Editorial: il faut oser parler de la finance, la faire sortir de l’ombre, oser des-amalgamer, la désacraliser. Sortir du Ponzi financier.

La financiarisation de nos systèmes a atteint un stade critique.

Nous en sommes au point ou les décisions de gestion des responsables que sont les gouvernements et les banques centrales sont mainteant imposées par l’état précaire du sytsème financier. Il est devenu « too big to fail« , c’est à dire qu’il est devenu beaucoup trop important pour qu’on puisse le laisser tomber en faillite.

La finance est devenu envahissante, elle est maintenant systémique. Systémique au sens ou elle met en danger toute notre société.

Ce constat ne vise pas simplement les banques, oh non, car les banques ne sont plus qu’une modeste partie de la finance.

Ce constat vise d’abord et avant tout les marchés financiers, le système bancaire de l’ombre,- le shadow- et les très grandes banques.

Il vise également la partie financiarisée des grandes entreprises qui pratiquent l’ingénierie financière à grande échelle et les grandes institutions financières comme les caisses de retraites qui , face à l’erosion des rendements de leurs placements ont été obligées de participer à la financiarisation par le biais des hedge funds, des dérivés et des Privat Equity et autres armes de destruction massive.

La financiarisation est un avatar qui se développe régulièrement lors des périodes d’expansion capitaliste. Ceci a été fort justement démontré et analysé par Minsky.

Minsky est un neo keynesien c’est à dire qu’il ne s’interroge absolument pas sur le fondement radical de l’évolution financière vers la finance spéculative.

Il passe à coté de l’essentiel à savoir que le développement capitaliste, à un moment donné, bute sur l’érosion du taux de profitabité des actvités productives et qu’il devient plus rentable de développer la spéculation financière que les équipements productifs.

C’est ce qui s’est passé vers le milieu des années 60 dans nos systèmes lorsque l’effet de l’après guerre ont cessé de « booster » les taux de profit.

Remarquez que le refuge de l’ignorance de Minsky est résumé clairement lorsqu’il dit que « les économies capitalistes ont tendance à passer d’une structure financière dominée la couverture des risques à une structure spéculative.

Une tendance qu’est-ce que cela veut dire? Rien , pour être scientifique il faut découvrir l’origine de cette tendance, il faut trouver les forces à l’oeuvre, ses causes.

Ces causes sont endogênes au système, elles se regroupent sous le chapeau de la chute tendancielle du taux de profit capitaliste sous l’effet conjoint de l’accumulation de la masse de capital et du rétrecissement relatif de la base de travail salarié qui est nécessaire pour mettre en valeur ce capital. Trop de capital pour pas assez de profit car la production de surproduit ne suit pas.

«Sur une longue période de prospérité , les économies capitalistes ont tendance à passer d’une structure financière dominée par des unités de financement de couverture à une structure dans laquelle les unités engagées dans la finance spéculative et Ponzi pèsent beaucoup. . . . Plus le poids de la finance spéculative et de Ponzi est élevé, plus les marges de sécurité globales dans l’économie sont petites et plus la fragilité de la structure financière est grande. »

Hyman Minsky, 1992

“Over a protracted period of good times, capitalist economies tend to move from a financial structure dominated by hedge finance units to a structure in which there is a large weight to units engaged in speculative and Ponzi finance. . . . The greater the weight of speculative and Ponzi finance, the smaller the overall margins of safety in the economy and the greater the fragility of the financial structure.”

Hyman Minsky, 1992

Pour faire face à l’érosion de la profitabilité, au ralentissement de l’investissement, de la productivité et de la croissance le système s’oriente tout naturellement vers le crédit et la dette. Un engrenage se met en branle.

La finance se développe et si en plus les autorités prennent des mesures pour libérer la finance de toute contrainte, de toute prudence et en repousser les limites, alors on se financiarise de façon excessive et donc perverse.

L’histoire moderne depuis le début des années 70 c’est l’histoire de la déregulation financière qui a permis de libérer la finance de toute contrainte , de toute limite.

L’opération la plus importante a été bien sur le desancrage de la monnaie américaine, desancrage qui a permis de produire toujours plus de crédit et plus de deficits sans limite.

Et bien sur l’appareil financier s’est adapté, la fonction a créé les organes et les théories, et la finance a prospéré de façon à traiter tous ces flux financiers , l’intermédiation a explosé. La boite de Pandore s’est ouverte avec en particulier le développement du marché de l’euro dollar et des marchés offshore opaques .

Le génie est sorti de la bouteille et, d’auxilaire des activités productrices et esclave, le génie financier est devenu le Maitre du système. Il tient tout le système en otage, il n’est plus possible de le frustrer ou de décevoir ses attenest. Le monde est à genoux.

C’est le grand secret de notre époque, ce secret a un pouvoir explicatif des évènements considerable et bien entendu il ne tire sa force, sa capacité tyrannique que de n’être pas su. Le secret de la domination financiere c’est d’être enfouie, non reconnue. C’est en tant que système qui a dérapé et s’est autonomisé que la finance est devenue un problème.

Il est quasi impossible dans notre culture d’oser s’élever contre la dérive de la finance, de dénoncer la spéculation ou même simplement de démontrer qu’elle nous conduit à la catastrophe.

Il est très mal vu d’expliquer que peu à peu la spéculation prend le pas sur la production et le travail.. Ce n’est pas une question de savoir ou d’intelligence, non c’est plus profond: la sphère monétaire ou financière , c’est sacré. Elle est protégée par l’ignorance bien sur mais surtout par la prégnance d’un long passé qui a fait amalgamer tout ce qui concerne l’argent, la finance, l’usure, la spéculation à la question du racisme et de l’anti semitisme.

