Editorial: Ils ont le pouvoir parce qu’Ils prennent tout et ils prennent tout parce qu’ils ont le pouvoir.

je sais c’est compliqué, mais si c’était simple et facile d ‘accès « ils » ne vous baiseraient pas aussi facilement.


Il n’y a pas de science économique. Il n’y a qu’un corpus de pseudos savoirs relatifs à l’économie dont le but est de prétendre éclairer ce domaine tout en l’opacifiant.

La finalité du discours économique est d’endormir, de faire vivre dans un monde d’illusions, de masquer, de faire en sorte que les structures cachées du système restent non-sues.

Si les règles de fonctionnement du système restent non révélées, alors il y a place pour une catégorie de Grands Prêtres, qui eux connaissent ou prétendent connaitre les Mystères, exploitent les fidèles, et à partir de là s’assurent des positions sociales supérieures. Des positions d’autorité.

Ce savoir est administré de façon monopolistique par les institutions faitières du système, les banques centrales, les banques commerciales, les banques d’investissement, les bureau d’études des grandes institutions boursières, les universités, les institutions internationales, les médias du business . Bref ce savoir est administré d’autorité par tous ceux qui ont interêt sonnant et trébuchant à ce que cela dure et que le système qui les fait vivre se reproduise à leur profit.

C’est la raison pour laquelle, les prévisions économiques , même celles des meilleurs sont toujours fausses, raisons pour lesquelles les crises ne cessent de se multiplier, de s’approfondir, de se rapprocher; les niveaux de vie des salariés baissent depuis des décennies malgré les progrès dans les moyens de produire les biens et services, les masses de dettes mondiales et nationales ne cessent de grossir. C’est la raison pour laquelle la spéculation financière a remplacé l’investissement productif.

La science économique ne peut en même temps avoir pour fonction de mentir et tirer de ses mensonges des conclusions justes.

L’économie n’est pas une science car elle ne peut procéder scientifiquement par expérimentation; ce n’est pas une science, car elle est incapable de prédire. Ce n’est pas une science car ses bases épistémologiques sont fausses. Ses concepts sont bidons. J’ajouterai que lorsqu’elle explique, elle le fait de façon non logique, elle est truffée de contradictions .

La science économique, c’est la science de Molière , elle est diafoirique.

La vogue des modèles traduit la faiblesse inhérente à la pseudo science économique, le modèle est le refuge des ignorances , il est fondé sur la répétition, il se borne à constater sans expliquer et à projeter, à reproduire. Caché derrière la formulation mathématique, le modèle est un véhicule idéologique. Le modèle inclut en fait l’hypothèse de la reproduction du système et c’est pour cela que les économistes l’aiment tant.

Pour comprendre les vices des modèles utilisés par les économistes je vous conseille d’étudier Alain Badiou, qui est à mon sens l’un des plus grands philosophes français contemporains. Il a donné quelques cours excellents sur les modèles. Mais c’est vrai c’est difficile à suivre!

(Le concept de modèle, Alain Badiou)

 Lénine: Les épistémologies des modèles sont des formations idéologiques réitérées.

Althusser: « la conception empiriste du modèle comme idéologie de la connaissance reçoit de la confusion entre l’instrument technique qu’est effectivement un modèle, et le concept de la connaissance, toutes les apparences nécessaires à son imposture » (Althusser, 1968, p. 44).

L’imposture de la diffusion de la notion de modèle doit donc être dénoncée.

Le meilleur exemple de ces contradictions et donc de ces ignorances étant la question de l’inflation, des salaires, bref la question posée par la courbe de Phillips. qui est tautologie imbécile.

Le domaine d’excellence de la science économique c’est la tautologie. Votre fille est muette parce quelle ne parle pas!

La parole économique est un narrative, souvent inversé, c’est à dire qui marche sur la tête, c’est un roman qui prend appui sur les évidences , et les apparences, pour les tordre dans un sens qui convient à la reproduction de l’ordre social, pas appui sur la science.

