Editorial: mes conseils pour traverser la crise, ne tombez pas dans les pièges, aucun gouvernement ne veut votre bien.

Bernard Tapie: « on ne meurt jamais socialement parce que l’on n’a pas assez de dettes, on meurt toujours parce que l’on en a trop« .

Première Partie :

Je suis financièrement ultra-conservateur. Dans les temps anciens, c’était une qualité. A notre époque, c’est un défaut. Tous les enseignements et toute mon expérience m’ont conduit à penser que l’orthodoxie financière n’était pas un vain mot et qu’elle seule permettait de véritables créations de richesses socialement et personnellement utiles.

Ce point de vue de l’orthodoxie financière, je le tiens de ma formation en business school, de mon expérience, car j’ai repris plusieurs affaires en faillite, de mon activité sur les marchés financiers et, finalement, de mes recherches sur la finance et la monnaie.

Je peux vous assurer qu’il n’existe absolument jamais de progrès en matière de monnaie et de crédit. Ce que l’on vous présente toujours comme progrès, c’est l’habillage d’une dérive qui ne veut pas dire son nom. C’est toujours des trucs, des pseudo-innovations, dont le seul but est de repousser les limites de la solvabilité et de l’honnêteté.

Depuis la fin des années 70 et le début des années 80, nous vivons dans ce monde qui porte bien son nom: le monde de la dérégulation financière.

Dérégulation, cela dit bien ce que cela veut dire, même si on l’oublie; déréguler, c’est retirer les règles, les supprimer, faire comme si elles n’existaient pas. En d’autres termes, c’est émettre plus de crédit et plus de dette en repoussant les limites de la solvabilité réelle. Comment repousse-t-on les limites, car la solvabilité est toujours ce qu’elle est, inchangée?

On repousse les limites de la solvabilité de nombreuses façons, par exemple en baissant sans arrêt les taux d’intérêt. Par exemple, en inflatant subrepticement la monnaie pour l’avilir. Par exemple, en socialisant le risque, c’est à dire en faisant en sorte que ceux qui prennent les risques n’en subissent pas les conséquences, et que ce soit les autres, des tiers payants, qui paient.

Il y a encore beaucoup d’autres moyens, et on peut écrire toute une bibliothèque sur les mille et un façons d’augmenter la masse de crédit au-delà de la solvabilité d’un système.

Tous ces moyens reposent sur la mauvaise foi, la malhonnêteté, la tromperie et le mensonge. La solvabilité, elle est ce qu’elle est, elle est exogène. Une dette est solvable si ce qu’elle finance procure assez de cash-flow à la fois pour payer les agios et pour rembourser le principal à l’échéance. Point à la ligne. On n’en sort pas. Tout le reste, c’est de l’illusion.

Nos systèmes se sont enfoncés dans le crédit pour repousser leurs limites internes. Nos systèmes ont choisi, dans les années 60, le beurre, l’argent du beurre et de baiser la crèmière. On a choisi la consommation, les répartitions sociales sans limite et les canons; maintenant les drônes. Tout cela excède les possibilités courantes et réduit les occasions et les opportunités d’investir de façon rentable dans l’économie productive.

L’investissement productif s’étiole, il est concurrencé par la spéculation financière. Conséquence de l’érosion de l’investissement productif, les gains de productivité sont de plus en plus maigres. Conséquence de gains de productivité de plus en plus maigres, de la spéculation financière, du poids des dettes et du vieillissement des populations, le potentiel de croissance de nos systèmes ne cesse de ralentir.

Que fait-on pour compenser?

Réponse: on augmente encore le poids des dettes.

A votre avis, où va-t-on?

Réponse: dans le mur.

Où? Quand? Personne ne sait, car cela ne dépend que d’une chose, cela dépend du temps qu’il faudra pour que les peuples s’en rendent compte.

Deuxième Partie :

Le gouvernement français en la personne du simplet Bruno Le Maire annonce un plan d’aide de 15 milliards pour lesPME sous la forme d’un crédit dont le taux sera entre 1 et 3% c’est à dire 2%. C’est un piège.

Le gouvernement vous offre la corde pour vous pendre. Pourquoi? Parce que ce que vous avez perdu depuis les imbécilités du mois de mars, c’est votre argent, c’est vos fonds prores.

Et par quoi veut-il que vous remplaciez votre argent, cet argent qui assurait votre sécurité, il veut que vous le remplaciez par des dettes, c’est à dire quelque chose qui augmente vos risques. Il veut, comme on le dit aux Etats-Unis, vous faire jouer la ferme. C’est à dire que vous jouiez votre vie sur un pari. Ce pari, c’est celui de la reprise de l’activité économique à un niveau supérieur à celui des années précédentes. Or, c’est rigoureusement et mathématiquement impossible car la croissance potentielle, de l’aveu même de la Commission Européenne, a été réduite.

Ayez le bon réflexe, refusez la corde qui vous est tendue. Quand on est en perte, il n’y a qu’un moyen de rétablir la situation, c’est:

  • travailler plus
  • réduire ses frais, tous ses frais et tous ses coûts, pour les proportionner au chiffre d’affaires actuel et non aux espoirs de chiffre d’affaires
  • si vous avez encore un patrimoine inactif qui ne rapporte rien, liquidez le pour réconstituer les fonds propres de votre entreprise.

Une réflexion sur “Editorial: mes conseils pour traverser la crise, ne tombez pas dans les pièges, aucun gouvernement ne veut votre bien.

  1. Vous avez oublié la deuxième jambe de la rhétorique de Simplet. Il faut que les français consomment, sinon pas de reprise ! Simplet fait semblant de croire qu’en 2022, nous aurons retrouvé le PIB de fin 2019. Il sait aussi bien que vous et moi que c’est débile. Mais, son excuse est déjà écrite, ce sera la faute aux français qui ne consomment pas assez .

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s