L’habit fait le moine, le masque fait l’idiot.

Cet article du psychologue comportementaliste Patrick Fagan paru dans le mensuel britannique The Critic explore les raisons pour lesquelles les masques “rendraient les gens stupides” et seraient une forme de “déshumanisation.” Extraits.

[…] “Les masques peuvent désormais être ajoutés à la liste des obligations qui vous rendent stupides. […] voici les faits qui expliquent pourquoi vous ne devriez absolument, catégoriquement, pas porter de masque. Ils vous rendent influençables ; ils vous rendent plus susceptible de suivre les directives de quelqu’un d’autre et de faire des choses que vous ne feriez pas autrement.

En bref, ils vous privent de votre fonction exécutive – votre conscience.

Un excellent exemple nous vient d’une étude réalisée par Mathes et Guest (1976), qui ont demandé aux participants s’ils seraient prêts, et combien ils devraient être payés, pour porter une pancarte à la cafétéria de l’université disant “la masturbation, c’est chouette” Les résultats ont montré que lorsque les gens portaient un masque, ils étaient plus susceptibles de porter l’affiche et qu’il leur fallait moins d’argent pour le faire (30 dollars contre 48 dollars en moyenne).

Pendant ce temps, Miller et Rowold (1979) ont présenté un bol de chocolats aux participants à Halloween et leur ont dit qu’ils n’avaient le droit d’en prendre que deux chacun. Lorsque les enfants pensaient qu’ils n’étaient pas surveillés, ils se servaient eux-mêmes. Les enfants sans masque ont enfreint la règle, en prenant plus de chocolats, 37% du temps, contre 62% pour les enfants masqués. Les auteurs ont conclu que les masques “entraînent une diminution des inhibitions comportementales”. […]

Les effets désinhibiteurs du port d’un masque sont décrits par les psychologues en termes de suspension des mécanismes de contrôle du surmoi, permettant aux impulsions subconscientes de prendre le dessus. Saigre (1989) a écrit que les masques “raccourcissent” les systèmes de défense conscients et encouragent une “régression massive” vers un état plus primitif ; Castle (1986) a écrit que les mascarades du XVIIIe siècle permettaient aux porteurs de masques de libérer leurs pulsions hédonistes et sexuelles réprimées ; et Caillois (1962) a écrit de la même façon sur les carnavals masqués européens impliquant des activités libidinales, notamment “les indécences, les bousculades, les rires provocateurs, les seins à découvert, les imitations de bouffonnerie, une incitation permanente à l’émeute, les festins et les excès de paroles, de bruit et de mouvement”.

Au XIIe siècle, le pape Innocent III a interdit les masques dans le cadre de sa lutte contre l’immoralité ; et en 1845, l’État de New York a rendu illégal le port de masques en public par plus de deux personnes, après que des agriculteurs aient porté des masques pour attaquer leurs propriétaires.

Du point de vue de la neuro-imagerie, les masques sont connus pour inhiber l’identité et le contrôle des impulsions – tous deux associés à la fonction exécutive dans le cortex préfrontal (par exemple, Glannon, 2005 ; Tacikowski, Berger & Ehrsson, 2017). En d’autres termes, les masques font taire le Jiminy Cricket dans le cerveau.

Il n’est pas étonnant que le fait de se couvrir la bouche nous fasse taire psychologiquement. Des études ont montré que les vêtements ont un effet puissant sur notre façon de penser (ou non), via un principe connu sous le nom de cognition encapsulée : le port d’une blouse de laboratoire améliore la fonction cognitive (Adam & Galinsky, 2012), le port d’une blouse d’infirmière augmente l’empathie (López-Pérez et al., 2016), et le port de marques contrefaites augmente la probabilité de tricher dans un test (Gino, Norton & Ariely, 2010). De même, dans le monde du langage corporel, le fait qu’une personne mette sa main sur sa bouche est un signe qu’elle écoute attentivement : elle est prête à recevoir des informations, et non à les remettre en question.