Déja je viole un tabou en osant énoncer cette verité à savoir que tout ce qui touche à l’argent, la finance, la spéculation converge vers la question historique du role des juifs dans l’histoire.

Je vous invite à aller lire ces quelques feuilles synthétiques de Jean philippe Schreiber en suivant ce lien, lisez tout , reflechissez et surtout aiguisez votre esprit critique , vous en aurez besoin. .

https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2001_num_79_2_4529

Il faut faire sortir la chose financière, la chose monétaire, la financiarisation de l’ombre dans lesquelles elles se complaisent. Cette opacité nourrit tous les fantasmes. Il faut sortir de l’irrationnel qui entretient les évolutions perverses . Il faut soulever le voile et accepter de projeter sur ce qu’il recouvre toute l’intelligibilité dont nous sommes capables.

il faut oser mettre tout cela au grand jour afin de pouvoir en prendre le contrôle, agir dessus. On ne peut agir que si et seulement si les choses viennent à la conscience et donc au débat. Tout ce qui reste inconscient, caché, enfoui excerce sa tyrannie sans espoir de libération.

Le progrès, la sortie de crise passent par une désacralisation de la chose financière, par sa banalisation. Il faut que la chose financière redescende sur terre. Nous devons nous l’approprier.

Il faut faire un travail considérable pour des-amalgamer la question financiere de tout ce passé raciste qui paralyse la réflexion tout en perpétuant les mythes. Il faut oser affronter l’histoire et surtout la dépasser. Il faut dénouer le noeud, l’écheveau qui a été tracé par l’histoire , il faut l’assumer pour s’en débarrasser, c’est la condition pour arriver à en debattre .

Le texte ci dessous a été ecrit en septembre 2012, il n’a pas pris une ride, il pose la question du Ponzi financier dans lequel nos sociétés se sont enfermées et surtout dans lequel elles s’auto détruisent.

BCG, Boston Consulting Group Septembre 2012.

En 1920, un immigrant italien aux États-Unis du nom de Charles Ponzi a créé le plan qui fera vivre son nom dans l’histoire. Il a annoncé une entreprise d’arbitrage qui achèterait des coupons-réponse postaux en Italie et les échangerait contre des timbres aux États-Unis, profitant des différences de prix importantes dues à la forte inflation d’après-guerre.

Il a attiré les investisseurs en promettant des rendements extraordinairement élevés – 50% en 45 jours. Mais au lieu d’investir de l’argent pour acheter les coupons et les échanger contre des timbres, il a simplement utilisé l’argent des investisseurs ultérieurs pour payer des rendements élevés aux investisseurs précédents, en tirant d’énormes profits personnels en cours de route.

Au moment où la fraude s’est effondrée, les investisseurs avaient perdu près de 20 millions de dollars, soit l’équivalent d’environ 225 millions de dollars en dollars de 2011. Depuis, ces fraudes sont connues sous le nom de stratagèmes de Ponzi.

Le deuxième plus gros plan de Ponzi de l’histoire récente – organisé par le gestionnaire de fonds spéculatifs new-yorkais Bernard Madoff – a entraîné des pertes d’environ 20 milliards de dollars en 2008.

Le plus important, cependant, est toujours en cours: c’est le plan de Ponzi des pays développés.

Ce n’est pas simplement que le monde développé a emprunté de manière significative à la richesse future pour financer la consommation d’aujourd’hui, ce qui entraîne d’énormes charges pour la prochaine génération. Il a également réduit le potentiel de croissance économique future, ce qui rendra plus difficile pour la prochaine génération de gérer cet héritage.

Il peut sembler dur ou exagéré de comparer les troubles actuels des économies développées à un schéma de Ponzi. Je le fais délibérément pour souligner la portée et la gravité du problème.

Près de cinq ans après la crise financière, les dirigeants du monde développé sont bien trop complaisants.

Les politiciens et les banquiers centraux ont continué à « kick the can » «shooter dans la canette sur la route», en poursuivant des politiques visant à reporter le jour des comptes et à éviter de dire au public la vérité: qu’une part importante de la dette ne sera pas remboursée de manière ordonnée.

Heureusement, il est encore temps d’agir.

Mais les dirigeants de tous les secteurs sociaux – gouvernement, entreprises, syndicats, environnement et autres groupes de parties prenantes – doivent agir de manière décisive et rapide pour assurer la prospérité économique future, la cohésion sociale et la stabilité politique.

Il est dans la nature des projets de Ponzi de s’effondrer soudainement, sans avertissement. Personne ne sait quel événement peut renvoyer le monde développé et l’économie mondiale dans son ensemble en crise.

Cet article explore les causes et les caractéristiques du schéma de Ponzi du monde développé et propose dix étapes que toute économie développée devra prendre pour le résoudre. Toutes les parties prenantes devront faire des sacrifices.

Les créanciers devront accepter des pertes.

Les riches devront payer plus d’impôts.

Les salariés devront travailler plus longtemps et épargner davantage pour leur retraite.

Les dépenses publiques de protection sociale devront être réduites, alors même que les dépenses dans de nouveaux domaines d’investissement social devront être augmentées.

Le gouvernement devra devenir plus petit et plus efficace.

Et comme ces problèmes n’affectent pas uniquement les économies développées mais aussi la croissance mondiale, les économies émergentes devront contribuer à la solution en consommant plus et en exportant moins.

La question de savoir qui paie pour tout cela et qui en profite fera l’objet d’une vive controverse politique. La manière dont les compromis critiques sont gérés variera d’un pays à l’autre.

Mais plutôt que de s’attaquer à ces problèmes, cette publication vise simplement à mettre en évidence les dilemmes douloureux auxquels le monde développé est confronté, à définir les étapes nécessaires vers une véritable solution et à créer un sentiment d’urgence pour une action rapide.

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