Dans l’ensemble, les manifs forment une masse inachevée et «post-idéologique» . Elles ne se réfèrent à aucun des grands systèmes de croyance d’autrefois.
Elles combinent l’analphabétisme politique de la culture médiatisée avec tout le zèle moral d’une bien-pensance de l’évidence prisonnière du fétiche de l’argent.
La vision du monde est binaire d’un coté « nous » et de l’autre, « eux ». Qu’importe les incohérences ou les contradictions, on peut aussi bien manifester un jour pour moins d’impôts et le lendemain pour plus de dépenses des services publics. On peut applaudir le soir au balcon les soignants et le lendemain s’étonner qu’ils s’en prennent aux flics.
Les slogans priment sur la pensée du moment qu’ils sonnent bien, qu’ils sont repris et popularisés par la télé.
Les manifestants ne manifestent pas contre le système, ils en sont l’écho ou la résonnance inversés c’est à dire vu du coté de ceux qui en sont victimes. Mais ils sont dedans. Ils utilisent les formes, les structures, les Gestalt que le système met à leur disposition.
L’actionnisme, l’activistisme, la protestionnite en fait s’intègrent très bien dans les tendances dominantes de la société». Cela se voit clairement avec un Mélenchon qui utilise toutes les ficelles que la modernité met à sa dispostion.
L’actionnisme, l’activisme social sont régressifs … ils se suffisent masturbatoirement, ils refusent de réfléchir sur leur propre impuissance ».
Je crains que le Front Populaire réuni autour de Michel Onfray et d’un businessman de la Com, ne sombre dans cet onanisme. Surtout avec ses présupposés doctrinaux , c’est à dire avec ses absences doctrinales. Comme si on pouvait proposer une pensée critique sans références intellectuelles claires et solides.
La flexibilité et l’ouverture sont généralement louables mais elles rendent tabou toute discussion de fond sur les idées premières, les idées fondamentales qui guident l’action. L’anti intellectualisme corrosif procure des jouissances, il ne fait ni une stratégie, ni même une tactique. Il permet de briller .
L’impuissance c’est le vrai prix à,payer de ne pas penser
Éclatant de vérité, M. Bertez, un de vos meilleurs billets.
Un constat juste et implacable, vous révélez le vide propre à chacun et à l’époque. Non pas le vide idéologique, dont le constat est devenu un lieu commun, mais bien l’absence totale d’effectivité politique. L’agir réel est devenu impensable.
Votre analyse nous rapproche du coeur névrotique de la crise. Je ne sais pas si vous avez tapé dans le mille, mais clairement on s’en rapproche.
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Je vous remercie .
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Bonjour,
Effectivement, aucun impact ou des « avancées » uniquement voulues par le gouvernement ; Il existe un post cast très intéressant qui décrit très bien ces phénomènes et qui invite à une approche résolument différente : full spectrum résistance sur you tube (4 parties)… A voir vraiment
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Bravo et merci pour cet excellent article !
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Bonjour,
La solution est dans le départ pour le désert, comme en Egypte au IIIe siècle…
Marre de tout ce « cirque » (panem et circenses).
L’Empire n’a pas tenu plus d’un siècle…
Cordialement,
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Il est permis de penser que la France aurait besoin d’une gauche renouvelée, structurée pourvue d’une stratégie adaptée à la situation de la France dans le monde et aux aspirations des Français.
Il me semble que les demandes des « tigres de papier » sont parfois fort légitimes et méritent pleinement d’être prises en considération.
Bonne soirée
Gérard
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