«L’économie française va payer l’addition d’un diktat sanitaire déraisonnable»

Osons dire que ce long confinement général a été une faute grave au préjudice du secteur privé et des travailleurs indépendants,

argumente le banquier d’affaires Philippe Villin.

Par Philippe Villin

Le 16 mars, M. Macron nous confinait, nous invitant à lire et nous promettant l’absence de faillites. Une décision prise dans la panique sur le diktat des «savants», faute de masques et de tests, et faute d’utiliser la médecine de ville et de confiner seulement les personnes à risque.

Ce confinement général s’est accompagné d’un discours de terreur sanitaire et de la mise en place d’un État quasi policier pour convaincre et obliger les Français à «se mettre en prison chez eux», tandis qu’on les anesthésiait en leur garantissant leurs revenus et en leur promettant l’absence de conséquences économiques pour eux.

Le bilan de ce confinement aveugle est apocalyptique. Les Français et l’économie ont été tétanisés par la peur distillée chaque soir par les officiels en berne déclamant leur odieuse litanie des morts. Rien n’a été dit sur la maîtrise progressive de l’épidémie, ni sur les moyens supposés accrus (respirateurs) pour la combattre, tout cela dans un discours «scientifique» totalement confus et souvent contradictoire. Jamais non plus, il n’a été dit que la quasi-totalité de la population en âge d’apprendre,ou de travailler,ne risquait pratiquement rien. Et il a fallu attendre fin mai pour que l’on commence à nous expliquer que les populations à risque étaient fort limitées et que l’on aurait pu ne pas confiner tout le monde! C’est pourquoi beaucoup trop de Français, sans doute terrorisés, se sont complu – et se complaisent encore – dans l’inactivité, empêchant la reprise.

L’intérêt sanitaire de ce confinement aveugle est nul si l’on regarde nos chiffres de mortalité parmi les plus mauvais au monde, tandis que l’OCDE vient de nous accorder la palme d’or de la récession économique dans une prévision qui, à mon avis, sera largement dépassée dans la réalité,en raison en particulier de l’excessive lenteur apeurée choisie pour déconfiner, alors que trop de nos concitoyens se sont installés dans une (tor) peur, parfois trop heureuse.

Mais ils vont vite comprendre qu’ailleurs on a le plus souvent fait beaucoup mieux sans y ruiner l’économie.

L’État va avoir des comptes à rendre sur sa politique sanitaire, mais aussi et surtout sur la ruine qu’il a crééeTout ça pour ça. Sinistre bilan. La promesse de M. Macron de l’absence de faillites s’est donc avérée mensongère, ce d’autant plus que sa politique de sauvetage est insuffisante par rapport à l’étranger. En effet, seul le chômage partiel a été bien déployé. En revanche, il n’a toujours pas compris que le dommage infligé à beaucoup d’entreprises, et tout spécialement à celles dont il a de jure ou de facto arrêté les activités (tourisme au sens large, commerces non «essentiels», etc.) supposait un tout autre traitement.

J’avais proposé, avant même le confinement, un mécanisme de prêts aux entreprises pour passer le cap et couvrir leur manque à gagner, qui n’auraient été remboursés que sur le très long terme.

Sur ce modèle, on a créé les prêts garantis par l’État (PGE) – mais pas complètement par celui-ci – ce qui fait assumer injustement une partie du risque aux banques qui en ont donc fortement limité la distribution.La maturité de ces prêts (5 ans) est irréaliste. Les entreprises qui ont été arrêtées, ou quasi arrêtées, n’ont pas reçu suffisamment d’argent pour que leur bilan ne soit pas durablement compromis. Elles ont seulement eu 100 milliards d’euros de PGE, alors qu’il en faudrait probablement 300 milliards au moins! Ce n’est encore possible que si l’État donne enfin sa garantie totale. Faute de quoi, bien des entreprises ne reprendront pas leurs activités durablement, ou pas dans des conditions garantissant leur avenir.

