Editorial: dévoiler le monde dans lequel vous vivez; le pouvoir de ce qui est caché, invisibilisé.

« Les systèmes humains ne durent et ne produisent leurs effets que tant qu’ils sont non-sus, non-conscients, non mis a jour. Ainsi l’exploitation des masses par les élites et les dynasties par le biais du régime monétaire ne sera pas éternelle, le Gai Savoir un jour se répandra ».

Le contrôle social utilise toutes les ressources disponibles, surtout lorsque l’ordre social inique est menacé.

L’une de ces ressources, c’est l’Illusion.

Les sociologues n’étudient pas assez cette utilisation de l’illusion comme outil de contrôle social. Visiblement, ils n’ont pas compris que les ressorts qui étaient utilisés par la classe religieuse pour assurer son pouvoir sur les masses avaient été récupérés et mis au goût du jour de la modernité. Les élites dominantes utilisent toute la panoplie que le monde religieux a mis à sa disposition. Ainsi, elles utilisent les illusions; elles utilisent la sacralisation, elles font tomber du ciel des vérités qu’elles prétendent universelles alors qu’elles ne sont que partisanes.

Je reviendrai un jour sur toutes ces questions qui sont très importantes. Elles ont été abordées par exemple par Bataille qui fait comprendre très clairement et presque poétiquement comment une classe sociale s’octroie la part maudite, c’est à dire le surplus de la société. Mais ce sera pour un autre jour… Revenons-en à l’illusion.

Je suis un grand admirateur de David Copperfield: il voit grand. Il ne fait pas dans le petit truc médiocre sur une estrade, il trompe des villes entières. Il a compris que plus c’est gros, plus cela passe.

L’illusionniste trompe. Le fond consiste à faire croire qu’il est magicien. Tiens, tiens, cela vous met la puce à l’oreille, n’est-ce pas? Vous faites la relation avec le monde actuel où on vous parle quotidiennement d’argent magique.

David Copperfield ment. Il ment dans la mesure où il attire l’attention de son public sur un élément non signifiant, là où il se passe rien ou presque.  Pendant ce temps, il réalise son tour de soi-disant prestidigitation précisement à un endroit où le public ne regarde pas.

Avec les illusionnistes, c’est toujours ailleurs que cela se passe!

Venons-en au présent.

Les classes dominantes ne dominent que parce qu’elles ont la maîtrise de la richesse. Tournez cela comme vous voulez dans votre tête, vous n’en sortirez pas; elles dominent parce qu’elles ont l’argent, les patrimoines, les moyens de payer et d’acheter tout, y compris les politiciens.

La fonction des politiciens est aussi de gérer l’argent et de faire en sorte qu’il soit dirigé/alloué  au profit de leurs mandants. C’est de plus en plus en plus évident et quand les pseuso critiques/rebellocrates du système vous parlent de libéralisme ou de néo libéralisme, -ils ne connaissent rien à ces catégories- en fait ils désignent ces systèmes où l’argent, le capital et le profit dominent et où la classe politique est au service, comme dirait Macron, du pognon.

La classe dirigeante a à sa disposition deux outils pour manipuler l’argent, collecter les flux, diriger les masses de ressources et faire des cadeaux.

Ces deux outils sont la fiscalité et la gestion monétaire.

Avant, dans le vieux temps, on disait que c’était les deux mamelles de la souveraineté.

La modernité a changé tout cela.

Le changement a consité à déposséder la souveraineté  de l’un de ses attributs, le monétaire, et de faire en sorte que les peuples  regardent ailleurs. Ailleurs, c’est le chiffon rouge du grand guignol des assemblées élues  où on vote, ailleurs c’est la fiscalité!

On a, d’une part, invisibilisé le monétaire, changé la nature de la monnaie pour en faire un instrument des-ancré du réel et du travail, et on l’a sacralisé en en confiant la garde et le monopole aux nouveaux grands prêtres, les banquiers centraux, avec leur clergé, les banques et leur paradis, les marchés financiers.

Comprenez bien; tout ce que l’on vous dit sur l’indépendance des banques centrales et autres billevesées, c’est pour vous tromper, ou plutôt il faut comprendre que cette fameuse indépendance, c’est l’indépendance à l’égard de vous, des peuples, des représentants des peuples, pas indépendance vis à vis des puissances dites d’argent!

Les banques centrales sont indépendantes de vous, elles sont dépendantes des ultra-riches et des dynasties par le truchement des marchés.

La dépendance des banques centrales s’articule autour du chantage au chaos dans les moments graves, mais aussi en continu dans les passerelles, les tourniquets et pantouflages qui régulent les échanges entre le public et le privé.

Les banques centrales sont dépendantes des marchés, elles leur obéissent et elles pilotent en fonction de ce qu’elles croient qu’il faut faire pour leur plaire ou satisfaire à leurs  demandes. La relation des banques centrales et des marchés est dialectique, ils se tiennent par la barbichette. C’est un système.

C’est un système qui, à l’abri des rideaux de fumée de la technicité et des Mystères d’Eleusis, manipule l’opérateur essentiel du rapport entre  les hommes  et du rapport entre le présent et le futur:  l’argent, sa quantité et son prix.

Ce système, indispensable en régime capitaliste, gère les paramètres clefs qui permettent la marche de l’économie, la réalisation du profit et la reproduction/accumulation du capital.

En pratique, on peut sans exagérer dire que les banques centrales  permettent la reproduction de l’ordre social.

Et elles y mettent les moyens!

Le monétaire déplace des trillions, les sommes qu’il met en jeu croissent de façon exponentielle: en quelques semaines, on vient d’en créer une vingtaine dans le monde!

Les idiots inutiles de la pseudo-gauche des envieux nous « rengainent » avec la fiscalité. Ils n’ont pas compris que la fiscalité déplace des milliards tandis que la gestion scélérate de la monnaie déplace des centaines de milliards et maintenant des trillions. 
La crise oblige les élites et leurs auxiliaires  à dévoiler de façon caricaturale la réalité du système. La manne aux uns et les miettes aux  masses. Par les excès actuels, la vérité du régime monétaire spoliateur et dissymétrique en faveur des riches se donne à voir.
Ainsi, Powell de la Fed est dos au mur, accusé de produire des inégalités scandaleuses au profit de wall Street et au détriment de Main Street.
Ce n’est qu’un aspect de la situation, mais c’est le plus visible. Les cadeaux à Wall Street ne sont que la pointe de l’iceberg de la collusion entre les classes dominantes  et les banques centrales.
Déja les illusionnistes  sont obligés de se défendre et de mentir, c’est le début car, peu à peu, le caractère structurellement producteur d’inégalités des régimes monétaires actuels va apparaître au fil des débats.
La classe bourgeoise capitaliste se fissure car tous n’en bénéficient pas. Les spéculateurs profitent plus, beaucoup plus, que les producteurs.

 

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