L’or est, dans sa non-hausse, la poutre maîtresse du système. Le capital pour se maintenir en vie en est réduit à… se réduire, il en est réduit à ….se décapitaliser!

Rédigé par
Bruno Bertez
18 juin 2020

Il est vital, pour les autorités, que leur monnaie de singe soit nécessaire et acceptée partout ; pour cela, il faut qu’elles encadrent sévèrement la demande de vraie monnaie…C’est pour cela qu’objectivement l’or ne peut aller à la recherche de sa vraie valeur.

Il ne pourra le faire que lorsque l’Experience qui été tentée au début des années 80, expérience connue sous le nom de dérégulation se terminera. Elle est dans sa phase finale. Elle s’auto dévore.

La non-hausse de l’or, ou si on veut la maitrise de sa hausse sont les pierres angulaires de la stabilité du système mis en place au début des années 80.

Quand l’or montera de façon non-ordonnée, ce sera le bouquet final, la fin de ce système.

La fin de The Great Experiment.

L’or est sévèrement encadré, il est dans la boîte !

Il en va de l’or comme de la Liberté dans nos systèmes; c’est une plante fragile qui ne fleurit qu’en pots derrière les barreaux.

L’or ne peut être libre, comme vous.

Il ne peut en être autrement. Est-ce que vous imaginez que le refuge, le rebelle, la statue du Commandeur puissent indiquer aux masses que les autorités monétaires sont lancées dans une terrible aventure qui risque de détruire les monnaies papier ?

Non, bien sûr, et cela n’a rien à voir avec du conspirationnisme – c’est du simple bon sens : quand les autorités ont absolument besoin de créer des milliers de milliards de monnaie numérique, quand ils ont besoin qu’elle soit acceptée… alors il faut que la demande en soit assurée.

Le système n’a de parade aux crises que par la création de monnaie dématérialisée… et il peut créer cette monnaie si et seulement si la demande en est là. Son action n’est possible que si, ce qu’elle crée pour soutenir l’imaginaire financier, reste dans l’univers financier et ne soit pas échangé contre des biens réels.

Il faut que cette monnaie imaginaire reste dans le monde imaginaire, qu’elle n’aille pas dans le monde réel.

L’or ne peut plus monter de façon spontanée

Dans un monde où l’on crée des milliers de milliards de fausse monnaie qu’on n’a pas gagnée, même pas sur un pari jouable… quand on parie en tout ou rien… l’or ne peut absolument pas monter. Ou plus exactement il ne peut pas monter de façon désordonnée. Sa hausse quand hausse il y a doit rester à l’intérieur  de l’ordre .

Pour les autorités économiques et monétaires, c’est objectif, c’est nécessaire:  il ne peut monter.

Et peu importe de savoir comment cela se passe.

Objectivement, en terme de nécessité constitutive, le système repose sur un principe: ce qui est imaginaire doit rester dans l’univers imaginaire; ce qui est Fiat doit rester dans le Fiat et soutenir la valeur fictive du Fiat.

Ce principe a été entrevu dès le début des années 80 quand on a  mis en place la dérégulation. Elle consiste à pouvoir créer plus de monnaie et plus de crédit mais à une condition:  cette monnaie et ce crédit ne doivent pas sortir, ne doivent pas aller dans le monde réel.

Comme le dit le Finlandais Malinen parlant de la dérégulation et des politiques monétaires en cours:

  • si l’argent va dans l’économie réelle, c’est l’hyperinflation et la stagnation
  • -si l’argent va dans la finance ce sont les bulles d’actifs et la stagnation.

La possibilité de créer plus de crédit , plus de monnaie et ainsi de pouvoir accélérer la croissance semble séduisante ; si on a plus d’argent et si il coute très peu cher  grâce aux taux d’intérêt bas, on doit pouvoir investir plus et réaliser plus de profit. C’est ce qui a fonctionné pendant quelque temps; jusqu’à ce que le système bute sur ses contradictions.

Le capital s’est accumulé, suraccumulé, les rémunérations salariales ont stagné, la demande est devenue insuffisante pour faire tourner la machine, la dette est devenue envahissante.

Il a fallu passer à un stade supérieur, au lieu de créer la dette pour croitre il a fallu créer de la dette rien que pour soutenir la dette existante. Ce que l’on fait depuis 1999.

La théorie du ruissellement était le complément, lui aussi nécessaire, de la dérégulation: il a fallu imaginer intellectuellement un processus de transmission de la sphère financière, de la sphère de l’imaginaire à la sphère économique, c’est à dire au  réel.  Et c’est alors que l’on mis au point cette théorie.

Il s’est avéré quelle ne tenait pas debout, ce n’est pas du ruissellement qui se produit , c’est du goutte à goutte.

Les ultra riches, ceux qui profitent du système n’entrainent rien, leur taux d’épargne est trop élevé, leur propension à consommer est trop faible.

Ils ne sont pas les locomotives comme dans la Fable des Abeillles de Mandeville! Ils sont Le Boulet.

Quant aux autres, ceux qui ont les miettes et les gouttes, ils ne dépenenst qu’une fraction infime de l’enrichissement imaginaire provoqué par les politiques monétaires ce que Friedman avait parfaitement vu, mais pas ses successeurs.

Tout système vit et évolue en fonction de ses contradictions internes et externes; le système de la dérégulation financière, mis en place pour accélérer la croissance et booster la profitabilité s’est retourné en son contraire, il n’a dopé la croissance que pendant quelques dizaines d’années et il a fini par éroder la profitabilité au lieu de la stimuler.

Maintenant la dérégulation et son outil principal, l’inflationnisme monétaire ne servent plus qu’ à une chose: tenter de se maintenir, tenter de soutenir la pyramide d’actifs financiers surévalués qui ont été produits. Le système n’a plus qu’un obejctif: tenir coûte que coûte!

Le système s’est averé incapable de soutenir la croissance et le profit, il s’est auto-détruit et c’est ce qui est illustré/signifié  par l’aberration que constitue les rachats de leur propres actions par les firmes .

Le capital pour se maintenir en vie en est réduit à… se réduire, il en est réduit à ….se décapitaliser! La masse de monnaie de crédit déversée depuis 11 ans par la Fed équivaut à la masse des buy backs!

Le capital  est obligé de s’euthanasier, de se manger lui même pour maintenir sa profitabilité artificielle et sa valeur surévaluée. Ce que l’on  appelle le Ponzi est un processus d’auto destruction du capital.

Si vous avez compris cela, vous avez compris pourquoi l’or ne peut partir à la recherche et à la découverte de son prix ou de sa valeur, l’or est , dans sa non-hausse, la poutre maîtresse du système.

Le jour ou cette poutre lache, le système se révèle être ce qu’il est : une Grande Aventure en bout de course.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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2 réflexions sur “L’or est, dans sa non-hausse, la poutre maîtresse du système. Le capital pour se maintenir en vie en est réduit à… se réduire, il en est réduit à ….se décapitaliser!

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