La guerre est une fatalité. 

La guerre est une fatalité. 
C’est une fatalité quand les relations se détériorent et que les frictions ne peuvent plus se résoudre pacifiquement. J’ai la conviction que nous avons dépassé les lignes rouges.
Au lieu de rapprocher les peuples, l’économie les dresse les uns contre les autres. La lutte pour le surplus dresse les hommes les uns contre les autres. 
C’est vrai au plan extérieur avec l’affrontement que l’on voit s’amplifier et s’approfondir entre les Etats Unis et la Chine. Le camp occidental se fabrique jour après jour un camp ennemi.
C’est vrai également au plan intérieur ou peu à peu dans les différents pays les conditions de la guerre civiles se mettent en place. Nos sociétes se fracturent et les élites ont choisi une tactique dangereuse, au lieu de gouverner en recherchant l’unité et le consensus, elles gouvernent par défaut en utilisant la technique de la division des sociétés civiles.
Ne haussez pas les épaules, regardez ce qui se passe dans les grandes villes américaines, à Portland par exemple.
Les milices de tous bords se forment.
La milice noire NFAC au Mount Rushmore, USA,  4 juillet 2020
Ne croyez pas que j’exagère, prenez du recul, ne minimisez pas , nos sociétés se fracturent, la haine s’installe.
Prenez du recul analysez les apppels américains à former une grande alliance contre la Chine et son système politique.
Prenez du recul, interrogez vous. Pourquoi mène-t-on une politique monétaire et financière de temps de guerre avec des déficits colossaux, avec la certitude de la destruction de la monnaie, si on ne sait pas que c’est acquis, qu’il n’y a pas d ‘autre issue?
je ne suis pas précurseur, je ne prévois rien; je ne fais que tirer les conclusions de ce que j’observe à la lueur de l’histoire:
Partout, la confiance a disparu.
Rédigé par
Bruno Bertez
27 juillet 2020

Les Etats-Unis ont franchi une ligne rouge avec la Chine – mais les tensions viennent de plus loin, et dépassent le « simple » conflit sino-américain : c’est le système tout entier qui est touché.

Depuis 2009, nous sommes en guerre.

Je me tue à le répéter car c’est le facteur explicatif majeur de la période.

Cette guerre a pour origine la fin de la prospérité illusoire produite par la grande vague de crédit mondial : quand le butin se rétrécit voire disparaît, les brigands s’entretuent.

La prospérité, c’est de l’huile dans les rouages nationaux et internationaux. Quand elle cesse, tout se grippe. La prospérité, c’est le grain à moudre dans les relations domestiques, sociales, internationales et géopolitiques.

Le monde de la concertation est mort

Nous sommes dans un monde de compétition stratégique et de guerre froide – lesquels préparent la guerre militaire. On fabrique des ennemis ; on transforme les alliances comme l’OTAN en machine de guerre du monde dit libre contre l’autre, contre le rival qu’est devenu le bloc chinois.

On reprend en main les sociétés civiles, on les encadre, on les censure, on militarise les polices, on désigne les ennemis intérieurs et extérieurs. On clive, on passe en force. Finies les recherches d’unités nationales, on exclut.

On attend la vraie guerre.

« Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien » : je l’ai écrit dès 2010 et je n’ai cessé de le répéter. Nous sommes sur la pente, dans l’engrenage.

Donald Trump n’est qu’un pantin, jouet de l’Histoire qu’il croit conduire. Un pantin, certes… mais il incarne les forces de la superpuissance qui poussent à la guerre car elle ne veut pas renoncer à l’hégémonie.

Elle ne veut pas renoncer au statut que la Deuxième guerre mondiale lui a donné. Elle veut que dure « the world America made », le monde fait par l’Amérique.

L’Histoire se remet en marche

Nous sommes dans un mouvement historique bien décrit et analysé par Thucydide. On ne cède jamais la première place sans combattre. Les idiots qui avaient prédit la fin de l’Histoire se sont trompés ; l’Histoire se remet en marche.

J’ajoute que cela est vrai au niveau géopolitique – mais on verra aussi qu’elle se remet en marche au niveau intérieur chez les pays occidentaux. La taupe creuse, elle ronge nos sociétés. Tout est miné. Les plaques tectoniques bougent.

Vous pouvez lire ici le discours de Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat US, qui franchit la ligne rouge.

Pourquoi vivons-nous la fin de la prospérité ?

Parce que le système capitaliste a buté sur ses limites. Il a buté sur la raréfaction du profit d’entreprise, sur l’insuffisance du profit de production – et face à cette limite, il a refusé de se réformer. Il a refusé de se purger du dépassé, de l’inadapté. Il a voulu forcer la dialectique, forcer la logique de son propre système.

Au lieu de dépasser ses contradictions, le système s’y est enfermé.

Il a voulu faire de la fuite en avant, il s’est dopé par la dette et la fausse monnaie tous azimuts. Le monde, au lieu d’être réaliste, s’est envoyé en l’air avec des opioïdes monétaires.

