Billet. Le soutien des marchés à des limites, un jour ceci sera testé et bien sûr le test sera négatif. Le mythe des liquidités.

Les dernières opérations de la Reserve Fédérale americaines ont considérabelment augmenté ce que l’on appelle la liquidité. 3 trillions de QE, ce n’est pas rien !

Que sont devenues ces liquidités, à quoi ont elles servi?

Plutôt que d’être utilisées à  la réduction des risques , au désendettement elles semblent  avoir  gonflé les dépôts dans les banques et les fonds monétaires. Elles  ont exacerbé les mouvements spéculatifs, gonflé encore plus les bulles dans les actions, dans le crédit aux entreprises, dans les bons du Trésor et les titres des GSE.

Ces 3 trillions ont stimulé un rallye qui a essentiellement invalidé les pratiques prudentielles et démontré l’inutilité des hedges, l’inutilité  des couvertures de risque de marché. L’action des autorités monétaires démontre aux yeux de  tous que s’assurer, être prudent, être rationnel est pénalisant; ceux qui ne s’assurent pas et ceux qui ne font preuve d ‘aucune retenue sont récompensés. Cela a des conséquences profondes sur les expériences et les apprentissages.

Cela aura des conséquences pour l’avenir. Beaucoup de stratégies de limitation/balance  des risques ont été dévastées. Deja ceux qui portent attention aux valorisations ont été punis et privés de performance , mais en plus maintenant ceux qui osent participer malgré les évaluations mais couvrent leurs risques sont eux aussi punis.

La prochaine fois c’est promis: nous serons encore plus imprudents.

La propagation du virus n’est pas enrayée, elle connait un regain. Le vaccin selon les spécialistes est peut être un mirage, de ce coté on se fait peut-être un peu trop d’illusions.  Les perspectives économiques continuent de se dégrader, partout on revise en baisse.  La divergence historique entre  les prix gonflés des actifs financiers et les capacités bénéficiaires  atteint des proportions telles que même la grande presse s’en aperçoit. Les ratios de défaillance commencent à progresser.

Comme nous l’avons vu, les trillions d’argent de la Fed peuvent certainement faire couler « le jus spéculatif ». Ils n’arrêteront pas les ventes lorsque celles ci reviendront, il n’y a ni arrêt fondamental  ni arrêt technique sur ce type de marché: tout le monde est du même côté du bateau avec la conviction partagée que tout est surévalué mais que la Fed assure le tout .

Ce qui frappe c’est la prise de conscience qui progresse, tout se dévoile, tout devient connu. ainsi même le petit spéculateur sait que la hausse a pour origine la politique monétaire, il sait que tout va mal et il sait que c’est parce que cela va mal que la Bourse va bien. Quand on atteint ce niveau de diffusion de la règle du jeu, il y a peu de réserve d’acheteurs. Tout le monde est « all in ».

La Fed a eu tort de ne pas entretenir l’incertitude, c’est à dire de ne pas considérer que sur un marché, pour qu’il fonctionne de façon ordonnée, il faut toujours deux sens. Il faut des acheteurs et des vendeurs potentiels.

Un marché qui n’a qu’un sens est un marché vulnérable. Il faut toujours maintenir une incertitude et surout ne pas promettre qu’il n’y aura plus  de risque. Promettre qu’il n’y a plus de risque c’est jouer en quelque sorte sa dernière carte.

Powell a, selon moi, considérablement augmenté les chances d’une nouvelle crise d’illiquidité et de dislocation du marché. Si il croit qu’en sur-inondant de liquidités excédentaires il a   pris une assurance, il se trompe naivement. La liquidité n’est pas une matière, c’est un mouvement, un fluide, c’est du mercure: quel que soit son volume, elle peut disparaitre en un clin d’oeil.

Il convient de rappeler  qu’une augmentation record de 1,1 Trillion   de la masse monétaire  M2 au cours des 12 mois précédents n’a pas empêché les marchés de sombrer dans l’illiquidité en mars dernier!

Les stress tests bancaires dont on nous rebat les oreilles en ce moment sont inadéquats car ils ne prennent pas en compte cette possibilité, la seule importante et significative, qu’un « run » se produire sur les marchés ou même sur un segment des marchés.

Lael Brainard : «de nombreuses grandes banques auront probablement besoin de plus de capital absorbant les pertes pour éviter de briser leurs amortisseurs dans des circonstances défavorables l’année prochaine».

Lael Brainard est à côté de la plaque, comme tous les banquiers centraux, à moins que ce ne soit volontairement qu’elle jette de la poudre aux yeux pour detourner l’attention du vrai problème des banques; le probleme des banques  ce n’est absolument pas les pertes ou les bénéfice des banques, le problème  c’est leur refinancement sur les marchés et par les marchés!

Un « run » même partiel est susceptible de provoquer une mise en risk-off immédiate avec gel des contreparties et surtout une pression irrésistible en faveur du désendettement spéculatif.

La liquidité est un produit de l’endettement spéculatif et elle disparait avec lui, elle disparait avec le deleveraging . Si pareil mouvement venait à se dessiner, si les marchés se bloquaient  à la baisse, qui ferait la contrepartie sur les dérivés? Certainement pas l’argent qui est supposé être sur les « side lines », car cet argent est un mythe entretenu par des gens qui n’ont rien compris aux marchés.

 

 

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