Un monde de fieffés menteurs.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

5 octobre 2020

Le monde va mal – mais il n’allait déjà pas très bien avant l’arrivée du coronavirus… et son état ne s’améliorera pas même après la fin de la pandémie…

Pour l’instant, le monde a perdu 100 millions d’emplois.

Ces pertes d’emplois ne sont guère significatives car, prises dans la panique du confinement, les autorités – c’est-à-dire le couple gouvernement/banque centrale – ont pris des mesures financières, monétaires et fiscales pour essayer de suppléer la perte des revenus et ainsi masquer en grande partie la profondeur des destructions.

Ceci ne peut avoir qu’un temps car, déjà, les systèmes fiscaux et monétaires sont sous tension. On pourra encore effectuer un round de répartition de subsides, on ne pourra guère aller plus loin.

Déjà, de fortes oppositions se manifestent. Ainsi aux USA les voix s’élèvent pour prédire la fin du dollar imperial.

On estime que la récession peut atteindre les dimensions de celle que nous avons connue dans les années 30… et durer plus longtemps.

On peut raisonnablement avancer un chiffre de 500 millions de pertes d’emplois, une fois que les subterfuges auront été épuisés et que la crise aura été jusqu’au bout de ses effets. Si cela est vérifié, c’est entre 100 et 150 millions de personnes qui vont être plongées dans la misère dans les pays en voie de développement.

La conjonction de dépenses de santé en forte hausse, de déclin des produits nationaux bruts, de chute des recettes fiscales, de recul des exportations et des échéances de dettes a toutes les chances de faire ressortir un trou de plus de 3 000 Mds$ dans le monde en développement.

Non seulement l’incidence sera colossale sur les pays développés en termes économiques, mais elle sera également colossale en termes sociaux et migratoires.

Ce que l’on vous cache

Ce que l’on vous cache depuis le début, c’est non seulement l’ampleur de la catastrophe qui est en cours, mais surtout et aussi le contexte dans lequel elle intervient.

Contrairement à ce que disent les fieffés menteurs comme Bruno Le Maire et Macron, nos systèmes étaient déjà très mal en point quand la pandémie est arrivée. Ils ne tenaient que par des artifices et des soutiens, le monde était sous perfusion. Les dépenses d’équipement étaient languissantes, la productivité était en berne et les taux de croissance durablement réduits , le tout avec des rations d’endettement incontrolés.

De cela, on ne vous parle pas parce que, si on vous en parlait, vous prendriez conscience du fait que l’on vous ment depuis 2008. Vous prendriez conscience du fait que la crise de surendettement n’a jamais été terminée, que les remèdes n’ont fait qu’enraciner le mal et peut-être même, on ne sait jamais, que ces remèdes purement idéologiques n’avaient comme objectif que de stabiliser un système social et économique inique, sinon spoliateur.

Les remèdes administrés depuis 2008 ont en effet, comme l’a dit Ben Bernanke, « sauvé l’ordre social », mais aussi, comme il ne l’a pas dit, ils ont sauvé la fortune des ultra-riches, ils les ont enrichis encore plus et ce sont eux qui ont accru les inégalités.

En 2019 le monde luttait déjà pour enrayer une nouvelle crise financière

La croissance était en fort ralentissement et, depuis septembre 2019, des craquements sinistres se faisaient entendre sur les marchés internationaux – craquements qui ont obligé les autorités monétaires à procéder à un nouveau round d’inflationnisme.

Dès septembre 2019, il a fallu réinjecter des centaines de milliards dans tous les grands systèmes développés afin d’éviter l’effondrement de la pyramide financière et stabiliser ce que l’on appelle le levier, c’est-à-dire le recours à l’endettement.

Dès avant la pandémie, le monde allait mal. Le taux de croissance moyen de la période 2010/2019 n’a été que de 2%. Il se compare à un taux de 2,4% en moyenne pour la période qui a précédé la crise des subprime.

Mythes et élites

On entendait çà et là des propos visant à faire accepter des taux de croissance séculairement bas pour l’avenir. Ainsi, des gens comme l’économiste Lawrence Summers, élite parmi les élites, ont popularisé l’idée d’une croissance durablement ralentie à 1,5% l’an seulement.

