d’ici fin mai.»

L’immense majorité n’a pas encore ressenti le choc

Le paradoxe d’un taux d’épargne habituellement de 15 % des revenus et atteignant aujourd’hui près de 30 % n’a rien de mystérieux. D’un côté l’économie n’a tourné qu’à 65 % environ de ses capacités, selon les estimations de l’Insee, et plus d’un salarié sur deux du secteur privé s’est inscrit au chômage partiel. Mais cela ne s’est presque pas vu sur les revenus: les fonctionnaires, les retraités, les prestations sociales de toutes sortes, et même les 12,4 millions de «bénéficiaires» du chômage partiel rémunérés à 84 % du revenu, voire la totalité au niveau du smic, l’immense majorité des gens n’ont pratiquement pas ressenti le choc financièrement. Du moins pas encore.

Épargne forcée

Et alors qu’ils étaient assignés à résidence, les Français ont été empêchés physiquement de dépenser leur argent si ce n’est pour «effectuer des achats de première nécessité», selon les termes de l’abracadabrantesque «attestation de déplacement dérogatoire» (sic). Il n’y avait donc d’autre choix que de tricoter son bas de laine, alors que la laine en était déjà fort épaisse.

Rappelons ces chiffres de la Banque de France: en décembre 2019 les particuliers disposaient au total de 1511,8 milliards d’euros de dépôts bancaires dont 490,2 milliards de dépôts à vue non rémunérés. En mars 2020 les montants étaient déjà passés à 1562,3 et 515,9 milliards respectivement, et le risque est grand qu’ils s’accroissent encore de plusieurs dizaines de milliards. Soulignons que ces 515,9 milliards non rémunérés se répartissent entre quelque 62 millions de comptes (certains détenus par des enfants mineurs), ce qui fait une moyenne de 8322 euros, un peu plus de trois fois le salaire mensuel médian en France! Certes les fonds sont très inégalement répartis et un tiers des ménages ont des fins de mois difficiles, comme il a été dit durant le feuilleton des «gilets jaunes».

Achetez, ­sinon votre mari perdra son job

John Maynard Keynes

Reste que cette épargne liquide, aberrante en soi, trouve son origine dans la politique de taux zéro menée par la Banque centrale européenne qui dissuade l’argent de se placer. Or le phénomène est en train de s’aggraver avec «l’épargne forcée» Covid-19 et les conséquences s’annoncent catastrophiques.

«Il s’agira demain de transformer rapidement cette réserve en consommation et donc en croissance. Pour assurer la confiance économique, mieux vaudra à court terme écarter l’effet récessif de hausses d’impôts sur les ménages», a expliqué mezza voce aux parlementaires le gouverneur de la Banque de France.Il aurait pu citer la leçon d’économie politique de John Maynard Keynes qui, dans les années 1930 de la Grande Dépression, allait haranguer les ménagères dans les grands magasins de Londres: «Achetez, sinon votre mari perdra son job.»

Suicide collectif

Chacun pour soi, les Français peuvent juger prudent d’épargner. Ne leur susurre-t-on pas qu’il y aura «une casse sociale», expression d’un cynisme indigne? Mais collectivement ce comportement est autoréalisateur car on se trouve dans un cercle vicieux désastreux d’atrophie de la demande et de l’offre productive. Un suicide collectif digne des lemmings.

De même qu’il fallait que le virus cesse de circuler, il est impérieux que l’argent circule à nouveau au lieu de s’enkyster dans des comptes . C’est une urgence hic et nunc. Ici en France, sans attendre une hypothétique relance européenne. Et maintenant, au début de l’été, non à la rentrée de septembre selon l’approche techno sans grâce de Bercy, car ce sera trop tard


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