Editorial. A lire si vous voulez comprendre pourquoi vous etes en colère: le temps de l’accaparement.

Il y a eu le temps des partageux, nous sommes dans son renversement dialectique, dans l’ère de l’accaparement; une classe sociale veut tout pour elle.

Depuis les années 80 les inégalités se creusent à un point tel que nos sociétés se disloquent, se fracassent et sont maintenant comme on dit dominées par le populisme.

Le populisme n’est pas un vice ou une perversion, ce n’est que la prise de conscience par le peuple qu’il est trompé, cocu, baisé, volé.

Le phénomène populiste est historiquement sur-déterminé par l’égoisme des élites, par leur avidité, leur cupidité  et leurs courtes vues. Le populisme ne vient pas d’en bas d’une méchanceté quelconque des peuples ou des masses, non il est produit organiquement, nécessairement,  par des élites qui ont abandonné leur mission historique: guider vers un mieux etre collectif.

Le populisme est une  réaction positive du corps social qui avertit les élites que trop c’est trop et qu’ils mettent nos sociétés en danger.

Le populisme est le symptôme qui avertit que nos arrangements sociaux vont , dans la voie actuelle, voler en éclats.

Le populisme est positif car il avertit d’un danger, il sonne l’alarme . Il donne, si il est écouté, le temps de faire machine arrière, de corriger, de remonter la pente fatale qui nous fait glisser vers le chaos. Le populisme c’est la fièvre sociale qui avertit du danger.

La généralisation des troubles sociaux non controlés, spontanés, de plus en plus violents montre que nous avons raison. Tout comme la montée du problème des polices et de leur militarisation témoigne de l’aveuglement des élites qui ne savent faire qu’une chose: réprimer par l’escalade de la force.

Les inégalités ont d’abord augmenté:

-sous le règne néo liberal qui a libéré le Capital de ses freins sociaux-démocrates,

-puis sous celui de la financiarisation qui a décuplé les possibilités de profit du Capital grace à la circulation financière et à la montée du capital fictif et l’explosion de l’usure

-puis sous les coups de boutoirs de la globalisation qui a paupérisé une large part de la population laborieuse par l’arbitrage mondial du travail

-puis sous le coup de la crise de 2008 qui a servi d ‘alibi aux élites kleptocratiques pour re-deployer une partie de la valeur ajoutée et des patrimoines en faveur des nantis et au détrimentt des salariés

-puis sous le coup de la révolution digitale, inique, biaisée, qui détruit les emplois anciens, périme des pans entiers de nos économies, accapare les pouvoirs d’achat, le tout à la faveur d’exonérations fiscales et de crédits gratuits fournis par des banques centrales heureuses de contribuer à la surexploitation de la main d’oeuvre, hypnotisées par la valse des milliards et des centaines de milliards  de capital fictif et de fausse richesse.

– a l’occasion de la crise financière  de 2O20 qu’ils ont  créée eux   mêmes de toutes pièces, par leurs  débauches de crédit gratuit, de levier et de spéculation, les ploutocrates redoublent de cynisme; ils font racheter leurs actifs financiers largements surévalués, et leurs crédits pourris par les banques centrales et l’argent public.

Ils en profitent pour encore devenir plus riches: les indices boursiers qui reflètent la valeur de leurs patrimoine explosent, ils s’attribuent trillions sur trillions! … Au nom de la préservation… de l’emploi qu’ils détruisent allègrement.

Pendant ce temps, les salariés, les artisans,  les  petites entreprises,  les exploitations individuelles perdent leur activité, leur emploi, sombrent, croulent sous les dettes  ou  perdent leur valeur marchande.

Nous assistons à une destruction jamais vue de valeur dans les secteurs salariés ou précapitalistes.

Les fonds de commerce sont invendables , sous l’effet des chutes de chiffres d’affaires et de la montée des dettes non remboursables. C’est la tiers-mondisation de toute une partie de la population , c’est sa mise en dépendance et donc en coupe réglée.

Le fossé des inégalités se creuse, le sol sous dérobe sous les pieds de toute une classe sociale de petites gens; alors que d’autres à l’autre bout de l’échelle sociale prospèrent de façon insolente  parce qu’ils ont la chance d’être proches des robinets  financiers des pouvoirs qu’ils controlent.

Les indices de la Bourse explosent comme autant de feux d’artifices qui celèbrent leurs milliards tombés du ciel.

Nous avions une concentration du capital inouie, nous en produisons encore plus, la concentration du capital atteint des niveaux jamais vus, jamais imaginés, les chiffres eux même ne disent plus rien tant ils sont astronomiques.

Pour peu que les peuples aient un sursaut nos régimes politiques n’y resisteront pas.

Et ils feront donner l’armée;

La banque centrale européenne vient de nous prévenir que ce n’est que le début! Je sais qu’elle a raison car il faudra, c’est vrai, soutenir encore plus les marchés financiers c’est à dire soutenir la fortune des ploutocrates, il faudra encore baisser les taux et voler les retraités et les épargnants, et il faudra encore plus détruire la monnaie par sa dilution.