Ainsi on vous dit que le mal c’est qu’il n’y a pas assez d’inflation alors que l’on devrait vous dire:

il n’y a pas assez d’inflation car l’offre est supérieure à la demande , la demande est trop faible parce que les salaires ne sont pas assez élévés et les salaires ne sont pas assez élevés parce que le profit est insuffisant, et il n’y a pas assez de profit parce qu’il y a trop de capital qui prétend en avoir sa part. En résumé: il n’y a pas assez de profit pour donner toute sa rentabilité au capital accumulé.

Hélas ce ne sont pas les apparences qui président aux mouvements du monde, ce sont les forces, les structures cachées, les nécessités non-sues.

Pour vous en persuader penchez honnêtement sur les discours tenus par les élites et leurs intellectuels depuis le début de la crise en 2008 et n’oubliez jamais leurs erreurs. Les élites ont, en plein milieu d ‘une crise de surendettement, proné l’austérité c’est à dire le ralentissement de la production de richesses, c’est à dire le ralentissement de la production de tout ce qui sert à solvabiliser les dettes. Et maintenant ils pronent les taux zero et negatifs afin de soutenir la demande et l’investissemnt alors que les entreprises n’investissent pas et que les taux zéros ne servent qu’à diriger le Capital fictif, le Capital monétaire vers les Bourses et alimenter les paris spéculatifs Ponzi!

Leur pseudo savoir alimente des politiques de Gribouille, tels qu’augmenter la production de dettes …pour faire face à un excès de dettes. On creuse le trou … pour sortir du trou.

C’est la raison pour laquelle, les prévisions économiques, même celles des meilleurs sont toujours fausses, les crises ne cessent de se multiplier, de s’approfondir, de se rapprocher, les niveaux de vie des salariés baissent depuis des décennies malgré les progrès dans les moyens de produire les biens et services, les masses de dettes mondiales et nationales ne cessent de grossir, la spéculation financière a remplacé l’investissement productif. La richesse réelle se contracte, la richesse fictive explose;

Un document de recherche d’Isabel Cairo et Jae Sim de la Fed, retient mon attention. «Market Power, Inequality, and Financial Instability».

Ce document prétend expliquer les aberrations scandaleuses présentes comme les inégalités croissantes et l’instabilité financière. Bien entendu il s’agit d’exonérer la Fed et les banques centrales.

C’est un article de recherche technique qui mérite que l’on s’y arrete: «Quelques tendances séculaires sont apparues dans l’économie américaine au cours des quatre dernières décennies…

Voici ces tendances :

Premièrement, la croissance des salaires réels a stagné derrière la croissance de la productivité au cours des quatre dernières décennies

Deuxiemement par conséquent, la part du revenu du travail a diminué régulièrement…

Troisiemement, la part des bénéfices avant impôt des entreprises américaines a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies… apres impots aussi puisque les impots ont été baissés

Quatrièmement, l’inégalité des revenus a été exacerbée au cours des quatre dernières décennies…

Cinquièmement, les inégalités de richesse ont également été exacerbées au cours des quatre dernières décennies…

Sixièmement la hausse de l’endettement s’est accompagnée d’une instabilité financière croissante… »«

Les auteurs développent un véritable modèle de cycle économique et montrent, disent-ils que la hausse du pouvoir de marché des entreprises sur les marchés des produits et du travail au cours des quatre dernières décennies génére toutes ces tendances séculaires.

«Dans cet article, nous étudions quantitativement le rôle du pouvoir de marché croissant des entreprises sur les marchés des produits et du travail pour expliquer les six tendances séculaires.

Ce faisant, nous nous inspirons de Kalecki (1971), qui … a prédit que le pouvoir de marché des entreprises augmenterait avec le temps et que, par conséquent, la part du travail diminuerait à long terme.

Nous sommes déja dans la Tautologie car si le capital a les moyens de s’accumuler à l’infini, il domine à la fois les revenus et la richesse et donc mécaniquement par sa logique interne d’accumulation il devient de plus en plus plus puissant et il impose sa Loi. Pas besoin de s’appeler Kalecki pour trouver cela.

