Vers une gestion de la crise monétaire par les cryptomonnaies

L’attrait pour les crypto monnaies est, on le voit ci dessous, lié à la politique monétaire et à ses limites. Il y a une corrélation maintenant évidente entre la masse de dette qui « offre » un rendement négatif et la demande pour la crypto monnaie la plus populaire, le Bitcoin.

De très grands gourous prestigieux sont récemment passés au bitcoin.

L’argument est que dans un monde de débauche monétaire, la discipline d’émission, la rareté des cryptomonnaies constitue une protection , mème si leur valeur fondamentale, leur « value » sous jacente est nulle.

Les banques centrales, après avoir été hostiles aux crypto monnaies , voudraient les récuperer en les retournant à leur profit.

Les cryptomonnaies sont attrayantes parce que leur volume d’émission est limité, eh bien les banques centrales vont les recupérer pour … émettre plus de monnaie.

Ah les braves gens.

Image

rédigé par Bruno Bertez 30 octobre 2020

Le système est au bout du rouleau – et les élites le savent. Pour éviter le chaos, elles sont prêtes à tout, même aux enfumages les plus vastes. Préparez-vous…

Les élites savent que l’on est au bout du rouleau. Les remèdes monétaires tels que le QE , le Quantitative Easing ont cessé de produire les effets souhaités, ils produisent maintenant plus d’effets négatifs que d’effets positifs; la balance risque/récompense est devenue défavorable.

Ceci a été admis la semaine dernière par l’ancien patron de la Fed de New york, Bill Dudley.

« Aucune banque centrale ne veut admettre qu’elle n’a pas de puissance de feu. Malheureusement, la Réserve fédérale américaine est très proche de ce point.« 

October 28 – Bloomberg (Bill Dudley): “No central bank wants to admit that it’s out of firepower. Unfortunately, the U.S. Federal Reserve is very near that point. » 

Le bilan d e la Fed, une hausse qui donne le vertige.

Image

Les QE, les achats de titres qui gonflent le bilan de la banque centrale permettent d’ abaisser les taux et les rendements du marché.

Les QE permettent de soutenir les cours des actions.

Sur le marché du crédit d’entreprise, les QE visent à réduire les primes de risque, à soutenir les émissions et à assurer la liquidité du complexe d’ETF devenu vulnérable.

Les marchés de produits dérivés ont besoin des QE pour garantir l’existence de contreparties, des marchés liquides et continus .

Les démocrates espèrent que les QE vont financer des mesures de relance budgétaire et des programmes visant à atténuer les inégalités.

Bref les QE sont indispensables.

La Fed a toujours joué librement avec les QE. Elle les a mis à toutes les sauces. C’était censé être une mesure d’urgence temporaire . Mais cela s’est en quelque sorte transformé en un dispositif politique instrumental et permanent. Il faut se donner les moyens de les continuer.

Ce dispositif en devenant permanent met en danger le statut de monnaie de reserve du dollar; Stephen Roach, gourou très écouté professeur à Yale a tiré la sonnette d’alarme.

En outre les QE sont inadaptés pour faire la synthèse de la politique monétaire et de la politique budgétaire, synthèse comme par exemple la distribution directe d’argent aux consommateurs par le fameux « helicoper money »

Les banques centrales travaillent depuis quelque temps sur un moyen complexe, incompréhensible pour le public, de repousser les limites monétaires qui se profilent à l’horizon.

Ci dessous la bulle majeure, celle de la masse d’obligations globale.

Image

On se prépare dans les coulisses , pour éviter le chaos du Grand reset, mais attention ce n’est qu’un début : la « grenouille dans l’eau bouillante ».

On a épuisé les charmes de l’inflationnisme traditionnel.

On est à la frontière des taux zéros.

On a besoin d’éviter les « runs » contre les banques et les marchés.

On a besoin de stabiliser les bulles sur un haut plateau

On a besoin d’éviter que l’insolvabilité systémique ne se révèle.

On a besoin de se prémunir contre la montée et donc la concurrence des monnaies numériques libres, privées.

Vaste enfumage

On a aussi besoin de pratiquer l’helicopter money – c’est-à-dire de donner directement l’argent aux gens/consommateurs pour remonter la demande et éviter la déflation du type des années 30.

Distribuer l’argent par hélicoptère, cela s’appelle en langage codé : « fournir un assouplissement quantitatif (QE) directement aux consommateurs ».

Dieu que ces choses sont bien dites !

Tout cela passerait par une grande opération d’enfumage qui masquerait la situation monétaire en changeant la nature et la forme de la monnaie.

L’opération consisterait à lancer une monnaie numérique – une forme de cryptomonnaie, en somme – adossée à la Réserve fédérale américaine, comme l’explique ce document du Peterson Institute, un think tank économique (extrait en anglais au bas de l’article).

Ah, les braves gens…

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

S’INSCRIRE J’accepte de recevoir une sélection exclusive d’offres de la part de partenaires de La Chronique Agora

*En cliquant sur le bouton ci-dessus, j’accepte que mon e-mail saisi soit utilisé, traité et exploité pour que je reçoive la newsletter gratuite de La Chronique Agora et mon Guide Spécial. A tout moment, vous pourrez vous désinscrire de de La Chronique Agora. Voir notre Politique de confidentialité.

2 réflexions sur “Vers une gestion de la crise monétaire par les cryptomonnaies

  1. Faire du Bitcoin le point d’ancrage du capitalisme mondial? C’est audacieux et rationnellement élégant! Gide (le romancier) trouverait cela proprement… diabolique, si cela se faisait comme à l’insu de tous.

    J'aime

  2. Cette fois en plus de taux négatifs, ils vont nous inventer les parités multiples comme échanges de monnaies selon que vous soyez du nord ou du sud, de gauche ou de droite, de 100 000 ou de 10 000, avec les yeux vers ou les yeux noirs, jeune ou vieux, grand ou petit, homme ou femme, noir ou blanc, hétéro ou homo, catholique ou musulman. En un mot ils vont bien s’amuser à finir de nous spolier….Ce virus il ne s’appelle pas covid 19 mais fascisme 2.0. Il faut leur apprendre ce qu’est le fascisme parce que la majorité l’ignore et que nous sommes en plein dedans : Le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’Etat et des pouvoirs des marchés ».

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s