L’État doit acter très vite le fait que beaucoup de ces prêts doivent être très étalés, et même souvent abandonnés. Pour trois raisons: d’abord parce que les entreprises ne pourront pas les rembourser en 5 ans, sauf à en crever et emporter avec elles nos banques. Ensuite, parce que beaucoup de «petits» meurent déjà ne les demandant pas (ou les banques les leur refusant) parce qu’ils savent qu’ils ne pourront pas les rembourser. Et enfin, parce qu’il n’y a pas de raison que seule une partie de l’économie qui, elle, a été arrêtée, quasi arrêtée ou ralentie paye la facture d’une décision sanitaro-politique (qui apparaîtra de plus en plus absurde) prise dans l’intérêt prétendu de tous les Français. Cela constituerait une rupture totale du principe d’égalité devant les charges publiques: ces entreprises n’ont en effet commis aucune faute, or l’État les assassine. Alors que l’État indemnise le secteur hospitalier privé qu’il a arrêté. N’a-t-il pas la même obligation pour toutes les entreprises qu’il a paralysées?

Cela nous amène directement aux conséquences de ce confinement fou sur la société française. Elle me paraît désormais au bord de la guerre civile et prête à exploser en trois au moins: la France des «traitements» qui n’a guère travaillé pendant la crise et a trop souvent vécu cette période comme des vacances, à l’exception bien sûr de personnels soignants ; la France des «salaires» où le meilleur a côtoyé le pire, parfois comparable au «retrait» de la France des «traitements» ; la France du «gagne-pain», totalement oubliée par MM. Macron et Philippe et qui a vécu cette période en assistant souvent, confinée et dans l’effroi, à la destruction du fruit de sa vie de travail.

L’État va avoir des comptes à rendre sur sa politique sanitaire, mais aussi et surtout sur la ruine qu’il a créée. MM. Macron et Philippe, voilà une addition historique à régler! Nous dirons tous bientôt «tout ça pour ça»: un terrorisme sanitaire absurde et inique débouchant sur des chômeurs par millions et des entreprises (et leurs actionnaires) qui ruinés vont bientôt présenter la note qu’il faudra payer par création monétaire, sauf à ce que le pays s’embrase, nous entraînant alors vers le territoire inconnu des extrêmes.



https://www.lefigaro.fr/vox/societe/l-economie-francaise-va-payer-l-addition-d-un-diktat-sanitaire-deraisonnable-20200618?utm_source=app&utm_medium=sms&utm_campaign=fr.playsoft.lefigarov3

 

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4 réflexions sur “«L’économie française va payer l’addition d’un diktat sanitaire déraisonnable»

  1. C’est lorsque l’élite dirigeante (politique, scientifique, économique, financière) se heurte au mur de la réalité (actuellement la crise provoquée par la Covid19) que l’on découvre que cette élite est globalement « hors sol » et constituée en proportion élevée de crétins diplômés (pour reprendre une expression d’Emmanuel Todd).

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  2. « L’État va avoir des comptes à rendre ».

    Il n’y en a pas eu à rendre hier ou aujourd’hui (comme beaucoup avaient pourtant annoncé, tel des prophètes, au crépuscule du confinement) et il n’y rendra aucun demain.

    Quelques actions en cours de « justice » ? C’est ça les « comptes à rendre » ?
    Certains ont vraiment essayé en 2018, résultat : véhicules de gendarmerie blindés, procès et condamnation frauduleux, œil crevé à coup de flashball.
    Un état totalitaire n’en rendra pas et n’en rendra jamais.

    Quand à la division en trois de la société française de Mr. Villin, c’est bien là toute la vision démagogique, arrogante et stéréotype du monde typique au banquier français : ceux qui « profite en foutant rien » (les chômeurs), les médiocres juste bon à être des employés et les pauvres petits entrepreneurs (se laissant si gentiment voler leur maigres bénéfices par le RSI) … à qui la banque n’accordera quand même pas le moindre sou.

    Et je pourrais encore continuer tellement cette « opinion » regorge d’inepties.

    C’est là cette mentalité pseudo-intellectuel de baby-boomer, se pensant illuminé de par sa « vie de dur travail », cette mentalité de « je cherche la performance donc je suis », qui empêche les gens modestes de prétendre à une source de revenues et qui vient parasiter les pensées académiques.

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  3. Philippe Villin qui est banquier d’affaires voit le problème du confinement depuis sa fenêtre de banquier d’affaires.

    Fallait il opter pour les choix américains et brésiliens qui se sont soldés par une mortalité très importante qui aurait pu être évitée?

    Bonne journée
    Gérard

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