Les mystères de la monnaie

Les évènements actuels; crise sanitaire et crise financière attirent l’attention sur … l’air que l’on respire, c’est à dire sur la monnaie.

Ainsi on a entendu des hommes politiques parler d’argent magique, de monnaie qui pousse sur les arbres,  et on entend de temps à autre des soi disant savants qui  parlent d’un air entendu d’une nouvelle théorie monétaire: le Chartalisme ou encore la Modern Monetary Theory. Cette théorie développée par l’Allemand Knapp date de …1895.

D’habitude, personne ne parle de la monnaie, c’est un sujet dont on ne débat pas, c’est un sujet non pas tabou, mais occulté. Circulez il n’y a rien à voir.

Nous vivons/baignons  dans la monnaie, comme dans l’air et c’est tellement évident que cela nous structure inconsciemment, cela fait partie de nos catégories profondes. Nous habitons la monnaie et le monde est monétaire à un point tel que cette structure reste enfouie, non accessible. Nous avons du mal à acceder à notre propre logique constitutive,  la psychanalsye nous l’a enseigné.

Nous sommes prisonners des évidences monétaires,  nous sommes prisonniers de ce qui se donne pour simple apparence sans intériorité, sans au dela.

Par exemple nous sommes prisonniers de la notion de prix, nous oublions qu’un prix est exprimé en monnaie, qu’il est une relation qui, en dernière analyse, met en cause la valeur et le statut de ce en quoi il est exprimé.

La question de l’équivalence qui consiste à accoler un prix à un bien ou un service ne suscite en général pas de question: on dit une once d’or équivaut a 2000 dollars , on ne dit pas un dollar vaut 1/2000e d’once d’or.

On oublie la symétrie. On considère que la monnaie c’est l’étalon de mesure, tombé du ciel, l’invariant tandis que ce qui bouge c’est la valeur de ce que la monnaie mesure. Bien sur c’est faux!  L’once d’or est ce qu’elle est, invariante, telle qu’en elle même,  mais ce qui bouge c’est le pouvoir d’achat en or de la monnaie. Et c’est d’autant plus vrai qu’ en ces temps de crise on crée des trillions et des trillions de fausse- fausse monnaie, de monnaie zombie.

Bien peu de gens ont la capacité intellectuelle d’inverser l’équivalence et de considérer que la hausse des prix des biens et des services ou la hausse de l’or mesure la depréciation relative de la monnaie. Il faut une singulière force de caractère  pour inverser les « évidences » quotidiennes  . Pourtant cela est utile.

Ainsi s’agissant des actions si vous inversez l’équivalence vous comprenez mieux que les actions et les indices ne traduisent pas un enrichissement réel, mais préfiguent la valeur future, la dépreciation de la monnaie à l’égard des biens et services.  Ce ne sont pas les indices qui montent , c’est la valeur future de la monnaie qui se déprécie! Je sais c’est difficile à comprendre mais il faut pour l’admettre revenir aux fondamentates; une action c’est la somme actuelle de tous les flux que celle ci va generer, mettons à l’horizon de sa maturité communément admise c’est à dire environ 40 ans. Et ces flux, leur valeur dépendra des revenus et les revenus dépendront du GDP nominal donc de la future hausse des prix.

Comme par hasard, ce sujet de la monnaie  est le plus occulté, et c’est lui qui est au centre des problèmes de notre époque et au centre des faux remèdes à ces problèmes.

Tout problème politique, social, géopolitique et maintenant sanitaire est traité par l’inflationnisme. Qu’est ce que l’inflationnisme ? C’est la doctrine qui  dit que  la création de signes monétaires et de crédit -puisque nos monnaies sont des monnaies de crédit- sont la solution à tous les problèmes.

On franchit un pas supplémentaire  dans le monde moderne en affirmant que grâce à la monnaie et au crédit, les responsables de la conduite des affaires sont tout-puissants, qu’il peuvent résoudre tous les problèmes, Ils en ont les moyens simplement ils n’en ont pas toujours  la volonté. Pour simplifier la doctrine de l’ inflationnisme postule que tous les problèmes peuvent être traités par la monnaie; les élites en ont les moyens puisqu’elles ont la planche à billets , mais ce qui manque c’est la volonté.

La monnaie et sa création alimentent le mythe de la toute puissance des élites et donc symétriquement celui de votre impuissance, celui de la vanité de les contester. Celui qui donne tout peut aussi tout reprendre n’est ce pas!

C’est la thèse qui est caricaturellement défendue par le prix Nobel Krugman et c’est celle de l’ancien candidat démocrate à la présidence américaine contre Trump, Sanders .