La question subsidiaire qu’il conviendrait de se poser à ce stade c’est comment le capital réussit il à s’accumuler à l’infini sans destructions et sans crises de surproduction? Et la on obtient une reponse intéressante: c’est grace à la production croissante de dettes et grace à la politique des banques centrales qui évite les crises de destruction périodiques.

Le travail de ces auteurs présente toutes les apparences de la rigueur et l’appel à l’autorité de Kalecki, est habile. Kalecki est une référence qui marche bien.

Économiste polonais de formation keynésienne, Kalecki a centré sa réflexion sur l’idée que la variable causale dans les fluctuations économiques est l’investissement.

On dit que c’est un post keynésien , mais en fait c’est une sorte de marxiste dissident non avoué. En effet dire que le moteur du cycle c’est l’investissement n’est pas très éloigné du fait de dire que le moteur du cycle c’est le profit. .. puisque le moteur de l’investissement c’est … la recherche du profit. Le modèle de variation cyclique élaboré par Kalecki considère la demande d’investissement comme le principal élément agissant du cycle. Il suffit de faire un pas de plus et on arrive sur mon terrain celui ou je defends que la variable centrale de nos économies est le profit, lequel profit est à la fois le carburant et le moteur de l’investissement.

Que nous disent ces auteurs en reprenant du Kalecki mal assimilé?

Ils nous disent tous nos maux viennent de l’accroissement du pouvoir des entreprises sur les marchés!

Tout ce travail pour arriver à cette évidence qui non seulement est accessible à tous , mais en plus ne veut rien dire. Elle n’explique rien puisque c’est une tautologie; les entreprises se taillent la part du lion parce que …ce sont des lions. Elles ont le pouvoir parce qu’elles prennent tout et elles prennent tout parce qu’elles ont le pouvoir.

La cause du fait que les entreprises confisquent le surproduit et enrichissent les capitalistes c’est parce qu’elles sont devenues plus fortes que les salariés d’une part et leurs gouvernemnts démocratiques d’autre part.

On rêve face à une telle indigence de la pensée.

Et comment et pourquoi les entreprises sont elles devenues plus fortes? Voila la bonne question.

Mais à cette question, pas de réponse.

Rien.

Rien sur la chute tendancielle du taux de profitabilité du capital qui l’oblige depuis 40 ans à surexploiter la main d’oeuvre au détriment de l’équilibre offre/demande de biens de consommation.

Rien sur la chute du murs de Berlin, qui a détruit la référence au socialisme réel d’opposition et affaiblit les luttes salariales

Rien sur la defaite des classes salariées avec le néo libéralisme Thatcher/Reagan

Rien sur le capitalisme Crony qui permet aux kleptocrates d’acheter le pouvoir politique,

Rien sur la trahison des clercs et des intellectuels qui ont mis leur savoir au service du capital en échanges de quelques miettes

Rien sur la financiarisation qui donne au Capital l’accès aux gratuitement aux financement sans épargner au préalable

Rien sur l’activité scelérate des banques centrales devenues « indépendantes » et se sont mises au service du tres grand capital. Elles prennent à leur charge les risques que le capital fait courir au système, on vient encore de le voir en Mars dernier.

Rien sur la socialisation des pertes quand le capital echoue

Rien sur la globalisation et la mise en concurrence mondiale des travailleurs

Rien sur les destructions culturelles qui visent à plonger les salariés dans un univers de désirs et d’addictions

Rien sur les taux d’intérêt nuls qui permettent de financer sans épargne toutes les innovations qui économisent le travail, et surtout permettent de tuer les classes moyennes épargnantes

Rien ..rien sur rien .

Voila la science économique dans sa pureté cristalline.

5 réflexions sur “Editorial: Ils ont le pouvoir parce qu’Ils prennent tout et ils prennent tout parce qu’ils ont le pouvoir.

  1. Excellente formule « la science économique a pour fonction de masquer le fonctionnement réel de l’économie » … formulation qui devrait entrer dans toutes les têtes assujetties à la dette !!

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  2. Rien n’émerge sans se poser les  » bonnes » questions… Un bon cocktail de « blocages » semble nous divertir…
    No pain, no gain …
    Merci Monsieur Bertez.

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