La dette s’étant accumulée et suraccumulée, le monde a croulé sous les mauvaises créances, sous l’usure, sous l’insolvabilité. En 2008 puis 2020, il a voulu à nouveau fuir en avant en masquant l’insolvabilité par la création de liquidités, de signes monétaires.

Le système a truqué ses livres de comptes, il a ajouté des zéros partout. Il a accumulé les promesses intenables. Le monde en est au stade du « marche ou crève », du « coûte que coûte » !

La création de liquidités est venue gonfler les cours de Bourse ; elle a provoqué une hernie de capital fictif, une débauche zombiesque de capital de poids mort.

Ces liquidités n’ont pas atteint les économies réelles, en revanche ; il n’y pas eu transmission. Les signes n’ont eu aucune prise sur la matière.

Echec de l’alchimie financière

L’alchimie financière a échoué à transformer le plomb des dettes et de la fausse monnaie en richesses réelles et en croissance. On est en déflation, disent-ils ! Non, on est en dépression, masquée par des constructions Potemkine.

Résultat : une bulle financière colossale. Tout est bullaire – le crédit, les actions, l’immobilier, les dérivés, les emprunts d’Etat.

La pyramide ainsi créée est instable ; elle menace de s’écrouler, elle ne peut résister à aucun choc. Nous sommes dans l’instabilité, la volatilité, la frivolité généralisées.

Tout est pourri, fragile, mal évalué, mal financé par du court qui finance du long, mal financé par du sans-risque qui finance du risque. Nous sommes rongés par l’absence de vrai capital et de vraie assurance pour faire face aux sinistres.

Nous vivons dans le bluff.

On ne peut plus accepter de sinistre, il faut maintenir l’illusion de la perfection.

On est impuissant mais on joue la comédie de la toute-puissance, on ment, on manipule, on triche, on falsifie.

Déjà, on contrôle les peuples, on les fait vivre dans l’imaginaire, on les enfume avant de les mettre au pas.

Nous sommes en guerre économique contre la dépression.

Nous sommes en guerre financière pour maintenir l’édifice qui branle et se fissure.

Nous sommes en guerre pour la répartition des richesses et des revenus, avec la rareté qui domine et les inégalités qui explosent.

Les élites sont en guerre contre tout et tout le monde pour maintenir l’ordre social qu’elles sentent très menacé.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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4 réflexions sur “La guerre est une fatalité. 

  1. Croire que BLM ne peut pas mal tourner, c’est croire qu’une révolution peut ne pas mal tourner.

    Un révolutionnaire est quelqu’un qui est en lutte contre ce qu’il identifie être la cause de sa souffrance, et donc de tout ce qui le frustre, cause ses échecs, ce qu’il estime être la cause de tout ce qui le limite, impliquant sa propre volonté de domination.

    Vu l’implication émotionnelle, rien ne pourra tempérer son pathos. La raison étant ce qui tempère la passion – et donc la limite -, vu qu’il lutte contre ce qui le limite, il ne pourra qu’y être imperméable.

    Considérer qu’une révolution ne dégénère pas, implique de miser sur le bon sens d’une personne en full pathos, sur la capacité à se modérer d’un type qui est en lutte contre toute forme de modération de sa passion.

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    1. Je fréquente les USA depuis longtemps et regulièrement , j’ai toujours considéré que le problèmèé racial était non résolu, simplement on l’occulatait.

      j’ai toujours palpé la haine, ressenti un malaise et ce bien avant les évènements. Il n’y a pas qu’à Atlanta ou Chicago ou Seatlle.

      Contrairementra ce que l’on essaie de nous faire croire le mouvement de MLK n’était pas pacifiste, non violent. Un ouvrage vient de sortir, il est écrit par un lieutenant opérationnel de MLK et il démonte cette constructuction des biens pensants, MLK croyait à la violence simplement a juste titre il avait compris que ce n’était pas l’image qu’il fallait donner.

      Il n’existe pas de libération sans violence, c’est un intox bourgeoise que d’essayer de le faire croire et les petits bourgeois , la chair à canons de la grande bourgeoisie s’en rendront compte.

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  2. Pour comprendre ce qui peut vous arriver je vous recommande le documentaire Disappaering world – « We are all neighbours – Visnjica (Kiseljak) ’93 », de l’ethnologue Tone Bringa.
    On le trouve facilement et gratuitement.

    L’auteur film un village multi-ethnique au début de la guerre de Yougoslavie. Au début les villageois ne croient pas à la guerre puis l’engrenage les obligent à choisir leur camp.

    Ca c’est passé en Europe il n’y a pas si longtemps. le film est en couleur et il n’y a aucun commentaire simplement les voix des habitants. Le résultant n’est que plus percutant.

    L’auteur a fait un deuxieme film « returning home – revival à bornsian village ». Si vous savez ou le trouver merci de partager.

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