Retenez bien, la monnaie peut tout, elle est magique, toute puissante et si  on échoue c’est par ce que l’on ne  veut pas faire ce qu’il faut . C’est la volonté qui manque.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que la monnaie soit occultée; en effet c’est la monnaie qui constitue l’un des mystères sur lesquels reposent nos sociétés capitalistes  et monétaires.

Capitalisme et monnaie sont intrinséquement liées car pour réaliser son profit, sa plus value le Capital a besoin de transformer ses marchandises en monnaie et ensuite de re-transformer cette monnaie en investissement, matières , salaires etc . Le cycle du capital et sa possibilité de prélever son profit, ce cycle  est monétaire.

Donc vous pensez bien que dans un système ou tous les vrais   rouages doivent être cachés et non-sus, on ne va pas, à l’Ecole ou à l’Université vous apprendre à comprendre la monnaie, ce qu’elle est , ce qu’elle n’est pas et surtout ce qu’elle dissimule! La monnaie dissimule les transferts, les mouvements réels de la richesse entre les groupes sociaux, les catégories sociales  dans le présent  et dans le temps. La monnaie et sa maitrise produisent le Pouvoir.

Dans le système éducatif on vous apprend une « ragougnasse » d’imbécillités dont la fonction est de masquer la réalité monétaire et de renforcer le fétiche. Même au plus haut niveau, -niveau gouvernemental- la chose monétaire est incomprise; j’entends par là que l’on fait en sorte que vous ne compreniez pas ce qu’il y a derrière la monnaie, la création monétaire, les échanges  monétaires, le passage de la monnaie à l’alchimie de la quasi monnaie,  et les échanges monnaie contre marchandises.

Qui vous explique que la politique dite monétaire consiste à soutenir les cours et la valeur des créances anciennes , à empêcher que leurs prix chutent  sous leur propre poids et que l’on soutient la valeur de ces créances comme on le fit en 1930 pour ceux des produits agricoles.  On soutenait alors le cours du blé et du coton pour éviter qu’ils ne s’effondrent …En soutenant artificiellement la valeur de ces créances on fait en sorte qu’il s’en produise encore plus, plus qu’il n’en faut, plus qu’on ne peut le supporter et que comme dans les années 30, le soutien des prix entrainera la surproduction.  A force de soutenir artificiellement les prix un jour c’est l’impasse,  il faut baisser les bras. Dans les années 30, apres la phase de soutien des prixdu coton et du blé  il a fallu se rendre à l’évidence, la situation est intenable, il faut accepter l’effondrement. Qui comprend la réalité de l’engrenage monétaire dans lequel nous sommes?

Greenspan disait en 2006 qu’il ne savait plus très bien ce qu’est la monnaie; elles est devenue trop complexe, elle prend trop de formes différentes  , evanescentes , et c’est vrai que sous cet angle là, on ne sait plus ce qu’il faut prendre et considérer comme monnaie. C’est pour cela que l’on ne peut plus la gérer quantitaviement :  on ne sait plus la définir. Il  y a tellement de bestioles, plus ou moins abstraites, plus ou moins mathématiques qui font monnaie.  Et il y a tellement de monnaie apparente qui ne fait pas monnaie.

Ainsi vous savez que je soutiens que les  politiques dites monétaires actuelles sont tout sauf monétaires; elles ne créent pas de vraie monnaie.

il y a des gens qui, eux, ont compris une fois pour toutes ce qu’est la monnaie et ils le savent d’instinct, par culture et transmission familiale du savoir, ce sont les très grandes dynasties type Rothschild.  Elles, je l’ai constaté, vivent en dehors de la névrose monétaire,  elles ne tombent pas dans le piège du fétiche, elle raisonnent au dela de la monnaie, elles en ont la maitrise.

Les maitres  de la monnaie ce ne sont pas les malheureux comme Greenspan ou Draghi et encore moins la Chouette, non les vrais maîtres ce sont ceux qui une fois pour toutes  vivent en dehors de la bouteille, ils  ont soulevé le voile  monétaire et  découvert les réalités qu’il dissimule.

Pour le public, l’argent et la richesse sont des synonymes. L’argent est la richesse et la richesse est l’argent. C’est le mythe qui permet de « baiser » les gens, c’est le mythe qui fait accepter la monnaie , le mythe qui fait croire que la monnaiee est une réserve de valeur. Son maintien donne aux puissants les moyens de passer pour tout puissants.

Le pouvoir de la monnaie est réel, mais c’est un pouvoir qui repose sur la Mystification qui consiste faire croire que la monnaie est encore monnaie et correspond à l’empreinte psychique que vous avez en vous de la vraie monnaie.