La BCE prépare les esprits à un vol des citoyens , elle n’exclue pas d’acheter des actions.  De faire un cadeau supplémentaire de plusieurs centaines de milliards aux détenteurs de portefeuilles boursiers!

Elle nous prend pour des imbéciles en ajoutant qu’elle le ferait « pour soutenir l’économie » !

Je ne savais pas que le portefeuille des ploutocrates c’était « l’économie » ! Je en savais pas que ce que l’on appelle « le droit à prélever sur la valeur ajoutée sans travailler c’était l’économie »!

C’est une assimilation abusive, je croirais plus volontiers que faire monter les cours de la Bourse c’est « plomber » l’économie puisque cela fait monter la valeur du capital et que cela accroit à la fois le besoin de réaliser des profits et de distribuer des dividendes. Augmenter la valeur monétaire du capital c’est l’inciter à demander encore plus, c’est l’inciter à exiger une part encore plus grande de la Valeur Ajoutée, c’est augmenter ses exigences et donc c’est entretenir la déflation.

Quand dans un système vous augmentez la contrainte de profit, vous éliminez tous les investissements, toutes les embauches qui ne permettent pas de réaliser ce taux de profit. Si vous voulez lutter contre la déflation et l’anémie d’une économie, il faut non pas inflater la valeur du capital ancien et le maintenir en vie, non il faut lui serrer la gorge, de telle façon qu’il s’adapte ou diparaisse laissant ainsi la Valeur Ajoutée , le surproduit disponibles pour d’autees activités et d ‘autres capitaux plus productifs socialement .

La hausse de la valeur du capital ou plutot de la contrevaleur du capital ancien est déflationniste. La hausse des Bourses est une erreur colossale de l’intelligence théorique de notre époque. De reflet de la prosperité , la hausse des Bourses s’est dialectiquement inversée en son contraire, c’est le boulet qui asphyxie/tue  la prospérité. Tout cela parce que la pensée théorique est aux mains des ploutocrates.

Faire monter les cours de Bourse c’est inciter les détenteurs de capitaux à aller les mettre en Bourse, à spéculer puisqu’il n’y plus de risque la hausse étant garantie,  au lieu d’investir productivement.

Faire monter les cours de Bourse est déflationniste car cela rend le capital ancien plus attrayant que le nouveau, cela détourne les capitaux  de prendre le risque de la production, de s’employer de façon productive, d’investir de distribuer des salaires et in fine d’embaucher.

Faire monter la Bourse c’est encourager la Grève du Capital et le renforcer dans ses tendances malthusiennes, dans ses tendances à constituer ce que l’on appelait avant à juste titre le Mur de l’Argent. Le Mur de l’Argent c’est quand le capital fait chanter les démocraties. Quand il les tient en otage.

Cessez de stimuler la hausse des cours de bourse qui procure des rentabilités/performances  de 15% l’an et forcez l’argent  à aller se « contenter » de profitabilités de 10% productivement et vous verrez le boom des affaires dans un délai de 3 ans! Vous verrez le boom des dépenses d’investissements, des embauches et des lsalaires. Vous verrez le vrai cercle vertueux remplacer la pourriture de l’enrichissement sans cause.

Taxez les hausses boursières, confisquez les profits tombés du ciel et ce sera la fin de la deflation malthusienne produite par l’excès de capital oisif, fictif, spéculataif.

Nos banquier centraux n’ont pas encore compris que la Bourse c’est le parking du capital ce n’est pas l’endroit ou il travaille c’est l’endroit ou il profite sans rien faire . Le ponzi est le plus redoutable ennemi de la croissance.

Au lieu de diriger vers la bourse, cassez la, découragez la , car alors  il faudra bien que ce capital excédentaire et oisif fasse quelque chose, il y  sera obligé faute d’alternative.

La rentabilité et les rendements boursiers font concurrence à la profitabilité que l’on peut espérer de la vraie production.

Le jour ou produire des vraies richesses sera plus rentable que de jouer en bourse, ce jour là les  économies repartiront et dare-dare car le capital ne peut se permettre de rater le coche du profit. Les détenteurs de capitaux sont en concurrence entre eux.

Ce ne sont pas les valeurs du capital boursier qu’il faut soutenir pour soutenir les économies, ce sont les salaires.

les salaires c’est l’économie, ils représentent une part et une imporance beaucoup plus grande  et surtout décisive pour l’activité et la croissance.

Las salaires font rouler la bicyclette, le poids du capital la fait tomber.

On doit s’interroger: qu’est ce qui est le plus condamnable, la tentative de la BCE de s’arroger le droit de faire du fiscal sans le consentement des peuples ou bien la veulerie des gouvernemenst censés représenter les peuples et donc avoir le controle de la fiscalité ou bien les partis populaires ou bien les syndicats qui baissent la tête et la bouclent?

Meme les partis de droite, de la droite juste, intelligente si il y en a une,  celle qui refuse le capitalisme devenu scélérat devrait s’indigner quand on parle d’enrichir les déja riches en soutenant et en faisant monter les cours de Bourse  avec de l’argent public. Ce n’est plus de l’économie de marché, c’est de l’économie de marché de dupes! C’est la forêt  de Bondy, on détrousse les pauvres au profit des riches et tout le monde se tait.