Bien qu’aucune étude ne se soit penchée sur l’effet des masques sur le raisonnement verbal, on peut supposer sans trop se tromper que l’amorce d’un “silence” aurait un effet cognitif. Par exemple, les extravertis sont moins dociles que les introvertis (Cohen et al., 2004 ; Gudjonsson et al., 2004) ; le développement de la conscience chez l’homme est fortement lié à celui du langage (par exemple, Arbib, 2006) ; et la parole intérieure est fortement liée aux fonctions cognitives (Alderson-Day & Fernyhough, 2015). Le raisonnement verbal est étroitement lié au raisonnement moral (Hayes, Gifford & Hayes, 1998) : l’incapacité à “parler” réduit la capacité à déduire un comportement moral et immoral.

Il existe également une raison plus fondamentale pour laquelle les masques peuvent rendre stupide : la diminution du flux d’oxygène vers le cerveau. Les voiles faciaux réduisent la fonction ventilatoire à long terme (Alghadir, Aly & Zafar, 2012), et les masques chirurgicaux peuvent réduire l’oxygénation du sang chez les chirurgiens (Beder et al., 2008) : croyez-le ou non, se couvrir la bouche rend la respiration plus difficile. En examinant le masque facial N95, une étude de 2010 (Roberge et al.) a conclu que “les niveaux de dioxyde de carbone et d’oxygène étaient respectivement nettement supérieurs et inférieurs aux normes ambiantes du lieu de travail” à l’intérieur du masque. Une étude post-COVID a révélé que 81 % des 128 travailleurs de la santé qui portaient un masque ont développé des maux de tête à la suite du port d’un équipement de protection individuelle (Ong et al., 2020).

Non seulement les masques faciaux rendent la respiration difficile, mais les preuves qu’ils fonctionnent même pour arrêter la propagation du coronavirus sont au mieux limitées. Une marque populaire de masque porte même un avertissement sur son emballage indiquant qu’il “n’offrira aucune protection contre COVID-19” ; quant à la prévention des porteurs de la maladie, une méta-analyse a révélé, par exemple, que sur huit études d’essais contrôlés randomisés, six n’ont constaté aucune différence dans les taux de transmission entre les groupes de contrôle et d’intervention (tandis que l’une d’entre elles a constaté qu’une combinaison de masques et de lavage des mains est plus efficace que la pédagogie seule, et l’autre que les masques N95 sont plus efficaces que les masques chirurgicaux standard ; bin-Reza et al., 2012). Les masques non chirurgicaux, tels que les écharpes et les chiffons, sont presque inutiles (Rengasamy et al., 2010). Les masques peuvent même être malsains, provoquant une accumulation de bactéries autour du visage (Zhiqing et al., 2018).

Le fait que les masques ne fonctionnent probablement même pas nous amène à la dernière raison pour laquelle le port d’un masque inculque la stupidité et la conformité : à travers un bombardement de mensonges, de contradictions et de confusion, l’État submerge votre capacité à raisonner clairement.

Comme l’a écrit Theodore Dalrymple, “Dans mon étude des sociétés communistes, je suis arrivé à la conclusion que le but de la propagande communiste n’était pas de persuader ou de convaincre, ni d’informer, mais d’humilier ; et donc, moins elle correspondait à la réalité, mieux c’était. Lorsque les gens sont contraints de se taire lorsqu’on leur raconte les mensonges les plus évidents, ou pire encore lorsqu’ils sont contraints de répéter eux-mêmes ces mensonges, ils perdent une fois pour toutes leur sens de la probité. Consentir à des mensonges évidents, c’est en quelque sorte devenir soi-même mauvais. La volonté de résister à quoi que ce soit est ainsi érodée, et même détruite. Une société de menteurs émasculés est facile à contrôler”.

Le but des masques faciaux n’est pas de protéger les humains, mais de diminuer l’humanité – de voler aux gens leur ego, leur identité et leur autonomie. […]

Il est difficile de prédire comment la roue de la vie tournera dans les années à venir, mais tous les signes laissent présager des difficultés. Pendant les années de crise d’un cycle générationnel, une seule chose peut être garantie : l’importance d’un esprit clair. Pour cela, il faut se permettre la dignité, l’identité et le Logos de l’être humain – et ne jamais, jamais porter de masque.”

Lire l’article intégral (anglais) :
– The Critic : Face masks make you stupid

7 réflexions sur “L’habit fait le moine, le masque fait l’idiot.