L’étiquette ne correspond plus à ce qu’il y a dans le flacon. Et symétriquement ce que vous ne considérez pas comme de la monnaie- par exemple des promesses de monnaie- en fait est de la monnaie. On a fait glisser les réalités derrière le voile des mots.  Le Put de la Fed c’est de la monnaie.

L’argent ne crée pas de richesse. L’argent à notre époque est un outil pour prendre dans la poche des uns pour déverser/transférer  dans la poche des autres.

La quantité d’argent ou de crédit produits dans une économie sont moins importants que l’endroit ou ils sont distribués. Ceux qui le reçoivent en premier sont favorisés.

Savez vous par  exemple que la monnaie peut prendre la forme Capital et pallier à l’insuffisnce de mises de fonds propres des capitalistes et ainsi bonifier leur taux de profit?

Moins vous avez besoin de miser de capial et plus la profitabilité de ce capital  est grande, mais hèlas plus le facteur risque lui, est important; si la banque centrale promet de toujours faire face au risque a votre place, elle augmente votre profitabilité … au détriment de la valeur de la monnaie detenue par le public

L’erreur la plus évidente et pourtant la plus ancienne et la plus obstinée  est celle de confondre «argent» avec «richesse» .Ce qui nous rend riches, c’est une abondance de biens, et ce qui limite cette abondance, c’est la rareté des ressources: à savoir la terre, le travail et le capital.

La multiplication des signes  de monnaie ne fera pas exister ces ressources. Nous pouvons nous sentir deux fois plus riches pour le moment, mais il est clair que tout ce que nous faisons est de diluer/avilir  la masse monétaire existante .

 

 

2 réflexions sur “Les mystères de la monnaie

  1. Pour approfondier le sujet, lire Rosa Luxembourg :
    1898 Réforme sociale ou révolution ?
    Chap 2 : L’adaptation du capitalisme

    Extraits :

    « …Au cas où la tendance interne de la production capitaliste à un accroissement illimité se heurte aux limites de la propriété privée, aux dimensions restreintes du capital privé, le crédit apparaît comme le moyen de surmonter ces limites dans le cadre du capitalisme. »

    « On sait que les crises résultent de la contradiction entre la capacité d’extension, la tendance à l’expansion de la production d’une part, et la capacité de consommation restreinte du marché d’autre part ; en ce sens le crédit est précisément, nous l’avons vu plus haut, le moyen spécifique de faire éclater cette contradiction aussi souvent que possible. Tout d’abord, il augmente la capacité d’extension de la production dans des proportions gigantesques ; il est la force motrice interne qui la pousse à dépasser constamment les limites du marché. Mais il frappe de deux côtés. En sa qualité de facteur de la production, il a contribué à provoquer la surproduction ; en sa qualité de facteur d’échange il ne fait, pendant la crise, qu’aider à la destruction radicale des forces productives qu’il a lui-même mises en marche. Dès les premiers symptômes d’engorgement du marché, le crédit fond ; il abandonne la fonction de l’échange précisément au moment où celui-ci serait indispensable ; il révèle son inefficacité et son inutilité quand il existe encore, et contribue au cours de la crise à réduire au minimum la capacité de consommation du marché. Nous avons cité les deux effets principaux du crédit ; il agit encore diversement sur la formation des crises. Non seulement il offre au capitaliste la possibilité de recourir aux capitaux étrangers, mais encore il l’encourage à faire un usage hardi et sans scrupules de la propriété d’autrui, autrement dit il l’incite à des spéculations hasardeuses… »

    « Ainsi le crédit, loin de contribuer à abolir ou même à atténuer les crises, en est au contraire un agent puissant. Il ne peut d’ailleurs en être autrement. La fonction spécifique du crédit consiste – très généralement parlant – à corriger tout ce que le système capitaliste peut avoir de rigidité en y introduisant toute l’élasticité possible, à rendre toutes les forces capitalistes extensibles, relatives et sensibles. Il ne fait évidemment ainsi que faciliter et qu’exaspérer les crises, celles-ci étant définies comme le heurt périodique entre les forces contradictoires de l’économie capitaliste. »

    « En un mot, le crédit ne fait que reproduire les contradictions cardinales du capitalisme, il les exaspère, il accélère l’évolution qui en précipitera l’anéantissement, l’effondrement. »

    Ce texte a été écrit en 1898 mais il est toujours d’une actualité brûlante en 2020.

    Questions subsidiaires :

    Qu’ont fait nos élites, en particulier depuis 1945, pour corriger ces effets pervers du capitalisme ?
    Rien sinon de profiter du système ?

    A moins que le capitalisme soit intrinséquement pervers ?
    On comprend alors mieux l’interdiction de l’usure par le Catholiscisme au moyen-âge et par l’Islam.

    lien :
    https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1898/r_ou_r1_2.html

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