Dans la période actuelle, ces mêmes personnes, avec les mêmes modèles, avancent l’idée d’une nouvelle baisse du taux de croissance potentiel à 1% seulement.

Il n’y a aucune chance, dans les conditions présentes, que nous puissions assister à une reprise économique vigoureuse. La reprise en « V » est un mythe, un mythe qui est au mieux utile pour le marketing boursier.

Certes, les chiffres que l’on vous publie font ressortir des bonds spectaculaires. Mais c’est une question de présentation. Ils sont conçus pour la propagande.

La réalité est que le monde aura bien du mal à retrouver le niveau de 2019 avant 2022. Il aura perdu entre temps 10 000 à 12 000 Mds$ de production de richesse et il se sera alourdi de milliers, voire de dizaines de milliers de milliards de nouvelles dettes.

Même dans les prévisions les plus optimistes, on n’anticipe pas de stabilisation des dettes avant… 2025 !

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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Une réflexion sur “Un monde de fieffés menteurs.

  1. Bonjour,

    Il faudra bien un jour que nos zélites abordent vis-à-vis de la population de chaque pays le « délicat » problème de l’endettement des états et qu’elles en tirent les conséquences au moins pour les plus impliquées d’entre-elles.

    Je ne crois pas en effet que la situation serait aussi délicate si les pays dits modernes ne connaissaient qu’un endettement disons de 20% . Ils disposeraient alors de marges de manœuvre réelles et je suis persuadé que l’économie mondiale s’en porterait mieux puisque les fameux taux négatifs seraient rester là d’où ils n’auraient jamais du sortir, le néant.

    Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que les économies de nos pays, à commencer par celle de la France, ne tenaient, avant cette crise sanitaire, que par des artifices, un vrai village Potemkine situé dans la vallée de la Vésubie. Pas de chance, la rivière a connu une cru subite et dévastatrice (le Covid) et nous allons prendre conscience de l’importance des dégâts lorsque nous aurons repris nos esprits, ce à quoi une certaine propagande s’ingénie à nous cacher.

    Qui plus est, au pays de Montaigne, nos zélus, de droite comme de gauche, se sont lancés depuis quarante ans dans une course effrénée de dépenses sociales à tout crin, pensant sans doute que l’économie nationale était comparable à une corne d’abondance.

    Plutôt qu’une corne d’abondance, ils ont réussi à créer un moderne tonneau des Danaïdes grâce auquel ils persistent à croire que leur pouvoir et leurs prébendes vont tenir et qu’ils incarnent par ces choix ce que doit être ce pays.

    Pour paraphraser Daladier , « les c…, s’ils savaient… ».

    La fameuse corne d’abondance, ce serait plutôt ça et à la place d’un tonneau des Danaïdes, nous allons bientôt avoir un trou noir : « Charles Gave – Charles Prats : le scandale de la fraude aux prestations sociales. » (https://www.youtube.com/watch?
    v=htX6JUcYMd8&feature=emb_title).

    Bien que je m’y attende, j’ai été surpris de la vitesse avec laquelle la situation économique s’est dégradée depuis le Printemps.

    On nous annonce un plan de relance européen à 750 milliards d’euros mais comme cette masse d’argent va rester purement virtuelle, j’ai bien peur que le subterfuge ne dure pas très longtemps. Lorsque le voile se déchirera à nouveau, je m’inquiète de la réaction des populations. On ne construit rien de bien sur le mensonge.

    C’est d’autant plus inquiétant qu’on entend, ici ou là et bien trop souvent, des voies extrémistes s’élever pour réclamer des interdictions qui resteraient ubuesques dans leur formulation si elles ne trouvaient pas, trop souvent, l’oreille attentive de politiques en mal de réélection, la dernière en date étant la chasse aux SUV.

    Sur ce sujet, il est impressionnant de voir avec quelle unanimité notre chère et onéreuse presse a repris les élucubrations d’un organisme qu’on a connu plus sérieux autrefois. Je résume : les SUV sont responsables du terrible réchauffement climatique qui va tous nous tuer, des morts sur la route (ce sont des véhicules dangereux, rien que ça !) et très probablement de la faim dans le monde, etc,…

    J’ignore comment tout cela va se terminer mais je ne professe pas un optimisme débordant.

    Bonne fin de journée,

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