Si la banque cenreale achète des actions, elle en  fait monter le prix, elle augmente la fortune des déja riches  par un cadeau tombé du ciel.

Peu de gens ont un portefeuille en Europe, donc on donne à ces riches un pouvoir d’achat supplémentaire alors que les salaries eux n’en ont pas , ce qui signifie que l’on dilue, on abaisser le pouvoir d’achat relatif des salaires par rapport au capital. On augmente par une opération du saint  esprit  le pouvoir de prélèvement des riches sur la production et le patrimoine national.

Voici un gouverneur qui vous dit:  nous envisagons d’acheter des actions après avoir acheté des obligations, nous envisageons d’accroitre la  fortune  de ceux qui possèdent les actions, d’inflater plus encore  la valeur du capital des ploutocrates et … personne ne relève!

« Il ne faut jamais dire jamais », répond Robert Holzmann, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, à la question de savoir si la BCE pourrait un jour élargir ses rachats de titres aux actions, et ne plus seulement les limiter aux obligations souveraines ou d’entreprises.

Cette question n’a toutefois pas encore été discutée, ajoute le gouverneur de la banque centrale autrichienne dans une interview parue dimanche dans le journal Die Presse.

La BCE a décidé jeudi d’augmenter de 600 milliards d’euros, pour le porter à 1.350 milliards, le montant de son programme d’achats de dettes sur les marchés visant à soutenir l’économie de la zone euro face au choc provoqué par la pandémie de coronavirus.

« Il ne faut jamais dire jamais. Si la nécessité est là, cette discussion devra assurément avoir lieu. Mais actuellement cette discussion n’existe pas », a dit Robert Holzmann à Die Presse, en réponse à une question sur la possibilité pour la BCE de commencer à acheter aussi des actions.

Alors que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a fait de la question du changement climatique une priorité, le gouverneur de la banque centrale autrichienne se montre plus prudent.

« Il y a des idées sur le fait de devenir plus verts. Il faut cependant être très prudents parce qu’avec ces instruments, le marché est encore souvent très petit et peu liquide », a déclaré Robert Holzmann, en référence apparemment aux obligations « vertes ».

6 réflexions sur “Editorial. A lire si vous voulez comprendre pourquoi vous etes en colère: le temps de l’accaparement.

  1. Bonjour,
    Le patron d’Amazon, Jeff Bezos, a vu sa fortune pendant le confinement passée à 1000 milliards de dollars, je connaissais le mot millionnaire, milliardaire mais là ? trillionaire ? mot qui n’existe pas encore, je propose « profiteur »…

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  2. « Faire monter les cours de Bourse c’est inciter les détenteurs de capitaux à aller les mettre en Bourse, à spéculer puisqu’il n’y plus de risque la hausse étant garantie, au lieu d’investir productivement « :
    c’est même génialement retors de pousser les petits épargnants à participer à un système qui les spolie, les exploite, se fiche d’eux; ça fait penser au système pseudo participatif des stocks options dans les boites: 2 actions pour Mimile quand il s’est crevé à la tâche, et 10000 pour le CODIR (il n’y a qu’à regarder dans le document comptable annuel des grosses boite de combien ils se goinfrent, tous les ans, avec toujours une bonne raison), c’est un des mécanismes égalitariste insidieux de cancérisation des esprits.
    Encore un texte de BB qui devrait figurer dans de vrais cours d’économie (pour le moins).

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    1. Merci.

      J’essaie de rendre visible et clair ,
      ce qui est caché et complexe.

      Peu à peu je pense que les lecteurs finissent par toucher du doigt ce qui est dissimulé.

      Mais l’épaisseur du crâne humain est énorme, il faut le traverser, mais il y a pire!

      Il y a une résistance forcenée à n’en vouloir savoir, les masses ne veulent pas savoir, elles ne veulent rien savoir, elles râlent mais elles accceptent et pire elles en jouissent.

      Je dis, pire, elles en jouissent, elles subliment leur damnation, la rationalise et les soi disant partis et syndicats sont la concrétisation de cette « perversion jouissante » des masses.

      La nouveauté de la modernité c’est que les peuples jouissent de leur servitude grâce à la mise en place d’un imaginaire social.

      Plus que jamais il faut lire et relire le Grand Inquisiteur de Dostoievski.

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  3. 👍👋

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    ________________________________
    De : brunobertez
    Envoyé : Monday, June 8, 2020 11:03:38 AM
    À : jeanpaul197@hotmail.com
    Objet : [New post] Editorial. A lire si vous voulez comprendre pourquoi vous etes en colère: le temps de l’accaparement.

    brunobertezautresmondes posted: « Il y a eu le temps des partageux, nous sommes dans son renversement dialectique, dans l’ère de l’accaparement; une classe sociale veut tout pour elle. Depuis les années 80 les inégalités se creusent à un point tel que nos sociétés se disloquent, se frac »

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