Un petit coup de projecteur sur la financiarisation. Elle ne tombe pas du ciel!

La financiarisation ou financialisation n’est pas un mythe ou une invention de complotistes, c’est une réalité incontournable. Sa manifestation visible, son mode d’apparaitre  ; c’est l’explosion de la masse des actifs du secteur financier.

Le symptome de son excès c’est la fragilité  et sa tendance à l’instabilité .

Ici cette explosion est exprimée en pourcentage de la production annuelle; le GDP. Chiffres incontestables car officiels.

Il y a un « avant » et un « aprés ».

«La financiarisation pointe  le rôle croissant des motivations financières, des marchés financiers, des acteurs financiers et des institutions financières dans le fonctionnement des économies nationales et internationales.»

C’est la définition qu’en donne Epstein.

Il la complète et décrit tout un monde:

Epstein déclare:

-«certains auteurs utilisent le terme« financiarisation »pour désigner l’ascendant de la« valeur actionnariale »en tant que mode de gouvernance d’entreprise;

-certains l’utilisent pour évoquer la domination croissante des systèmes financiers des marchés de capitaux sur les systèmes financiers basés sur les banques;

-certains suivent l’exemple de Hilferding et utilisent le terme «financiarisation» pour désigner le pouvoir politique et économique croissant d’un groupe de classe particulier: la classe des rentiers;

-pour certains, la financiarisation représente l’explosion du commerce financier avec une myriade de nouveaux instruments financiers;

-enfin, pour Krippner, qui a utilisé pour la première fois le terme – elle-même, le terme fait référence à un «modèle d’accumulation dans lequel le profit se fait de plus en plus par les canaux financiers plutôt que par le commerce et la production de marchandises» ».

C’est cette définition qui me semble la plus interessante car Krippner précise:

La Finance est le nouvel exploitant dominant, et non le Capital en tant que tel. Ainsi, la finance est désormais le véritable ennemi, et non le capitalisme en tant que tel.

L’instabilité et la nature spéculative du capital financier sont la véritable cause des crises du capitalisme, et non de la baisse de la rentabilité de la production des choses et des services, comme le soutient la loi de la baisse de la rentabilité du capital de Marx.

Cette affirmation de Krippner présente une faille considerable: elle fait descendre la financiarisation du ciel, sans cause, sans origine. Or, la financiarisation , c’est un processus étalé dans la durée, elle a bien une origine et cette origine c’est la crise de profitabilité du capital productif qui a commencé en  1973 et qui a été progressivement  contrée par la mise en place du néo liberalisme et les réformes de la dérégulation.

La financiarisation ne tombe pas du ciel, elle est produite par le besoin pour le système économique de pallier l’insuffisance des revenus et l’insuffisance du taux de profit du capital par la production de dettes. 

C’est important car cela suggère que l’on ne peut revenir en arrière sur la financiarisation sans douleur: il faut d’abord traiter la cause de cette pervsersion et cette cause c’est qu’il n’y a pas  assez de profit dans le système, et il n’y a pas assez de profit parce qu’il y a trop de capital qui y prétend.

Face à la raréfaction relative du profit , on ne peut distribuer tous les revenus dont le système a besoin pour tourner et c’est la dette/le crédit  qui complètent les revenus aussi bien pour les entreprises,  que pour les gouvernements et que pour les ménages. Pour résumer il n’y en a pas assez pour tout le monde.

Cette théorie de la financiarisation de Krippner ne permet pas de comprendre les crises et elle est incapable de rendre compte des raisons pour lesquelles dans le monde financiarisé, on est obligé de peser sur les  salaires, de confisquer les gains productivité, bref on est obligé de hausser le taux d’exploitation des salariés.

Ben Bernanke, ancien chef de la Réserve fédérale américaine pendant le grand boom du crédit du début des années 2000, a proposé  sa version de la «financiarisation» comme tombée du ciel et seule cause des crises. Pour lui, les crises sont le résultat de «  paniques financières  » – c’est-à-dire que les gens perdent la tête et paniquent pour vendre et réduire  leurs dettes  d’une manière totalement imprévisible, tout cela serait le   résultat de divers facteurs psychologiques ». Les fameux animal spirits de Greensapsn.

Simple question; pourquoi si tout cela n’est que psychologique , non causé, non justifié dans l’eéconomie réelle, pourquoi est ce que tout n’est pas rentré dans l’ordre par la suite?

La financiarisation a une cause réelle, matérielle et non psychologique, qui se situe dans l’économie réelle et cette cause c’est la tendance à l’érosion de la profitabilité du capital laquelle oblige les agents économqiues à completer lerus ressources gagnées par le credit, c’est à dire par la constitution d’actifs financiers.

 

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