  1. « Une marque populaire de masque porte même un avertissement sur son emballage indiquant qu’il “n’offrira aucune protection contre COVID-19”
    Cette remarque on la voit souvent sur les blogs, mais toujours en termes flous comme ci-dessus. Cette remarque parait tellement énorme qu’elle demande des preuves : photocopie de l’emballage en question, l’endroit où l’on peut acheter ce genre de boites et vérifier de visu… En lisant ce genre de phrases, on a l’impression de naviguer en plein complotisme. En fait ça dessert ceux qui sont contre le masque.

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    1. Je ne m’intéresse pas à tout cela , je n’écris d’ailleurs pas sur ce sujet mais je passe de temps à autres qq points de vue à titre de service rendu . Ma santé est de ma responsabilité pas de celle de l’état et des politiciens et leur clique. Tout comme ma sexualité et bcp d’autres choses.

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    2. Facile à vérifier : la prochaine fois que vous allez au supermarché, examinez une boîte de masques. (Une photo, ça se trafique facilement, ce n’est pas une preuve.)

      Pour ma part, j’ai eu la réponse que je cherchais : bien sûr, les fabricants de masques se protègent en stipulant que leur produit ne protège pas contre le SARS-Cov-2

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  2. « ne jamais, jamais porter de masque »
    plus facile à dire qu’à faire si on ne veut pas se faire taxer de 135€ ou 400€ ni se faire cogner par les flics. Pourquoi affoler des employés qui n’y sont pour rien ? Pas utile non plus d’essayer de faire de l’humour.
    Seuls mes proches savent parfaitement à quoi s’en tenir et je ne me prive pas de faire connaître mes sentiments de « complotiste » à ceux que je croise.
    Ma réponse, c’est le même bout de masque que j’utilise depuis 3 mois, et que je laisse glisser sous le nez le plus souvent possible.

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  3. Je lis votre article dans un parc pour enfant à 16:45. Il fait bon , un petit vent agréable.
    Nous sommes 3 Parents sur 10 à avoir retirer le masque . 7 0% des parents souhaitent Peut-être montrer à leurs enfants qu’il est important d’obéir.

    3 lycéens sans Masques jouent au ping pong au fond du parc. Ça me remonte Le morale de les voir.

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    1. J’ai réussi un exploit ce matin au sommet de Revard Savoie, il faisait un temps splendide et je vois deux masqués, je m’avance et je leur dis mais retirez moi ces masques profitez du bon air, de ce soleil de ce temps superbe de cette vue sur le Mont Blanc, ils m’ont répondu mais on est fragiles, j’ai ajouté que voulez vous qui vous arrive ici suspendu au dessus du lac du Bourget et miracle ils l’ont retiré…

      Alphonse de LAMARTINE

      1790 – 1869
      En ces temps là la tuberculose faisait des ravages mais je ne crois pas que pour autant les gens vivaient masqués….

      Le lac
      Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
      Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
      Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
      Jeter l’ancre un seul jour ?

      Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
      Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
      Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
      Où tu la vis s’asseoir !

      Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
      Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
      Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
      Sur ses pieds adorés.

      Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
      On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
      Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
      Tes flots harmonieux.

      Tout à coup des accents inconnus à la terre
      Du rivage charmé frappèrent les échos ;
      Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
      Laissa tomber ces mots :

       » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
      Suspendez votre cours :
      Laissez-nous savourer les rapides délices
      Des plus beaux de nos jours !

       » Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
      Coulez, coulez pour eux ;
      Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
      Oubliez les heureux.

       » Mais je demande en vain quelques moments encore,
      Le temps m’échappe et fuit ;
      Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
      Va dissiper la nuit.

       » Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
      Hâtons-nous, jouissons !
      L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
      Il coule, et nous passons !  »

      Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
      Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
      S’envolent loin de nous de la même vitesse
      Que les jours de malheur ?

      Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
      Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
      Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
      Ne nous les rendra plus !

      Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
      Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
      Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
      Que vous nous ravissez ?

      Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
      Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
      Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
      Au moins le souvenir !

      Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
      Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
      Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
      Qui pendent sur tes eaux.

      Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
      Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
      Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
      De ses molles clartés.

      Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
      Que les parfums légers de ton air embaumé,
      Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
      Tout dise : Ils ont aimé !

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